La Martyre est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.
Ses habitants sont les Martyriens et les Martyriennes.
Géographie
Localisation La Martyre est située dans l'extrême sud du plateau du Léon, à la limite de la Cornouaille, entre Landerneau et les monts d'Arrée. Le bourg est décentré dans le nord-est du finage communal et placé à son endroit le plus élevé, à d'altitude. Les altitudes sont également assez élevées dans l'extrême sud-ouest du finage, là où se trouve le centre de loisirs de Lann-Rohou et le golf de Brest-Iroise, atteignant d'altitude. Le reste du territoire communal forme un plan incliné vers le nord-ouest, où l'altitude descend jusqu'à dans la vallée du ruisseau du Morbic, petit affluent de la rive droite de l'Élorn, qui conflue avec ce dernier à La Roche-Maurice. La ligne de partage des eaux entre les bassins de l'Élorn et de la Mignonne traversant la partie sud du finage communal, l'altitude s'abaisse progressivement aussi dans l'extrême sud jusqu'à , à la confluence de la rivière du Cann (le long de laquelle se trouvaient plusieurs moulins : le moulin de Poulbroc'h, le moulin du Cann, le moulin du Launay, ce dernier en Tréflévénez), avec la rivière de la Boissière.
Henri Pérennès a décrit ainsi la Martyre en 1932 : « Le territoire de La Martyre, d'une superficie de , fait partie d'un plateau qui, partant du pied des montagnes d'Arrée, s'étend jusqu'à l'extrémité de la presqu'île de Plougastel. Sur cette étendue, on voit beaucoup de terres incultes, ne rapportant qu'ajoncs et bruyères. La paroisse compte un village de moins que la commune, celui du Krann, dépendant de l'église de La Roche. Elle est limitée au nord par La Roche, à l'ouest par Pencran, au sud par Tréflévénez et Le Tréhou ; à l'est par Ploudiry. Sur cette dernière limite se trouve le bourg, distant d'un kilomètre seulement du bourg voisin. Assis à l'extrémité d'un promontoire, au-dessus de la vallée de l'Élorn, à d'altitude, son clocher et le bouquet d'arbres qui l'entourent s'aperçoivent d'assez loin. Les plus grands villages de la paroisse sont : la Haie, Trégouchen, Kervern, Kerglouaran, Kerlavarec, Koat-Sessou, Poulbroc'h, Kann, Kergoffou, Spernot, Lilyvon, Boudougenvès »Henri Pérennès, Notice sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon, 1932.
Transports
Si La Martyre fut par le passé un carrefour de voies romaines, puis de routes médiévales (ce qui explique probablement le succès de sa foire), le bourg est désormais à l'écart des grandes voies de communication, desservi par la seule route départementale 35. Toutefois la route départementale 764, anciennement route nationale 164, dont l'ancien tracé allait d'Ancenis à Landerneau, et actuelle route entre Landerneau et Carhaix, traverse le sud-ouest du territoire communal.
Par contre le poste électrique de La Martyre, situé à l'ouest du finage communal, reçoit l'électricité par deux lignes, l'une de , l'autre de , depuis la centrale thermique de Cordemais et les centrales nucléaires de la vallée de la Loire, pour la redistribuer dans la moitié nord du Finistère. Une liaison souterraine de est prévue pour relier la future centrale à cycle combiné gaz de Landivisiau au poste électrique de La Martyre, si ce projet aboutit.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Boissière, le Morbic et divers autres petits cours d'eau.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de la MartyreLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Servais à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , La Martyre est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (81 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (80,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (47,9 %), zones agricoles hétérogènes (23,8 %), prairies (9,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (8,9 %), forêts (5,2 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (3,1 %), zones urbanisées (1,7 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme en 1363, Ar Merzer Salaun au Bernard Tanguy, Dictionnaire des noms de communes, paroisses et trèves du Finistère, Douarnenez, 1990..
Du latin martyrium, « sanctuaire dédié à un martyr » et du nom propre Salaün, forme bretonne de Salomon. Ce nom fait référence à l'assassinat du roi de Bretagne Salomon en 874Bernard TANGUY : Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses du Finistère. Chasse-Marée - ArMen. 1990..
Histoire Origines vignette|La Martyre : le reliquaire de saint Salomon (dessin). La paroisse est une ancienne trève de la paroisse de Ploudiry. L'église tréviale était à l'origine sous l'invocation de Notre-Dame (ecclesiae Beatae Mariae du Merzer en 1363, Notre-Dame-du-Merzer en 1428).
