L'armée katangaise a été créée sous le nom de Gendarmerie katangaise après la sécession du Katanga le , et ce pour défendre l'indépendance de l'État du Katanga. Elle affronte notamment des troupes de l'armée nationale congolaise, ainsi que des troupes de l'ONU, qui finissent par la vaincre en . L'encadrement de l'armée katangaise est effectué par des officiers européens mercenaires, notamment des anciens membres de la légion étrangère française.

Contexte de sa création Six jours après l'accession du Congo belge à l'indépendance, des unités de la Force publique se mutinent dans la capitale Léopoldville. Dans les jours qui suivent, cette mutinerie s'étend à la majorité des unités du reste du pays, plongeant ce dernier dans la crise congolaise.

Au Katanga, le président provincial Moïse Tshombé réclame l'intervention des troupes belges pour ramener le calme. Très vite les autorités katangaises entrent en profond désaccord avec les mesures prises par le premier ministre congolais Patrice Lumumba, ce qui les amène à proclamer la sécession et l'indépendance du Katanga le .

Pour pouvoir défendre cette indépendance, les autorités katangaises décident la création d'une armée baptisée Gendarmerie katangaise.

Armement et équipement alt=|vignette|Insigne de coiffure de l'armée katangaise.

Évolution de ses effectifs

En , la Gendarmerie katangaise ne compte que quelque 350 soldats, essentiellement les hommes de la Force publique qui se sont montrés fidèles à leurs officiers belges. Il est décidé de recruter et d'entraîner immédiatement de nouveaux soldats pour décupler cet effectif initial.

Le a lieu la première promotion d'officiers katangais : 2 capitaines, 3 lieutenants et 25 sous-lieutenants ou adjudants. Fin août l'effectif de l'armée s'élève à 500 hommes.

En septembre, l'Armée nationale congolaise (ANC) aidée par les tribus baluba du Nord-Katanga tente d'envahir l'État du Katanga. Les nouvelles recrues katangaises n'étant pas encore très fiables ni disciplinées, et vu le manque d'encadrement en sous-officiers belges de l'ancienne Force publique ou de l'armée métropolitaine, le gouvernement katangais décide de procéder à l'engagement de mercenaires. Ceux-ci seront principalement recrutés parmi des Européens sur place et chez des anciens de la Légion étrangère française.

Au , l'effectif de l'armée s'élève à 272 officiers (dont 194 blancs) et , auxquels s'ajoutent 2049 recrues en formation.

À partir de , des mercenaires rhodésiens et sud-africains forment une compagnie uniquement blanche et anglophone (c'est elle qui reprendra Manono à la fin mars).

Le , l'effectif de l'encadrement blanc s'élève à dont (201Courrier hebdomadaire du CRISP 1964/22 (), mandatés par le gouvernement belge à titre d'aide technique, le reste à titre de mercenaires).

En juin, un rapport de l'ONU mentionne un effectif de pour l'armée katangaise dont 604 officiers et sous-officiers. Parmi ceux-ci 460 ne sont pas Katangais et doivent donc être expulsés du pays suivant ce rapport. Le chiffre de est cependant étonnant si l'on tient compte de la situation au . Il n'est explicable que si l'on additionne, aux effectifs de l'armée régulière, les unités dites coutumières, c'est-à-dire les guerriers des chefs de tribu du nord Katanga fidèles au gouvernement katangais. Ils étaient armés de vieux fusils de chasse et, pour être reconnaissables par les troupes régulières, ils avaient une croix blanche cousue sur le vêtement de poitrine. L'armée est alors au faîte de sa capacité opérationnelle.

Fin août, sous la pression de l'ONU, le gouvernement belge applique la résolution du du Conseil de sécurité et rappelle en métropole les 201 officiers et sous-officiers belges qui se trouvaient encore dans l'armée katangaise.

Le , les troupes onusiennes déclenchent l'opération Rumpunch et procèdent à l'arrestation suivie de l'expulsion des étrangers de l'armée katangaise qu'elles parviennent à trouver. Seuls 105 mercenaires évitent l'arrestation par les onusiensAu 1er juillet 1961 il y avait 306 mercenaires dont 230 belges. et continuent à encadrer les soldats katangais. Néanmoins, la forte diminution de l'encadrement européen porte un coup sévère à l'armée katangaise.

