Jan Boeckhorst, né à Münster en 1604 et mort à Anvers le , est un peintre baroque allemand.
Il fut un collaborateur de Pierre Paul Rubens. Boeckhorst prenait rarement la peine de signer ou de dater ses œuvres, de sorte que beaucoup parmi celles-ci furent attribuées à Rubens ou à Antoine van Dyck, dont il était proche. Entretemps, l'histoire de l'art lui a reconnu la paternité de bon nombre d'œuvres, par comparaison de styles ou en se basant sur des pièces d'archives. Avec ses représentations de saints, il se mit au service de la Contre-Réforme. Bien qu'il soit né en Allemagne, on compte Boeckhorst parmi les peintres de l'École flamande.
Biographie Famille et jeunesse Jan Boeckhorst naît en 1604 dans une famille de notables de Münster qui jouit d'une certaine considération : son père, Heinrich, juriste, est membre du conseil et bourgmestre de la ville de 1619 à 1627, et avant lui, son grand-père, Albert, également juriste, avait déjà été bourgmestre de 1568 à 1572. Johann est le second des douze enfants que Heinrich Boeckhorst a avec Catharina Helskamp, la fille d'un juge de Rees. Plus tard, l'aîné, baptisé Albert comme son grand-père, gagne la faveur du prince-évêque Christoph Bernhard von Galen et devient président du chapitre et de la collégiale de la St.-Mauritz-Kirche (église Saint-Maurice) de Münster. Un autre fils, prénommé Heinrich comme son père, suit les pas de ce dernier et devient juriste à son tour. Ainsi, au départ, rien dans son environnement familial ne semble prédisposer Johann Bockhorst à devenir peintre. Ses débuts non plus ne laissent rien présager de la voie qu'il choisira finalement : il fréquente jusqu'en 1620 le Gymnasium Paulinum de Münster, avant de devenir en 1621, à l'âge de 17 ans, chanoine de l'église collégiale St. Clemens à Wissel (Kalkar) .
Première partie de sa carrière
Boeckhorst commence sa carrière artistique vers 1626. Il se rend à Anvers, où il entre vraisemblablement dans l'atelier de Jacob Jordaens et dans celui d'Antoine Van Dyck. Il y reçoit une formation de peintre de sujets historiques.
En 1633, ou en 1634, il est maître de la guilde de Saint-Luc d'Anvers. Boeckhorst travaille indépendamment et en collaboration avec d'autres artistes. Au début de sa carrière, il ajoute des personnages, des fleurs et des animaux aux peintures d'autres artistes.
Il collabore étroitement avec Pierre Paul RubensMaurice Sérullaz et Arlette Sérullaz, Pierre Paul Rubens, ses maîtres, ses élèves - Dessins du Musée du Louvre, éditions des musées nationaux, 1978. et avec le peintre animalier Frans SnydersSusan Koslow, F. Snyders, peintre animalier et de natures mortes, Fonds Mercator Paribas, Anvers, 1995.. En 1635, il participe à la décoration du pavillon de chasse de Rubens Torre de la Parada à Madrid et à celle de l'arc de triomphe Pompa Introitus Ferdinandi réalisé à l'occasion de l'entrée du cardinal-infant Ferdinand à Anvers.
Après un premier voyage en Italie en 1637-1638, il arrive en 1639 à Rome, où il se joint aux Bentvueghels, un groupe d'artistes originaires principalement des Pays-Bas du Nord et du Sud. Ceux-ci lui donnent le surnom de « Faustus » (« Faust »). À cause d'une taille inhabituellement grande pour l'époque, il est également surnommé « Lange Jan » (« Jan le Long »).
Après la mort de Rubens en 1640 vignette|gauche|redresse|Portrait d'Hélène Fourment(vers 1630)Musée royal des beaux-arts d'Anvers.
En 1640, Hélène Fourment, la veuve de Rubens, le charge d'achever les œuvres que son mari n'avait pas eu le temps de terminerVoir à ce sujet , dossier de presse d'une exposition qui se tint à Städel en 2007..
La trace de Boeckhorst se perd ensuite jusqu'en 1649. À cette date, il a déjà réussi à se faire un nom, étant donné que le marchand d'art Michael Le Blon le conseille alors comme peintre de cour à la reine Christine de Suède ; Le Blon argumente sa suggestion notamment en affirmant que Boeckhorst est le peintre le plus demandé de la ville d'Anvers.
