L'université Paris-DiderotNom d'usage dont s'est doté l'établissement par délibération de son conseil d'administration. Le précédent nom d'usage adopté en 1994 était « université Denis-Diderot ». (anciennement Paris 7) est une ancienne université pluridisciplinaire située à Paris faisant partie des sept universités de l'académie de Paris. Elle avait été créée en 1971 à la suite de la scission de l'université de Paris.
L'université a été membre du PRES Sorbonne Paris CitéPrésentation Sorbonne Paris Cité : Université Paris Diderot - Université Sorbonne Paris Cité..
Elle fusionne avec l'université Paris-Descartes et l'Institut de physique du globe de Paris en 2019 pour constituer université Paris-Cité, à qui elle cède pleinement ses droits au .
Elle était spécialisée en sciences, en médecine, en sciences humaines et sociales, arts et langues.
Y ont enseigné deux prix Nobel et deux ministres de l'Éducation nationale.
Historique Création de l'université
Avant les événements de , il existait une seule université à Paris créée aux alentours de 1200, supprimée en 1793 et recréée en 1896. Elle était composée de six facultés. La loi Faure a imposé aux anciennes facultés de se diviser en UER avant de se recomposer en universités nouvelles. Lorsque Robert Mallet est nommé recteur de l'Académie de Paris en 1969, les anciennes facultés ne sont pas encore engagées dans la constitution d'universités pluridisciplinaires. Il essaie alors d'obtenir la création d'au moins une université de ce typeRobert Mallet, Recteur de l'Académie de Paris de 1969 à 1980 - 7 à dire, journal de l'université Paris 7, mai 1990, , site officiel.
À la rentrée 1968, la faculté de médecine est divisée en dix facultésDécret du 27 novembre 1968 portant création dans l'académie de Paris de dix facultés de médecine. Jean Bernard, alors directeur de l'institut de recherche sur les leucémies, et opposé à la séparation entre les sciences et la médecine, se rapproche du projet porté par Robert MalletJean Bernard, professeur d'hématologie clinique de l'université Paris 7 de 1970 à 1980, membre de l'Académie française - 7 à dire, journal de l'université Paris 7, mai 1990, site officiel. L'opposition au démantèlement est plus forte à la faculté des sciences dirigée par le doyen Marc Zamansky. Le recteur Mallet obtient cependant du ministre de l'éducation Olivier Guichard que le projet d'université pluridisciplinaire se réalise si au moins 10 % des enseignants de la faculté des sciences se prononcent favorablement au départ de certains de leurs membres pour la nouvelle université, et obtient après consultation 13 %. Le ministère appuie alors le départ de ces enseignants. La faculté des lettres avait déjà été divisée entre les nouvelles universités de Paris I, III, IV et V. Un groupe d'enseignants, principalement anglicistes mais aussi géographes, ne se retrouve pas dans les projets pédagogiques de ces universités et se joignent eux aussi au projetAntoine Culioli, professeur de linguistique à l'université Paris 7 de 1971 à 1992 - 7 à dire, journal de l'université Paris 7, mai 1990, , site officiel.
L'université voit la signature de ses premiers statuts dès le Statuts de l'Université Paris VII approuvés par arrêté ministériel en date du 14 décembre 1970 - Site officiel , et est officiellement créée le . L'université Paris 7 naît ainsi non seulement d'une simple scission administrative mais aussi d'une division politique et pédagogique au sein des chercheurs scientifiques issus des facultés de l'université de Paris. Dans le domaine de la santé, elle est alors constituée de deux unités d'enseignement et de recherche médicales, les centres hospitaliers et universitaires « Bichat-Beaujon » et « Lariboisière - Saint-Louis » auxquelles s'ajoutent une unité d'hématologie (l'institut de recherche sur les leucémies) et une unité de sciences humaines cliniques formées de psychanalystesArrêté du 21 mars 1970 et arrêté du 18 novembre 1970.. En lettres et sciences humaines, quatre unités entières rejoignent l'université, l'unité d'anthropologie, ethnologie et sciences des religions, l'unité de didactique des disciplines scientifiques, l'institut d'anglais, et l'unité de langues et civilisations de l'Asie orientale; en outre une unité de sciences des textes et des documents est créée par des membres de l'unité de littérature et langue françaises ne souhaitant pas rejoindre l'université Paris IV, et un département de recherches linguistiques est créé, autour notamment d'Antoine Culioliidem. Ces unités sont principalement implantées rue Charles V et à Censier. En sciences, trois unités sont divisées entre Paris VI et Paris 7, les unités d'algèbre et géométrie, de biochimie, et de biologie génétique, et trois unités sont créées par regroupement de membres de dix unités ayant rejoint Paris VI, une unité de biologieÀ partir de membres des unités de physiologie végétale et botanique, de physiologie animale, et de biologie, zoologie., une unité de physiqueÀ partir de membres des unités d'application de la physique, d'optique et physique moléculaire, de physique des solides,et de physique théorique. et une unité de chimieÀ partir de membres des unités de chimie physique, de chimie organique, et de chimie inorganique, auxquelles s'ajoute la création d'un département de géologieid.. Ces unités sont restées sur le campus de JussieuMichel Alliot, premier président de l'université Paris 7 - 7 à dire, journal de l'université Paris 7, mai 1990, , site officiel.
