Les élections municipales françaises de 2008 élisent les conseils municipaux des communes françaises. Primitivement programmées en 2007, les élections municipales françaises ont été décalées en 2008 pour ne pas surcharger le calendrier électoral, qui prévoyait cinq échéancesMunicipales et cantonales en Métropole : 2 tours en mars, Présidentielle : 1 tour en avril, 1 tour en mai, législatives : 2 tours en juin. cette année-làLoi n°2005-1563 du 15 décembre 2005 prorogeant la durée du mandat des conseillers municipaux et des conseillers généraux renouvelables en 2007, J.O. n° 292 du 16 décembre 2005, page 19347.. Ces élections se sont déroulées les 9 et Décret n°2007-1468 du 15 octobre 2007 fixant la date de renouvellement des conseils municipaux et portant convocation des électeurs ..
Bien que la collectivité sui generis de Nouvelle-Calédonie possède une organisation politique et électorale propre pour les élections provinciales, les élections municipales y suivent les mêmes règles qu'en métropole et le scrutin à Nouméa fut donc ouvert à tous les citoyens français y résidant ainsi qu'aux citoyens européens pour élire 53 membres du conseil municipal (ils étaient auparavant 49).
Contexte politique à Nouméa avant l'élection La majorité sortante était détenue par le Rassemblement-UMP, ancien Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), parti historique du courant de la droite anti-indépendantiste et antenne locale de l'UMP. Ce parti a toujours contrôlé la ville à partir de sa création en 1977, et a toujours remporté la victoire dès le premier tour, que ce soit avec Roger Laroque, maire de 1953 à sa mort en 1985, puis Jean Lèques, maire depuis 1986. Nouméa est ainsi considérée comme un bastion de l'anti-indépendantisme.
Toutefois, il s'agit des premières élections municipales à avoir lieu après la scission du camp loyaliste entre deux forces d'à peu près égales importances, le Rassemblement-UMP et l'Avenir ensemble formé par des dissidents du premier, et plusieurs autres petits partis, à la suite des élections provinciales du . Il s'agit également d'un test électoral pour toutes les formations en vue des prochaines élections provinciales de 2009.
L'élection de 2001
Comme toutes les fois précédentes, Jean Lèques et sa liste RPCR sont réélus dès le premier tour.
Il avait face à lui quatre autres listes, dont : deux divers droite clairement anti-indépendantistes : Nouméa, c'est capital(e) de Sonia Lagarde, unissant des membres du parti Alliance (nouveau nom depuis 1999 d'« Une Nouvelle-Calédonie pour tous (UNCT) » fondé en 1995 par les premiers dissidents du RPCR emmenés par Didier Leroux, ce parti comporte des membres de l'UDF, Leroux notamment, et du RPR, comme Lagarde) et du MPF local ; une liste de la section locale du Front national, emmenée par Bernard Herpin ; deux listes « Accordiste », c'est-à-dire se réclamant de l'idée de Destin commun développée dans l'Accord de Nouméa et ne se positionnant pas clairement sur la question de l'indépendance ou unissant des personnalités des deux camps : une divers droite : Tous d'ici, emmenée par Isabelle Ohlen, descendante de colon, qui unit des membres issus de la société civile au petit parti indépendantiste (mais considéré comme de droite car allié au Congrès au RPCR) de la FCCI ; une liste divers gauche : Alternative citoyenne, emmenée par le membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie indépendantiste Gérald Cortot (FLNKS-Union calédonienne), mais comprenant des membres de la société civile et d'autres issus du petit parti accordiste « Calédonie mon pays » de Jean-Raymond Postic, numéro 2 de la liste.
