Les élections européennes de 1984 en Italie () se tiennent le , afin d'élire les européens italiens de la du Parlement européen.
Ce scrutin intervient alors que le socialiste Bettino Craxi est au pouvoir depuis un an avec le soutien du Pentapartito, une alliance dominée par la Démocratie chrétienne (DC). Il se tient seulement six jours après la mort du secrétaire général du Parti communiste italien (PCI) et figure de la vie politique italienne, Enrico Berlinguer.
Le résultat est marqué par un fait unique dans l'histoire de la République italienne, surnommé le . La victoire revient en effet au PCI, qui devance la DC pour la première fois depuis , de environ. La participation est en baisse d'environ trois points mais reste largement supérieure à la moyenne européenne.
Contexte L'Italie est membre fondateur de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) en , de la Communauté économique européenne (CEE) en et de la Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom) en . Le démocrate chrétien Alcide De Gasperi et le communiste Altiero Spinelli sont considérés comme faisant partie des .
Au sein de la Commission Thorn, formée en , le démocrate chrétien Lorenzo Natali est commissaire à la Politique méditerranéenne, à l'Élargissement et à l'Information, tandis que le socialiste Antonio Giolitti est commissaire à la Politique régionale et aux Fonds européens.
Aux élections européennes du , la Démocratie chrétienne (DC) continue de dominer la vie politique italienne. Rassemblant 36,5 % des voix, elle fait élire sur 81. C'est cinq de plus que le Parti communiste italien (PCI), qui obtient 29,6 %.
Le Parti socialiste italien (PSI) confirme son statut de troisième force politique et totalise 11 % des suffrages exprimés, repassant ainsi le seuil des 10 % dans une élection concernant l'ensemble des électeurs, ce qui lui donne neuf sièges. Il devance nettement le Mouvement social italien – Droite nationale (MSI-DN), qui fait élire quatre députés européens en ayant réuni 5,5 %.
Il est suivi du Parti social-démocrate italien (PSDI), qui totalise autant d'élus avec 4,3 %. Avec 3,7 % et trois sièges, le Parti radical (PR) confirme à l'époque sa place dans le jeu politique italien. Il se place ainsi devant le Parti libéral italien (PLI), auteur lui aussi d'une belle performance puisqu'avec 3,6 % et trois mandats, il surpasse le Parti républicain italien (PRI), qui rassemble 2,6 % et deux députés. Son résultat est ainsi plus du double du Parti d'unité prolétarienne pour le communisme (PdUP), qui obtient un élu avec 1,2 %.
En , le secrétaire du PSI Bettino Craxi est nommé président du Conseil des ministres par Sandro Pertini, devenant le premier socialiste à accéder à la direction du gouvernement républicain.
Mode de scrutin Les députés européens sont élus au scrutin proportionnel plurinominal pour un mandat de cinq ans.
Le territoire italien est divisé en , correspondant aux groupes de régions de l'ISTAT. Il n'y a pas de seuil électoral.
Le jour du vote, chaque électeur choisit dans sa circonscription une liste de candidats, et peut émettre jusqu'à trois votes de préférence. À l'issue du scrutin, les sièges sont répartis au niveau national à la proportionnelle de Hare. Les sièges attribués à chaque parti sont ensuite distribués dans les circonscriptions et accordés en priorité aux candidats ayant reçu le plus grand nombre de voix préférentielles.
Les candidatures représentant des minorités linguistiques (présentes en Vallée d'Aoste, Trentin-Haut-Adige et Frioul-Vénétie Julienne) ont la possibilité de se rattacher à une liste nationale. Dans ce cas, les votes obtenus par les minorités s'ajoutent à ceux de la liste de rattachement, et un siège est attribué à tout candidat linguistique dont la candidature rassemble au moins .
