Derry est une ville fictive de l'État du Maine, aux États-Unis, créée par le romancier Stephen King et servant de cadre à certains de ses récits, notamment Dreamcatcher et Ça, où elle apparaît pour la première fois, Insomnie et 22/11/63.
Elle fait partie, avec Castle Rock et Jerusalem's Lot, d'une trinité de villes fictives du Maine créées par Stephen King, natif de Portland, qui servent de cadre principal à plusieurs de ses romans.
Géographie fictive Derry, d'après la carte fictive du Maine figurant dans les romans Jessie et Dolores Claiborne, se situe au centre de l'État, à quarante-cinq kilomètres à l’ouest de la ville de Bangor, au sud-ouest du comté de Penobscot.. Dans Insomnie, on apprend que Derry est la quatrième ville la plus peuplée de l'État (sa population se situant par conséquent aux alentours de trente mille habitants, comme il est dit dans Ça). Elle se situerait en fait à l'emplacement exact de Bangor, comme le prouve la rivière Kenduskeag qui traverse Derry (et Bangor) jusqu'au fleuve Penobscot.
Histoire de Derry dans l'œuvre de Stephen King La ville de Derry apparaît pour la première fois dans le roman Ça, où son histoire et sa géographie sont décrites avec beaucoup de détails car elle sert de cadre principal au roman et est étroitement liée à l'histoire de Ça.
Elle apparaît ensuite brièvement dans Les Tommyknockers, Vue imprenable sur jardin secret, avant d'être à nouveau le lieu de l'action principale dans le roman Insomnie. Par la suite, Derry est encore mentionnée dans quelques autres œuvres de Stephen King, étant notamment le cadre du début de Sac d'os et apparaissant dans Dreamcatcher sans oublier le rapide clin d'œil dans Running Man. Elle est à nouveau à l'honneur dans le roman 22/11/63, le personnage principal s'y rendant en 1958, époque des événements de Ça.
Histoire fictive Bien avant la création de Derry, en pleine époque préhistorique, l'entité extraterrestre et métamorphe Ça a atterri dans la région qui deviendrait plus tard Derry par une météorite. La créature est restée endormie (en « hibernation ») durant des milliers d'années jusqu'à ce que les premiers hommes s’installent dans la région.
Les premières traces de Derry remontent au début du , avec l'arrivée et l'implantation d'environ trois cents colons anglais du nom de Derrie Compagny dans la région. La vallée de la Kenduskeag était à l'époque une zone marécageuse densément couverte de végétation.
La ville vécut (jusqu'aux années 1920-1930 environ) en majeure partie du commerce du bois, ce qu'on rapporte comme ses années de prospérité. Autour de 1929, il y avait environ vingt mille habitants à Derry. Jusque vers la fin des années 1950, la population à Derry passa de vingt à environ trente mille habitants dans les limites de la ville (plus sept mille dans les campagnes avoisinantes). À partir de la fin des années 1960, début des années 1970, la ville se modernise et de nombreuses banques s'y implantent. Des magasins comme la pharmacie centrale ferment pour laisser place à des centres bancaires et des parkings.
La ville possède un journal fictif, le Derry News, ainsi qu'une équipe de football, les Derry Tigers.
Les cycles de violence D'après Mike Hanlon, le taux de crime de sang à Derry est six fois plus élevé que celui de n'importe quelle autre ville de taille semblable en Nouvelle-Angleterre. Il y aurait environ entre quarante et soixante disparitions d'enfants et d'adolescents par an et, durant certaines périodes fortes du « cycle », ces chiffres augmentent considérablement. En 1930, par exemple, Derry compte plus de cent soixante-dix disparitions de mineurs et en 1957 plus de cent vingt-sept (les disparus ayant tous entre trois et dix-neuf ans).
La raison de toutes ces disparition est que, en réalité, la ville de Derry est gangrénée environ tous les vingt-sept ans par des actes de violence extrême, signes d'entrée et de sortie d'hibernation de l'entité Grippe-Sou le Clown qui hante la ville depuis la venue des premiers hommes dans la région. Ces périodes de violences macabres durent entre quatorze et vingt mois, et ce jusqu'à Noël (ou Pâques au plus tard) où la vie à Derry reprend son cours « normal ». Chaque cycle de violence est aussi défini par une vague d'émigration, où de nombreux habitants préfèrent quitter Derry plutôt que d'y rester et d'y vivre dans la peur.