+ Candidats et résultats : Tête de liste Parti Résultats Voix % Sièges Jean Lèques RPCR 11 786 53,39 % 39 Sonia Lagarde Alliance-MPF 4 975 22,54 % 5 Bernard Herpin FN 2 459 11,14 % 2 Gérald Cortot UC 1 684 7,63 % 2 Isabelle Ohlen FCCI 1 172 5,31 % 1 Abstention 43,08 %
Composition du conseil municipal à la veille des élections Sur 49 conseillers, voici la composition par formation politique locale du conseil municipal à la veille du scrutin de 2008 : Rassemblement-UMP : 39 élus, dont le maire (Jean Lèques) et ses 14 adjoints. Avenir ensemble : 4 élus, dont 3 issus de Nouméa, c'est capital(e) et l'unique élue de Tous d'ici. MPF : 2 élus issus de Nouméa, c'est capital(e). FN : 2 élus. FLNKS-UC : 1 élu. Calédonie mon pays : 1 élu.
Les thèmes de campagne en 2008 Les principaux thèmes sur lesquels pratiquement toutes les listes font campagnes concernent alors essentiellement : la circulation, devenue un véritable problème, la ville étant engorgée aux heures de pointe notamment sur les axes stratégiques la reliant aux autres communes du Grand Nouméa. À cette question s'associe celle du stationnement. Les solutions proposées dans ce domaine varient particulièrement entre les différentes listes, même si beaucoup d'entre elles envisagent le développement de nouveaux modes de transport en commun du type tramway, tram-train ou trolleybus. l'environnement dans une ville à la forte croissance démographique pour un espace limité et où l'utilisation de l'automobile est particulièrement importante. La plupart des listes se retrouvent alors sur la nécessité d'instaurer le tri sélectif et le recyclage des déchets dans la capitale. la lutte contre l'insécurité, en constante augmentation au cours de l'année 2007. Plusieurs formations candidates proposent l'installation de caméra de surveillance.
Les forces en présence pour 2008 Anti-indépendantistes Rassemblement-UMP
280px|thumb|right|Le maire sortant de Nouméa, Jean Lèques, à partir de la droite
Jean Lèques, âgé de 76 ans, décide de se représenter à la mairie pour un cinquième mandat. Il est alors le seul candidat aux primaires organisées par son parti pour choisir ses têtes de liste dans chaque commune, son premier adjoint et désormais député de la depuis 2007 Gaël Yanno, un temps pressenti, ne s'étant finalement pas présenté« Gaël Yanno ne briguera pas la mairie de Nouméa », Les Nouvelles Calédoniennes, 07/09/2007.
Resté populaire pour sa politique d'embellissement de la ville engagée depuis ces vingt dernières années (notamment la réhabilitation du centre-ville et de certains quartiers mais aussi l'aménagement du tour de baie ou le lancement de grands projets touristiques), surnommé affectueusement par ses administrés « Fifils », Jean Lèques commence néanmoins à être critiqué pour une circulation de plus en plus importante dans le Grand Nouméa, les problèmes de stationnement, certains projets immobiliers combattus par les riverains, notamment à la Baie des Citrons, et la hausse de l'insécurité« Les riverains vident leur sac », Les Nouvelles Calédoniennes, 07/09/2007.
