Cilaos est une commune française située dans le département et la région de La Réunion. Géographie Localisation vignette|gauche|Cilaos vu depuis le col du Taïbit. Cilaos se situe au centre de l'île, dans le cirque naturel du même nom, dans la partie sud du massif du Piton des Neiges. L'ensemble de son territoire communal se trouve dans les Hauts. Cilaos détient le record mondial de précipitations diurnes, établi à 1,87 m en 1952.
Elle offre ainsi un large choix de points de départ pour des randonnées vers les montagnes (Piton des Neiges, col du Taïbit) et les cirques environnants (Mafate, Salazie).
Communes limitrophes Les communes limitrophes sont Les Avirons, Entre-Deux, Saint-Benoît, Saint-Leu, Saint-Louis, Saint-Paul, Salazie et Les Trois-Bassins.
La commune comporte plusieurs lieux-dits : Bras-Sec, Îlet à Cordes, Palmiste Rouge, Peter Both.
Climat La ville soumise à un climat tempéré des hautes terres (Köppen: Cwb, Trewartha: Cwbl) avec une longue saison sèche douce de mai à novembre et une courte saison humide agréable de décembre à avril.
Urbanisme Typologie Cilaos est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'InseeSelon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités..... Elle appartient à l'unité urbaine de Cilaos, une agglomération intra-départementale regroupant . et en , dont elle est une ville isolée...
Toponymie
Histoire
Les premiers habitants Le mot Cilaos viendrait du malgache Tsy ilaozana, qui signifie « (lieu) que l'on n'abandonne pas »Dictionnaire: tsy + ilaozana. En référence à cette origine supposée, la devise de la commune est « Cilaos, on y revient toujours ».
Néanmoins, selon certains historiens, le mot Cilaos trouverait plutôt ses origines dans le nom d'un esclave malgache nommé Tsilaos, qui se serait réfugié dans ce cirque. C'est d'ailleurs par ces esclaves « marrons » (ou « noirs marrons ») en fuite que Cilaos fut d'abord peuplé au . Évadés de chez leurs maîtres, les marrons profitèrent de la difficulté d'accès du site pour y vivre en toute liberté et en pleine nature.
Certains de ces esclaves s'étaient installés à l'Îlet à cordes, qui devrait son nom au fait que les esclaves marrons qui s'y cachaient ne pouvaient accéder à ce plateau que par des cordes jetées depuis le haut des remparts. Se croyant en sécurité, ils furent très vite pris en chasse par des chasseurs de marrons armés et organisés. Dans leur fuite, beaucoup de marrons furent tués. Parmi ces chasseurs figurait Mussard (l'un des plus connus à La Réunion), qui fit en octobre 1751 une incursion à Îlet à cordes, où il découvrit deux camps d'esclaves en fuite. Des traces du marronnage subsistent notamment dans la forêt de Tapcal, où des expéditions récentes ont mis au jour des ossements. La Vallée secrète fait l'objet de fouilles archéologiques.
Après l'histoire tragique de ces premiers habitants marrons, qui furent certainement aussi les premiers à tracer ces "sentiers de chèvres" qui escaladent la plupart des montagnes abruptes du cirque, Cilaos resta un moment inhabité. C'est à 1850 que remonte officiellement son premier peuplement. Mais dès 1835 arrivèrent les Petits Blancs, pauvres et sans terres. Ces colons développèrent une agriculture vivrière d'autosubsistance (lentilles, maïs, vin, petits pois, haricots, agrumes, élevage...). Les premières familles s'installent alors au Bras de Saint-Paul et d'autres sur Ilet à Cordes. Certaines installations remontent à la quatrième génération mais il semble que les premiers propriétaires, arrivés au début du , étaient les Gonthier et les Picard.
En 1866, la population atteint 960 habitants. Au début du , Cilaos comptait . Elle atteignait au recensement de 1982 le nombre de .
