Benyamin Netanyahou (en hébreu : , parfois traduit en français Benjamin Netanyahou), né le à Tel Aviv, est un homme d'État israélien. Président du Likoud, parti sioniste national-conservateur, il est Premier ministre d'Israël de 1996 à 1999, de 2009 à 2021 et de nouveau depuis 2022.

Fils de l'historien nationaliste Bension Netanyahou (né Mileikowsky), il sert dans l'armée israélienne au sein du Sayeret Matkal, une unité de forces spéciales. Il participe notamment à l'opération Gift en 1968 à Beyrouth, où il est blessé au combat. Il part ensuite aux États-Unis où il étudie au MIT et travaille dans le secteur privé.

Revenu en Israël, il est d'abord diplomate, notamment ambassadeur de l'État d'Israël auprès des Nations unies entre 1984 et 1988. Il entre pour la première fois dans un gouvernement en 1990, en tant que vice-ministre des Affaires étrangères.

Il devient Premier ministre en 1996, après avoir battu le sortant travailliste, Shimon Peres. Il quitte le pouvoir en 1999, à la suite de sa défaite face au travailliste Ehud Barak. En 2002, il retrouve une position d’importance en étant nommé ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement d'Ariel Sharon, qui lui confie l'année suivante le ministère des Finances. Il quitte le gouvernement en 2005 et entre dans l'opposition.

Après les élections législatives de 2009, il retrouve la tête du gouvernement, et occupe successivement ou de façon concomitante plusieurs autres responsabilités ministérielles (Logement, Affaires religieuses, Justice, Finances, Affaires étrangères, Santé, Immigration, Défense). Il est reconduit à son poste de Premier ministre à la suite des élections législatives de 2013 puis de celles de 2015. Son parti arrive également en tête des quatre scrutins législatifs qui se tiennent entre 2019 et 2021, mais sans qu'il parvienne à former de coalition stable au sein d'un parlement particulièrement morcelé ; Naftali Bennett réussit finalement à former un gouvernement et à lui succéder en 2021.

Durant son second mandat de Premier ministre, il permet l’implantation de nouvelles colonies israéliennes, fait voter la loi Israël, État-nation du peuple juif, œuvre au transfert du siège de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, d’autres pays faisant de même dans la foulée, signe les accords d'Abraham avec les Émirats arabes unis et Bahreïn, affaiblissant ainsi le front arabe en faveur de la Palestine, et lance un processus de normalisation diplomatique avec le Maroc et le Soudan. Il gère également les guerres de Gaza de 2012 et de 2014. Poursuivi pour corruption, fraude et abus de confiance, il devient en 2019 le premier chef de gouvernement israélien à être inculpé alors qu'il est en exercice.

Les élections législatives de 2022 donnent une majorité absolue aux partis soutenant son retour au pouvoir, ce qui lui permet de redevenir Premier ministre, cette fois à la tête du gouvernement le plus à droite qu’Israël ait connu depuis sa fondation. La nouvelle coalition souhaite changer le système juridique et retirer à la Cour suprême d'Israël une partie de ses prérogatives, conduisant à des protestations de masse.

En , il forme un cabinet de guerre à la suite de l'attaque du Hamas le 7 octobre qui fait plus de mille morts israéliens. Il mène par la suite la guerre de Gaza, tuant des dizaines de milliers de civils palestiniens et détruisant la plus grande partie de l'enclave, ce qui lui vaut d’être accusé à l'international de s'en prendre volontairement aux populations civiles palestiniennes, voire de perpétrer un génocide. Depuis , il est sous mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Il ordonne une invasion israélienne du Liban en octobre 2024, lors de la guerre contre le Hezbollah, qui se conclut par un cessez-le-feu le mois suivant. Il procède également à une extension de l'occupation israélienne en Syrie depuis 2024, dans le contexte de la chute du régime Assad, ainsi qu'en Cisjordanie.

À partir du , Benyamin Netanyahou mène la guerre des 12 jours contre la république islamique d'Iran, avec l'appui des États-Unis, dans l'objectif inabouti de renverser Ali Khamenei et stopper le programme nucléaire iranien. Une médiation de Donald Trump permet par la suite la signature d'un plan de paix pour Gaza. À partir du , conjointement avec les États-Unis, il mène une nouvelle guerre contre l'Iran qui aboutit à l'assassinat d'Ali Khamenei.

Avec un total de plus de passées à la tête du gouvernement , Benyamin Netanyahou est le Premier ministre israélien ayant exercé cette fonction le plus longtemps, aussi bien de manière consécutive que globale.

Situation personnelle Origines Petit-fils d’un rabbin émigré de Lituanie en Palestine mandataire en 1920, Benyamin Netanyahou naît à Tel Aviv le dans une famille militante du « sionisme révisionniste ». Son père, Bension Netanyahou, est notamment le secrétaire de Zeev Vladimir Jabotinsky, le père spirituel de la droite israélienne au sein de laquelle naîtra plus tard le Likoud. Sa mère s'appelle Tzila née Segal. Il est le deuxième d'une fratrie de trois garçons. Ses deux frères sont Yonatan, l'aîné, mort en mission en 1976 lors du raid d'Entebbe, et Iddo, le benjamin.

Formation vignette|redresse|gauche|Photo de son dossier militaire, 1967.

Au début des , la famille Netanyahou quitte Jérusalem pour s’installer aux États-Unis, où Benyamin Netanyahou suit des cours d’architecture et d'administration des affaires au sein du Massachusetts Institute of Technology (MIT).