Périodes connues du cycle Tout au long de l'histoire de Derry, plusieurs périodes de ces cycles de violence ont marqué la ville : 1741 : en octobre, disparition des trois cent quarante colons de Derry. 1851 : un homme nommé John Markson empoisonne toute sa famille puis se suicide en mangeant une amanite phalloïde. 1877 : quatre lynchages sont dénombrés à Derry ; l'un d'eux est un prédicateur laïque de l'Église méthodiste qui a noyé ses quatre enfants dans sa baignoire avant d'abattre sa femme d'un coup de fusil dans le crâne. 1879 : un groupe de neuf bûcherons est retrouvé assassiné près de la Kenduskeag (dans les actuelles Friches-Mortes). 1904 : un homme nommé Claude Héroux tue un groupe d'hommes dans un bar avec sa hache. Il est par la suite pendu par les habitants de Derry. Pâques 1906 (1908 pour la série télévisée de 2025) : durant une chasse aux œufs, cent-deux personnes (quatre-vingt-huit enfants et quatorze adultes) sont tuées dans l'explosion des aciéries Kitchener. 1929 (1935 pour la série télévisée de 2025) : le gang Bradley qui, depuis les années 1900, dévalisait et assassinait plusieurs propriétaires de magasins à Derry, est sauvagement abattu par plusieurs citoyens de Derry sur Canal Street. (1962 pour l'adaptation de 2017) : Le Black Spot, un bar à la clientèle afro-américaine, est incendié par la Légion de la Décence blanche (homologue nordique du Ku Klux Klan) et fait soixante morts. 1958 (pour le téléfilm original, et en 1989 pour l'adaptation de 2017) : une violente tempête s'abat sur Derry. Grippe-Sou, sorti de son hibernation, attire Georgie Denbrough durant la tempête et le tue sauvagement. Ce cycle-là est brutalement arrêté en août grâce au Club des Ratés qui renvoie Ça en hibernation forcée. 1984 (pour le téléfilm original et en 2016 pour l'adaptation de 2019) : Grippe-Sou se réveille à nouveau de son cycle d'hibernation, dévorant un jeune homme nommé Adrian Mellon qui, victime d'une agression homophobe par trois adolescents, se retrouve jeté d'un pont qui enjambe le canal de Kenduskeag. Dans les mois qui suivent la mort d'Adrian Mellon, neuf enfants sont retrouvés morts. Finalement, la mort de Grippe-Sou en 1985, anéanti par le Club des Ratés, provoque une gigantesque tempête qui entraine la destruction de tout le centre-ville ainsi que la mort ou le départ de nombreux habitants.
Chacun de ces meurtres ou de ces disparitions a toujours trouvé raison auprès d'un bouc émissaire choisi inconsciemment par les habitants de Derry, et ce malgré les enquêtes menées par les autorités de la ville qui n'aboutissent jamais à des pistes avérées, permettant à l'entité Grippe-Sou d'agir en toute impunité. En 1958, c'est Henry Bowers qui fut désigné comme le responsable de toutes les disparitions et de tous les meurtres d'enfants au cours de l'année (notamment ceux de Georgie, Betty Ripsom et Eddie Corcoran) : il fut condamné à l'emprisonnement dans l'asile psychiatrique de Juniper Hill.
Fêtes du Canal vignette|184x184px|Le canal traversant Bangor (et Derry). En 1984, la ville de Derry célébra les Fêtes du Canal (en anglais : Derry Canal Days Festival) en l'honneur du centenaire de la construction du canal qui traverse le centre-ville. Du 15 au , des activités étaient proposées aux habitants de Derry : Bassey Park accueillait une fête foraine, et des orchestres jouaient tous les soirs au parc du centre-ville. Des boutiques inoccupées exposaient des objets de bûcherons, des photos du massacre du gang Bradley ou des reportages sur la vie quotidienne à Derry au cours des cent dernières années. C'est grâce à la construction du canal que Derry avait pu se pleinement se dédier au commerce du bois entre 1884 et 1910, époque de prospérité pour la ville.
