Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon, dit Philippe de Villiers, né le à Boulogne (Vendée), est un entrepreneur, haut fonctionnaire, homme politique et écrivain français. Il est généralement associé au souverainisme de droite.
Ancien sous-préfet, il crée en Vendée, en 1978, le spectacle nocturne La Cinéscénie, puis un parc à thème, le Puy du Fou. Il quitte l'administration à la suite de l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République.
Membre de l'UDF, Philippe de Villiers exerce la fonction de secrétaire d'État à la Culture de 1986 à 1987, dans le gouvernement Chirac . Il est ensuite député, président du conseil général de la Vendée et député européen. En 1989, avant la première édition du Vendée Globe, il fait adopter un changement de nom de Globe Challenge à Vendée Globe Challenge. En 2002, il contribue à la survie de la course, lorsque l'organisateur est placé en liquidation judiciaire.
Fondateur en 1994 et président du Mouvement pour la France (MPF), parti politique de droite souverainiste, Philippe de Villiers se présente aux élections présidentielles de 1995 et de 2007, obtenant respectivement 4,74 % et 2,23 % des suffrages exprimés.
En retrait de la vie politique les années suivantes, Philippe de Villiers devient une figure de la « droite hors les murs », comme ses amis Patrick Buisson et Éric Zemmour, militant pour une union des droites entre Les Républicains et le Rassemblement national. Lors de l'élection présidentielle de 2022, il apporte son soutien au candidat Éric Zemmour et rejoint son parti Reconquête. Depuis 2023, il est l'invité principal d'une émission hebdomadaire sur CNews, Face à Philippe de Villiers, durant laquelle il commente l'actualité.
Pendant son parcours politique et dans ses ouvrages, qui rencontrent régulièrement des succès en librairie, il défend les « racines chrétiennes de la France » et s'oppose à une « islamisation » qui affecte selon lui le pays. Plusieurs de ses propos font l'objet de nombreuses critiques et de controverses, notamment des accusations de contre-vérités, de complotisme, et d'homophobie.
Situation personnelle Famille
vignette|90px|left|Blason de la famille Le Jolis de Villiers. Philippe Marie Jean Joseph Le Jolis de Villiers de Saintignon est le fils de Jacques de Villiers (1913-2000) et d'Hedwige d’Arexy (1925-2006). Il est notamment le frère de Bertrand, de Pierre, général d'armée qui a été chef d'état-major des armées de 2014 à 2017, et d'Emmanuel. Il descend, en lignée féminine, du général Pierre François de Rougé, dit le « marquis de Rougé » et du roi Louis XIII.
Marié en 1973. à Dominique de Buor de Villeneuve, Philippe de Villiers est père de sept enfants : trois fils et quatre filles. Deux de ses filles sont religieuses. Une autre est assistante parlementaire (d'abord auprès de Bruno Retailleau au Sénat puis pour les députés MPF à l'Assemblée nationale). Son fils Nicolas dirige le Puy du Fou. Son troisième fils, Laurent de Villiers, installé aux États-Unis, a notamment déposé plainte pour viol contre son frère aîné Guillaume. Dans cette affaire, un non-lieu est rendu le par la Cour d’appel de Versailles, mais la Cour de cassation annule cette décision l'année suivante.. La Cour d'appel de Lyon prononce à son tour un non-lieu le et la Cour de cassation clôt définitivement le dossier en n'annulant pas ce deuxième non-lieu le .. pour défaut de charges suffisantes..
Études et carrière professionnelle Après des études primaires à l'école catholique de Boulogne, et des études secondaires au collège Saint-Joseph de Fontenay-le-Comte, Philippe de Villiers obtient une maîtrise de droit public à l'université de Nantes en 1971, puis le diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris (IEP, promotion 1972, section Service public).. Élève de l'ENA de 1976 à 1978 (promotion Pierre-Mendès-France), après un stage à la préfecture de la Corrèze, il y fonde avec son camarade de promotion Georges Berthu le syndicat ENA-Indépendance, pour tenter de briser , n. 2..
