L’église Saint-Gilles de Bourg-la-Reine est d'une part l'un des éléments principaux du patrimoine de la commune de Bourg-la-Reine, en région Île-de-France et d'autre part le lieu de culte catholique de la paroisse Saint-Gilles de Bourg-la-Reine, l'une des .

Première église Historique L'édifice fut construit en 1152Quelque temps après la sortie de la Vita sancti Egidii par Guillaume de Berneville qui remit ce saint à l'honneur en 1150 par les religieuses de l'abbaye de MontmartreRapport de M. Lapeyrade lu le 10 juin 1906 en présence de M. Lefebvre archidiacre de Saint-Denis en l'église Saint-Gille de Bourg-la-Reine reprit par Paul Lieutier dans on ouvrage sur Bour-la6reine, p.266., à proximité du ru de Fontenay, à l'angle de la Grande-Rue et de la rue de la Bièvre, du côté gauche en venant de Paris, et en regardant vers l'actuel cimetière, en direction de la Bièvre. Peu de documents la concernant ont été conservés, sinon aux archives historiques de l'archidiocèse de Paris, au musée du Domaine départemental de Sceaux et autres qui ont permis à partir de plans, de gravures anciennes et de devis d'artisans en vue de travaux de restauration, à quelques chercheurs dont Régis Singer de concevoir une maquette, réalisée par Jean-Pierre Franc, ainsi que celle de l'actuelle église.

Elle fut abandonnée sous la Révolution, et n'étant pas entretenue, elle a subi les infiltrations des eaux de la Bièvre et du ru de Fontenay qui ont salpêtré ses fondations. Vers les années 1820, le bâtiment menace ruine et, le , le Conseil municipal opte pour sa fermeture, tandis que le de la même année, il décide de construire une nouvelle église à l’emplacement actuel. La première église est démolie en 1836 et les débris ne furent enlevés qu'en 1943. Un chapiteau et une demi colonne furent conservés et se trouvent sur l'actuelle place Condorcet. Une cloche de cet édifice fut conservée et déposée dans la nouvelle église, sur laquelle est inscrit : .

Depuis l'origine, la nomination du curé de cette paroisse appartient au chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Paris qui nommait par partition, c'est-à-dire que les bénéfices de Paris ou de la campagne auxquels le chapitre avait droit de nommer étaient divisés en autant de parts (partitions), qu'il y avait de chanoines. À chacune des stalles était attachée une de ces partitions, et si l'occupant avait droit au chapitre, il pouvait présenter le candidat de son choix, et même absent de Paris, il pouvait donner procuration à un confrère. Cette cure était échue à la . Une fois nommé par le chapitre, le nouveau curé devait obtenir les pouvoirs de juridiction sur la paroisse en s'adressant à l'archidiacre de Josas qui lui donnait la collation ou bénéfice ecclésiastique. Les vicaires étaient choisis par le curé qui avait également la possibilité de permuter avec un prêtre de son choix soit pour raisons de santé ou convenances personnelles. Après la Révolution, la nomination revient à l'évêque de Paris, ainsi que pour celle du vicaire, toujours en vigueur en cette première partie du Paul Lieutier, Bourg-la-Reine, essai d'histoire locale, 1909, réédition 2004, ..

Description Ce premier édifice était une église orientée avec l'entrée à l'ouest, autel à l'est, de plan rectangulaire. On y pénétrait par un porche construit après 1567, de taille démesurée de de long, sur de large. Il était recouvert d'une toiture en appentis avec des coyaux, qui prolongeait celle du presbytère. Sa largeur extérieure était de , il possédait une voûte en berceau avec une porte d'entrée au dessus de laquelle on pouvait lire Joseph Delort, Mes voyages aux environs de Paris, 1921.. Sur la gauche, dans la première travée se trouvaient les fonts baptismaux, éclairés par un vitrail sur le mur ouest. Cette partie des fonts baptismaux formait une petite chapelle indépendante du bâtiment principal, avec un toit en appentis et mesurait intérieurement trois mètres de côté. Accolé au porche de l'église jusqu'à la première travée sur le côté sud de l'édifice un bâtiment qui fut le presbytère, prolongé le long par un petit enclos ou jardin le long du mur sud de l'édifice jusqu'à hauteur de la travée donnant accès au chœur et se terminant par la sacristie qui allait jusqu'au mur du chevet. Des contreforts et des arcs-boutants maintenaient les murs de la nef centrale dont le pignon s'élevait à .

