Monteneuf est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne. Monteneuf fait partie de la communauté de communes De l'Oust à Brocéliande Communauté.
Géographie Situation thumb|left|Carte de Monteneuf et des communes avoisinantes.
Relief et hydrographie Relief et paysages La commune présente un dénivelé assez important : la ligne de hauteurs la plus élevée est au centre-nord du finage communal, selon un axe est-ouest, culminant à 158 mètres dans la Lande des Cinq Chemins et atteignant encore 126 mètres plus à l'ouest dans la Lande de la Grée. Elle correspond à des espaces couverts d'une lande plus ou moins boisée selon les endroits ; les toponymes y sont révélateurs de la couverture végétale ; outre les deux déjà cités : Lande de Rousse, Lande de Monteneuf, Bois du Cilio, Bois de la Grée, Bois de la Minière.
Les altitudes sont moindres dans la partie centrale de la commune : les altitudes de cette partie du territoire communal sont aux alentours de la centaine de mètres, s'abaissant jusque vers 80 mètres dans la partie sud de la commune, par exemple aux alentours de la Ville Blanche. Le nord de la commune est aussi d'altitude moindre, s'abaissant même jusqu'à 33 mètres dans la vallée de l'Oyon. Quelques buttes parsèment le paysage :la butte de la Voltais, la Butte du Foin, celle de Saint-Méen, etc..
Le bourg, en position relativement centrale dans la commune, est situé sur une pente exposée au sud, échelonné entre 110 et 100 mètres d'altitude.
Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Oyon, le Rahun, le ruisseau de Saint-nicolas, le ruisseau du Veau lorient, le ruisseau de Carafor, le ruisseau de Trézon et divers autres petits cours d'eau..
Monteneuf est une zone de divergence hydrographique : plusieurs petits cours d'eau, partant dans toutes les directions, y ont leur source et servant aussi pour certains de limite communale : le Rahun, qui coule vers le sud, sert de limite avec Réminiac ; c'est un affluent de l'Aff, donc un sous-affluent de l'Oust ; le Rahun a des petits affluents qui drainent la partie sud de la commune, le principal étant le Ruisseau de Beauce qui passe plus en aval par Carentoir. Le nord et l'est de la commune sont traversés par des affluents de rive droite de l'Oyon : le ruisseau de Trézon, qui coule vers le nord dans la partie nord-ouest de la commune, le ruisseau de Carafor et le ruisseau de Saint-Nicolas, qui coulent vers l'est dans la partie orientale de la commune. L'Oyon lui-même longe un instant la commune, servant un temps de limite avec Porcaro. Tous ces cours d'eau font partie du bassin hydrographique de la Vilaine.
L'Oyon, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Campénéac et se jette dans l'Aff à Guer, après avoir traversé cinq communes.
Le Rahun, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Réminiac et se jette dans l'Aff à La Gacilly, après avoir traversé cinq communes.
Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : les étangs de Carafor, d'une superficie totale de ( sur la commune) et l'étang de Quéhéon ().. Ce dernier est entouré d'un circuit pédestre de 2,8 km; d'autres étangs se trouvent dans la commune, notamment les étangs de Carafor et ceux de Pouilo.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ploërmel à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Transports
Monteneuf est traversé par la D 766, ancienne route nationale 776 déclassée allant de Vannes au Mont-Saint-Michel via Malestroit, Réminiac, Guer et Rennes.
La commune est aussi desservie par la D 171 qui vient de Carentoir, la D 124 de Porcaro et la D118a qui se dirige vers Ploërmel.
Paysages et habitat Monteneuf présente, du moins dans ses parties cultivées, un paysage agraire traditionnel de bocage avec un habitat dispersé en écarts formés de hameaux et fermes isolées. Landes et bois occupent les parties les plus élevées du finage communal.
Éloignée des grands centres urbains, la commune a conservé son caractère rural, échappant pour l'essentiel à la rurbanisation, sauf aux alentours du bourg et à l'est de la Tremblais.
Urbanisme Typologie Au , Monteneuf est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Guer, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (69,9 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (68,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (47,9 %), forêts (28,8 %), zones agricoles hétérogènes (15,7 %), prairies (6,3 %), zones urbanisées (1,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la commune est attesté sous la forme Monteneuc. (sans date).
