Les élections européennes de 1989 en Italie () se tiennent le , afin d'élire les européens italiens de la du Parlement européen.

Le scrutin est marqué par un recul assez net du Parti communiste italien (PCI), une poussée du Parti socialiste italien (PSI) et l'émergence de partis écologistes et autonomistes, qui parviennent à capter près de 8 % des voix. De nouveau en recul, le taux de participation reste néanmoins supérieur à 80 % et dépasse donc de la moyenne européenne.

Contexte L'Italie est membre fondateur de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) en , de la Communauté économique européenne (CEE) en et de la Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom) en . Le démocrate chrétien Alcide De Gasperi et le communiste Altiero Spinelli sont considérés comme faisant partie des .

Au sein de la Commission Delors , formée en , le démocrate chrétien Lorenzo Natali est vice-président, commissaire à la Coopération, au Développement et à l'Élargissement, tandis que le socialiste Carlo Ripa di Meana est commissaire aux Questions institutionnelles, à la Politique de l'information, à la Culture et au Tourisme.

Aux élections européennes du , le Parti communiste italien (PCI) réussit pour la seule et unique fois de son histoire le : avec 33,3 % des voix et vingt-sept députés européens sur 81, il devance de et un siège la Démocratie chrétienne (DC), première force politique italienne depuis et qui réalise son plus mauvais résultat depuis .

Le Parti socialiste italien (PSI), stable, confirme sa troisième place dans le jeu politique en réunissant 11,2 % des voix et neu élus. Il reste ainsi nettement devant le Mouvement social italien – Droite nationale (MSI-DN), qui remporte cinq parlementaires et 6,5 %. Il est ainsi talonné par l'alliance entre le Parti républicain italien et le Parti libéral italien (PRI-PLI), deux formations membres du groupe libéral qui totalisent 6 % des exprimés et cinq mandats.

Ensemble, ils dépassent donc le Parti social-démocrate italien (PSDI), qui se contente de 3,5 % et trois députés européens, manquant de seulement de se faire devancer par le Parti radical (PR), qui obtient autant de sièges avec 3,4 %.

En , le démocrate chrétien Ciriaco De Mita est nommé président du Conseil des ministres et gouverne avec l'appui du Pentapartito qui associe la DC, le PSI, le PSDI, le PLI et le PRI.

Le du Parti radical en décide que le parti renonce à toute compétition électorale afin de promouvoir des objectifs dépassant le cadre partisan. Une partie du PR décide toutefois de se présenter avec une liste intitulée Liste contre l'interdiction des drogues (LAD), tandis que d'autres rejoignent l'alliance PRI-PLI sous le nom de .

Mode de scrutin Les députés européens sont élus au scrutin proportionnel plurinominal pour un mandat de cinq ans.

Le territoire italien est divisé en cinq circonscriptions, correspondant aux groupes de régions de l'ISTAT. Il n'y a pas de seuil électoral.

Le jour du vote, chaque électeur choisit dans sa circonscription une liste de candidats, et peut émettre jusqu'à trois votes de préférence. À l'issue du scrutin, les sièges sont répartis au niveau national à la proportionnelle de Hare. Les sièges attribués à chaque parti sont ensuite distribués dans les circonscriptions et accordés en priorité aux candidats ayant reçu le plus grand nombre de voix préférentielles.

Les candidatures représentant des minorités linguistiques (présentes en Vallée d'Aoste, Trentin-Haut-Adige et Frioul-Vénétie Julienne) ont la possibilité de se rattacher à une liste nationale. Dans ce cas, les votes obtenus par les minorités s'ajoutent à ceux de la liste de rattachement, et un siège est attribué à tout candidat linguistique dont la candidature rassemble au moins .