Entre 1650 et 1660, Boeckhorst, au service de la Contre-Réforme, produit un grand nombre d'œuvres pour des couvents et des églises des Pays-Bas espagnols ; des peintures qui sont aujourd'hui conservées notamment à Bruges, Gand, Lille et Lo.
Il séjourne aussi fréquemment dans sa ville natale, Münster, et il y travaille également. Ainsi réalise-t-il aux environs de 1654 le retable La Messe de saint Martin pour la Martinikirche (l'église Saint-Martin) de Münster, œuvre qui se trouve depuis 1998 au . Le Christ en croix, retable du maître-autel de l'église-collégiale St.-Mauritz-Kirche (Saint-Maurice), dans la même ville, sera pendant longtemps attribué à Van Dyck, avant que Boeckhorst n'en soit finalement reconnu pour auteur.
Boeckhorst exécute également des peintures à thème historique ; ses œuvres ont été demandées sur le marché de l'art et ont fait leur entrée dans les galeries d'Europe. Il réalise en outre des tapisseries et des livres pour l'imprimerie fondée à Anvers par Christophe Plantin. Au fil du temps, ses affaires deviennent prospères, ce qui lui permet de rassembler une collection d'œuvres d'autres artistes et d'occuper, à Anvers, une maison imposante située près du couvent des carmélites, non loin de la Rubenshuis, la maison de Rubens.
Jan Boeckhorst est mort le et est enterré trois jours plus tard dans la Sint Jacobuskerk (l'église Saint-Jacques) à Anvers. Ses œuvres et ses biens, y compris sa collection d'art, sont alors vendus aux enchères.
Œuvre vignette|redresse=1.2|Offrande à l'Apollon de Delphes,vers 1660-1668, huile sur toile, .Musée municipal de Münster, Allemagne. L'histoire de l'art a dégagé les caractéristiques particulières de la technique picturale de Boeckhorst. Vers 1630, il réalisa la gouache Saint Sébastien attaché pour le martyre, d'après une esquisse que Van Dyck avait effectuée à l'huile en 1620-1621. Elle se distingue de son modèle par la ligne dominante du dessin, des visages ovales, et les yeux et les bouches figurés par des points. Ces caractéristiques sont également celles d'une œuvre plus tardive de Boeckhorst, Le Déclenchement de la guerre, une huile sur panneau réalisée aux environs de 1640, et qui était encore présentée lors d'une exposition de 1963 à Recklinghausen comme une œuvre de Rubens. Ici aussi, on retrouve la technique picturale typique de Boeckhorst : les traits de contour qui se détachent, ainsi que l'indication des bouches et des yeux au moyen de points. La tête de Judith dans Judith et Holopherne, huile sur toile réalisée vers 1660, est représentée pleine et ovale comme dans les œuvres des premières années. La technique de Bockhorst se distingue de celle de Rubens en cela qu'il déposait sur le fond une couche de peinture, souvent dans les tons de gris à terre d'ombre, avec plus d'intensité que ce dernier.
La représentation peu naturelle des vêtements et des chevelures sont, parmi d'autres, des caractéristiques que l'on trouve dans les tableaux qui nous sont jusqu'à présent connus des Septem artes liberales – les Sept Arts libéraux. Cela vaut également pour les drapés, par exemple dans Offrande à l'Apollon de Delphes., une huile sur toile datant d'environ 1650. La Jeune Femme en habit de soie, huile sur toile réalisée vers 1650, montre des doigts démesurés et, comme dans le dessin au crayon La Résurrection du Christ (vers 1660), pointus.
Les sections suivantes présentent une liste non exhaustive d'œuvres de ou attribuées à Jan Boeckhorst.
À Anvers à partir de 1626 Le Christ en croix (1630-1640), , ( : Sotheby's, New York, le ). La Chute des damnés (1633-1653), d'après Rubens, (musée Suermondt-Ludwig, Aix-la-Chapelle). Minerve bride Pégase avec l'aide de Mercure (vers 1635), (Rubenshuis, Anvers). Paysans sur le chemin du marché (1630-1640 avec Frans Snyders), (Rubenshuis, Anvers).. Portrait d'Hélène Fourment (1630-1632 attribué), ( : National Trust, Ascott)..
Parmi ses œuvres conservées figurent notamment des cartons pour une série de tapisseries murales à thème mythologique.. Histoire d'Apollon (série pour tapisseries vers 1633), huile sur toile : Apollon et Python, (Musée des beaux-arts de Gand). Apollon et Diane tuent les enfants de Niobé (Musée royal des beaux-arts d'Anvers). Apollon et Daphnée (vers 1668), dessin, (J. Paul Getty Museum).
