de Lalaing, sire de Montigny, est né à Lalaing vers 1480 et mort à Gand en 1540.
Il était le second fils de Josse de Lalaing, seigneur de Montigny, Lalaing, etc., chevalier de la Toison d'or, conseiller et chambellan du duc Charles le Téméraire et de Maximilien d'Autriche, qu'il servit jusqu'à sa mort au siège d'Utrecht, le . Sa mère était Bonne de la Vieuville.
Tandis que son frère aîné, Charles, devenait seigneur de Lalaing, Antoine, qui est seigneur de Montigny et d'Estrée, devient le chambellan de Philippe le Beau, qu'il accompagne lors de son premier voyage en Espagne (1501-1502) pour revendiquer la prise de possession du royaume d'Espagne. Devenu châtelain d'Ath en 1503, il accompagne encore Philippe le Beau lors de son second voyage espagnol en 1506. Il épouse Elisabeth de Culemborg, veuve en premières noces de Jean de Luxembourg-Ville (mort en 1508) et qui lui laisse la terre de Hoogstraeten.
En , il devient chambellan de Charles de Habsbourg, futur Charles-Quint. En 1515, il devient membre du Conseil privé et secrétaire au trésor, l'un des deux principaux responsables des finances de l'empereur. Il est fait chevalier de l'Ordre de la Toison d'or en 1516.
En 1518, il est choisi pour négocier un traité de confédération et d'alliance avec les États du pays de Liège, ce qui lui vaut d'être élevé au titre de comte de Hoogstraeten par lettres données à Saragosse au mois de , et qui furent solennellement remises à Antoine par l'archiduc Ferdinand, frère de Charles-Quint. En 1520, il devient le chambellan de Marguerite d'Autriche.
En 1522, il devient surintendant en chef des finances et Stathouder ou gouverneur des Pays-Bas, fonctions qu'il conserva jusqu'à sa mort. En 1523, il est chevalier d'honneur et ministre de la régente Marguerite d'Autriche, dont il aurait été l'amant, selon Gasparo Contarini, l'envoyé de Venise auprès de Charles-Quint. Au sommet de son pouvoir, il était détesté dans la population belge.
En 1529, il accompagne Marguerite d'Autriche à Cambrai, pour y négocier avec Louise de Savoie la Paix des Dames. À la mort de Marguerite en 1530, il est l'un des exécuteurs testamentaires. En 1534, Charles-Quint le nomme gouverneur de la province d'Utrecht.
Il meurt à Gand le et est enterré en l'église de Hoogstraeten. Toutefois, selon une sourceLouis de Backer, Château de la Motte-au-Bois, Douai, 1843, in-4 ,71 avec , , lire en ligne, l'église du château de la Motte-aux-Bois, en Flandre maritime, contenait une pierre tombale aux noms d'Antoine et de son épouse, pouvant laisser supposer leur présence.
Relations de voyages Dans sa Relation du premier voyage de Philippe le Beau en Espagne en 1501, Antoine de Lalaing a tenu un journal détaillé et , décrivant la réception que le roi et son importante compagnie ont reçue à chacune de leurs étapes . Partie de Bruxelles le , la troupe traverse la France jusqu'à Saint-Jean-de-Luz puis longe le nord de l'Espagne jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle où elle arrive le . Elle descend ensuite sur Valladolid, Tordesillas, Medina del Campo où le roi se déguise et se mêle à la foule. À Ségovie, l'aqueduc est décrit comme . Après avoir passé par Madrid, la troupe fait son entrée à Tolède où elle réside plusieurs semaines en compagnie du roi Ferdinand et du cardinal Cisneros.
L'auteur, qui décrit la cour de son maître, les deux entrevues avec Louis XII, les fêtes et événements auxquels ils assistent, ainsi que les messes, les tournois, les rixes, les tortures et les exécutions capitales. Il compare souvent la dimension des villes traversées à des villes de Belgique ou du Nord de la France, signale les particularités géographiques de l'endroit et les coutumes locales. Il décrit les vêtements d'apparat, la vaisselle, les châteaux, l'organisation des collèges, la richesse des églises ainsi que les légendes et reliques dont elles s'enorgueillissentAinsi, l'église de Sethorgues, située à cinq lieues de Rabanal del Camino, sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, possédait ().
Tandis que Philippe reste à Tolède, Antoine de Lalaing part de son côté en compagnie d'Antoine de Quiévrain pour visiter le pays. Après un arrêt à Séville, dont il évoque l'Inquisition, il se rend à Grenade, dont il rappelle la prise, en 1492, par les troupes de Ferdinand le Catholique, oncle de Philippe le Beau. Lors de sa visite de l'Alhambra, il estime qu' Les deux gentilshommes se rendent ensuite à Jativa puis à Valence, où il décrit un asile d'aliénés et l'organisation du , qu'il juge admirableSimone de Beauvoir en a repris la description dans Le Deuxième Sexe, Paris, Gallimard, 1949, t. II, . :
Après quoi, les deux amis passent par Teruel et Saragosse, où ils se réunissent avec la troupe de Philippe. L'auteur évoque l'expulsion des maures du pays tout en se montrant curieux de leurs pratiques religieuses. Il loue la politique d'Isabelle à l'égard des nobles du pays et l'obligation qu'elle leur fait de monter des chevaux plutôt que des mules afin d'être mieux préparés à la guerre. Il célèbre aussi son entreprise coloniale. Il énumère avec une précision de financier les avoirs de tous les évêques, ducs et comtes. Dans le livre second, il raconte l'arrivée de la troupe en Catalogne et comment, à Barcelone, Philippe se mêle incognito à la foule en liesse.
Selon l'éditeur du manuscrit Louis-Prosper Gachard,
Il y eut un second voyage de Philippe le Beau en 1506, mais il n'est pas certain selon Gachard que la relation qu'on en a conservée soit d'Antoine de Lalaing.
Notes et références
Bibliographie
J. Lauwerys, Antoon van Lalaing, Nationaal Biografisch Woordenboek, 1964, Deel 1, col. 653 J. A. van der Aa, Anthonis de Lalaing, Biographisch Woordenboek der Nerderlanden, 1865, Deel 11,
Ascendance
Annexes Voir aussi Hôtel d'Hoogstraeten Stathouders de Hollande, Zélande et Utrecht
Liens externes
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