L’amis (en ), appelé aussi le pangcah (prononcé ; en ), est une langue austronésienne parlée par les Amis (.), l’un des peuples aborigènes dans l’est et le sud de l’île de Taïwan. Cette langue appartient au sous-groupe du paiwan, à la branche formosane des langues austronésiennes relevant du groupe malayo-polynésien.
Histoire Les Amis s’identifient comme Pangcah. Le premier terme, qui signifie « nord », est utilisé par les autres groupes ethniques et les Amis qui se trouvent dans le sud de l’île de Taïwan. Pour la plupart, l’ethnie Amis se nomme plus souvent Pangcah qui désigne l’homme du même groupe.
La culture et l’histoire des Amis se sont en grande part transmises sous forme orale. À cause de la hiérarchie traditionnelle, les gens les plus âgés sont les seuls garants de leur culture traditionnelle. Leur parole est donc la plus précieuse. En plus, à cause des colons japonais et des missionnaires chrétiens qui leur ont succédé au , tous ces facteurs ont conduit à la romanisation de cette langue.
Phonétique
Dialectes L’amis comporte cinq dialectes selon les différents territoires :
’Amisay a Pangcah se parle par le groupe du nord vivant dans la plaine de Hualien (en ) ;
Siwkolan ’Amis se parle par le groupe du centre qui comprend les Amis de la rivière Xiuguluan se situant à l’ouest de la cordillère côtière dans la région de Tafalog et Fataan (en ) ;
Pasawalian Pangcah se parle par le groupe vivant près de la cote, à l’est de la cordillère (en ) ;
Farangaw Amis se parle par le groupe du sud, à savoir les Amis de Falagaw, vivant entre Chenggong et la plaine de Taitung, et les Amis de Beinan (en ) ;
Palidaw ’Amis se parle par le groupe vivant sur la péninsule de Hengchun (en ).
Écriture et orthographe
L’orthographe n’est pas standardisée, il existe donc des variations selon les sources. Généralement, les lettres utilisées sont : a, c, d, e, f, h, i, k, l, m, n, o, p, r, s, t, w, et y. L’apostrophe est utilisée pour représenter les consonnes glottales et épiglottales et . Lorsque les deux sont présentes, le accent circonflexe chassant est utilisé pour représenter la consonne occlusive glottale et l’apostrophe pour l’occlusive épigralottale. Le diagraphe « ng » est aussi utilisé pour représenter la consonne , mais certaines sources utilisent la lettre « g ». Le phonème est parfois retranscrit « u ». « x » et « z » sont aussi utilisé pour retranscrire certains sons périphériques.
+Alphabet amisay a pangcahabcdehiklmnngoprstuwy’ +Alphabet farangaw amisacdefhiklmnngoprstuwxy’^i’ +Alphabet pasawalian pangcahacdefhiklmnngoprstuwxy’^ +Alphabet palidaw ’amisacdefhiklmnngoprstuwxy’^ +Alphabet siwkulan ’amisacdefhiklmnngoprstuwxy^’
Voyelles Antérieure Centrale Postérieure Fermée i o moyenne e Ouverte a Le degré d’ouverture de est variable. Sa prononciation peut parfois se rapprocher d’une voyelle moyenne . La voyelle est plus courte que les autres, elle peut disparaître à l’oral, aboutissant à la formation de groupes consonantiques (comme pour cecay 'un', généralement prononcé /tstsaj/ et parfois écrit ccay).
Consonnes BilabialeDentaleLatéralePalataleVélaireÉpiglotalleGlottaleOcclusivesp t k ' ' Occlusives c Fricativesf s d h Nasalesm n ng~g Liquides r l Semi-voyellesw j La glottale et l'épiglottale ne sont pas distinguées à l’écrit.
et possèdent trois allophones respectivement selon la région. peut se prononcer ou . Pour les locuteurs venant du nord, ça se prononce plus proche de ; pour les locuteurs du sud, ça se prononce plus près de . Quant à , il peut être aussi prononcé ou . Comme pour la prononciation de , plus on va vers le nord, plus elle est proche de ; plus sud, plus proche de .
Les consonnes dentales et peuvent devenir des consonnes palato-alvéolaires et devant un /i/.
Il existe aussi deux phonèmes plus périphériques que l’on retrouve dans certains emprunts : ~ écrit « x » que l’on retrouve dans des mots comme rixi’ ‘murette de rizière’ ou ‘xiw ‘encens’, parfois prononcé . écrit « z » que l’on retrouve dans des mots comme zo ‘éléphant’ ou zakaimo ‘pomme de terre’, parfois prononcé . Ce phonème se retrouve aussi dans le dialecte Sakizaya, parfois considéré comme une langue distincte.
Phonologie En phonologie, contrairement au chinois, l’amis n’est pas une langue tonale. Et la structure syllabique peut être V, CV, VC et CVC, dont la base est CVC. C’est-à-dire qu’une voyelle doit prendre les consonnes autour pour construire une syllabe. Les chaînes de syllabes les plus typiques sont CV(C)CV(C)……C.
À cause de cette demande, en amis, il existe 2 sortes épenthèses, soit l’apparition d’une consonne non étymologique dans un mot :
Premièrement, il faut ajouter une consonne glottale /ʔ/, (’) à l’écriture, si c’est un mot avec une voyelle initiale (par exemple, ama → ’ama’ ‘père’) ou dans une syllabe ouverte, à savoir s’il n’y a qu’une voyelle à la fin (par exemple, maan → ma’an ‘quoi, que’).
Deuxièmement, l’ajout d’une consonne comme élément de transition dans les deux cas suivants :
1) quand la voyelle haute et fermée /i/ précède la voyelle /a/ ou /o/, il est obligatoire d’ajouter la consonne /j/ : niah → niyah ‘soi-même’ ;
2) quand la voyelle arrondie /o/ est devant la voyelle non-arrondie /a/ ou /i/, il faut ajouter la consonne /w/ : koa → kowa’ ‘papaye’.
Syntaxe En syntaxe, les structures des phrases actives sont ordonnées « VSO ». Ce qui signifie que le verbe est placé souvent en tête suivi du sujet et des compléments. Mais dans une phrase passive, c’est le complément d’agent qui suit le verbe et le sujet est à la fin de la phrase, à savoir « VOS ».
La phrase active :
Mikalat
ko
waco
to
posi
mordre-ACT
NOM
chien
ACC
chat
‘Le chien mord le chat.’
La phrase passive :
Makalat
no
waco
ko
posi
mordre-PASS
GÉN
chien
NOM
chat
‘Le chat est mordu par le chien.’
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Zēng Sīqí, Taiwan Ameisiyu Yufa, Zhōngyāng Minzu Xuéyuàn Chubanshe, 1991,
Articles connexes Linguistique Liste de langues Langues par famille Langues austronésiennes Langues formosanes Langues par zone géographique Langues en Asie Langues à Taïwan
Liens externes
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