Débuts difficiles
L'université doit faire face dès sa création à des problèmes de locaux concernant ses composantes scientifiques, qui doivent partager avec l'université Paris-VI le campus de Jussieu. L'UER de mathématiques, qui ne dispose que de trois salles de cours avant la création des secteurs 24-34-44 du campus, doit héberger l'administration de l'universitéFrançois Bruhat, professeur de mathématiques à l'université Paris 7 de 1970 à 1989 - 7 à dire, journal de l'université Paris 7, mai 1990, , site officiel.
Des problèmes matériels s'ajoutent à cela, l'administration insuffisamment dotée en personnel IATOS par le ministère devant recourir à du personnel recruté hors concours administratif, et sur les crédits de fonctionnement de l'université. Cette situation crée des tensions avec d'autres secteurs de l'université, comme le domaine médical, mieux doté en personnel mais qui voit ainsi ses budgets baisser.
L'établissement doit aussi faire face peu après sa création à un projet de déménagement en dehors de la région parisienne, et la ville de Nice est un temps évoquée.
L'université fut un pôle important du développement des recherches féministes et d'histoire des femmes. En 1973, la création du cours « Les femmes ont-elles une histoire ? » par Michelle Perrot, Pauline Schmitt-Pantel et Fabienne Bock apparaît ainsi comme pionnier ; de nombreux universitaires y intervinrent. À partir de 1976, le cours devient un séminaire mieux organisé, qui entraîne la rédaction de mémoires de maîtrise et de thèses à mesure que ces sujets gagnent en intérêt dans l'historiographie. En lien avec le Centre de recherches historiques de l'EHESS est organisé le colloque de Saint-Maximin de 1983 dont le thème est « Une histoire des femmes est-elle possible ? », alors que la publication semestrielle Pénélope, Cahiers pour l'histoire des femmes est créée (1979-1985)Michelle Perrot, « Les premières expériences », Les cahiers du CEDREF n°10, 2001, consulté le 15 avril 2020..
Développements à partir des années 1990 À la suite d'une circulaire émanant de la direction de la programmation et du développement universitaire de , l'université commence une procédure pour accoler au nom officiel « université Paris 7 » un nom propre choisi par le conseil d'administration. Une première liste de noms est présentée par le conseil d'administration de l'université et par les directeurs d'UFR lors du CA du . Cette liste est ensuite soumise à un référendum auprès des membres du personnel, et un premier résultat est présenté lors du CA du . Les noms de « Jussieu », de « Denis Diderot », puis d'« Albert Einstein » arrivent en tête de cette consultation. Afin de ne pas faire primer l'une des disciplines de l'université sur une autre, le CA vote finalement pour l'appellation de « Denis Diderot ». Le nom est officiellement adopté par l'université à la suite des « journées Denis Diderot » organisées du 2 au Le document du mois, juillet 2006 : 1994, Paris 7 choisit le nom de Denis Diderot. - Site officiel.
L'université revoit son organisation interne, en passant ainsi aux compétences élargies au « Universités: ce qui change au janvier - Cordélia Bonal, Libération, 30 décembre 2008, et en ouvrant une école d'ingénieurs à la rentrée 2010.
Création du campus « Paris Rive Gauche »
thumb|Les Moulins dans leur environnement urbain. thumb|L'esplanade Pierre-Vidal-Naquet introduisant les Grands Moulins de Paris, siège principal de l'université.
Jusqu'en 2005, le campus de Jussieu compte près de étudiants, soit le double de l'effectif prévu initialement, hébergeant simultanément trois établissements universitaires comportant locaux administratifs, laboratoires de recherche, amphithéâtres, salles de travaux dirigés et salles de travaux pratiques. Le manque de locaux devient alors un problème crucial d'autant que la durée problématique et imposante du désamiantage du « gril d'Albert » (dix ans minimum) impose la mobilisation d'une quantité considérable de locaux de substitution (appelés « locaux tampons ») : ces raisons expliquent l'échec du parachèvement du campus dans le cadre du plan « Université 2000 ». Après un relevé cadastral de ses locaux effectué en 1989, l'université n'a posé la question du déménagement du campus qu'au début des années 1990 : il s'est avéré que le coût final de location de locaux tampons aurait été aussi élevé que le coût de construction de locaux neufs.
En , Jean-Pierre Dedonder, alors président, présente le projet de déménagement aux autorités de tutelle. La dénomination Paris Rive Gauche (PRG) concerne non seulement le projet de déménagement mais aussi le site d'implantation définitif de la totalité des composantes (hors secteur santé). L'université, convaincue par le coût onéreux et long des travaux engendrés par de telles remises aux normes, poursuit alors sa politique de création de nouveaux bâtiments sur le nouveau campus, tout en permettant ainsi une meilleure clarification de la répartition des locaux avec sa consœur l'université Paris 6 et l'Institut de physique du globe. Le conseil d'administration de l'université, réuni le , se prononce unanimement en faveur du déménagement.