Le dernier soir des Fêtes du Canal s'achève avec l'agression et le meurtre d'Adrian Mellon par John « Webby » Garton, Chris Unwin et Steve Dubay, qui le jettent du haut du pont de Derry où Mellon sera sauvé de la noyade puis dévoré par Grippe-Sou.
Tempête de 1985 Le , après que le Club des Ratés soit enfin parvenu à annihiler l'entité Grippe-Sou (grâce au rituel de Chüd), une gigantesque tempête ravage Derry. La tempête (décrite à la fin du roman Ça) provoque de nombreuses inondations et fait sortir la rivière Kenduskeag de son lit, inondant tout le centre-ville. De nombreux bâtiments publics comme privés sont touchés ou détruits et de nombreuses personnes trouvent la mort (soixante-sept morts et plus de trois cent vingt blessés). Le centre ville, gorgé d'eau, voit tout son système de canalisation s'effondrer et son sol s'affaisser. À la suite de cette terrible tempête, de nombreux habitants quittent Derry et la ville connaît comme une longue agonie, pourrissant et dépérissant face à la fuite de la population, à la fermeture des commerces et entreprises.
Déroulement de la tempête La tempête arrive aux environs de du matin, quand la cloche de l'église baptiste, dressée à l'angle de Witcham et Jackson Streets depuis 1897, cesse de sonner ses coups, éveillant une angoisse profonde à plusieurs habitants de Derry : « L'horloge de l'église n'a pas sonné… Qu'est-ce qui cloche ? Sur quoi il fut saisi d'une peur vaste et mal définie ».
À , la pluie s'abat sur la ville alors que les stations météorologiques de la région prévoyaient une journée ensoleillée.
À , la patrouille de police de la route instaure une signalisation d'urgence alors que certaines voies sont déjà bouchées et que les eaux du canal montent dangereusement.
Un peu plus tôt, à , un transformateur près du dépôt de camions abandonné des frères Tracker explose, provoquant l'incendie du dépôt. Les pompiers arrivent sur place à et l'un d'eux est mortellement électrocuté. L'explosion du dépôt provoque une coupure d'électricité dans toute la partie de Derry située du côté Kansas Street des Friches-Mortes.
À puis , toutes les résidences d'Old Cap (sur Merit Street) subissent une violente secousse, et leurs toilettes explosent en geyser d'excréments et d'eaux d'égout. Certains plafonds de salle de bains s'écroulent et deux femmes sont tuées par l'explosion.
À , la foudre frappe le pont des Baisers, et les éclats de bois tombent dans le canal de la Kenduskeag qui les emporte.
Vers (l'église baptiste n'a toujours pas sonné ni ), le vent ayant atteint 60 km/h souffle « selon un modèle semi-circulaire », comme un mini-ouragan.
À à Old Cap, un vieil érable s'effondre sur un débit de boissons en brisant au passage des câbles électriques, ce qui prive de courant les quartiers de Sherburn Woods et d'Old Cap. À peine trois minutes plus tard, l'église baptiste sonne enfin (treize coups) avant de recevoir un coup de foudre qui fait exploser son clocher « comme s'il avait été bourré de dynamite ».
À , les sept robinets à bières du Wally's Spa s'ouvrent et déversent dans l'établissement un flot de sang, de cheveux et de morceaux de chair ; l'implosion des robinets brise les fenêtres du bâtiment.
À , une série d'explosions secoue le centre commercial de Derry, détruisant plusieurs boutiques et ouvrant de larges brèches dans le toit et dans la banque (il n'y a aucune victime car les lieux n'ouvrent pas avant ).
À , le docteur Hale est décapité par une plaque d'égout éjectée (alors même qu'il disait que cette tempête ne serait jamais pire que celle de 1957, où Georgie Denbrough trouva la mort).
À , on relève une vitesse moyenne du vent à Derry de cent douze kilomètres par heure (et ce avant que la coupelle plantée sur le toit du tribunal soit emportée par ce même vent).