Esquibien est une ancienne commune française du département du Finistère, en région Bretagne, devenue, le , une commune déléguée de la commune nouvelle d'Audierne. Esquibien et Audierne retrouvent l'unité qu'elles avaient perdue à l'issue de la Révolution française en 1793 (Audierne était une trève de la paroisse d’Esquibien).

Esquibien faisait partie de la communauté de communes du Cap-Sizun.

Géographie vignette|gauche|Carte de l'ancienne commune d'Esquibien avant la fusion avec Audierne. Description générale

Esquibien est située dans le sud-ouest du département du Finistère, à l'ouest d'Audierne et à l'est de Primelin. Elle se trouve sur la route de la pointe du Raz à à l'ouest de Quimper, elle est bordée par l'océan Atlantique.

Le bourg est situé à une certaine distance de la côte, sur un plateau : c'est là une caractéristique commune à de nombreuses communes littorales bretonnes (par exemple à Ploaré, Plouhinec, Poullan, Combrit, Beuzec-Conq, Nizon, etc.), les premiers immigrants bretons fixèrent le centre de leurs plous à l'intérieur des terres, probablement par crainte des pirates saxons., même si bourg initial semble avoir été à proximité de la mer à Trez Goarem, mais sur une hauteur en position défensive.

thumb|Plage suspendue attaquée par l'érosion (entre la Pointe de Lervily et Pen an Enez). Esquibien possède deux façades littorales : la principale, au sud, donne sur l'Océan Atlantique et, bien que principalement formée de falaises, dispose de 4 plages : le Pouldu, Sainte Evette, Pors Péré et Trez Goarem : les trois premières sont abritées des vents d'ouest et sûres, la quatrième plus sauvage et plus dangereuse..

La commune fait du nord au sud. Les altitudes s'échelonnent entre le niveau de la mer et 72 mètres à l'est du château de Ménez Bras. La commune présentait traditionnellement un habitat rural dispersé en de nombreux écarts formés de hameaux et fermes isolées, le bourg étant de peu d'importance ; la périurbanisation a modifié la répartition de l'habitat, avec la construction de nombreuses maisons le long du littoral entre Landrevet et la pointe de Lervily en passant par Sainte-Évette et une urbanisation linéaire le long des axes routiers partant du bourg, ainsi que le long de la D 784, l'axe routier allant d'Audierne à la Pointe du Raz, dans les quartiers de Croix Rouge et Toulemonde. Le reste du littoral reste à l'état naturel, préservé de toute urbanisation.

Esquibien est traversé à son extrémité Sud, à la pointe de Lervily, par le parallèle Nord.

Le littoral atlantique Le littoral entre Sainte-Évette et la Pointe de Lervily

Le port de Sainte-Évette assure notamment les traversées vers l'Île de Sein.

Le littoral entre la pointe de Lervily et la pointe de Pen an Enez Ce littoral est formé d'une côte rocheuse basse, formant des falaises de faible hauteur (de 6 à 10 mètres), avec de nombreuses plages de galets, y compris des plages suspendues de galets, situées à environ 1,50 mètre au-dessus du niveau actuel de la mer, liées aux variations du niveau de la mer et datant ici principalement de l'Éémien et qui reposent sur un socle granitique ; la disposition des galets de ces plages suspendues a été perturbée par la cryoturbation à la suite des différentes périodes de gel-dégel liées au climat périglaciaire qui a suivi, au WeichsélienD'après une notice d'information touristique située sur place et rédigée par Marc Arzel..

Les dunes de Trez Goarem thumb|Murets de pierres sèches entourant d'anciens champs gagnés par les friches à proximité de Trez Goarem. Les dunes de Trez Goarem sont l'un des principaux massifs dunaires du cap Sizun ; l'ensemble naturel comprend une côte basse sableuse entourée à l'est comme à l'ouest d'une côte rocheuse où se développent pelouses maritimes et landes rases ; en arrière le plateau portait autrefois des activités agricoles, échancré par des vallons boisés et des roselières dans les parties aval.

