William Monahan (né le à Boston) est un scénariste et écrivain américain, anciennement journaliste. Il est l'auteur des scénarios de Kingdom of Heaven (2005), Les Infiltrés (2006) et Mensonges d'État (2008).
Il a un diplôme de Lettres de l'université du Massachusetts et était déjà écrivain professionnel à la fin de ses études. Il était aussi musicien a Northampton, dans le Massachusetts. Il déménagea à New York pour entrer dans une carrière de journaliste, écrivain et critique. Il écrivit plusieurs pièces satiriques pour le New York Press, quelques articles pour le New York Post et il apporta sa contribution dans certains magazines, tels que Talk, Maxim, et Bookforum. Il fut aussi éditeur du journal Spy. En 1997, il obtint le prix Pushcart pour l'une de ses nouvelles publiées. Après l'échec de Spy, William Monahan concentra son écriture vers le cinéma et publia Light House: A Trifle, un roman qui fut loue par la critique et qui lui ouvrit les portes du cinéma quand, en 1998, les studios Warner Bros. lui achetèrent les droits de son histoire et le chargèrent de l'adapter en scénario pour le réalisateur Gore Verbinski.
En 2001, la 20th Century Fox acheta son nouveau scénario, intitulé Tripoli et que Ridley Scott (qui devint par la suite son principal collaborateur) devait réaliser. Ce film est resté à l'état de projet. Il tient au cœur du réalisateur et du scénariste qui ne désespèrent pas de le tourner un jour.
Après cela, Monahan a travaillé avec Martin Scorsese et Steven Spielberg, entre autres réalisateurs. Son premier scénario, Kingdom of Heaven, fut porté a l'écran par la réalisation de Ridley Scott et sortit au cinéma en 2006. Son deuxième scénario adapté fut celui du film Les Infiltrés. Il obtint pour son travail un prix de la WGA award et un Oscar du cinéma dans la catégorie Meilleur scénario adapte.
Il travailla sur un second film pour Ridley Scott, puisqu'il est l'auteur du scénario de Mensonges d'État.
Monahan est à la tête d'une entreprise appelée Henceforth. Il est marié et a deux enfants.
Années de jeunesse Monahan a grandi dans un univers littéraire très présent et a développé très tôt un intérêt particulier pour la littérature élisabéthaine. Il se souvient comment il a commencé à s'intéresser aux films, à l'âge de sept ans, quand il a compris qu'il y avait un scénariste derrière l'histoire de Lawrence d'Arabie. Il écrivit son premier scénario à l'âge de douze ans.
À la fin des années 1980, William Monahan jouait de la guitare avec the Slags, un groupe qui jouait à Northampton et dans ses environs"William Monohan [sic] 'writes fiction and plays guitar for the Slags.'. Au début des années 1990, il a écrit des chansons et a joué dans un autre groupe appelé Foam.
Écrivain et éditeur
Son plus ancien texte publié à ce jour, une histoire courte intitulée "At the Village Hall", parut en 1991 dans un journal de Northampton appelé Perkins Press. Deux ans plus tard, une nouvelle qui devint plus tard le roman Light House: A Trifle parut sous forme de feuilleton dans le magazine littéraire Old Crow Review de Amherst, dans le Massachusetts.
Dans les années 90, Monahan devint journaliste et éditeur dans la ville de New York, composant des essais et de courtes fictions pour l'édition hebdomadaire du New York Press, où le regard éditorial était particulièrement permissif comparé à la plupart des autres journaux. Pour commencer, les lettres de réaction des lecteurs furent favorables à ses textes. Cependant, en 1995, il fut régulièrement controversé et les courriers des lecteurs devinrent très partagés : on trouve un bon exemple de leurs réactions à travers les lettres qui furent écrites à la suite de ses essais : The Angel Factory, Heroin, et Dr. Rosenthal, I Presume. Il rédigea un article-couverture intitulé « Ceci n'est pas une bombeTitre original », dans lequel il développait la théorie érudite et très personnelle sur l'interprétation du livre d'Alton Chase, Harvard and the Unabomber. Dans un autre essai, Monahan exprima que les écrivains de presse n'étaient pas des reporters dans le sens traditionnel du terme : « Nous sommes tous des sortes d'essayistes, en réalitéWilliam Monahan. "Manhattan Samurai: Swords and Sensibilities", New York Press, vol. 8, no. 48 (29 novembre–5 décembre 1995). ».