Il intègre le corps préfectoral à la sortie de l'école et est nommé directeur de cabinet du préfet de Charente-Maritime. Entre-temps, il aurait été brièvement proche de la Nouvelle Action royaliste, branche dissidente de la Restauration nationale..
En 1978, il est à l'origine du spectacle du Puy du Fou, sur le site du château du même nom, que le conseil général de Vendée achète au prix du terrain ( pour ). Il y met en scène une « cinéscénie », qui devient rapidement l'un des plus grands spectacles son et lumière de France. Selon l'historienne Valérie Sottocasa, il y est exalté . mais . Tous les vendredis et samedis soir d'été, des bénévoles et des professionnels retracent l'histoire de la Vendée et du château du Puy du Fou. On y voit notamment des scènes du conflit vendéen lors de la période de la Révolution française. Le spectacle est un succès populaire. Il accueille un million de spectateurs par an et est doublé depuis 1989 d’un parc d'attractions () doté de nouveautés chaque année. Le succès du spectacle lui vaut d'apparaître en dans l'émission de télévision de divertissement économique Vive la crise !. comme un exemple de réponse à la crise économique par l'esprit d'entreprise.
Sous-préfet de Vendôme (Loir-et-Cher), il demande une mise en disponibilité au lendemain de la victoire de François Mitterrand à l'élection présidentielle de mai 1981, pour ne pas servir un pouvoir de gauche avec lequel il se dit en profond désaccord.. Il devient alors délégué général de la Chambre régionale de commerce et d'industrie des Pays de la Loire.
En , tirant profit de la décision de François Mitterrand d'autoriser les radios libres, il crée aux Herbiers la station Alouette FM., avant d'en laisser la présidence à son frère Bertrand. En 1982, il fonde Alouette Hebdo. Au milieu des années 1980, il démissionne de l'administrationIl doit alors rembourser au Trésor public, comme c’est la règle, ses frais d'études de l'ENA n'ayant pas rempli son obligation de au service de l'État. après avoir créé en 1984 à Nantes, avec Olivier Guichard, le président du conseil régional des Pays de la Loire, une école privée de communication, SciencesCom, initialement fondée sous l'appellation « Fondation pour les arts et les sciences de la communication »Ariane Chebel d’Appollonia, op. cit, ; toutefois la notice biographique de Philippe de Villiers, in Les Têtes de Vendée, éd. Rédactuel, 1990, en fait mention sous le nom de « Fondation pour les arts et les sciences et la communication »..
En 1993, il inaugure un mémorial aux Lucs-sur-Boulogne en l'honneur des civiles enfermées dans une église qui a été incendiée par les colonnes infernales républicaines, pendant les guerres de Vendée (1793-1796).
Supporter de longue date des , Philippe de Villiers est sollicité en pour la présidence du FC Nantes, mais décline cette offre , en invoquant, selon , un emploi du temps déjà très chargé..
Parcours politique Débuts au centre droit Adhérent du Parti républicain (PR) à partir de 1985, Philippe de Villiers se présente aux élections législatives de mars 1986.. Candidat en quatrième position sur la liste , alliance du Rassemblement pour la République (RPR) et de l'Union pour la démocratie française (UDF) qui obtient trois élus, il devient suppléant à l'Assemblée nationale.
Secrétaire d'État à la Culture La notoriété qu'il a acquise comme créateur de du Puy du Fou, lui vaut d’être nommé secrétaire d'État auprès de François Léotard, ministre de la Culture et de la Communication, dans le gouvernement Chirac. Alors que son ministre de tutelle n'a aucune conception précise du domaine culturel, Philippe de Villiers connaît ce milieu grâce à ses expériences précédentesPierre-Emmanuel Mounier-Kuhn, « Léotard / Villiers (ministère) », in Emmanuel de Waresquiel (dir.), Dictionnaire des politiques culturelles de la France depuis 1959. Paris : Larousse / CNRS éditions, 2001..
