Les campagnes de la guerre de Sécession regroupent en ensembles stratégiques cohérents du point de vue chronologique, géographique, militaire et historique, les manœuvres militaires et les combats de la guerre de Sécession. Chaque campagne résulte, le plus souvent, d'une stratégie délibérée de la part d'au moins un des belligérants et mobilise un nombre important d'unités et de moyens logistiques, dans la durée.

Un certain nombre de ces opérations (Prise du Mississippi ; Blocus de l'Union ; Campagne de Vicksburg ; Campagne de Burnside en Caroline du Nord...) est d'ailleurs issu d'une stratégie nordiste datant de 1861 : le fameux Plan Anaconda élaboré par le vieux Winfield Scott.

Il y a de nombreux désaccords sur la question du nombre mais selon un certain nombre de sources on compte 29 campagnes globalement connues et 64 raids majeurs(+le blocus de l'Union) durant la guerre de Sécession. Néanmoins, on peut aisément en dénombrer plus.vignette|Frise chronologique des campagnes de la guerre de Sécession|gaucheCes opérations sont traditionnellement présentées par ordre chronologique selon le théâtre d'opérations sur lequel elles se sont déroulées : bas littoral et blocus de l'Union (opérations essentiellement navales) ; théâtre oriental (de l'Atlantique jusqu'aux Appalaches) ; théâtre occidental (des Appalaches jusqu'au Mississippi) ; théâtre trans-Mississippi (à l'ouest du Mississippi à l'exclusion des États bordés par le Pacifique) ; théâtre de la côte Pacifique.

La terminologie consacrée en la matière est celle du Service des parcs nationaux des États-Unis, qui administre les champs de bataille et les monuments liés à la guerre de Sécession, mais des variations peuvent exister, selon les historiens, concernant les combats qui se situent à la charnière de deux théâtres d'opérations ou de deux campagnes. Les engagements isolés, ainsi que certains raids n'entrant pas dans une stratégie identifiable, ne sont pas rattachés à des campagnesCWSAC (Civil War Sites Advisory Commission — Battle summaries). Classification des campagnes et des batailles élaborée par la Civil War Sites Advisory Commission, le programme de préservation des champs de bataille (American Battlefield Protection Program) administré par le National Park Service.

Blocus de l'Union

Il s'agit d'actions qui se déroulent entre 1861 et 1865 au cours desquelles lUnion Navy a maintenu un effort massif sur la côte Atlantique et celle du Golfe du Mexique, auxquelles les États confédérés d'Amérique ont accès, dans le but d'empêcher le passage des marchandises, des approvisionnements, et des armes à destination et en provenance de ces derniers. Approuvé par Lincoln le , l'Union commissionna 500 navires qui détruisirent au total pas moins de de blocus confédérés pendant la guerre. Le blocus fait partie du plan Anaconda proposé par Winfield Scott.

Théâtre oriental

1861 Campagne de Virginie-Occidentale : De mai à , le major-général George B. McClellan envahit avec succès le nord-ouest de la Virginie (future "West Virginia", ou en français, Virginie-Occidentale). Campagne de Manassas : C'est la première grande campagne de la guerre de Sécession. Elle a lieu durant l'été de l'année 1861 et elle vise, pour l'Union à envahir la Virginie, voire de prendre la capitale sudiste : Richmond. Mais le major-général Irvin McDowell, chef de l'armée du Potomac perd à Manassas à la première bataille de Bull Run (ou Manassas) face à P.G.T. Beauregard et Joe Johnston.

1862

Campagne de Burnside en Caroline du Nord : Entre février et , le brigadier-général Ambrose E. Burnside envahit l'État de Caroline du Nord en passant par les côtes atlantiques et parvient à gagner le contrôle de l'est de l'État.