En outre de son travail à la pige pour le New York Press, Monahan a aussi travaillé comme critique littéraire pour le New York Post et a écrit pour un magazine masculin nomme Maxim.
Monahan avait déjà gagné une certaine reconnaissance publique pour sa nouvelle, A Relation of Various Accidents Observable in Some Animals Included in Vacuo. Elle fut nommée par la Old Crow Review et reçut, en 1997, le Pushcart Prize. L'année suivante, on retrouvait dans la nouvelle édition du Pushcart, sa courte histoire publiée dans Perkins Press, "At the Village Hall". Cette nouvelle histoire fut aussi nommée par Old Crow Review, et obtint une mention spéciale. William Monahan fut très tôt un utilisateur inconditionnel de l'internet, c'est pourquoi il participa souvent à des discussions sur le site Echo, une communauté virtuelle new-yorkaise bien connueWilliam Monahan. "", New York Press, vol. 14, no. 21 (21 mai 2001)..
Light House: A Trifle fut publié en 2000, avec le plébiscite des critiques. Le texte fait intentionnellement référence aux romans satiriques de Thomas Love Peacock, un auteur britannique du début du , et raconte l'histoire d'un artiste nommé Tim Picasso qui se heurte à un baron de la drogue et cherche refuge dans une auberge de Nouvelle-Angleterre.
Bien que devenu romancier et écrivain pour la WGA, Monahan a continué à travailler comme journaliste, notamment pour le compte du New York Press, et du magazine Talk (numéro d')William Monahan. "So Seedy! Smell that fish bait! Gloucester's a perfect town for pictures", Talk magazine, septembre 1999, Premiere issue, p. 82.. La dernière participation de William Monahan dans le NYPress en tant qu'auteur périodique fut sa série comique intitulée Dining Late with Claude La Badarian, publiée sur treize semaines sous le pseudonyme de Claude La Badarian, un critique gastronomique imaginaire. Ces histoires courtes font référence, de manière satirique, à son premier roman et à sa carrière littéraire. À la fin de la série, Monahan and Bruno Maddox se réunirent pour une tournée commune qui fut interrompue à la suite des attentats du . Peu après, il vendit son scénario Tripoli à la 20th Century Fox et rencontra Ridley Scott pour travailler sur le projet. Monahan a continué d'éditer pour le compte du magazine Details et d'écrire des critiques de livres pour Bookforum, mais il s'investit dès lors davantage dans l'écriture pour le cinéma.
Scénariste "Je voulais être un homme de lettres à la manière d'autrefois, ainsi dans la vingtaine je me suis surtout préparé et très soigneusement pour un travail qui n'existe plus à présent; il vous est possible de trouver un homme de lettres en Syrie ou dans la Corne de l'Afrique, mais vous pourriez travailler toute une année à Manhattan ou à Londres avec des chiens et sans jamais en voir un seul. Anthony Burgess est mort, Gore Vidal est le dernier lion, et en tout cas les belles-lettres ne sont plus ce qu'elles étaient. De toute façon, maintenant je fais des films. Juste avant que ça n'arrive, j'ai pensé « Parmi toutes les choses que tu peux faire ou que tu penses pouvoir faire, choisis-en une et met-y. » (citation de Goethe?) « Ce que j'ai choisi fut d'être scénariste. »
Monahan est devenu un scénariste sur le marché à l'âge de 36 ans quand la Warner Bros. a acheté les droits d'adaptation de son roman Light House: A Trifle — alors toujours en manuscrit — et l'a contacté pour qu'il en fasse lui-même un scénario. Gore Verbinski fut choisi pour le réaliser.