Le village de Gannaeg était l'ancien bourg de la paroisse. De nos jours disparu sous les sables, il ne subsiste de visible que la fontaine dédiée à saint Onneau. thumb|left|Four à goémon entre l'anse du Cabestan et Portstarz. Dunes et landes étaient utilisées selon des pratiques pastorales, parcourues par des vaches pie noir et quelques ovins. De nombreuses parcelles étaient cultivées comme en témoignent encore les nombreux murets de pierres sèches encore visibles de nos jours.

Plus de 35 fours familiaux à goémon, pour obtenir de l'iode, tapissent encore la côte entre la pointe de Lervily et l'anse du Cabestan. Ce fut une richesse importante pour les populations riverainesD'après une notice d'information touristique située sur place..

Les dunes du Trez Goarem, d'une superficie totale de 21 hectares, sont désormais protégées par le Conservatoire du littoral français, qui en a acheté 86 hectares. On y développe désormais l'éco-pâturage, en privilégiant des races traditionnelles de moutons (mouton des Landes de Bretagne), chèvres (chèvre des fossés), ânes (âne du Cotentin) et vaches (bretonne pie noir). La gestion des espaces naturels privilégie la lutte contre l'enfrichement et aussi contre l'ensablement qui menacent la diversité biologique du site avec l'extension des pruneliers et d'espèces invasives comme l'ail triquètre, l'herbe de la pampa et l'éléagnus. thumb|center|600px|La plage et les dunes de Trez Goarem à Esquibien ; à l'arrière-plan la chapelle Saint-Tugen (à Primelin).

La seconde façade littorale d'Esquibien Sa seconde façade littorale, très courte, située à l'est de la commune, donne sur la rive droite de la ria du Goyen à hauteur de Suguensou.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Esquebyen en 1317 et 1368, Esquebien en 1442 , Esquibien en 1498.

Le nom d'Esquibien représente le pluriel eskibien de l'ancien breton escop « évêque » (> breton eskob). Il désignerait dans ce cas un fief épiscopal.

Le le conseil municipal de la commune nouvelle d'Audierne demande officiellement que la commune prenne le nom « Audierne-Esquibien »..

Eskivien ou an Eskibien en breton.

Histoire Origines, Préhistoire et Antiquité

L'éperon barré de Suguensou, dominant la ria du Goyen, possédait trois remparts concentriquesPierre-Roland Giot, Jacques Briard et Louis Pape, "Protohistoire de la Bretagne", éditions Ouest-France, 1995.. Le site aurait aussi abrité non loin de là par la suite un camp romain, dit de Kervénennec, protégeant la voie romaine allant de Douarnenez à Audierne. .

La paroisse est citée pour la première fois en 1110 ; son nom est orthographié Esquebyen en 1317 et en 1368, Esquibien en 1498. Elle aurait auparavant fait partie de la grande paroisse de l'Armorique primitive de Plogoff. Esquibien dépendait de l'évêché de Cornouaille. Audierne fut longtemps une simple trève d'Esquibien et n'en fut séparée que lors de la création des communes lors de la Révolution française..

L'auteur, Claude-Alexis Grenot, en donne pour preuve les sépultures (y compris un lec'h gisant renversé dans le sable) et poteries des diverses époques précitées qu'il trouva lors des fouilles qu'il réalisa vers 1870 et, pour le Moyen Âge, l'existence de la fontaine Saint-Onneau, désormais aux trois-quarts enfouie sous le sable, et qui est encore dénommée "fontaine paroissiale", ce qui s'explique par le fait que l'église paroissiale était primitivement à proximité, la tradition populaire affirmant d'ailleurs l'existence d'une chapelle, aujourd'hui détruite, à cet endroit.

Hyacinthe Le Carguet effectua lui aussi des fouilles à Trez Goarem en 1882 et y trouva diverses poteries anciennes dont il fit don au musée archéologique et des anciens costumes bretons de la ville de Quimper, de nos jours dénommé Musée départemental breton. .