Campagne de la Péninsule : L'Union commandée par le major-général George McClellan, nouveau chef de l'armée du Potomac, envahit de nouveau la Virginie l'été 1862 et envisage de prendre Richmond en passant par la péninsule de Virginie, à l'est de l'État. Après une avancée très lente des troupes de l'Union à cause de la prudence de McClellan, qui, avantagés par leur supériorité numérique remportent les premières batailles, le général d'armée sudiste Joseph E. Johnston est blessé à la bataille de Seven Pines et Robert Lee le remplace. La campagne dite des Sept Jours débute et McClellan, battu, fait retraite et Lee et Jackson n'arrivent pas à le rattraper. Campagne de la vallée de Jackson : En 1862, les troupes de l'Union sont concentrées dans la péninsule pour leur invasion de la Virginie et la légende sudiste Thomas J. Jackson, dit "Stonewall" Jackson, décide donc d'avancer vers le Nord pour éventuellement menacer le Maryland. Mais, l'Union rassemble en urgence plus de contre les (bientôt ) de Jackson et le sudiste fait l’exploit de battre ses adversaires largement plus nombreux et mieux armés et nourris. Campagne de Virginie Septentrionale : D'août à , le major-général John Pope (qui est rappelé du théâtre occidental) tente de faire jonction avec les troupes de l'Union, mais il perd à Manassas à la seconde bataille de Bull Run face au talentueux Jackson à cause de son insubordination et cette victoire confédérée est considéré comme le chef-d’œuvre opératif du général d'armée sudiste Robert E. Lee grâce à son idée risquée et victorieuse durant cette campagne. Campagne du Maryland : Après la seconde défaite à Manassas, le Sud commandé par Robert E. Lee a la voie libre pour attaquer pour la première fois un État de l'Union, le Maryland mais les confédérés sont repoussés par le major-général George B. McClellan et son armée du Potomac. Interceptés à proximité de Sharpsburg, les troupes sudistes livrent, lors de la bataille d'Antietam, le , la journée de combat la plus sanglante de toute l'histoire des États-Unis, et unanimement considérée comme un tournant de la guerre de Sécession. Campagne de Fredericksburg : Poussé à l'offensive par Lincoln à la suite des échecs de McClellan, Burnside passe en Virginie, suit la rive nord de la Rappahannock et vient se placer en face de Fredericksburg. Il envisage de franchir la rivière et de diriger son attaque vers le sud pour menacer Richmond, la capitale rebelle. L'impressionnante préparation logistique que requiert cette opération laisse amplement le temps à Lee et à ses adjoints d'organiser leurs défenses. Lorsque les troupes de l'Union franchissent finalement la Rappahannock, le , les Confédérés leur infligent une défaite écrasante à la bataille de Fredericksburg. La campagne s'achève le avec la "Mud March".

1863 Campagne de Chancellorsville : Du au , Joseph Hooker, surnommé "Fighting Joe", qui a remplacé Burnside à la tête de l'armée du Potomac après Fredericksburg, attaque l'armée de Virginie du Nord de Robert Lee avec contre mais se voit finalement infligé une défaite écrasante à la "Lee's perfect battle" (bataille de Chancellorsville) et perd la campagne peu de temps après. Campagne de Gettysburg : Après leur victoire lors de la bataille de Chancellorsville, le général confédéré Robert Lee et l'armée de Virginie du Nord, qu'il dirige, réussissent à déjouer la surveillance de l'Armée du Potomac commandée par Joseph Hooker puis — à partir du — par George G. Meade, quittent Fredericksburg, en Virginie, remontent vers le nord par la vallée de Shenandoah, reprennent la ville de Winchester, franchissent le fleuve Potomac, et menacent les grandes villes nordistes : Harrisburg, Baltimore, Philadelphie et surtout Washington. Cependant, les Unionistes remontent vers le nord en hâte, et arrêtent l'avancée des Sudistes en soutenant leurs assauts lors de la décisive bataille de Gettysburg, qui se déroule du 1er juillet au . L'élan sudiste est brisé. Lee se retire alors vers le Sud, traverse le Potomac entre le 13 et le , et parvient à ramener le reste de son armée en Virginie. Campagne de Bristoe : Le major-général nordiste George G. Meade, commandant l'armée du Potomac tente, sans succès, de défaire l'armée de Virginie du Nord, commandée par Robert Lee. Le mouvement tournant que lui opposent les Sudistes conduit Meade à se replier sur Centreville. Lee attaque Meade à Bristoe Station le , mais les pertes subies par deux de ses brigades l'obligent à se retirer. Meade le poursuit vers le sud, jusqu'à ce que les forces de l'Union buttent sur la tête de pont défensive des Confédérés le , à Rappahannock Station et repoussent ces derniers de l'autre côté de la rivière Rapidan. En dehors des combats d'infanterie, les cavaleries des deux armées s'affrontent à Auburn (une première fois le , une seconde fois le ) et à Buckland Mills le . Campagne de Mine Run : Avec l'armée du Potomac commandée par George G. Meade, l'Union tente, encore une fois sans succès, de défaire l'armée de Virginie du Nord confédérée de Bobby Lee à la fin de l'année 1863. La campagne est marquée par des contretemps et occasionne peu de pertes.