Il présente sa liste et son programme le . Si un tiers de ses membres sont des adjoints et conseillers municipaux sortants, dont son premier adjoint, appelé à le rester, Gaël Yanno, présent en troisième position et avec lequel il forme un véritable « ticket », cette liste fait place à de nombreuses nouvelles têtes : des jeunes, des membres de la société civile (dont l'historienne et universitaire Christiane Terrier), « des citoyens français exclus des élections provinciales » (de par le gel du corps électoral) comme Virginie Ruffenach, membre de l’Union des citoyens pour le suffrage universel, et des membres de toutes les ethnies du territoire (de nombreuses personnalités Kanaks du Rassemblement-UMP, comme Bernard Ukeiwé ou Marc-Kanyan Case, mais aussi des représentants de la communauté wallisienne comme le président du Mouvement des citoyens calédoniens et ancien membre FLNKS du gouvernement Tino Manuohalalo)C. Léhé, « Jean Lèques souhaite "continuer le changement !" », Les Nouvelles Calédoniennes, 23/02/2008. Derrière les slogans « Nouméa avec passion » et « Continuons le changement », son projet de ville s'organise en neuf pointsProfession de foi de la liste de Jean Lèques : la circulation et le stationnement avec : la réalisation d'un échangeur au niveau du rond-point Berthelot (surnommé localement « rond-point de Mageco », situé à proximité du centre-ville au début de la voie express desservant les quartiers et banlieues nord du Grand Nouméa, largement engorgée aux heures de pointe). l'installation de nouveaux parkings. la modification du plan de circulation au centre-ville. le développement des transports en commun (surtout par la mise en place de voies réservées aux autobus). la sécurité avec : l'installation de caméras de vidéo-surveillance. pour la prévention, le développement de l'action de proximité dans les quartiers en favorisant la création d'équipements et d'activités pour les jeunes, ou par l’éducation. l'urbanisme qui doit être « maîtrisé », avec : la nécessité de nouvelles constructions respectant le cadre de la ville. une modification du plan d'urbanisme allant dans ce sens. « une ville plus proche de vous » passant par : la création de conseils de quartier relayant les réunions de proximité déjà organisées par la municipalité depuis plusieurs années. l'augmentation des équipements et des manifestations dans les quartiers. l'exercice à l'échelle des quartiers de la politique sociale et de solidarité. la jeunesse, dont le souci semble être incarné dans la liste elle-même, avec l'entrée dans celle-ci de nombreuses jeunes personnalités du Rassemblement-UMP et en tout premier lieu de la coresponsable du mouvement des jeunes du parti, Isabelle Champmoreau, présente en seconde place sur la liste. La politique dans ce domaine a pour objectifs : « faire de Nouméa une vraie ville universitaire » la construction d'une maison de la Jeunesse. le développement des « jobs d'été » pour les plus jeunes à la mairie. le développement durable en proposant : l'installation du tri sélectif et du recyclage des déchets. le renforcement des mesures de protection des forêts sèches et de la mangrove. l'accroissement de la surveillance de l'air accrue. le développement des modes de transport alternatifs, notamment par le prolongement des pistes cyclables. les administrations municipales en améliorant la « reconnaissance » et les « conditions de travail » des fonctionnaires municipaux. la culture et le sport par : la préparation des Jeux du Pacifique de 2011, qui auront lieu à Nouméa. la construction d'un « Centre de Congrès ». « Nouméa est une ville française » et doit le rester, il s'agit alors d'assurer le rayonnement régional de la ville pour en faire « la capitale française du Pacifique ».
La direction de la campagne est confiée à Jean-Claude Briault, membre du gouvernement calédonien chargé du Transport aérien international et des Communications et en vint-septième position sur la liste.
Avenir ensemble
L'Avenir ensemble a organisé le une primaire pour désigner sa tête de liste pour les élections municipales lors d'une réunion au campus de Nouville de l'Université de la Nouvelle-Calédonie, le vote, par acclamation, se faisant entre trois candidats (la gagnante étant marquée en gras)« L’Avenir ensemble choisit son candidat pour Nouméa », Les Nouvelles Calédoniennes, 13/12/2008P. Frédière, « Sonia Lagarde candidate à la mairie de Nouméa », Les Nouvelles Calédoniennes, 14/12/2008 : Sonia Lagarde : de loin la favorite, déjà tête de liste de Nouméa, c'est capital(e) qui était arrivée en seconde position en 2001 et qui avait fourni l'essentiel des membres Avenir ensemble au sein du conseil municipal sortant (3 sur 4), elle est donc d'ores et déjà considérée comme la chef de l'opposition municipale. Elle est également première vice-présidente de l'Assemblée de la Province Sud, et membre du Congrès.