Cilaos avant la construction de la route en 1932 Avant 1932, le voyage pour aller de Saint-Louis au village de Cilaos se faisait, pour les plus riches, en chaise à porteurs ou chaise à bricoles. Les voyageurs et les porteurs passaient en général la nuit à l'îlet du Pavillon, qui comptait au début de l'exploitation des thermes une quarantaine d'habitants. C'était la première halte des voyageurs et des porteurs avant d'affronter les pentes raides du sentier de Cap Noir.
La suite du voyage était alors vertigineuse : il existait un chemin du Pavillon jusqu'à Peterboth, qui était tracé sur l'arête de la montagne entre le Bras de Cilaos et le Petit Bras. À certains endroits, le chemin était si resserré que le croisement de personnes pouvait effrayer. Les villageois qui emmenaient leurs récoltes vers la côte avec leurs bœufs chargés de sacs de grains et de racines, de fruits et légumes, passaient dans le calme en laissant la priorité aux personnes d'en face.
Pavillon tomba dans une sorte de « léthargie économique », les maisons se vidèrent petit à petit et son rôle d'îlet d'accueil disparut.
La construction de la route (RN 5)
Après de longues hésitations quant à la faisabilité et quelques années de négociation, la construction de la route de Cilaos (la RN 5) débuta en 1927. Malgré son trajet relativement long ( depuis Saint-Louis), les travaux avancèrent assez rapidement grâce à la roche très friable caractérisant la géologie du cirque.
En 1930, de route avaient été percés dans la roche mais, cette année-là, un problème tout à fait particulier se posa aux ingénieurs. En effet, lorsque les deux équipes se rejoignirent à quelques centaines de mètres de Pavillon, les deux tronçons n'étaient pas face à face. L'ingénieur Telmar proposa alors de prolonger les deux tronçons de deux virages chacun, de faire une boucle, pour que la route s'enroule sur elle-même.
La route fut terminée en 1931 et ouverte à la circulation en 1932.
Cilaos après 1932 Le , Cilaos est érigé en commune et devient administrativement indépendante de la commune de Saint-Louis dont elle était une ancienne section. Elle est la commune la plus récente de La Réunion. Irénée Accot en devient le premier maire.
Politique et administration La commune de Cilaos existe depuis le décret du . Elle dépendait auparavant de l'administration de Saint-Louis.
Liste des maires
Jumelages .
Texte de la charte de jumelage avec Chamonix : « Nous, maires de Cilaos et de Chamonix-Mont-Blanc, certains de répondre aux aspirations de nos concitoyens, avons souhaité, bravant mers et océans, rapprocher et confronter nos expériences mutuelles. Nous promettons, animés d'une réelle volonté d'y parvenir, de chercher à nous mieux connaître par l'universalité de nos échanges à partager nos joies et nos peines.Nous prenons l'engagement solennel de maintenir des liens permanents entre nos deux municipalités et les populations de nos communes, de conjuguer nos efforts afin d'aider au succès de cette entreprise d'amitié, base d'une fraternité qui devrait devenir universelle'' ».
Population et société Démographie
Infrastructures On trouve sur le territoire communal un collège public, le collège Alsace-Corré, qui comptait 525 élèves à la rentrée 2005. 14 ans plus tard, pour la rentrée 2019, le collège accueille 354 élèves. Il n'y a pas de lycée.
La commune dispose d'un réseau étoffé de transport public par bus permettant d'y accéder depuis Saint-Louis et de relier les différents lieux-dits au chef-lieu..
La ville dispose d'un hôpital, l'hôpital de Cilaos.
Économie vignette|droite|Marché forain du dimanche matin. Ses principales activités sont le tourisme, la viticulture et la culture de la lentille. Sa broderie, plus connue sous le nom de jours de Cilaos, est par ailleurs réputée, le musée situé au centre-ville en direction de la Mare à joncs est à visiter.
Les eaux sont réputées bienfaisantes, des thermes ont été aménagés à cet endroit à la plus grande joie des créoles. Une eau minérale gazeuse existe également depuis et constitue la première de l'île.
Depuis 2008, ces eaux sont également utilisées dans une gamme de produits cosmétiques.