1864 Campagne terrestre : De mai à , le lieutenant-général Ulysses S. Grant, général en chef de toutes les armées de l'Union, dirige les opérations de l'Armée du Potomac du major-général George G. Meade et d'autres forces contre l'Armée de Virginie du Nord du général confédéré Robert E. Lee. Bien que Grant subisse de terribles pertes et de multiples défaites tactiques au cours de cette campagne, elle est considérée comme une victoire stratégique de l'Union, qui poussa Lee à s'enfermer dans la ville assiégée de Petersburg. Campagne de Bermuda Hundred : Du 6 au , le major-général Benjamin Butler, commandant, pour l'Union, de lArmy of the James'', menace Richmond par l'est mais il est arrêté par les forces du général confédéré Pierre Gustave Toutant de Beauregard. Campagnes de la vallée de Shenandoah : De mai à octobre, l'Union notamment commandée par Philip Sheridan vainc les confédérées dans la vallée de Shenandoah en Virginie. Campagne de Richmond-Petersburg : Durant neuf mois (du au ), les forces de l'Union commandées par le général Grant tentent de prendre d'assaut la ville de Petersburg. Ils creusent un réseau de tranchées qui finit par atteindre la longueur de 30 miles (près de ) à l'est et au sud de la ville. La place est stratégique, car elle ravitaille l'armée de Virginie du Nord du général Robert Lee, et la ville de Richmond. Lee finit par abandonner les deux villes en avril 1865. Première campagne de Wilmington : Wilmington, en Caroline du Nord, est le dernier port confédéré majeur sur la côte Atlantique. Pour s'en emparer, le fort Fisher devait tomber. Dès lors, durant le mois de décembre 1864, Benjamin F. Butler tente, sans succès, de s'emparer du fort.

1865

Seconde campagne de Wilmington : Après l'échec de Butler, c'est Alfred H. Terry qui est chargé de prendre le fort Fisher. Le , c'est chose faite. John M. Schofield affronte ensuite Braxton Bragg lequel doit céder Wilmington le .

Campagne d'Appomattox : En avril 1865, l'armée de Virginie du Nord est battue à la troisième bataille de Petersburg, à Five Forks, Sayler's Creek ou encore Appomattox Court House. Le général confédéré Robert E. Lee, son commandant, est contraint de se rendre le auprès du général Ulysses S. Grant. Si cet évènement ne marque pas la fin des combats, beaucoup le considère comme la fin de la guerre de Sécession.

Théâtre occidental

thumb|Stratégie générale de l'Union sur le théâtre occidental de la guerre de sécession 1 - Prise du Mississippi (1861-1863) 2 - Prise du Missouri (1861-1862) 3 - Campagne de Chattanooga (1861-1863) 4 - Campagne de la Red River (1864) 5 - Campagne d'Atlanta (1864) 6 - Campagne de Savannah (1864) 7 - Campagne des Carolines (1865) 1861-1862