La famille Binet de Boisgiroult de Sainte Preuve, anciennement Binet, est une famille subsistante de la noblesse française, originaire de Saint-Quentin (Aisne), anoblie par lettres patentes en . Elle détint une charge de secrétaire du roi en 1758Henri Jougla de Morenas, Grand armorial de France, , , .
Elle s'est principalement illustrée dans la domesticité royale entre le milieu du et le milieu du , en comptant parmi ses membres plusieurs serviteurs de la famille royale.
Histoire Le nom de Binet est une aphérèse du prénom Robin ou Albin.
Lors de l'anoblissement de Georges-René Binet en , la généalogie dressée par Charles d'Hozier situait les origines de la famille en TouraineBibliothèque nationale de France, ms fr. 31269, dossier 883, fol. 26. Il s'agissait là probablement d'une confusion avec la famille Berthelot de La Rabellerie, alliée aux Binet à cette époque ; ou bien d'un moyen de rattacher les Binet à la vieille famille homonyme connue à Tours depuis le Moyen Âge. Quoi qu'il en soit, les origines connues situent la famille à Saint-Quentin (Aisne), au .
La filiation connue depuis 2023 grâce aux recherches entreprises par Foulques Josseaume, historien et généalogiste, permet aujourd'hui de remonter à Georges Binet, marchand corroyeur en la ville de Saint-Quentin, né dans cette ville ou aux environs immédiats vers 1550, marié à Antoinette Cartin, fille de Quentin Cartin, marchand à Saint-Quentin, et de Mathurine Dathies (alias d'Athies), deux familles bien identifiées de la bourgeoisie marchande de la ville. Parents de quatre enfants au moins qui sont les auteurs des branches Binet de Moyencourt, Binet de La Chaussée et Vaudremont et Binet de Boisgiroult de Sainte Preuve[Josseaume, Foulques. Histoire et généalogie de la famille Binet, Patrice du Puy éditeur, 2023].
La famille Binet de Boisgiroult de Sainte-Preuve a été admise au sein de l'association d'entraide de la noblesse française en 1994.
Personnalités Georges Binet, garçon de la chambre du roi, maréchal des logis de son régiment d'infanterie, décédé en 1670, qui avait épousé Marie Rousseau, décédée en 1662Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome IV. Ber-Blo. - 1905, pages 290-291.. Georges-René Binet, seigneur de Boisgiroult, de Sainte-Preuve, et de Marchais, né le et décédé le . Valet de chambre de Louis XV. Mousquetaire du roi en 1704, cornette au Royal-Carabinier en , capitaine de cavalerie au régiment Alzeau le , mestre de camp de cavalerie au régiment Dauphin-Etranger en 1723 et aide de camp du Maréchal de Villars. Il fut aussi premier valet de chambre du dauphin le ; contrôleur général de la Maison de la dauphine en 1751 ; gouverneur de la tour de Cordouan en Gironde, de la ville et du château de Châtillon-lez-Dombes ; gouverneur de la volière au château de Saint-Germain-en-Laye et fermier général à la fin de sa vie. Il aurait introduit à Versailles Jeanne Antoinette Poisson-Le Normand d'Étioles, future marquise de Pompadour afin de la faire remarquer par le roiL. Bernard, Le château de Versailles: histoire et description, Volume 1, 1881, page 388.Les historiens s’opposent quant au rôle exact qu’il joua dans cette affaire. Selon Jacques Levron, "Binet, premier valet de chambre du Dauphin était un honnête homme et il subsiste un doute sur le rôle qu’il a pu jouer dans l’intrigue. Qu’il ait introduit Jeanne Antoinette au château c’est probable. Mais celle-ci y venait pour solliciter, en faveur de son époux, une place de fermier général. Il n’y avait rien de répréhensible à cette démarche. Et puis, on pouvait bien venir au château sans voir le roi lui-même". Le duc de Castries écrit de son côté : "Madame d’Etioles et sa mère avaient à Versailles un accès relativement aisé car Binet, premier valet de chambre de Louis XV (ou de son fils le Dauphin plus probablement), qui avait succédé à Bachelier, était parent assez proche des Le Normant. On assure que Binet n’a peut-être pas joué le rôle que la chronique scandaleuse lui attribue et l’estime dans laquelle le tinrent certains grands personnages semble prouver qu’il n’était