Le , 114 mercenaires sont encore présents au Katanga.

Opérations vignette|Un gendarme katangais armé d'un FN FAL, décembre 1961. Nord-Katanga thumb|Croix de guerre de l'armée katangaise Le , le Premier ministre Lumumba donne l'ordre à l'ANC d'envahir le Katanga par le nord. Celle-ci peut compter sur l'aide des tribus baluba du Nord Katanga rassemblées autour de leur leader Jason Sendwe opposant de Moïse Tshombé. Toute la région au nord d'une ligne Luena - Mitwaba - Manono - Albertville entre en dissidence vis-à-vis du gouvernement katangais. L'intervention de groupes mobiles katangais constitués d'une quinzaine de mercenaires et d'une quinzaine de gendarmes katangais permet d'arrêter l'ANC aux frontières du nouvel État. Cependant les milices Balubakat contrôlent le territoire en dehors des agglomérations et exercent une sanglante répression sur les tribus pro-katangaises.

En conséquence, le , le gouvernement katangais accepte l'établissement de zones neutres au nord d'une ligne Luena - Bukama - Manono - Kabalo. Les forces de l'ONU sont les seules autorités autorisées à occuper ces territoires. En pratique, aucun des belligérants ne respecte cet accord.

À la fin de l'année, par manque de matériel et de combattants de qualité, le bilan militaire katangais n'est cependant pas fameux face à la rébellion. Les positions à Kabalo sont précaires, la région d'Albertville n'est contrôlée que sur une largeur de tandis que Kongolo n'est sécurisé que dans un rayon de .

Le , Manono tombe aux mains des rebelles. Pour le gouvernement katangais c'est la preuve que les zones neutres sous contrôle de l'ONU ne protègent pas le Katanga. Il décide donc une nouvelle offensive contre les baluba.

Le , Luena et Bukama sont repris par les Katangais, suivis par Manono le . Ces victoires mettent en évidence l'inefficacité des casques bleus dans leur mission de maintien de la paix. Elles permettent cependant au Secrétaire général des Nations unies d'obtenir des renforts pour le Congo. Début avril, soldats indiens débarquent au Katanga.

Les combats de à Élisabethville accaparant les ressources de l'armée katangaise, l'ANC prend Albertville le 15 et Kongolo le .

ONU : Le , Conor O'Brien, représentant du Secrétaire général de l'ONU au Katanga, reçoit les plans de l'opération Morthor visant à mettre fin à la sécession katangaise par la force.

Le à du matin, des troupes onusiennes (indiennes et malaises) attaquent la grande poste d'Élisabethville pendant que d'autres unités s'emparent de la radio. Les combats s'engagent entre un millier de gendarmes katangais encadrés de mercenaires européens et les troupes onusiennes (principalement indiennes et irlandaises).

Les affrontements se propagent rapidement à d'autres localités comme Kolwezi, Kamina ou Jadotville. La situation de la compagnie irlandaise encerclée à la suite du siège de Jadotville par les forces katangaises devient vite critique. alt=Militaires suédois ONUC prisonniers|vignette|Militaires suédois ONUC prisonniers. L'ONU ne dispose pas alors au Katanga d'aviation militaire. En conséquence, l'unique Fouga Magister katangais peut mitrailler et bombarder les unités onusiennes à Jadotville et Élisabethville, y compris la résidence de O'Brien. Cet avion détruit au sol deux Douglas DC-4, un Douglas C-47, une douzaine de camions et des installations radio de l'ONU et endommage un Douglas DC-6 et un Fairchild C-119 Flying Boxcar sur les aéroports de Kamina et Élisabethville-Luano.

Le , les Irlandais de Jadotville se rendent aux Katangais. Une campagne de presse internationale contre les atrocités commises par les troupes indiennes, la capture d'une trentaine d'Irlandais à Lubumbashi ainsi que la reddition de la compagnie irlandaise de Jadotville amènent l'ONU à signer un accord provisoire de cessez-le-feu le . Cet accord prévoit un échange des prisonniers (190 soldats de l'ONU contre 240 soldats katangais) qui a lieu le .

