La campagne de la Péninsule est une opération militaire de grande envergure de l'Union durant la guerre de Sécession, lancée dans le sud-est de la Virginie de mars à . Elle est la première offensive à grande échelle dans le théâtre militaire de l'Est. Il s'agit d'une opération amphibie menée par le major-général George McClellan, qui utilisa la tactique militaire de l' contre l'Armée des États confédérés en Virginie du Nord, et qui était destinée à capturer Richmond, la capitale des États confédérés. McClellan fut d'abord couronné de succès contre le tout aussi prudent général Joseph E. Johnston, mais l'émergence de l'agressivité du général Robert Lee transforma la bataille des Sept Jours qui suivit en une humiliante défaite de l'Union.

McClellan fit débarquer son armée au Fort Monroe et se dirigea vers le nord-ouest, remontant la péninsule de Virginie. La position défensive du brigadier général confédéré John B. Magruder sur la prit McClellan par surprise. Ses espoirs pour une avance rapide n'ayant pu aboutir, McClellan ordonna à son armée de se préparer pour un siège de Yorktown. Peu de temps avant la fin des préparatifs pour assiéger la ville, les Confédérés, désormais sous les ordres directs de Johnston, commencèrent à se retirer vers Richmond. Le premier combat violent de la campagne eut lieu lors de la bataille de Williamsburg, durant laquelle les troupes de l'Union obtinrent quelques victoires tactiques, mais les Confédérés poursuivirent leur retrait. Une opération amphibie sur les côtés pour atteindre Eltham's Landing fut inefficace pour mettre fin à la retraite des Confédérés. Lors de la bataille de Drewry's Bluff, une tentative de la United States Navy pour rejoindre Richmond en passant par la James River fut repoussée.

Alors que l'armée de McClellan atteignait la périphérie de Richmond, une petite bataille eut lieu à Hanover Court House, mais elle fut suivie par une attaque surprise de Johnston dans la bataille de Seven Pines ou Fair Oaks. Cette bataille ne fut pas décisive, provoqua de lourdes pertes, mais eut des effets durables sur la campagne. Johnston fut blessé et remplacé le par le plus agressif Robert E. Lee, qui réorganisa son armée et prépara une action offensive dans les dernières batailles du au , plus connues sous le nom de la bataille des Sept Jours.

Contexte

Le , le major-général George B. McClellan forma l'armée du Potomac et devint lui-même son premier commandant. Au cours de l'été et de l'automne, McClellan organisa fortement sa nouvelle armée, et améliora grandement son moral grâce à ses fréquentes visites dont le but était de réviser et d'encourager ses unités. Ce fut une réussite remarquable, lors de laquelle il parvint à personnifier l'armée de Potomac et à récolter l'adulation de ses hommes. Il créa des moyens de défense pour Washington, quasiment imprenables, composés de 48 forts et de points forts, avec 480 canons servis par .

Le , le général Winfield Scott prit sa retraite et McClellan devint alors général en chef de toutes les armées de l'Union. Le président exprima sa préoccupation au sujet du qu'impliquait le double rôle de commandant de l'armée et de général en chef, mais McClellan répondit :

Le , McClellan révéla ses intentions de transporter l'armée du Potomac par bateau jusqu'à Urbanna, en Virginie, sur la Rappahannock, débordant les forces confédérées près de Washington, et avançant de par voie terrestre pour capturer Richmond. Le , Lincoln émit une ordonnance demandant à toutes ses armées de lancer des opérations offensives le , jour du Washington's birthday. Le , il émit une ordonnance supplémentaire destinée à l'armée du Potomac, lui demandant de se déplacer par voie terrestre pour attaquer les Confédérés à Manassas et à Centreville. McClellan répondit immédiatement, écrivant une lettre de 22 pages dans laquelle il s'opposait en détail au plan du président, se prononçant en revanche en faveur de son plan Urbanna, qui était le premier exemple écrit comportant les détails du plan qui avait été présenté au président. Bien que considérant son plan comme étant le meilleur, Lincoln fut soulagé lorsque Mcclellan accepta finalement de commencer à bouger, il approuva donc à contre-cœur.

Le , doutant de la détermination de McClellan, Lincoln convoqua un conseil de guerre à la Maison Blanche, lors duquel les subordonnés de McClellan furent interrogés sur leur confiance dans le plan Urbanna. Ils l'exprimèrent à des degrés divers. Après la réunion, Lincoln produisit une autre ordonnance, nommant des officiers spécifiques comme commandants de corps chargés de rapporter les renseignements à McClellan (qui avait été réticent à le faire avant d'évaluer l'efficacité de ses commandants de division au combat, même si cela signifiait sa supervision directe de douze divisions sur le terrain).

Avant même que McClellan ait pu mettre ses plans en œuvre, les forces confédérées, sous les ordres du général Joseph E. Johnston, se retirèrent de leurs positions avant Washington, adoptant de nouvelles positions au sud de la Rappahannock, ce qui annula complètement la stratégie Urbanna. McClellan remania son plan pour permettre à ses troupes de débarquer à Fort Monroe, en Virginie, et d'avancer jusqu'à la péninsule de Virginie pour atteindre Richmond. Cependant, McClellan fut l'objet de critiques extrêmes de la part de la presse et du Congrès lorsqu'il fut révélé que les forces de Johnston s'étaient non seulement échappées sans que quiconque ne s'en aperçoive, mais qu'elles trompaient depuis des mois l'armée de l'Union grâce à l'utilisation de Quaker Guns.