pas l’homme de toutes les complaisances". Selon l’auteur anglais Nancy Mitford, Louis XV "avait certainement le désir d’établir une maîtresse en titre ; il confia au sieur Binet qu’il était las d’aller d’une femme à l’autre. Dans ce cas, observa Binet, il pouvait difficilement trouver mieux que Madame d’Etioles, laquelle l’aimait si follement qu’elle en perdait le sommeil. Il semble que Binet ait pris l’affaire en main".. Le roi lui attribua par brevet du roi en date du un terrain sur l’avenue de Paris, à Versailles, où il confia à de Marne, entrepreneur versaillais, la construction d’un logis à l’italienne (aujourd’hui Chambre de commerce de Versailles) qu’il habita jusqu’à sa mort. Son premier hôte de marque en 1753 fut Stanislas, roi de Pologne. Son fils le vendit à madame du Barry, qui le fit agrandir. Le roi lui attribua en outre une pension. Il laissa une importante fortune à sa mort le . Son acte de succession nous apprend qu’il possédait à Saint-Germain-en-Laye les hôtels de Soubise, de Conti, de Mademoiselle, de Lauzun, et de Melleroy. Sa succession se monte à 1 093 801 livres 15 sols 11 deniers.
thumb|Gérard Binet (1712-1780) premier valet de chambre du roi thumb|Elisabeth-Josèphe de Laborde (1725-1808) épouse de Gérard Binet, par Carmontelle Élisabeth-Josèphe de Laborde (1725-1808), (épouse de Gérard Binet (1712-1780), fils aîné du précédent et comme lui premier valet de chambre du roi). L’historien Lenôtre nous en donne la description suivante : "Un visage éveillé, des yeux rieurs, une bouche mignonne, des dents éblouissantes, des cheveux blonds admirables si long que dénoués, ils effleuraient le tapis ; avec cela futée, gracieuse, spirituelle, si charmante causeuse sans pédanterie aucune qu’on ne se lassait pas de l’entendre, chantant comme Euterpe, dansant comme Terpsichore et jouant la comédie comme Thalie en personne...". La marquise de Pompadour, devenue une parente par alliance, en fit une recrue pour le théâtre des Petits cabinets, afin de distraire le roi. À la Cour, elle entra dans l’intimité du roi ; elle rencontra, dans ce cercle jalousement fermé, les Soubise, les Luxembourg, les Richelieu... Elle se lia avec d'amitié avec un gentilhomme, Charles-Claude de Flahaut de la Billarderie, comte d’Angiviller, frère cadet de celui qui laisserait donner son nom au célèbre duc de Morny. Son salon était un "portique de l’Encyclopédie", selon l’expression des frères de Goncourt. Il n’y avait pas d’œuvre littéraire qui n’y fût examinée. Elle ne manquait pas non plus les réunions des divers grands salons parisiens. Peu de temps après la mort de son époux, elle épousa en son fidèle amant, le comte d’Angiviller, directeur des bâtiments du roi. La Révolution poussa ce dernier à émigrer tandis qu’Élisabeth-Josèphe refusa de l’accompagner hors de France. Afin de n’être pas inquiétée, elle sut jouer de ses dons naturels pour l’intrigue, abandonnant quelques bijoux aux sans-culottes, bien que gardant à son bras le portrait de Louis XV, offrant à la société populaire de Versailles un buste de Marat. À Marchais, elle abandonna aux révolutionnaires des archives féodales de sa baronnie, ayant pris soin de conserver à Versailles les pièces les plus importantes. Elle consentit même à accepter le 3 floréal an II () de divorcer de son époux, émigré depuis deux ans. Son excessive prudence lui fit déclarer qu’il lui était impossible d’écrire, afin de ne pas signer l’acte. Sous l’Empire, elle parvint à reconstituer autour d’elle une société brillante : toujours couchée, complimenteuse et doucereuse à l’excès, mais pleine de tact, elle recevait ses amis. Elle vivait allongée dans sa chambre, plongée dans une semi-obscurité. Les plantes et le confinement en rendaient l’atmosphère suffocante. C’est là, dans son hôtel versaillais (Hôtel de la Surintendance), qu’elle mourut le . Quand elle eut disparu, on s’aperçut qu’elle entretenait par ses libéralités plus de trente familles pauvres de Versailles. Francis Georges Binet de Boisgiroult de Sainte-Preuve , scientifique français, né à Londres le , décédé le .
