Désirée Gay, née Désirée Véret le à Paris et morte le à Bruxelles, est une féministe et socialiste française.

Biographie Jeanne Désirée Véret, née dans une famille ouvrière Jonathan Beecher, « Désirée Véret, or the Past Recaptured: Love, Memory and Socialism », dans K. Steven Vincent, Alison Klairmont-Lingo (dir.), The Human Tradition in Modern France, Rowman & Littlefield, 2000, 214 pages, ., travaille comme couturière avant de s'engager dans le saint-simonisme en 1831. En , avec Marie-Reine Guindorf, elle fonde La Femme libreElle signe uniquement de Jeanne-Désirée, elle est connue à cette époque sous son nom de naissance Véret., en réaction à l'exclusion des femmes du processus décisionnel parmi les Saint-simoniens Harriet Branson Applewhite et Darline Gay Levy, Women and Politics in the Age of the Democratic Revolution.Jonathan Beecher, « Désirée Véret, ou le passé retrouvé: Amour, mémoire, socialisme », Cahiers Charles Fourier, , décembre 2003.. Elle jure de combattre pour la avant tout autre combat Désirée Gay, Encyclopedia of 1848 Revolutions.. À la fin du même été, elle rencontre Charles Fourier et Victor Considerant.

En 1833, Désirée Véret part travailler en Angleterre. Là, elle se lie avec les disciples du socialiste Robert Owen, parmi lesquels Jules Gay, défenseur de l'égalité sociale et sexuelle. Durant cette époque, elle joue le rôle d'intermédiaire entre les disciples d'Owen, les Saint-Simoniens et Charles Fourier H. Desroche, « Images and Echoes of Owenism in Nineteenth-century France », dans Robert Owen, Prophet of the Poor.. De retour en France au bout de deux ans, elle travaille à Dieppe comme couturière, avant de retourner à Paris. C'est là qu'elle a une brève liaison avec Victor ConsiderantJean-Claude Dubos, « Riot-Sarcey Michèle : La Démocratie à l’épreuve des femmes. Trois figures critiques du pouvoir, 1830-1848 », Cahiers Charles Fourier, , décembre 1995., avant d'épouser à la fin de 1837 Jules Gay, avec lequel elle a deux enfants, Jean le Archives en ligne de Paris, actes de l'état civil reconstitué de Paris, naissances, vue 41-42/51 et Owen en 1842. C'est alors qu'elle prend le nom sous lequel elle est généralement connue : Désirée Gay.

En 1840, avec son mari, elle tente de fonder une école à Châtillon-sous-Bagneux dont le but est de donner une éducation physique et morale à des enfants très jeunes, mais ils échouent, probablement faute de capitaux.

Après la Révolution française de 1848, Désirée Gay se jette sur la scène publique. Elle adresse des lettres et pétitions au gouvernement provisoire afin de lui demander de faire passer des lois libérales sur le divorce, d'améliorer la condition des travailleuses et de subventionner des restaurants et blanchisseries permettant aux femmes d'être financièrement indépendantes. Désirée Gay est élue à l'unanimité déléguée à la Commission des Travailleurs, qui siège au palais du Luxembourg. De même, des Ateliers nationaux ont été instaurés par le gouvernement pour fournir du travail aux chômeurs et aux chômeuses ; elle est nommée chef de division de la Cour des fontaines, mais les ateliers sont ouverts uniquement aux femmes travaillant dans le textile, et elles sont payées un salaire de misère. Écartée peu après, elle collabore, en mars et en avril, à La Voix des femmes, journal féministe fondé par Jeanne Deroin et Eugénie Niboyet. La publication doit bientôt cesser de paraître, mais Désirée Gay fonde avec Jeanne Deroin l'Association mutuelle des femmes et un nouveau journal, La Politique des Femmes, qui n'a que deux numéros, puis L'Opinion des femmes. Alors que les deux femmes avaient réussi, en août, à obtenir de l'Assemblée nationale pour fonder une association de couturières de sous-vêtements féminins Pamela Pilbeam, « Deroin, Jeanne (1805–1894) », Oxford Dictionary of National Biography, 2005, ., Désirée Gay choisit de ne pas prendre part à l'établissement de l'organisation. Elle se retire de l'action militante à la fin de 1849 et, l'année suivante, reprend son travail de couturière.

Grâce à l'argent de vieux amis saint-simoniens, elle fonde une mercerie rue de la Paix et reçoit un prix pour son travail lors de l'exposition universelle de Paris de 1855. Son époux travaille, de son côté, comme libraire et imprimeur, spécialisé dans la « littérature galante », mais les contraintes de la censure les contraignent à émigrer à Bruxelles en 1864. Là, ils deviennent membres de l'Association internationale des travailleurs, Désirée Gay devenant même présidente de la section féminine en 1866. S'intéressant toujours aux questions liées à l'enfance et à l'éducation, elle publie aussi en 1868 un manuel pour les jeunes mères intitulé Éducation rationnelle de la première enfance. En 1869, ils s'installent à Genève, puis à Turin, avant de retourner à Bruxelles en 1876.

Désirée Gay perd à Bruxelles ses deux fils en 1883, puis son mari en 1887Transcription de l'acte de décès du 30 décembre 1887 à la mairie de Paris le 2 mai 1894, acte n° 1177, vue 23/27.. Devenue aveugle, elle a l'occasion en 1890 de renouer, par la voie épistolaire, avec Considerant. Cette correspondance cesse au milieu de 1891. On sait que Considerant ne l'a pas rencontrée lors du voyage qu'il a fait à Bruxelles en novembre.

Désirée Gay meurt en 1897 à Bruxelles, 136 boulevard du Midi, à l'âge de 87 ansActe de décès , , Bruxelles, Archives de l'État en Belgique (vue 409/584).

Notes et références

Voir aussi Articles connexes La Femme libre Claire Bazard Palmyre Bazard Claire Démar Marie-Reine Guindorf Suzanne Voilquin

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