Alphonse Lami, né le à Paris et mort le à Alexandrie, est un sculpteur français.

Biographie vignette|redresse|Écorché (1857), Montpellier, musée d'Anatomie. Il est l'élève d'Abel de Pujol et de Francisque Duret à l'École des beaux-arts de Paris où il est admis le .

Il fit partie de la garde nationale du département de la Seine comme capitaine d’État-major en avec le peintre Jean-Loup Gérôme et l'architecte Charles Müller Soehnée.

Ses premières œuvres sont sans doute des représentations de membres de sa famille. Ainsi en 1849 et 1850 il sculpte son grand-père maternel, Jean-Baptiste Nicolet (buste) et sa mère (médaillon et buste).

Il débute au Salon des artistes français de 1850 avec une statue de marbre intitulée Liseuse. Il participera aux salons de 1857, 1861 et 1864.

Il voyage ensuite en Égypte où, de 1852 à 1853, il prend part aux fouilles du Sérapéum de Saqqarah, dirigées par son ami Auguste Mariette, ancien camarade de collège.

Rentré en France, il réalise après son mariage et la naissance de son enfant, en 1854, un Portrait de la femme de l'artiste (médaillon en bronze) et un Portrait d'enfant (buste en plâtre).

En 1856, il envisage de se rendre en Allemagne pour réaliser le buste d'Alexander von Humboldt avec le soutien d'Auguste Mariette dont il a réalisé le buste.

Il s'adonne à l'étude de l'anatomie artistique et exécute une figure d'écorché, dans l'attitude d'un bêcheur, qu'il expose au Salon de 1857. Cette œuvre, présentée à l'Académie des sciences le , fut l'objet d'un rapport élogieux fait au nom de Claude Bernard, Pierre Rayer, Horace Vernet et Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau.

Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le sur recommandation de Michel Chevalier dont il a réalisé un buste en 1856, exposé au Salon de 1857. Il habite alors 24 rue des Filles du Temple à Paris et son atelier est 71 rue d’Amsterdam.

En 1860, il réalise deux bustes en bronze de Michel Chevalier et Richard Cobden, initiateurs d'un traité de libre-échange entre la France et l'Angleterre. vignette|Alphonse Lami, Statue de Paul Joseph Barthez, 1864, Rue École Médecine - Montpellier En 1861, l'artiste publie, d'après son écorché, un album de planches gravées, sous le titre Myologie superficielle du corps humain qui est signalée par le secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences dans la séance du . Il expose aussi au Salon deux statues (Une femme fellah ; Madeleine) , deux bustes (Portrait de M. l'abbé Jousselin, curé de la paroisse Sainte-Élisabeth ; Portrait de Michel Chevalier) et cinq médaillons ce qui représente sa plus importante participation à cette manifestation. L'abbé Jousselin, qu'il représente était une relation du chansonnier Pierre-Jean Béranger qu'il aurait assisté en 1857 au moment de son décès.

Il participe en 1863 à l'organisation d'une loterie charitable à la mairie du arrondissement.

Alphonse Lami réalise en 1864 ce qui semble être sa seule commande publique : une statue de Paul-Joseph Barthez pour la faculté de médecine de Montpellier. Elle est inaugurée le . Il participe aussi au Salon de 1864 avec un médaillon de Tête de femme.

Alphonse Lami fait acte de candidature en 1864 pour intégrer l'expédition scientifique au Mexique en proposant de s'y rendre sans rémunération. Il est recommandé en ce sens par Michel Chevalier et Armand de Quatrefages. Par décret du , il est attaché à l’expédition scientifique, pour l’anthropologie au titre d'artisan-statuaire, par le ministre de l'Instruction publique, en qualité de voyageur à titre gratuit à bord de l'Allier au départ de Cherbourg le pour Veracruz. Le voyage ne lui est pas profitable puisque le capitaine se plaint de son « intempérance continuelle [qui] a causé pendant la traversée les plus tristes scènes » ; Lami « a continué à se donner en spectacle à Veracruz jusqu’à ce qu’enfin le climat en se combinant avec l’ivrognerie a déterminé une fièvre très forte, puis la folie ». Il est hospitalisé à l’hôpital de Veracruz et au , il est rétabli mais reste toujours inactif au . A l'automne 1865, il prend la décision de rentrer en France « après une maladie grave, qui l’a retenu longtemps à l’hôpital militaire de Mexico » et effectue son départ définitif début décembre.

Rentré en France en 1866 mais atteint d'une maladie du foie, il repart malgré tout en Égypte où il meurt à Alexandrie le .

Le , ses possessions font l'objet d'une vente après décès, il s'y trouve une statue de Madeleine en marbre et un modèle d'écorché en plâtre. vignette|Alphonse Lami, Myologie superficielle du corps humain, 1861 Il reçut en cadeau du khédive d'Égypte, Ismaïl Pacha, une tête de l'époque Saïte qui fut offerte au musée du Louvre par ses descendants.vignette|Alphonse Lami, Myologie superficielle du corps humain, 1861 vignette|Alphonse Lami, Myologie superficielle du corps humain, 1861 vignette|Alphonse Lami, Myologie superficielle du corps humain, 1861 vignette|Alphonse Lami, Myologie superficielle du corps humain, 1861

Vie privée Né le , fils de François Lami (1793-1870) rentier et de Louise Hélène Heim (1804-1882) fille de l'acteur Jean-Baptiste NicoletPetite-fille de l'acteur Jean-Baptiste Nicolet., Alphonse Lami est aussi le petit-fils illégitime du prince Francesco Borghèse, premier écuyer de Napoléon, général d'EmpireFrançois Lami étant le fils bâtard de Francesco Borghèse..