De ces événements, le Conseil de sécurité conclut que le mandat alloué aux troupes onusiennes du Congo concernant l'utilisation de la force est trop restrictif. La limitation de l'usage de la force à l'autodéfense et à l'utilisation d'armes défensives est une des causes de l'échec.

ONU : À partir de la mi-, l'ONU constate le retour de mercenaires expulsés, sous le couvert d'emplois civils. thumb|J-29B ravitaillé à la base de Kamina La décision est prise de baser 5 chasseurs Saab J 29 Tunnan suédois (suivis de 2 J 29C de reconnaissance en et de 4 J 29B en ) à Luluabourg puis à Kamina, 6 bombardiers English Electric Canberra B(I) Mk58 indiens et 4 North American F-86 Sabre éthiopiens à Léopoldville.

Le à , les troupes onusiennes attaquent les barrages routiers katangais d'Élisabethville. Des tirs intenses d'armes légères et de mortiers secouent la ville. Ce même jour deux Canberra indiens mitraillent l'aéroport de Kolwezi-Kengere où ils mettent hors de combat la plupart des avions katangais, et endommagent l'unique Fouga Magister qui ne volait guère depuis la mort de Dag Hammarskjöld. Dans une seconde attaque, un autre Canberra détruit des réservoirs de carburant situés dans les installations industrielles de KolweziGanesha's flyboys : the indian air force in the Congo, 1960-62 de K.S. Nair, Anveshan Enterprises, 2012, . Du 6 au , de violents combats se déroulent à Élisabethville entre les Katangais et les troupes onusiennes. L'aviation onusienne procède à de nombreux mitraillages et tirs de roquettes sur les positions katangaises de la ville. Deux Saab suédois attaquent aussi l'aérodrome de Jadotville-Kamatanda et la gare de triage du KDL à Jadotville.

À partir du , la résistance katangaise cède et la majorité des mercenaires se replie sur Kipushi d'où ils passent en Rhodésie du Nord. Élisabethville est entièrement sous contrôle de l'ONU.

Fin vignette|Un des quatre M8 Greyhound katangais capturés par le contingent suédois de l'Opération des Nations unies au Congo qui les utilise à son compte. En janvier 1962, le territoire katangais est divisé en zones sous la responsabilité de petites unités commandées par des mercenaires. La région de Kamina est sous l'autorité militaire du Français Bob Denard, celle d'Albertville dépend de Jean Schramme et le Nord dépend de Christian Tavernier. Ces groupes sont placés à la frontière Nord pour parer à une éventuelle invasion de l'ANC.

Le , le secrétaire général de l'ONU annonce que les casques bleus doivent d'abord se repositionner à Élisabethville avant d'entreprendre des opérations vers Jadotville et Kipushi. L'ONU continue à maintenir la pression sur le gouvernement katangais pour qu'il licencie les mercenaires restants. À l'encontre de toute évidence, Moïse Tshombé affirme ne plus disposer que de 19 mercenaires.

Le , l'ONU renouvelle ses accusations et affirme être sûre qu'il reste 115 mercenaires au Katanga. À partir du , il apparaît que la fin de la sécession sera provoquée par une dernière épreuve de force.

La veille de Noël, les troupes onusiennes accusent les forces katangaises d'avoir abattu un hélicoptère de l'ONU. Les combats reprennent à Élisabethville. Le Moïse Tshombe appelle à la lutte totale et menace de recourir à la destruction du potentiel économique du Katanga.

Face aux nombreux effectifs des troupes onusiennes, les Katangais reculent. Les 29 et les Saab J 29 détruisent plusieurs T-6, un DH-104 Dove et les 2 DH Vampire katangais sur l'aérodrome de Kolwezi-Kengere ainsi que d'autres appareils à Jadotville-Kamatanda. Ce , l'ONU occupe aussi Kipushi sans combat. Le lendemain elle entame sa progression vers Jadotville. Quelques unités katangaises retardent cette progression en faisant sauter les 3 ponts sur la Lufira. Néanmoins, le , Jadotville tombe.