Farouche opposant à la gauche, il prône une politique culturelle de rupture après cinq années de ministère Lang, avec notamment l'arrêt des grands travaux mitterrandiens que sont l'opéra Bastille, la Bibliothèque nationale de France ou encore les colonnes de Buren, alors que François Léotard cherche à ménager les milieux de gauche, majoritaires dans le secteur culturel.
Il veut donner la priorité au patrimoine et développer l'attractivité des musées, pour permettre de tripler le nombre de visiteurs, à travers par exemple la constitution d'un Grand Versailles, en ouvrant les appartements privés, et l'inauguration du Centre d'accueil et de recherches des Archives nationales (CARAN). Selon lui, il est également primordial d'accentuer la place de l'éducation artistique, pour laquelle est créée la délégation aux enseignements et aux formations. Si l'émergence d'écoles de communication multimédia et de formations de l'image et du son est encouragée, le reste de son plan est bloqué par la paralysie qui touche la politique de l'enseignement après l'échec de la réforme Devaquet. Il parvient à faire accepter une semaine de la chanson française, durant laquelle toutes les radios libres s'engagent à diffuser 80 % de productions francophones dans leurs programmes. Il organise également, en 1987, les commémorations nationales du millénaire de l'avènement d'Hugues Capet, premier roi de la dynastie capétienne, deux ans avant le bicentenaire de la Révolution. En 1986, le tout-Paris politique et culturel vient en Vendée pour les dix ans du Puy du FouPierre-Éric Mounier-Kuhn, « Léotard / Villiers (ministère) », in Emmanuel de Waresquiel (dir.), Dictionnaire des politiques culturelles de la France depuis 1959. Larousse / CNRS éditions, 2001..
Alors qu'il est surnommé le , son passage mouvementé au gouvernement lui vaut également, de la part du Canard enchaîné, le sobriquet d'..
Député de la Vendée En , la mort de Vincent Ansquer, député élu en Vendée et ancien ministre RPR, donne à Philippe de Villiers, toujours suppléant, la possibilité d'entrer à l'Assemblée nationale. Pour ce faire, celui-ci démissionne du gouvernement en exprimant les désaccords qu'il cultive avec son ministre de tutelle, déclarant : .
Cultivant son ancrage local, il entre également au conseil général de la Vendée, où il succède, là encore, à Vincent Ansquer, comme représentant du canton de Montaigu.
Lors de la campagne présidentielle qui débute peu après, il soutient le candidat UDF, Raymond Barre., .
À la suite de la dissolution de l'Assemblée nationale consécutive à la réélection de François Mitterrand, Philippe de Villiers est élu député au premier tour des élections législatives, le , avec 74,56 % des suffrages exprimés face à la socialiste Claudette Adam.
En , de Villiers est élu à la présidence du conseil général de la Vendée.
Il participe à la fondation du Vendée Globe, en 1989..
En 1990, Philippe de Villiers monte plusieurs fois à la tribune de l'Assemblée nationale à propos de l'affaire Urba. La même année, il lutte contre la loi Gayssot, qui réprime la contestation de l'existence de tout « Cette loi aura à terme pour effet d'instaurer une sorte d'apartheid civique, d'abord en culpabilisant, puis en excluant tous ceux qui finissent par se demander s'ils n'ont pas tort d'aimer la France », dans un entretien à Valeurs actuelles du 7 mai 1990..
En 1990 toujours, il fonde l'Institut catholique de Vendée avec l'abbé Claude Morisset.. L'année suivante, en 1991, il crée son propre mouvement, « Combat pour les valeurs »..
Le , il est réélu député dès le premier tour des élections législatives, avec 65,99 % des suffrages exprimés.