Alphonse Lami qui réside alors à Paris et exerce la profession de statuaire, épouse le à Montmorency Alexandrine-Marie Bidauld (1832-1909), fille de Guillaume Bidauld (1795-1859) architecte et petite-fille du peintre paysagiste Jean-Joseph-Xavier Bidauld (1758-1856), membre de l'Académie des beaux-arts. Auguste Mariette juge que ce mariage lui est très profitable pour le rendre plus sérieux dans son travail. Ils ont trois enfants : Jacques (1854-1855), René (1856-1945) et Stanislas (1858-1944).

René Lami est un artiste peintre (comme l'indique son acte de mariage du ) et Stanislas Lami, est un sculpteur et écrivain d'art renommé pour son Dictionnaire des sculpteurs de l'École française. Il fait également partie de la parentèle de Charles de Gaulle.

Œuvres

Œuvres localisées Châtillon-Coligny Château : Une femme fellah, souvenir d’Égypte (statuette de bronze), 1860 Lyon : musée des Beaux-Arts : Homme de profil (médaillon de terre cuite), 1861 Montpellier : faculté de médecine : Paul Joseph Barthez (statue en bronze), 1864, commandée en 1863 et réalisée en 1864 en pendant d'une statue de Lapeyronie par Charles Gumery. Cette statue a été dissimulée en 1942 pour éviter sa fonte par les autorités allemandes. musée d'Anatomie : Écorché ou Myologie.superficielle du corps humain dans l'attitude d'un bêcheur (statue en plâtre), Salon de 1857. Cette oeuvre a été exposée au Metropolitan Museum of Art (MET) en 2018 à l'occasion d'une exposition temporaire : Like Life : sculpture, color and the body et restauré. Paris : musée du Louvre : Portrait d'Auguste Mariette (buste en plâtre), musée d'Orsay : Buste d'homme en plâtre, 1856 École des mines de Paris : Bustes de Michel Chevalier (un buste en plâtre de 1856 issu d'une nouvelle série de 1889 et un buste en bronze de 1860) et Buste de Richard Cobden (bronze), 1860.

Œuvres connues mais non localisées

Portrait de Jean-Baptiste Nicolet, 1849. Alphonse Lami réalise avec ce buste le portrait de son grand-père maternel. Il fut exposé au théâtre de la Gaité fondé par Nicolet et remarqué par les visiteurs pour "ses traits fidèlement reproduits d'après un portrait de famille et dont la ressemblance a frappé". Portrait de la mère de l'artiste (médaillon en bronze), 1849 Portrait de la mère l’artiste (buste en bronze), 1850 Une liseuse (statue de marbre), 1850 Portrait de la femme de l’artiste (médaillon en bronze), 1854 Portrait d'enfant (buste en plâtre), 1854 Portrait de M. Michel Chevalier (buste en marbre), 1857 4 médaillons en bronze, 1861 Portrait de M. l'abbé Jousselin, curé de la paroisse Sainte-Élisabeth (buste de marbre), 1861 Portrait de Michel Chevalier (buste en marbre), 1861 Tête de femme (médaillon en bronze), 1864 Tape à l’œil, médaillon de chien en bronze, sans date Sainte Madeleine (statue en marbre), sans-date L'Étude, sans-date. Un dessin de cette œuvre figure dans le catalogue Barbedienne qui en propose des réductions en bronze au 2/5, 3/10 et 1/6.

Ouvrage

Myologie superficielle du corps humain, 1861

Salons des artistes français

Salon de 1850 - Une Liseuse (statue de marbre). Cette statue est ainsi commentée par Courtois dans Le Corsaire : "Ce qui pourrait être repris (...) ce sont les draperies qui manquent d'arrangement, de souplesse, de légèreté. Les pieds assez faiblement traités, pourraient être retouchés. Ce qu'on ne saurait trop louer, c'est le gracieux abandon de la pose, le style élevé de la tête et surtout la justesse de l'expression : l'attention avec l'intérêt. Dans les ateliers cette belle tête pourrait être offerte en sujet d'étude". Cette statue a été vendue aux enchères le en vertu d'une ordonnance en référé.

Salon de 1857 - Écorché ou Myologie.superficielle du corps humain dans l'attitude d'un bêcheur (statue en plâtre) - Portrait de M. Michel Chevalier (buste en marbre)

Salon de 1861 - Une femme fellah ; souvenir d’Égypte (statuette de bronze) qualifié par Maxime Du Camp de "fort agréable statuette de bronze, très habilement campée, très finie, gracieuse et tout à fait plaisante" peut-être inspirée d'Alexandre Bida. Elle est aussi caricaturée par Galletti avec cette légende "Distraction d'une femme qui mène à la fontaine un enfant et qui en ramène une outre" (page 32).

Une statue de Madeleine ainsi décrite par Adrien Paul dans Le Siècle : "Une vrai Madeleine, bien prosternée, les yeux baignés de larmes, les bras croisés sur sa belle poitrine où elle s'enfonce une couronne d'épine, c'est la Madeleine de M Alphonse Lami. Ses joyaux brisés sont épars autour d'elle, ses cheveux défaits pleurent jusqu'à terre, en longues tresses ondoyantes. Celle-là est convertie à tout jamais". Elle est aussi caricaturée par Galletti - Portrait de M. l'abbé Jousselin, curé de la paroisse Sainte-Élisabeth (buste de marbre) - Portrait de Michel Chevalier (buste en marbre) - Quatre médaillons de bronze et un médaillon de marbre

Salon de 1864 - Tête de femme (médaillon en bronze) Notes et références

Annexes Bibliographie . Joseph Valynseele et Nicole Dreneau, La Parentèle de Charles et Yvonne de Gaulle, L'intermédiaire des chercheurs et curieux, 1990.

Liens externes

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