Voyage en Italie 1637-1638 L'Enlèvement des filles de Leucippe (1637-1639 attribué), , (Musée des Offices, Florence) Le Golgotha (1639-1644), huile sur toile, (église Saint-Pierre, Lo) Les Quatre Saisons : Allégories (vers 1638), peintures sur toile (Musée d'Histoire de l'art de Vienne, Vienne) : Flore : Allégorie du printemps, . Cérès : Allégorie de l'été, . Bacchus : Allégorie de l'automne, . Saturne : Allégorie de l'hiver, .
Alexandre le Grand rend visite à la famille de Darius (1638-1640), huile sur panneau, (, Bernard Descheemaeker 2017).
Retour à Anvers en 1640
Les Septem artes liberales (les Sept Arts libéraux (vers 1640) : Grammatika, (Stadtmuseum Münster °), Arithmetica, (Stadtmuseum Münster °), Geometria, (Rheinisches Landesmuseum Bonn), Rhetorica, (Stadtmuseum Münster). Le Déclenchement de la guerre (vers 1640), (Stadtmuseum Münster °). Marie et l'Enfant Jésus endormi (vers 1640), (Gustav-Lübcke Museum, Hamm) Le Christ en croix entre les larrons, avec Marie, Jean et Marie Madeleine (vers 1640), (Stadtmuseum Münster °). Le Christ sur la croix (vers 1640), ( : Sotheby's 2004.). Autoportrait (vers 1640), (Stadtmuseum, Münster °). Jean le Baptiste (vers 1640), ( °). Jésus au tombeau entouré de personnages (1641-1660), (église Saint-Antoine de Padoue, Anvers °). La Vision de saint Ignace (vers 1644), (Église Sainte-Walburge de Bruges °). Atalante et Méléagre chassent le sanglier de Calydon (1648 avec Jan Fyt), , (John and Mable Ringling Museum of Art, Sarasota °).
Le Martyre de saint Maurice (vers 1649), huile sur toile, (Château Wilhelmshöhe, Cassel). Offrande à l'Apollon de Delphes (vers 1650), huile sur toile (carton de tapisserie), (Stadtmuseum Münster). Achille et les filles de Lycomède (vers 1650), huile sur toile, (Stadtmuseum Münster).. Une femme noire debout avec des perles dans les cheveux (Allégorie sur l'Afrique) (vers 1650), huile sur toile, (Vienne, Liechtenstein Museum) Mercure s'éprenant de Hersé (1654-1655), huile sur toile, (Kunsthistorisches Museum, Vienne).. Achille parmi les filles de Lycomède (vers 1655), (Alte Pinakothek, Munich).. Mercure amoureux de Hersé (vers 1655), (Alte Pinakothek, Munich).. Portrait de Henry Stuart, Duc de Gloucester (1640-1660) (1657), (Musée Groeninge, Bruges).. Œuvres d'églises 1650-1660 ; La Vierge Marie en gloire dans les nuages (vers 1650), huile sur toile, , (Stadtmuseum Münster) L'Image miraculeuse de saint Dominique portée au Ciel par les saints et les anges … (après 1650 attribué à Boeckhorst, sauf le saint), (couvent des Capucins, Bruges)
L'Adoration des Bergers (vers 1650), (Statens Museum for Kunst, Copenhague).. La Mission de Jésus au Temple (après 1650 attribué à Jan Van Cleef et Boeckhorst), (église Notre-Dame, Termonde) Le Martyre de saint Jacques le Majeur (1658), (Stadtmuseum, Münster)..
Le Repentir de David (vers 1654), (Église Saint-Michel de Gand). La Résurrection du Christ (vers 1660), (Stadtmuseum Münster °). L'Adoration des Mages (1652, daté), huile sur toile, (Bob Jones University Museum & Gallery, Greenville).. Le Martyre de sainte Catherine d'Alexandrie (vers 1654), ( °). L'Adoration des trois Rois Mages (1655-1658), (Église Saint-Jacques de Bruges). Le Martyre de saint Jacques le Majeur (1659 daté et signé des initiales J. B.), (église Saint-Jacques de Gand). Le Triptyque Snyders (1659-1660), (panneau central) et (panneaux latéraux) (Musée d'art du comté de Los Angeles) Le Christ triomphant pardonnant aux pécheurs repentis (vers 1660) (Musée d'art d'Auckland). L'Érection de la croix (vers 1660), (Stadtmuseum Münster). Judith et Holopherne (vers 1660 attribué), (Stadtmuseum Münster).