L'église est formée d'une nef centrale, encadrée de deux nefs latérales formant les bas-côtés. Sa toiture d'origine, avant les restaurations de 1806, était d'un côté recouverte de tuiles et de l'autre d'ardoises. La pente de la toiture était assez importante du fait de la faible largeur de celle-ci. Les chevrons mesuraient six mètres de long.

La longueur totale intérieure de la nef étant de sur une largeur de , elle était à l'origine divisée par cinq travées, les deux de l'entrée ayant été détruites en 1567 par les Huguenots qui l'incendièrent. Elle ne perdit pas toutefois sa longueur () du fait de la construction du porche. La voûte centrale en ogive d'une dimension intérieure de reposait d'un côté sur les piliers séparant les bas-côtes de la nef et de l'autre sur des piliers adossés aux murs extérieurs. Les bas-côtés avaient une largeur de pour une hauteur de et étaient éclairé par des vitraux dans chaque travée, des deux côtés de l'édifice, exception faite à hauteur du chœur sur le côté sud dont le vitrail éclairait la sacristie. Ils étaient recouverts de tuiles et avaient des chevrons de de long, dimensions exigées par l'existence des galeries s'ouvrant dans les combles des bas-côtés.

Dans le bas-côté nord se trouvait une plaque de marbre sur laquelle était gravée l'épitaphe de , avocat. À l'est de ce bas-côté sur la gauche du maître-autel est située la chapelle Saint-Jean, rebaptisé chapelle Saint-Gilles le . De l'autre côté du maître-autel se trouvait la chapelle de la Sainte-Vierge.

Le chœur était plat comme beaucoup d'églises des environsSaint-Saturnin d'Antony, Saint-Denys d'Arcueil, Saint-Hermeland de Bagneux, Saint-Jean-Baptiste de Sceaux.. L'église possédait une architecture analogue à celle de l'église Saint-Germain-des-PrésFerdinand de Guilhermy, Inscriptions de la France du , tome 1, Paris, Imprimerie nationale, 1873 (lire en ligne).. Le chœur et la nef principale étaient éclairés par un vitrail central avec de chaque côté un vitrail plus petit. Le maître-autel était posé sur une estrade d'une marche aux angles coupés. Quelques curés furent inhumés dans le chœurLaurent Varlet en 1641, Jean Barbery le , sous la tombe du précédent, ainsi que Jacques-Hilaire Bourguignon, au milieu du chœur le .

Le clocher de section rectangulaire de , se retrouvant situé au milieu de l'édifice à la suite de la destruction des deux premières travées, alors qu'il était avant cette destruction au deux tiers du plan de l'édifice, possédait une tourelle extérieure faisant saillie, contenant un escalier à vis par lequel on entrait depuis l'intérieur de l'église. Le clocher culminait à et contenait plusieurs cloches, dont une seule, la Louise-Marie-Madeleine, réalisée en 1780 par le fondeur Louis GaudiveauLouis Gaudiveau (1695-1764), fondeur de cloche à Mormant., échappa aux fontes révolutionnaires et fut replacée dans la nouvelle église. Le haut du clocher fut reconstruit en 1821, supprimant la flèche et offrant un faîtage plus bas et moins pentu. Il était recouvert d'ardoises.

De l'ancienne église restent les deux piliers visibles de la place Condorcet. Ce sont ceux qui séparaient la première travée de la seconde, et cette dernière de la troisième. Ils sont garnis de chapiteaux sculptés, ornés de motifs de trèfles et font une hauteur de de hauteur pour un diamètre de , dont une partie se trouve enterrée. Ils supportaient une colonne gothique irrégulière de de haut.