Tout en travaillant pour le journal Spy, William Monahan partageait son temps entre Manhattan et le Massachusetts où il travaillait ses textes; c'est dans cette période qu'il décida de recourir à un agent pour faire la promotion de son Tripoli.
En 2001, le scénario de Tripoli fut acheté par la 20th Century Fox, et devait être produit par Mark Gordon. Cette épopée suit de près la campagne de William Eaton contre Yusuf Karamanli dit Yusuf Bashaw pour restaurer l'héritier légitime alors exilé, Hamet Karamanli qui était le propre frère de Yusuf. L'histoire a pour enjeu le royaume qui s'étendait sur l'actuelle Libye et met notamment en scène un mercenaire français nomme Joubert. Ridley Scott signa pour le réaliser. Lors de la rencontre entre le scénariste et le réalisateur au sujet de Tripoli, Scott lui fit part de son désir de faire un film qui parlerait de chevaliers. Monahan lui suggéra comme décor la chute du Royaume de Jérusalem, et Ridley Scott lui demanda d'écrire un scénario original. Ce fut l'origine de Kingdom of Heaven, produit par la 20th Century Fox.
Avant le début de la production de Kingdom of Heaven en , Monahan fut embauché pour écrire plusieurs scénarios de films à gros budget, notamment en 2002 pour Jurassic Park IV, au compte des studios Universal Pictures. Columbia Pictures fit aussi appel à ses talents pour adapter le manuscrit du journaliste Doug Stanton qui, depuis, fut publié sous le titre de The Horse Soldiers: A True Story of Modern War. Il raconte l'insurrection sanglante de la ville afghane Mazâr-e Charîf contre les Talibans, après l'arrivée des troupes américaines sur le territoire. Dans la foulée, la maison de production de Brad Pitt, Plan B, l'embaucha pour écrire une adaptation d'un film hong-kongais Infernal Affairs. Martin Scorsese le réalisa et il sortit sous le titre américain The Departed (en français Les Infiltrés), produit par la Warner Bros.
Le film valut à Monahan deux prix pour le meilleur scénario adapté, l'un de la Writers Guild of America et l'autre de l'Academy des Oscars. John Sayles fut finalement choisit pour travailler sur le scénario de Jurassic Park IV, car Monahan devint à cette époque indisponible. En effet, il était pris par son travail sur Kingdom of Heaven, dans la mesure où les aléas du tournage pouvaient nécessiter des modifications de dernière minute.
Autour de Kingdom of Heaven Après son travail sur Kingdom of Heaven, Monahan fut embauché pour collaborer une nouvelle fois avec le réalisateur Ridley Scott sur une adaptation d'un roman très violent de Cormac McCarthy qui se passe dans le Western et s'intitule Blood Meridian, pour le compte du producteur Scott Rudin. Au cours du travail de post-production sur Kingdom of Heaven, Scott fit d'abord un long montage de près de trois heures mais finalement se ravisa à cause des réactions des spectateurs. Ceux qui ont pu voir le premier montage trouvaient le film trop long. Scott finit par s'en convaincre et adopta une autre version qui ne durait plus que 145 minutes.
Peu avant la sortie de Kingdom of Heaven, un mini scandale éclata quand l'écrivain James Reston Jr. déclara que le scénario de Monahan pour le film était un plagiat de son propre livre Warriors of God: Richard the Lionheart and Saladin in the Third Crusade, paru en 2001. Reston affirmait qu'un producteur avait autrefois proposé son livre comme base de travail à Ridley Scott, mais que le projet avait alors tourné court. Il assurait que toute la deuxième partie du scénario de Monahan était basée sur les 105 premières pages de son livre et faisait remarquer que "Kingdom of Heaven" était le titre de son second chapitre. La 20th Century Fox démentit toutes ses accusations et Monahan, dans un courrier électronique, fit ce commentaire : « Il n'y a pas de violation de droit pour une période. Je me suis familiarisé avec la chute du Royaume latin de Jérusalem depuis une trentaine d'années ». Reston ne fit pas suivre l'affaire et ne fit jamais appel a la justice.