Une complication supplémentaire pour la planification de la campagne fut l'apparition du premier cuirassé à coque en fer CSS Virginia, qui mit Washington dans un état de panique et fit considérer les opérations de soutien naval sur la James River comme problématiques. Le , lors du combat de Hampton Roads (-), le Virginia vainquit des navires en bois de la marine américaine qui bloquaient le port de Hampton Roads, en Virginie, dont la chaloupe ainsi que la frégate , remettant en question la viabilité des navires en bois dans le monde. Le lendemain, le cuirassé arriva sur les lieux et fut aux prises avec le Virginia, ce fut le premier duel célèbre entre cuirassés. La bataille, bien que sans incidence, reçut une publicité dans le monde entier. Après la bataille, il devint clair que les navires cuirassés étaient l'avenir de la guerre navale. Aucun navire n'endommagea gravement l'autre ; le seul résultat visible fut d'empêcher le Virginia de continuer à attaquer d'autres navires en bois.

Le , Lincoln démit McClellan de sa fonction de général en chef, le laissant uniquement à la tête de l'armée du Potomac, soi-disant pour que ce dernier fût libre de consacrer toute son attention à l'opération menée sur Richmond. Bien que McClellan fût soulagé par les commentaires de soutien que Lincoln lui adressait, avec le temps, il considéra le changement de commandement d'une manière très différente, le décrivant comme faisant partie d'une intrigue .

Forces en présence vignette|droite|La batterie fédérale avec mortiers côtiers de , modèle 1861, pendant le siège de Yorktown, Virginie, 1862. L'Armée du Potomac était composée d'environ basés à Fort Monroe lorsque McClellan arriva, mais cet effectif augmenta pour atteindre le nombre de avant le début des hostilités. L'armée était organisée en trois corps et autres unités.

Du côté des Confédérés, l'armée de Virginie du Nord de Johnston (nouvellement nommée à partir du ) était organisée en trois ailes, chacune d'entre elles étant composée de plusieurs brigades.

Cependant, au moment même où l'Armée du Potomac arriva, seuls les de Magruder leur firent face sur la Péninsule. Le gros des forces de Johnston () était à Culpeper, sous les ordres du major-général Theophilus H. Holmes à Fredericksburg, et obéissant au major-général Benjamin Huger à Norfolk. À Richmond, le général Robert E. Lee était revenu du travail qu'il effectuait sur les fortifications côtières dans les Carolines et le , il devint conseiller militaire en chef auprès du président des États confédérés Jefferson Davis.

Les forces basées dans la vallée de Shenandoah jouèrent un rôle indirect dans la campagne. Environ sous les ordres des généraux Nathaniel Prentice Banks et Irvin McDowell eurent pour mission de chasser une force beaucoup plus petite, obéissant à Stonewall Jackson dans la campagne de la vallée. Les manœuvres d'expert de Jackson et les succès tactiques obtenus dans les petites batailles firent obstacle au renforcement des effectifs de l'Union dirigés par McClellan, à sa grande consternation. Il avait prévu d'en avoir sous les ordres de McDowell pour se joindre à lui.

Magruder avait préparé trois lignes de défense à travers la Péninsule. La première, à environ au nord de Fort Monroe, contenait des avant-postes d'infanterie et des redoutes d'artillerie, mais le nombre d'hommes était insuffisant pour éviter toute avance de l'Union. Son but principal était de protéger les informations de l'Union sur une seconde ligne s'étendant de Yorktown à l'île de Mulberry. Cette était composée de redoutes, de trous de tirailleurs, et de fortifications derrière la rivière Warwick. En agrandissant deux barrages sur la rivière, cette dernière se transforma en un important et véritable obstacle militaire. La troisième ligne de défense était une série de forts à Williamsburg, qui attendait sans aucun homme à l'intérieur, mais qui était là au cas où l'armée devait se retirer de Yorktown.

La campagne de la Péninsule

Mouvement jusqu'à la Péninsule et siège de Yorktown

L'armée de McClellan commença à naviguer d'Alexandria le . Il s'agit d'une armada qui éclipsa toutes les expéditions américaines précédentes, transportant , 44 batteries d'artillerie, , plus de , et des tonnes de matériel et de fournitures. Un observateur anglais fit remarquer que c'était la .

Avec le Virginia encore en activité, la US Navy ne put garantir à McClellan la protection des opérations soit sur la James ou sur la York, par conséquent son plan en faveur d'une offensive amphibie pour encercler Yorktown fut abandonné, et il ordonna d'avancer jusqu'à la Péninsule à partir du .

vignette|droite|400px|Campagne de la Péninsule, carte des événements jusqu'à la bataille de Seven Pines. Le , le du brigadier général Erasmus D. Keyes établit un premier contact avec les ouvrages défensifs des Confédérés à Lee's Mill, une zone que McClellan pensait traverser sans rencontrer de résistance. Magruder organise une campagne trompeuse qui fut réussie. En faisant déplacer une compagnie en cercles pour traverser une vallée, il acquit l'apparence d'une ligne de renfort sans fin, marchant pour le soulager. Il répandit également son artillerie de manière très large et lui fit faire feu sporadiquement sur les lignes de l'Union. Les Fédéraux étaient convaincus que ses activités étaient fortement organisées, rapportant qu'une armée de était sur leurs pas. Alors que les deux armées combattaient lors d'un duel d'artillerie, la reconnaissance informa Keyes de la force et de l'ampleur des fortifications des Confédérées, et déconseilla à McClellan de les agresser. McClellan ordonna alors la consolidation des fortifications et apporta ses lourds canons à l'avant. Pendant ce temps, le général Johnston apporta du renfort à Magruder.