Nom Régions Électeurs Sièges Carte 1 Italie nord-occidentale Vallée d'Aoste, Piémont, Lombardie, Ligurie 23 250px|alt=Circonscriptions en Italie pour les élections européennes 2 Italie nord-orientale Frioul-Vénétie Julienne, Vénétie, Trentin-Haut-Adige, Émilie-Romagne 15 3 Italie centrale Toscane, Marches, Latium, Ombrie 17 4 Italie méridionale Abruzzes, Molise, Campanie, Basilicate, Pouilles, Calabre 18 5 Italie insulaire Sicile, Sardaigne 8
Campagne Principales forces politiques Parti Groupe Idéologie Secrétaire Démocratie chrétienne Populaire CentreDémocratie chrétienne, antifascisme, anticommunisme Ciriaco De Mita Parti communiste italien Communiste GaucheCommunisme, eurocommunisme, marxisme-léninisme Alessandro Natta Parti socialiste italien Socialiste Centre gaucheSocialisme, social-démocratie, social-libéralisme Bettino Craxi Mouvement social italien – Droite nationale Non-inscrits Extrême droiteNéofascisme, nationalisme, anticommunisme Giorgio Almirante Parti social-démocrate italien Socialiste Centre gaucheSocial-démocratie, socialisme Pietro Longo Parti radical Indépendants Centre gaucheRadicalisme, libertarisme, anticléricalisme Roberto Cicciomessere Parti libéral italien Libéral Centre droitLibéralisme, Libéral-conservatisme, libérisme Valerio Zanone
Résultats Voix et sièges
Parti Suffrages Sièges Voix % Députés +/- Parti communiste italien (PCI) 33,33 27 3 Démocratie chrétienne (DC) 32,96 26 3 Parti socialiste italien (PSI) 11,21 9 Mouvement social italien – Droite nationale (MSI-DN) 6,47 5 1 Parti républicain italien (PRI) 6,09 3 1 Parti libéral italien (PLI) 2 1 Parti social-démocrate italien (PSDI) 3,49 3 1 Parti radical (PR) 3,41 3 Démocratie prolétarienne (DP) 1,44 1 Autres 1,58 2 Votes valides 94,80 Votes blancs et nuls 5,20 Total 100,00 81 Abstention 17,53 Inscrits / participation 82,47
Analyse Près de huit millions d'Italiens font le choix de s'abstenir, établissant un nouveau record dans l'histoire de la République, même si le taux final de participation est supérieure de à la moyenne européenne.
Gagnant et , le PCI, dont le secrétaire général Enrico Berlinguer est mort six jours plus tôt, devient pour la seule et unique fois de son histoire le premier parti d'Italie. Il fait ainsi élire européens, soit un de plus que la DC. Celle-ci perd en effet , soit favorables. C'est là son plus mauvais résultat depuis . Cet échec ne l'empêche pas de dominer le territoire italien, puisque les démocrates chrétiens devancent les communistes dans quatre des cinq circonscriptions.
Le PSI reste stable avec ses neuf parlementaires et ses 11,2 %. S'il reste devant le MSI-DN, celui-ci gagne un siège de plus après avoir augmenté son total de voix de . Cette progression ne permet donc pas à l'union entre le PLI et le PRI de devenir la quatrième force politique italienne. Cette alliance est même un échec puisqu'elle réunit de moins que les deux partis séparés en . Le PRI en profite cependant pour gagner un siège au détriment du PLI.
Le PSDI est lui aussi en recul puisqu'il perd 20 % de son soutien populaire en cinq ans, ainsi qu'un député. Sa représentation parlementaire égale donc celle du PR, qui conserve ses trois sièges. L'écart qui les sépare fond de 88 %, passant de près de à seulement . La DP profite elle de la disparition du PdUP : alors qu'elle comptait moins de 1 % des voix en , elle double son score tout en ne conservant qu'un seul parlementaire.
Conséquences L'Italie Giovanni Cervetti est élu président du groupe communiste et apparentés.
Voir aussi Articles connexes Liste des députés européens d'Italie de la
1984 Italie Catégorie:1984 en Italie