Abel Henri Joseph Bergaigne, né le à Vimy (Pas-de-Calais) - mort le à La Grave, est un indianiste français. Il est l'un des plus grands érudits de son époque en langue sanskrite.
Biographie
Jeunesse, études et vie privée Son père est receveur de l'enregistrement. Il suit ses études secondaires au lycée d'Amiens, et passe en 1857 le concours de l'enregistrement, où il se classe premier.
Il se rend à Paris pour suivre les cours d'Eugène-Louis Hauvette-BesnaultFrançois Pouillon, Dictionnaire des orientalistes, Karthala Éditions, 2008, .. Reprenant ses études, il obtient une licence de lettres en 1866. Puis, le , il soutient ses deux thèses de doctorat ès lettres à la Faculté de Parishttps://eslettres.bis-sorbonne.fr/notice/Doctorant/5635, consulté le 20 novembre 2023.. La première, en français, traite des dieux souverains dans la religion védiqueAbel Bergaigne, Les dieux souverains de la religion védique [en ligne], Paris, F. Vieweg, 1877, 284 p., URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5817365r, consulté le 20 novembre 2023.. La deuxième, en latin, s'interroge sur le subjonctif et l'optatif dans les langues indo-européennesAbel Bergaigne, De conjunctivi et optativi in indoeuropaeis linguis informatione et vi antiquissima [en ligne], Paris, F. Vieweg, 1877,133 p., URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1156270, consulté le 20 novembre 2023..
Il est marié à Marie Lehugeur. Il perd sa jeune épouse et leur fils Alfred en 1878.
Parcours professionnel vignette|upright=0.8|Abel Bergaigne: La Religion védique, tome premier vignette|upright=0.8|Abel Bergaigne: La Religion védique, tome second En 1867, Bergaigne est engagé comme enseignant-répétiteur en sanskrit à l'École pratique des hautes études, nouvellement créée à la Sorbonne. Cette activité est interrompue par sa participation à la Guerre franco-allemande de 1870, dans laquelle il sert comme lieutenant de la Garde nationale.
En 1877, il devient maître de conférence à la SorbonneFrançois Pouillon, op. cit., . après être devenu docteur ès lettres au cours de la même année puis, en 1885, Bergaigne est nommé professeur de sanskrit et linguistique comparée à la Sorbonne et devient membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.
Il est membre de la Société de linguistique à partir de 1865.
Il meurt accidentellement, le , lors d'une randonnée dans les Alpes françaisesArchives des Hautes Alpes, Commune de La Grave, Acte de décès , année 1888 (page 52/71).
Travaux scientifiques Ses études sur l'interprétation du Rig-Véda lui ont assuré une renommée mondialeFrançois Pouillon, op. cit., .. Ainsi, le linguiste allemand Richard Pischel tenait Bergaigne pour le plus grand connaisseur du Rig-Véda qui ait jamais existé.
Bergaigne a souligné que le Rig-Véda, loin d'être une collection d'écrits simples et primitifs sur la religion, doit au contraire être considéré comme le travail de prêtres hautement qualifiés sur la liturgie et les rites sacrificiels. Il est encore renommé de nos jours pour son interprétation philologique rigoureuse du Rig-Véda.
Œuvres et publications Le Bhâminî-vilâsa: recueil de sentences du pandit Djagannâtha, A. Franck (Paris), 1872 (Bibliothèque de l'Ecole des hautes études. Sciences historiques et philologiques, 9). Du Rôle de la dérivation dans la déclinaison indo-européenne, impr. de Gouverneur (Nogent-le-Rotrou), 1875, . De Conjunctivi et optativi in indoeuropaeis linguis informatione et vi antiquissima, (Facultati litterarum parisiensi thesim proponebat Abel Bergaigne), [thèse], apud F. Vieweg (Lutetiae Parisiorum), 1877, . Les dieux souverains de la religion védique, (thèse pour le doctorat, présentée à la Faculté des lettres de Paris), F. Vieweg (Paris), 1877, . Essai sur la construction grammaticale considérée dans son développement historique, en sanscrit, en grec, en latin, dans les langues romanes et dans les langues germaniques, Société de Linguistique (Paris), 1877 (rédigé en 1873), . La religion védique d'après les hymnes du Rig-Veda, F. Vieweg (Paris), E. Bouillon (Paris), 1878-1897 : tome premier (1878), . tome deuxième, en deux parties (1883), . tome troisième (1897, index par M. Bloomfield) Les Inscriptions sanscrites du Cambodge, examen sommaire d'un envoi de M. Aymonier, par MM. Barth, Bergaigne et Senart. Rapport à M. le président de la Société asiatique, 1882. Études sur le lexique du Rig-Veda, Impr. nationale (Paris), 1884, . Manuel pour étudier la langue sanscrite. Chrestomathie, lexique, principes de grammaire, F. Vieweg (Paris), 1884, . M. Ludwig et la chronologie du Rig-Véda, Impr. nationale (Paris), 1886, . Recherches sur l'histoire de la liturgie védique. La forme métrique des hymnes du Rig-Véda, 1888.
En collaboration avec Victor Henry, Manuel pour étudier le sanscrit védique. Précis de grammaire, chrestomathie, lexique, E. Bouillon (Paris), 1890, .
Traductions Nāgānanda: la joie des serpents, drame bouddhique attribué au roi Śrī Harṣa Deva, traduit pour la première fois du sanscrit et du prākrit en français par Abel Bergaigne, Ernest Leroux (Paris), 1879. Kâlidâsa, Sacountala, drame en sept actes mêlé de prose et de vers, traduit par Abel Bergaigne et Paul Lehugeur, son beau-frère, Librairie des bibliophiles (Paris) 1884, , rééd.1965. Georg Curtius, La chronologie dans la formation des langues indo-germaniques, A. Franck (Paris) 1869, Texte intégral. Quarante hymnes du Rig-Véda, traduits et commentés par Abel Bergaigne, publiés par Victor Henry, E. Bouillon (Paris) 1895, Texte intégral.
Bibliographie Abel Bergaigne, -. Discours de MM. Alfred Maury, Auguste Himly :Texte intégral en ligne, Michel Bréal et Lucien Lazard, 1888. Discours prononcés à Vimy [Inauguration du monument élevé à la mémoire d'Abel Bergaigne le ], Texte intégral. Victor Henry, Œuvre d'Abel Bergaigne, leçon d'ouverture du cours de grammaire comparée à la Faculté des lettres de Paris, E. Thorin (Paris) 1889, . Henri Wallon, « Notice historique sur la vie et les travaux de Abel-Henri-Joseph Bergaigne, membre de l'Académie », in : Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, , N. 6, 1896. , Texte intégral. Maurice Bloomfield, Abel Bergaigne's Vedic Religion, Motilal Banarsidass, 1978. Louis Renou, Les maîtres de la philologie védique, Annales du Musée Guimet (Paris), 1928. Georges-Jean Pinault, « Abel Bergaigne » in : Dictionnaire des orientalistes de langue française, par François Pouillon, Karthala, 2012, , Extrait en ligne.
Hommages et distinction Sa commune natale, Vimy, où une rue porte son nom, lui rend hommage en inaugurant, pour la troisième fois, le , son buste sur la place de l'hôtel de ville. Les deux précédents bustes furent installés le (en présence de Michel Bréal et d'Émile Chatelain) et le et, dans les deux cas, fondus par l'occupant lors de la Première et de la Seconde Guerre mondiale..
en 1887..
Sources
Nordisk Familjebok, « Abel Bergaigne », 1904
Notes et références
Liens externes Œuvres numérisées d'Abel Bergaigne dans le site Internet Archive
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