Les lentilles de Cilaos sont cultivées principalement à l'Îlet à Cordes et ont été introduites dans les années 1850. Le cirque en produit déjà en 1881. En 2004, la production est de . En 2015, la production monte jusqu’à . C’est le climat et la formation géologique du cirque qui donnent un goût particulier aux lentilles de Cilaos, dont sont très friands les gastronomes. La commune les fête chaque année en octobre. vignette|centre|700px|Panorama de la route de l'Îlet à Cordes, sur la commune de Cilaos, avec au premier plan les vignes sur hautain. Le vin de Cilaos (rouge, rosé et blanc) est apparu dès le début de la colonisation. En 1975, un décret de loi interdit la production de vin à partir du cépage Isabelle qui était le seul cultivé. L’État confie alors au CIRAD la sélection de cépages nobles pour donner aux viticulteurs une alternative à Isabelle. Trois cépages ont été sélectionnés : le Malbec, le Chenin et le Pinot noir. Ce n'est qu'en 1998 que 8 hectares de cépages sont mis en place et permettent de réaliser des vinifications de bonne qualité.
Au début des années 2000, une partie de la production viticole de Cilaos relève du cadre réglementaire du « vin de pays », au sens de l’agrément officiel alors en vigueur au niveau national et européen. Cette dénomination coexiste avec le « vin de pei » (ou vin péï), appellation locale désignant un vin traditionnel réunionnais issu de pratiques artisanales. Les deux productions correspondent à des cadres et des usages distincts et demeurent toutes deux présentes.
Dans ce contexte, l’œnologue Bruno Rangé (1962-2008), en poste au Chai de Cilaos à partir de 1999, joue un rôle important dans l’organisation des vinifications relevant du cadre réglementaire du vin de pays et dans l’accompagnement des viticulteurs engagés dans cette démarche. Son engagement en faveur du vignoble de Cilaos a été souligné dans les hommages rendus lors de sa disparition.
Aujourd’hui, une vingtaine d’hectares sont cultivés et font la fierté des villageois.
Activités Canyoning vignette|Une promenade au creux de la Chapelle à Cilaos. . Le canyoning est une grande spécialité dans le cirque de Cilaos.
Le canyon Fleur Jaune, accessible pour les débutants accompagnés de personnes qualifiées, se compose d'un enchaînement très vertical de rappels magnifiques jusqu'à pour le plus grand. Cela se déroule dans une paroi noire et dense très remarquable que l'on peut apercevoir sur la route d'Îlet à cordes avant le pont de cette rivière. La remontée classique de ce canyon par une crête permet d'avoir une vue magnifique sur Cilaos. La descente intégrale permet quant à elle d'aller jusqu'à la Chapelle (belle randonnée de Cilaos), où il est possible de faire un rappel pendulaire de .
Le canyon de Bras Rouge situé aussi sur la route d'Îlet à cordes est une belle descente aquatique, où se mêlent rappels, toboggans, et surtout de remarquables coulées rouges d'oxyde de fer.
Accrobranche et parc de loisirs Le Cilaosa Parc Aventure est un parc de loisirs et de parcours acrobatiques en hauteur dans la forêt de Bras-Sec.
Randonnées Des randonnées pédestres de niveau variable traversent le cirque. L'une d'entre elles permet de rejoindre le point culminant de La Réunion, le Piton des Neiges.. Le cirque est une étape importante du Grand Raid. Il accueille de nombreux hébergements touristiques, parmi lesquels le gîte du Pavillon, un gîte public.
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments Patrimoine civil Établissement thermal Irénée Accot
Le Porteur de Vie Ce monument en hommage aux « Porteurs de chaise », situé sur la place de la mairie, a été sculpté par Élodie Kornheiser et mis en place en . Il représente un homme avec sa « chaise à porteur », le doigt pointant vers le Piton des Neiges, le plus haut sommet de l'îleprésentation du monument sur le site de la sculptrice.. vignette|Église Notre-Dame-des-Neiges.