Gérard Douffet, né le à Liège et mort en 1660 à Liège, est un peintre liégeois d'histoire et de portrait. Il est l'initiateur de l'École liégeoise de peinture.

Âgé de 18 ans il est confié aux leçons de Rubens. À 20 ans il part pour l'Italie où il se perfectionne dans le milieu caravagesque. Parmi ses œuvres, on souligne lInvention de la Sainte Croix (1624, Munich, Alte Pinakothek) et la Visite du pape Nicolas V au tombeau de saint François d'Assise (1627, Munich, Alte Pinakothek). En 1634, Douffet devient peintre de Ferdinand de Bavière, prince-évêque de Liège.

Biographie

Gérard Douffet, né le dans une maison en face de l'église des dominicains à Liège, est le fils de Gérard Douffet et de Marie Espineux.

Á l'école, il avait la propension à dessiner des figures en marge de ses feuilles de papier et accordait une attention distraite à l'étude des humanités. Son père ayant remarqué des dispositions artistiques précoces, il le met en apprentissage chez un peintre liégeois nommé Jean Taulier. Ensuite il se rend à Dinant chez un artiste inconnu nommé Perpète. Entre 1612 et 1614, selon son biographe Louis Abry, il suit les enseignements de Rubens. En 1614, il part pour l'Italie, où il reste sept ans à Rome ; il visite aussi Malte et Venise. Aucune œuvre certaine n'est conservée de ce séjour italien sauf La Forge de Vulcain (1615), conservée à La Boverie. Il semble que Douffet ait suivi une formation dans le courant caravagesque.

vignette|redresse|Visite du pape Nicolas V au tombeau de saint François d'Assise, 1627 (huile sur toile ; ), Munich, Alte Pinakothek.|gauche

Le plus ancien tableau conservé est L'Invention de la Sainte Croix (Munich) ; ce tableau de 1624 est le véritable tableau qui va poser le premier jalon de l'école liégeoise du . Ses deux autres chefs-d'œuvre de la période de maturité témoignent des mêmes conceptions. La Visite du pape Nicolas V au tombeau de saint François de 1627, également conservée à Munich, nous montre la première manifestation de la Contre-Réforme dans la peinture liégeoise. L'Apparition du Christ à saint Jacques (Schleissheim), de 1633, renvoie également au Caravage. En 1634, il est nommé peintre officiel du prince-évêque de Liège Ferdinand de Bavière.

Gérard Douffet se marie en 1628 et mène une vie tranquille et laborieuse. Il a un fils, architecte. Aucun fait saillant ne perturbe cette existence consacrée au travail, sauf en 1646, époque à laquelle il doit quitter Liège livrée alors aux dissensions provoquées par les Grignoux et les Chiroux.

À partir des années 1630, son art s'affadit bien qu'il réalise des œuvres d'un bon niveau telles que L'Adoration des bergers d'Alden Biesen (vers 1640), La Forge de Vulcain (1645) ou La Descente de croix de Kornelimünster (près d'Aix-la-Chapelle).

L'une des dernières œuvres de Douffet fut le grand retable de L'Érection de la Croix (retrouvé au musée des beaux-arts de Nantes). Celle-ci montre que l'artiste ne parvient plus à donner la même force d'expressions que ces premières toiles.

Aperçu de son œuvre vignette|redresse|Portrait d'un membre de la famille de Bocholtz, 1642 (huile sur toile ; ), Liège, La Boverie. 1620 : Portrait de Sébastien de la Ruelle, bourgmestre de Liège, La Boverie, Liège ; 1623-1624 : L'Invention de la Sainte Croix, Alte Pinakothek, Munich ; 1625-1630 : Portrait d'homme et Portrait de femme, La Boverie, Liège ; 1627 : Visite du pape Nicolas V au tombeau de saint François d'Assise, Alte Pinakothek, Munich ; 1633 : Christ apparaissant à saint Jacques le Majeur, Alte Pinakothek, Munich ; 1634 environ : Portrait d'un ecclésiastique, probablement Ferdinand de Bavière, prince-évêque de Liège, Kunstmuseum, Düsseldorf ; 1641 : Adoration des bergers, Église Notre-Dame de la Nativité, Rijkhoven ; 1642 : Portrait d'un membre de la famille de Bocholtz, La Boverie, Liège ; 1645 : Vénus et l'amour dans la Forge de Vulcain, La Boverie, Liège ; 1655 : Vénus et l'amour dans la Forge de Vulcain, La Boverie, Liège ; 1655-1657 : L'Érection de la croix, Musée des Beaux-Arts de Nantes, Nantes ; Non daté : Alte Pinakothek, Munich : Portrait d'homme à la barbe rousse, Portrait d'homme à la cicatrice et Portrait d'homme ; La Boverie, Liège : La Sainte Famille et Portrait de Pierre Simonis, chanoine tréfoncier.

Le personnage Dans son ouvrage consacré aux peintres liégeois, Jules Helbig décrit Douffet en ces termes :

Style, influence Dans le giron du Caravage, on retrouve probablement Bartolomeo Manfredi, peintre lombard. Disciple fidèle, on distingue chez lui toutes les caractéristiques de la mouvance caravagesque : technique du clair-obscur et réalisme des compositions. Durant son séjour en Italie, il semble bien que Gérard Douffet ait principalement vécu dans le milieu des caravagesques manfrédiens parmi lesquelles on retrouve Valentin de Boulogne et Tournier.

Dans Ecce Homo (en médaillon), Douffet démontre toutes ses aptitudes au chiaroscuro qu'il a acquises dans l'entourage caravagesque. Cette composition, attribuée deux fois au Caravage en 1812 et 1954, met également en exergue la haute qualité sculpturale des sujets.

Fortune critique M. Dartois, ciseleur de la cité, qui mourut en 1849, le décrivait ainsi dans ses notes :

Galerie

École liégeoise de peinture L'École liégeoise de peinture est une filière de peintres du et du premier tiers du , qui a vu le jour dans la principauté de Liège et qui s'est distancée du bouillonnement baroque sous l'impulsion de Gérard Douffet. Sa production, dans la foulée de la Contre-Réforme, est axée sur la peinture religieuse et de portraits. Les œuvres témoignent davantage du classicisme de Nicolas Poussin et du naturalisme du Caravage que de la grandiloquence du rubénisme. Outre Douffet, les peintres François Walschartz, Alexandre de Horion, Bertholet Flémal, Walthère Damery, Gérard Goswin, Jean-Guillaume Carlier, Gérard de Lairesse, Gilles Hallet, Englebert Fisen, Louis Counet et Théodore-Edmond Plumier sont les principaux représentants de ce mouvement.

Notes et références

Annexes

Bibliographie

Article connexe École liégeoise de peinture

Liens externes

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