N°NomRégionsÉlecteursSiègesCarte 1 Italie nord-occidentale Vallée d'Aoste, Piémont, Lombardie, Ligurie 25 250px|alt=Circonscriptions en Italie pour les élections européennes 2 Italie nord-orientale Frioul-Vénétie Julienne, Vénétie, Trentin-Haut-Adige, Émilie-Romagne 17 3 Italie centrale Toscane, Marches, Latium, Ombrie 16 4 Italie méridionale Abruzzes, Molise, Campanie, Basilicate, Pouilles, Calabre 16 5 Italie insulaire Sicile, Sardaigne 7

Campagne Principales forces politiques Parti Groupe Idéologie Secrétaire Démocratie chrétienne Populaire CentreDémocratie chrétienne, antifascisme, anticommunisme Arnaldo Forlani Parti communiste italien Gauche unitaire GaucheCommunisme, eurocommunisme, marxisme-léninisme Achille Occhetto Parti socialiste italien Socialiste Centre gaucheSocialisme, social-démocratie, social-libéralisme Bettino Craxi Mouvement social italien – Droite nationale Non-inscrits Extrême droiteNéofascisme, nationalisme, anticommunisme Gianfranco Fini Parti républicain italien Non-inscrits CentreRépublicanisme, mazzinisme Giorgio La Malfa Parti libéral italien Libéral Centre droitLibéralisme, Libéral-conservatisme, libérisme Renato Altissimo Parti social-démocrate italien Socialiste Centre gaucheSocial-démocratie, socialisme Antonio Cariglia

Résultats Voix et sièges

Parti Suffrages Sièges Voix % Députés +/- Démocratie chrétienne (DC) 32,90 26 Parti communiste italien (PCI) 27,58 22 5 Parti socialiste italien (PSI) 14,80 12 3 Mouvement social italien – Droite nationale (MSI-DN) 5,51 4 1 Parti libéral italien (PLI) 4,40 3 1 Parti républicain italien (PRI) 1 2 Les Verts Européens - Liste Verte (VE-LV) 3,78 3 3 Parti social-démocrate italien (PSDI) 2,72 2 1 Les Verts Arc-en-ciel (VA) 2,32 2 2 Ligue lombarde - Alliance du Nord (LL-AN) 1,83 2 2 Démocratie prolétarienne (DP) 1,29 1 Liste contre la prohibition des drogues (LAD) 1,24 1 2 Autres 1,57 2 Votes valides 92,63 Votes blancs et nuls 7,37 Total 100,00 81 Abstention 18,93 Inscrits / participation 81,07

Analyse Ce scrutin atteint un nouveau record d'abstention dans l'histoire républicaine puisque plus de huit millions d'Italiens ne se déplacent pas aux urnes.

Si la DC reste stable, perdant à peine 0,6 point et conservant l'intégralité de ses mandats, le PCI subit lui une défaite sérieuse. Premier parti du pays à l'issue du scrutin de , il est relégué à sa traditionnelle deuxième place après avoir abandonné , soit et 20 % de sa délégation parlementaire. Ce recul ne permet toutefois pas aux démocrates chrétiens de réussir le grand chelem des cinq circonscriptions puisque les communistes continuent de dominer l'Italie centrale.

Le PSI, toujours troisième, réalise pour sa part le meilleur résultat de son histoire. Il obtient ainsi plus de voix qu'aux élections générales de à la Chambre des députés et établit, à cette époque, son record de suffrages favorables en réunissant et trois députés de plus qu'en . C'est également la seule fois dans son histoire où il obtient plus de 14,5 % des exprimés. À cette époque, il devient la première force politique à faire élire plus de dix députés hors DC et PCI. Il laisse ainsi loin derrière lui le MSI-DN, qui perd un point et un siège.

L'alliance PLI-PRI est un nouvel échec, puisqu'elle abandonne 30 % de ses suffrages du scrutin précédent et un élu. La répartition des candidatures conduit même à la perte de deux députés sur trois pour les républicains. La coalition est suivie par la Fédération des listes vertes (FLV), une des trois forces émergentes de ces élections avec Les Verts Arc-en-ciel (VA) et la Ligue lombarde - Alliance Nord (LL-AN). Ensemble, ces trois formations captent en effet exprimés, soit 7,9 % et sept élus.

Le PSDI, toujours en recul puisqu'il tombe sous la barre des 3 %, est ainsi distancé par la FLV, tandis que les VA et la LL-AN surpassent la DP, qui n'évolue pas en comparaison avec le précédent scrutin. Enfin, la LAD, qui cherche à occuper l'espace politique du Parti radical (qui a renoncé à toute compétition électorale), perd les deux tiers de la représentation parlementaire des radicaux en divisant leur résultat électoral par trois.

Conséquences Quelques mois après le scrutin, le PCI prend le qui l'amènera à renoncer au communisme au profit de la social-démocratie.

Notes et références

1989 Italie Catégorie:1989 en Italie