Le village doit peut-être ses noms breton et français à un événement qui y est survenu le : l'assassinat du roi Salomon de Bretagne qui avait trouvé refuge dans l'église (« Salomon se réfugia dans l'église d'un monastère où il fut pris et traité avec une sauvagerie inouïe. On lui arracha les yeux avec tant de violence qu'il en mourut dans la nuit »Alban Butler, Jean François Godescar, "Vies des pères, martyrs et des autres principaux saints", Volume 4, Lyon, F.Guyot, 1844). C'est en effet l'église qui fut appelée « La Martyre » (Ar Merzher) en souvenir de cet événement pour avoir été profanée (Salaün étant le nom breton pour « Salomon »)Dom. F. Plaine, "Saint Salomon, roi de Bretagne et martyr, 25 juin 874", éditeur Lafolye, Vannes, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5809932s.image.hl.r=Carhaix.f63.langFR. Elle donna ce nom à tout le village. Quant au roi, il fut canonisé en 910 pour son martyre et pour ses vertus (saint Salomon figure au Martyrologe de l'Église catholique sur le site du Vatican.). Toutefois ce récit reste contesté, d'autres traditions placent l'assassinat à Plélauff (Côtes-d'Armor)M. de Mauny, Le pays de Léon. Bro Leon, Mayenne, 1993, ou au village du Merzer, à Langoëlan (Morbihan) où une chapelle était consacrée à St Salomon.
Une commune au nom identique (Le Merzer) existe dans les Côtes-d'Armor où l'église paroissiale Notre-Dame-des-Sept-Douleurs est aussi dédiée à saint Salomon.
D'autres explications existent pour l'origine du nom de la paroisse : selon un témoignage des fabriciens de la paroisse datant de 1683, le nom rappellerait le souvenir de massacres commis par les Vikings lors des invasions normandes et dont le souvenir aurait été perpétué par un oratoire consacré à la Vierge et dénommé Ar MerzerM. Duval, Foires et marchés de Bretagne de l'Antiquité à la fin de l'Ancien Régime, Paris, 2001.
Préhistoire
Deux enceintes fortifiées datant probablement de l'Âge du fer ont été identifiées, l'une à Lilyvon (disparue), l'autre, circulaire, à Kerlavarec, à l'ouest du finage communal.
Antiquité
Un camp romain a existé juste au nord du bourg actuel de La Martyre. Selon Jourdan de La Passardière la voie romaine allant de Kastel-Paol (Saint-Pol-de-Léon) à Ys passait par La MartyreJourdan de la Passardière, Note sur l'occupation militaire de l'Armorique par les Romains, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1905, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207673q/f186.image. Deux postes fortifiés protégeant cette voie ont été retrouvés, l'un à Lilyvon, l'autre à Kerlavarec, qui aurait par la suite servi de résidence au roi Salomon.. Cette voie croisait à La Martyre une autre voie romaine allant de Vorgium à Vorganium, en passant par Commana et La Roche-Maurice, connue à La Martyre actuellement sous l'appellation de "chemin romain" (actuelle route départementale 35).
Moyen Âge En 1363, Hervé VIII de Léon, seigneur de Léon, résidant en son château de La Roche-Maurice, meurt sans enfants (sa sœur Jeanne, épouse de Jean Ier de Rohan hérite de la seigneurie) et lègue par testament 50 livres de rentes à l'église de La Martyre à la condition que l'on célébrât deux messes par semaine pour lui et ses prédécesseurs.
La foire de La Martyre existait bien avant 1476. Cette année-là, le , Jehan, duc de Rohan « se démunit en faveur de l'église N.D. de La Martyre des droits d'applacements [emplacements] et étaux [étals] qu'il levait de tout tems sur les marchands qui venaient débiter vins et breuvages et étalaient marchandises aux foires et assemblées qui se tenaient au bourg ». Cette exemption de taxes sur les boissons servies lors de la foire fut réduite à dix barriques de vin en 1671 ; en 1707, ce droit fut affermé moyennant 108 livres pour 20 barriques, « avec obligation de fournir le meilleur vin qu'il aura pour la célébration des messes journellement et de fournir tous les dimanches pour deux sols de pain blanc pour être béni »Henri Pérennès, Notice sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon, 1932, consultable http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=53.