Monteneuc signifie « l'oratoire de Tinoc ou Tenoc »Hervé Abalain, Noms de lieux bretons, Éditions Jean-Paul Gisserot, 2000, p. 85. (lire en ligne sur Google Livres) . Bernard Tanguy et Léon Fleuriot émettent cependant l'hypothèse que Monteneuc est le doublet bretonnisé d'un toponyme attesté en -acum, Montennac (au , aujourd'hui Montonac)Léon Fleuriot, Les origines de la Bretagne, Payot, Paris, 1980, p. 81-82.. Le suffixe -acum (autrement -acon) est un suffixe localisant à l'origine, puis une marque de propriété. Il est équivalent du suffixe brittonique -ōgon > -og > -oc > -euc. Ils sont tous les deux issus du proto-celtique *āko-. Dans ce cas Monteneuc / Montennac sont homonymes de , , etc.
Remarque : dans la prononciation locale le -c final de -euc s'est amuï (comme dans Morieux, désigné encore Morieuc en 1654Portail numérique de la langue bretonne, KerOfis, Base de données toponymiques : Morieux (lire en ligne) ), c'est pourquoi la syllabe finale -neu- a été perçue comme représentant l'adjectif neuf, prononcé anciennement neu, d'où cette réfection en Monteneuf, identique semble-t-il à celle de Rothéneuf, désigné Roteneuc et Rosteneuc au . L'attraction paronymique a joué dans ce cas, mais on attendrait un *Montneuf, car Monteneuf n'a pas de sens en français.
La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est MontenegOffice public de la langue bretonne, -eg étant la graphie moderne en breton pour désigner les toponymes en -ec, plus anciennement -euc, issu de l'ancien breton -oc.
Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 28,9 % des toponymes de la commune sont bretonsJean-Yves Le Moing, Les noms de lieux bretons de Haute-Bretagne, Coop Breizh, 1990, p. 374.
Histoire Préhistoire vignette|Vue générale du site de « La Roche Blanche » près de Monteneuf (Morbihan - 56). La région de Monteneuf a été occupée depuis très longtemps comme en témoignent les très importants sites mégalithiques dont le plus connu est celui du domaine des « Pierres droites », constitué de 42 menhirs debout, qui constitue probablement le second en France après Carnac et de plusieurs centaines couchés et plus ou moins enterrés.. Le contexte géologique de ces alignements (la roche est du schiste violacé) a été étudié par Yannick Lecerf, qui a fouillé le site entre 1986 et 1995..
Ces alignements datent du Néolithique, mais furent détruits vers l'an mil, Probablement sur ordre des autorités religieuses de l'époque, beaucoup étant enfouis dans la terre, si bien qu'en 1989 3 monolithes seulement étaient debout et une vingtaine, couchés dans la lande, répertoriés ; à la suite des recherches effectuées depuis à l'initiative de Yann Lecerf, 420 monolithes ont été trouvés et une quarantaine relevés..
Disséminés aux alentours, d'autres monuments en plus ou moins bon état de conservation (comme les allées couvertes de « La Loge Morinais » (grande allée couverte de 14 m de long, en schiste pourpré) et celle nommée « Les Bordouées » (allée couverte de 8 m de long sur 1,50 m de large, précédée d'un vestibule) ou le tertre de « La Roche Blanche ») confirment l'importance de ce site néolithique dans le paysage du mégalithisme armoricain.
Celle de la Grée-Basse se trouve dans un petit bosquet à 2,6 km à l'est du bourg ; elle a été découverte vers 1950 et fouillée en 1976..
D'autres menhirs sont identifiés dans la commune, l'un à la Verrie (menhir de la Pierre Liée, haut de 4,80 m et large de 4,60 m), un autre au Pouiho. ; celui du Cholet, aussi nommé "Moine de Coëtplan", en schiste violet, est haut de 4,30 m. « De temps immémorial le feu de la Saint-Jean s'allume à son pied »..
Le polissoir de Trézon est un bloc de grès violacé haut de 1,50 m, large de 0,70 m et épais de 30 cm, qui porte notamment des rainures de polissage.
Antiquité
Le site était à la croisée des voies romaines venant de Condate Riedonum (Rennes) et Juliomagus (Angers) et allant vers Darioritum (Vannes) d'une part et Vorgium (Carhaix) d'autre part, celle-ci étant connue par la suite comme Chaussée d'Ahès (son tracé longe la limite sud, avec Carentoir, de la commune).
Un camp retranché se trouve à la Ville-au-Comte, près de la voie romaine de Rennes à Carhaix.. selon François-Marie Cayot-Délandre, en 1847 il était encore « accompagné de plusieurs redoutes et bordé de parapets énormes »..
Moyen-Âge
Un prieuré bénédictin dépendant de l'Abbaye de Marmoutier existait en 1137 à Monteneuf..
Temps modernes thumb|Carte de Cassini de la trève de Monteneuf (1785).