En 1967, il rentre en Israël pour y effectuer son service militaire dans l’unité d’élite Sayeret Matkal de l'armée de défense d'Israël (Tsahal). Il participe à plusieurs faits d'armes notamment en , à la bataille de Karameh où il tente sans succès de capturer Yasser Arafat. En , en représailles à une attaque à la grenade contre un avion d'El Al à Athènes, un commando dont il fait partie plastique une quinzaine d'avions de la compagnie libanaise Middle East Airlines sur l'aéroport de Beyrouth. Le , il est membre du commando chargé de libérer près de cent otages retenus par le groupe Septembre noir à bord d'un avion de la Sabena détourné sur Tel AvivNetanyaou toujours sur le sentier de la guerre, filiu.blog.lemonde.fr (consulté le 17 avril 2018).. En 1973, il quitte l'armée.

De retour aux États-Unis, il reprend ses études au MIT à Boston. Il est ensuite employé au sein du Boston Consulting Group, un cabinet de conseil en stratégie, jusqu’en 1978, avant de retourner en Israël au sein de la compagnie BlackBerry (alors appelé RIM industries) à Jérusalem.

vignette|redresse|gauche|Benyamin Netanyahou s'entretenant avec un soldat ayant été blessé au cours de l'opération Entebbe ().

La fin des est ponctuée d’un événement dramatique qui va marquer le développement et le renforcement de son action politique : au cours du raid d'Entebbe, son frère Yonathan meurt au combat, à la tête du commando israélien, lors de la libération d’otages occidentaux.. Il défend l'idée de l'obtention de « la paix par la sécurité » et qu'Israël doit conserver le contrôle permanent de la Cisjordanie ainsi que de ses colonies en territoires occupés. Cette position sera critiquée par des acteurs internationaux lors de son accession au poste de Premier ministre de l’État d’Israël.

Vie privée gauche|vignette|Benyamin Netanyahou avec sa femme Sara et leurs deux fils, Yaïr et Avner, durant Hanoucca le 5 décembre 1996. vignette|redresse|gauche|Benyamin Netanyahou avec sa femme Sara . Benyamin Netanyahou s'est marié à trois reprises et a eu en tout trois enfants avec deux de ses femmes.

De son premier mariage, avec Miriam Weizmann, naît une fille, Noa, le . Le couple divorce en 1978, trois ans avant que Netanyahou ne se remarie avec Fleur Cates, une citoyenne britannique qui s'est convertie au judaïsme pour son mariage. Ce mariage est finalement dissous en 1984, sans que le couple n'ait eu d'enfant.

En 1991, Benyamin Netanyahou épouse la psychologue Sara Ben-Artzi, qu'il a rencontrée lors d'un vol reliant New York et Tel Aviv. De cette union sont nés deux fils : Yaïr, le , et Avner, le .

Parcours politique Débuts et carrière professionnelle (jusqu’en 1996) Issu d’une famille militante de droite et participant lui-même dans sa jeunesse à des actions ponctuelles de soutien au Likoud, Benyamin Netanyahou commence véritablement sa carrière politique en chapeautant l’édification du Yonathan Institute for the Study of Terrorism, une plate-forme de réflexion portant le nom de son frère, héros du raid d’Entebbe, et qui a pour but de sensibiliser l’opinion publique sur les questions de sécurité qui touchent l’État d’Israël. Très proche des élus de droite, il est nommé collaborateur au sein de l’Ambassade israélienne à Washington (1982–1984) sous les ordres du chef de poste Moshe Arens. En 1984, il fait l’objet d’une promotion en assumant le rôle d’ambassadeur de l’État hébreu auprès des Nations unies à New York.

Dans l'exercice de ces deux fonctions successives, il se fait rapidement connaître sur la scène nationale et internationale comme un avocat convaincant des positions israéliennes dans le conflit israélo-arabe. À une ascension fulgurante et carrière météorique au sein de l’administration diplomatique succède une entrée en politique avec élection comme député à la Knesset en 1988. Étoile montante du Likoud, le jeune homme grimpe successivement les échelons en devenant ministre adjoint des Affaires étrangères (1988–1990), puis conseiller spécial lors des négociations relatives à la conférence de Madrid pour la paix.

Premier mandat de Premier ministre (1996-1999) gauche|vignette|Portrait officiel de Benyamin Netanyahou en 1996. Sa montée dans l’état-major du Likoud est telle que Benyamin Netanyahou en devient le fer de lance avant de battre le travailliste Shimon Peres lors des élections de 1996 : il recueille 50,5 % des suffrages contre 49,5 % pour le chef du gouvernement sortant, tandis que ses listes obtiennent (sur 120) à la Knesset. À , il devient ainsi le plus jeune chef de gouvernement de l’histoire du pays, ainsi que le premier à être né après la proclamation de l’indépendance. À la suite de la défaite des travaillistes, l’arrivée d’un membre du Likoud aux affaires a eu pour résultat une différence de politique dans la gestion de la crise au Proche-Orient et du processus de paix entamé avec les Palestiniens. D’emblée, le nouveau Premier ministre a adopté une position basée sur la sécurité en échange de la paix. Lors de sa première rencontre avec le président américain Bill Clinton, celui-ci critique Netanyahou : « Pourquoi Netanyahou pourrait difficilement séduire Obama », Courrier international, consulté le 11 mars 2016..

Considérant que le territoire de la Cisjordanie fait partie de la terre d'Israël, il a eu pour objectif de maintenir un contrôle sur la « Judée-Samarie » (Cisjordanie), en favorisant la construction de nouvelles implantations israéliennes sur cette portion de territoire. Opposé à la création d’un État palestinien, il était favorable à un statut d’autonomie étendue, telle que déjà prévue dans les accords d’Oslo. Ces différentes positions ont marqué un tournant majeur par rapport à la politique menée jadis par les travaillistes, et ont fait l’objet d’une dégradation des relations avec l’Autorité nationale palestinienne qui l’accusait de geler le dialogue pour la paix.