Hyacinthe Le Carguet a aussi décrit les monuments préhistoriques, disparus dans le courant du ou avant, qui se trouvaient à la pointe de Lervily et aux alentours : le galgal de Bec-ar-Radennec, le peulvan de Créac'h (haut de 7 mètres), les deux dolmens de Keriapoc et le cimetière de Keroullou, qui dominait la mer, composé de deux tumuli d'époque néolithique qui renfermaient plusieurs sépultures à coffre. .

La voie romaine allant de Civitas Aquilonia (Quimper) à la Pointe du Raz passait par le bourg d'Esquibien. .

Moyen Âge : la famille du Ménez

Hervé de Ker Hodierne est un seigneur quasi inconnu qui habitait Esquibien, mais qui est cité dans le Livre des Ostz qui date de 1294 à l'époque du duc Jean II de Bretagne. . Hervé de Lézongar, né vers 1365 à Esquibien et décédé le , possédait aussi à la fin du Pratanraz en Penhars et Le Huilguy en Plogastel-Saint-Germain.

La famille du Ménez était seigneur du dit-lieu, en Esquibien, et de Lézurec, en Primelin ; en 1424, Gestin du Ménez épousa Catherine de Lezongar ; la famille est présente aux réformations et montres de Cornouaille entre 1481 et 1562. . Les seigneurs du Ménez s'opposèrent maintes fois aux évêques de Quimper, leur contestant la qualité de fondateurs de l'église Saint-Rumon d'Audierne et les privilèges qui en découlaient. René du Ménez finança au la construction de la chapelle Saint-Tugen en Primelin dont il devint le seigneur prééminencier. Au Vincent du Ménez prit l'habit de capucin et fonda en 1657 le Couvent des Capucins d'Audierne. Gilles du Ménez, dernier descendant de cette famille, fut tué en duel en 1787 à Nantes. .

Époque moderne En 1656 le recteur d'Esquibien signale le « péril qu'il y a de tomber (...) par défaut d'aplanissement des pierres tombales d'icelle église (...) composées de pierres de maçonnage sans règle, taille, ni piqûre »..

Le bourg était situé au sur les dunes de Trez Goarem, dans le sud de la commune, avant que l'accrétion éolienne dunaire n'ensevelisse le village, obligeant ainsi à déplacer le centre bourg et l'église plus au nord de la communehttp://www.esquibien.fr/uploads/pdf/Ar_Gannaeg_ete_2008.pdf.

Le prédicateur Julien Maunoir prêcha une mission à Esquibien en 1669..

En 1741, une épidémie de dysenterie sévit : « Dans chacune des paroisses de Goulien, Plogoff, Esquibien, Plouinec, Plozévet, Mahelon, Poulan, Beuzet-Cap-Sizun, Pouldergat, Douarnenez, on compte le chiffre énorme de dix à douze morts par jour (...) En 1768, ce sont les paroisses de Plumelin, Cléden, Goulien, Esquibien et Plogoff qui sont envahies »..» thumb|Carte de Cassini d'Esquibien et de ses environs (1786). En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse d'Esquibien de fournir 17 hommes et de payer 111 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »"Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f7.image.r=Plovan?rk=21459;2.

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Esquibien en 1778 :

Révolution française thumb|left|La pointe de Pen an Enez (avec un canon) et l'anse du Cabestan (avec la plage de Trez Goarem). La loi du « relative à la circonscription des paroisses du district de Pont-Croix » donne à la paroisse d'Esquibien comme succursales Primelin, Audierne et l'Île-de-Sein. . thumb| Canon (placé récemment) sur le site de l'ancienne batterie de Pen an Enez. René GrascoeurNé le à Saint-Bihy en Le Haut-Corlay, décédé le ., alors recteur d'Esquibien, devint en 1791 le premier maire de la commune ; il prêta d'abord serment de fidélité à la Constitution civile du clergé, devenant donc prêtre constitutionnel, mais se rétracta ensuite et fut alors poursuivi comme prêtre réfractaire, mais resta ensuite recteur d'Esquibien jusqu'à sa mort en 1807.