vignette|Carte du préiple d'Hanon. Le Périple d'Hannon est un court texte antique anonyme écrit en grec ancien qui se présente comme un périple, un récit de voyage maritime, voyage qui aurait été effectué, à une date indéterminée (entre le ), par la flotte carthaginoise commandée par , connu par la postérité sous le nom d'Hannon le Navigateur pour le distinguer de ses homonymes carthaginois. Au cours de l'expédition, une partie de la côte atlantique du nord-ouest de l'Afrique a été explorée et colonisée.

Résumé Le texte se compose d'une introduction puis de dix-huit paragraphes.

Hannon est envoyé au-delà des Colonnes d'Hercule avec soixante pentécontères transportant , hommes et femmes, pour y fonder des villes de Libyphéniciens. Après deux jours de navigation, il fonde (). De là, il parvient au Soloeis (), un promontoire de Libye. Il y élève un sanctuaire à Poséidon. De là, après une demi-journée de navigation , il parvient à une lagune où vivent des éléphants. De là, après un jour de navigation, il fonde cinq colonies : le Mur Carien, Gytté, Akra, Melitta et Arrambys. De là, il atteint le fleuve Lixos et s'arrête chez les Lixites. De là, il navigue vers le Midi pendant de deux jours, en longeant le désert, puis vers le soleil levant pendant un jour. Il arrive alors à un golfe dans lequel il trouve une île qu'il nomme Cernè et qu'il estime située à la même distance des Colonnes que l'est Carthage. Il y laisse des colons. De là, il arrive à un fleuve : le Chrétès. Il entre alors dans un autre fleuve, rempli de crocodiles et d'hippopotames. Il rebrousse chemin et s'en retourne à Cernè. De là, il repart vers le Midi, navigue pendant douze jours le long d'une côté peuplée d'Éthiopiens. Après cinq autres jours de navigation, il découvre un deuxième golfe : la Corne de l'Occident (). Il y trouve une île enfermant une lagune contenant une autre île. Après quatre autres jours de navigation, il arrive le long d'une côte embrasée, à la hauteur d'un volcan : le Char des dieux (). Après trois autres jours de navigation, il découvre un troisième et dernier golfe : la Corne du Sud (). Comme dans le golfe précédent, il y trouve des îles emboîtées où vivent des sauvages velus : les Gorilles (). Faute de vivres, il arrête là sa navigation.

Datation Le texte est très difficile à dater. Dans le Dictionnaire de l'Antiquité dirigé par Jean Leclant en 2005, Anca Dan l'estime Anca Dan, « Périple (Grèce) », dans .

Manuscrits Le nous a été transmis par un unique manuscrit : le , conservé à la bibliothèque de l'université d'Heidelberg. Il en existe un apographe : le , dont la partie, conservée au British Museum, contient le .

Postérité dans l'Antiquité Au , le périple d'Hannon est évoqué par le poète romain Avienus, aux côtés d'autres voyages comme le périple d'Himilcon.

Le périple est mentionné par Pline l'Ancien, Méla, Arrien, Aristide et Marcien. Athénée y fait une brève allusion.

Analyses Le titre complet du périple est (). Il se présente ainsi comme la traduction ou l'adaptation, en grec ancien, d'une inscription en phénicien qu'Hannon aurait lui-même suspendue dans un temple à Carthage.

Le texte du Périple affirme que le texte a été gravé et suspendu par Hannon dans . Mais ce supposé original n'a jamais été retrouvé et l'unique version du texte connue est en grec. Les Carthaginois et les Phéniciens ne vénéraient pas Cronos : le texte fournit peut-être une équivalence grecque pour le dieu carthaginois Ba'al Hammon.

Plusieurs analyses ont considéré le texte comme le récit d'un voyage qui aurait véritablement eu lieu. L'expédition aurait pu atteindre le golfe de Guinée, en Afrique de l'Ouest. Cependant, les délais indiqués pour les différentes étapes du voyage paraissent peu compatibles avec les réalités des conditions de voyage des marins carthaginois antiques. En tenant compte de ces critères et des courants marins, d'autres analyses suggèrent que le voyage n'a pas dépassé les îles Canaries.

Presque tous les auteurs considèrent que l'inscription punique était un texte. Mais il n'est pas exclu qu'elle consistait en une image dont le texte grec ancien serait l'ekphrasis.

Pour Wolfgang Aly, l'inscription punique aurait été traduite en grec ancien à la suite de la prise de Carthage en par Polybe lui-même ou à l'initiative de celui-ci. D'autres auteurs imputent la traduction à .

Selon l'historien Christian Jacob, le Périple d'Hannon ne raconte pas un voyage réel et la part des représentations et de l'imaginaire y est prépondérante. D'après son analyse, le texte est régi par les catégories de la pensée grecque et s'inspire de l’Odyssée et de l'Enquête d'Hérodote pour décrire des rencontres avec des peuples de plus en plus étranges et inhumains à mesure que l'expédition s'avance vers l'inconnu. Il indique :

Gorilles Le est connu pour l'hapax dont les naturalistes se sont inspirés pour créer , nom du genre des gorilles.

La création de est attribuée à Thomas S. Savage (-) en :

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Francisco J. González Ponce, « Hanno von Karthago (2208) », dans Die Fragmente der Griechischen Historiker Part V : Die Geographen [= FGrH V], en cours de publication (voir en ligne). Francisco J. González Ponce (article traduit avec Andrés Generás), « Xénophon de Lampsaque et le Périple d'Hannon de Heidelberg », dans Orbis Terrarum, 9, Stuttgart, 2007, p. 95-118 (en ligne). . . Didier Marcotte, Les Géographes grecs. Tome I, Introduction générale. Pseudo-Scymnos, Circuit de la terre, Paris, 2000, p. XXIV-XXVI (CUF, 403) . , « Hanno 1 », dans Der Neue Pauly [= DNP], 5, Stuttgart, 1998, p. 155 . . Jehan Desanges, Recherches sur l'activité des méditerranéens aux confins de l'Afrique : - après J.-C., Rome, 1978, p. 392-397 (Collection de l'École française de Rome, 38) (en ligne).

Wolfgang Aly, « Die Entdeckung des Westens », dans Hermes, Zeitschrift für classische Philologie, 62, 1927, éd. du texte grec p. 321-324, une introduction p. 320-321 et un commentaire p. 324-330 (en ligne). , De Hannonis Carthaginiensis periplo, Leipzig, 1892 (en ligne). Geographi graeci minores (GGM), 1, éd. et trad. lat. par Karl Müller, Paris, 1855, p. XVIII-XXXIII (introd.), 1-14 (texte gr. et trad. lat.) (en ligne) ; repr. Hildesheim, 1965 et 1990 . . . . . . . Autres études François Decret, Carthage ou l'empire de la mer, 1977, éditions du Seuil, Paris. Stéphane Gsell, Histoire ancienne de l'Afrique du Nord, 1913-1920 (4 tomes), Paris (en ligne). Maurice Sartre, Le Bateau de Palmyre. Quand les mondes anciens se rencontraient, Tallandier, 2021

Sources littéraires antiques . . . . . . .

Manuscrit , 55 – 56 [, , , ].

Articles connexes Géographes grecs mineurs Périple du Pseudo-Scylax Chronologie des explorations

Liens externes . .

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