La sacristie était une construction indépendante de l'église et flanquée sur son côté méridional, au niveau du chœur, à partir duquel on pénétrait par la nef latérale dans cette pièce de forme rectangulaire de de profondeur, et une longueur de . Une fenêtre ronde perçait son mur sud. Sa toiture se composait de deux pentes et six pans avec ligne de bris, la première partant du faîtage étant plus douce que la seconde

Le presbytère de cette première église fut construit en partie sur l'emplacement des deux premières travées disparues lors de l'incendie de 1567 et sur une partie des jardins de l'église, s'étendant sur le côté sud de l'édifice, en direction de l'est. Cette demeure, dont le pignon s'élevait à , présentait deux niveaux avec un grenier et mesurait en façade et sur une longueur de au bord du chemin longeant le ruisseau de Fontenay. Son entrée se faisait sur la place de l'église par une porte à laquelle on accédait en gravissant deux marches. Elle fut détruite en 1943.

Par manque d'entretien, il est indiqué par les autorités le que les habitants doivent faire des réparations aux voûtes, couverture des bas-côtés du chœur et qu'ils devront être clos à l'alignement de la clôture du chœur.

L'église fut fermée par décret de la Convention, le . Puis elle est rendue au culte. Le , le maire de Bourg-la-Reine alerte le sous-préfet sur l'état de délabrement de l'église paroissiale. En réponse, le , sur ordre de Nicolas Frochot (1761-1828), préfet de police de la Seine, l'architecte de la Petite-Voirie organise une visite de l'église le en compagnie du sous-préfet de Sceaux, du maire de la commune, , de et Galois, marguilliers, de l'abbé Antoine Ducasse, curé. Devant le danger imminent, il fut interdit aux fidèles d'entrer dans l'église. Le , le maire demande à architecte son avis sur les réparations à effectuer sur le bâtiment, lequel répond que la couverture du porche est très dégradée, que les chevrons sont pourris, que le plancher des fonts baptismaux est démoli, que la nef collatérale, à droite, a effectué un mouvement ainsi que les piliers en direction du sud, que ce déplacement des éléments risque d'entraîner la chute de la nef centrale et que la couverture des trois nefs est dans un état désastreux. Il affirme cependant que moyennant une somme de et , il pourrait en reconstruire une autre, ce qui serait préférable à des réparations pour un montant de à la suite desquelles il faudrait sans cesse surveiller l'édifice qui resterait d'une sécurité précaire. La commune opta pour des travaux, et le , le préfet autorise le maire à convoquer le Conseil municipal en séance extraordinaire pour trouver le financement des travaux. Ceux-ci commencèrent à la fin de l'année jusqu'au début de 1807.

En 1818, de nouvelles réparations des toitures de la sacristie et des bas-côtés sont nécessaires pour une somme de .

En 1820, le clocher qui penchait vers le sud, en direction de l'église, fut détruit et reconstruit. Des tirants de fer furent posés pour maintenir l'ensemble des murs et un ravalement fut effectué pour une dépense de .

Le , l'édifice menace de s’effondrer, entraînant un arrêté du maire, , le décrétant la fermeture immédiate de l'église, et que la messe serait provisoirement célébrée dans la maison de et Mony sise en bas de la côte. Sa fermeture définitive eut lieu 15 jours plus tard le .

L'église fut détruite en 1835 et le terrain et les matériaux furent vendus.

Église actuelle Construction

Un décret du fixe sa construction sur la place du Champ-de-MarsXavier Lenormand, Histoire des rues de Bourg-la-Reine, ., actuelle place Condorcet, mais l'église sera construite voie du Chemin de Chevilly, actuellement 6, boulevard Carnot, sur un terrain appartenant à et . Elle est l'œuvre, entre 1835 et 1837, de l'architecte départemental Auguste Isidore Molinos (1790-1848), fils de Jacques Molinos (1743-1831) également architecte, et membre de l'Institut. La construction du nouveau presbytère est décidée par le conseil municipal en 1853. Ce presbytère sera agrandi aux frais des paroissiens et réalisé par l'architecte André David. En 1861, l'architecte Naissant propose des agrandissements qui ne seront pas réalisés.