Généalogie simplifiée
Armoiries et devise D’azur à la fasce d’or, accompagnée en chef d’une étoile d’argent, et en pointe de deux épis d’or
Un autre blason figure dans quelques armoriaux : D’azur à un chevron d’or, accompagné de trois étoiles de même, deux en chef et une en pointe, car elles ont été portées au et début s à la suite d'une confusion avec les armes de la famille Binet de Bassemaison, aujourd'hui éteinte
Devise : Pour de vrai ()
Possessions Seigneurie du Bois-Giroult, achetée en 1720 (Le fief et seigneurie du Bois-Giroult était un demi-fief de haubert sis en la paroisse de Notre-Dame de Créton (aujourd’hui commune de Buis-sur-Damville, dans l’Eure). Les seigneuries picardes de Marchais, de Liesse, et de Sainte-Preuve, situées à au nord-est de Laon (Aisne), furent acquises en 1738 par Georges René Binet. Le second fils de ce dernier, Louis René, vendit le fief de Sainte-Preuve mais en conserva le nom. Hôtel Binet (1751), avenue de Paris, à Versailles.
Alliances de Brach (1707 & 1734), de Laborde, baron de Labrosse (1747), Dufour et - de Montlouis (1751 & 1826), Molitor (1850), Ruel de Belle-Isle (1860), de Fromont de Bouaille (1873), Chesneau de La Drouerie (1874), du Chesne de La Sicotière (1881), de Massol de Rebetz (1895), de La Barre de Nanteuil (1897), de Couëspel de Boisgency (1924), de Vivès (1929), Favier d'Hust (1952), Curial (1980), Le Gouz de Saint-Seine (1988), de La Taille-Trétinville (1988), de Carayon-Talpayrac (2002), Pozzo di Borgo (2003), Angleys (2015).
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie Gustave Chaix d’Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises, tome IV, 1905, pages 290-291. Henry de Pène, Henri de France, Paris, H. Oudin, 1884, . Pierre de Nolhac, Louis XV et madame de Pompadour, 1903, . Théophile Lhuillier, « Une actrice du théâtre de madame de Pompadour, madame Binet de Marchais », (extrait de L’amateur d’autographes, du ). Étienne Dupont, « Les diamants de la dauphine », dans Le nouvelliste de Bretagne, , 3, 8, 12 & . Mémoires de la Société académique de l’Oise, , , [cote bibl. nat. 8° LC20 20 (4)]. Maxime de Sars, Le Laonnais féodal, Paris, 1924-1934, , [cote bibl. nat. 4° LK2. 7148]. Léon-Honoré Labande, Le Château et la baronnie de Marchais, Paris, Honoré Champion, 1927, 247 Luc Boisnard, Dictionnaire des anciennes familles de Touraine, Mayenne, Éditions Régionales de l'Ouest, 1992, 449, . Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante, 2002, page 43
Archives Bibliothèque nationale de France : Duc de Caraman, Notes généalogiques pour servir à l’histoire des fermiers généraux, manuscrit en 3 vol., t.I [cote ms Fr. NA 20533] Cabinet d’Hozier, t.342, (ms fr. 31223), dossier 9687, Nouveau d’Hozier, t. 44, (ms fr. 31269), dossier 883, fol. 26 Arch. du ministère de la Guerre, états de services de Gérard Binet, Pièces originales, t. 352, dossier 7603,
Articles connexes Liste des familles subsistantes de la noblesse française (A à K) Liste des familles de la noblesse française d'Ancien Régime (A à K) Armorial des familles d'Île de France Sainte-Preuve
Liens externes Famille Binet de Boisgiroult de Sainte Preuve
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