Le Didascalicon est un ouvrage du philosophe et théologien mystique du Hugues de Saint-Victor, composé avant 1137. Le sous-titre De arte legendi, se traduit mot à mot par « l'art de lire », mais, il est plus juste de l'entendre comme « un art d'enseigner » (legere/lectio), ou même de se cultiver.
Détails En maître d'école, Hugues, construit un manuel dans la lignée d'Isidore de Séville. L'écrivain le veut complet et tient beaucoup à ce corps d'enseignement où tout se tient ensemble pour un même objectif.
Découpé en six livres, le Didascalicon est un traité de l'étude des arts libéraux et de l'Écriture. Dans la préface, Hugues expose son projet :
Le maître présentera successivement le quid legendum, ce qu'il faut lire, le quo ordine, dans quel ordre et enfin le quo modo comment…
Hugues y propose surtout un nouveau classement des sciences. Il divise la philosophie en quatre branches : théorique, pratique, mécanique et logique, chacune se subdivisant de nouveau. La théorique comprend la théologie, les mathématiques et la physique, comme chez Boèce. La philosophie pratique comprend trois parties : morale personnelle, morale privée et morale publique. La mécanique compte sept branches : art de la laine, fabrication des armes, navigation commerciale, agriculture, chasse, médecine et spectacles. Enfin la logique comprend la grammaire et l'art du raisonnement. Dans le cadre scolaire, Hugues de Saint-Victor priorise l'enseignement de la logique et de la mathématique : .
La logique est envisagée comme préliminaire indispensable à toute connaissance : elle a pour objet l'entendement.
Les arts mécaniques sont ainsi présentés :
L'introduction des sciences mécaniques est elle aussi nouvelle et Hugues explique leur présence en ce que depuis la chute, l'homme tente de remédier à l'état de misère dans lequel il est plongé. Les savoirs mécaniques sont considérés théologiquement avec la finalité qui vise Didascalicon, I, 5 on peut ajouter le commentaire suivant pour bien cerner l'importance que prend pour Hugues l'étude complète de la nature :
Les livres V et VI constituent un traité d'exégèse.
Le livre VII
Un livre VII est connu pour être le De operibus trium dierum (PL. CLXXVI, Col. 812-838). C'est un traité de méditation sur les choses visibles, ce qui permet d'atteindre aux choses divines, invisibles.
Conclusion Le Didascalicon est un ouvrage destiné aux étudiants pour préparer à l'étude de la philosophie et la théologie. Il enseigne tout ce qui est nécessaire. Hugues a tenté de réaliser son projet à partir des sources accessibles comme Boèce, Cassiodore, Isidore de Séville et surtout Saint Augustin. Selon B. Smalley, il y aurait même tenté une refonte complète du De doctrina christiana de l'évêque d'Hippone B. Smalley, The Study of the Bible in the Middle Age, Oxford, 1984, p. 86.. Ses connaissances encyclopédiques y sont remarquables, en dépit des manques ou imperfections propres à l'époque et l'ouvrage marque la scolastique médiévale.
Un autre ouvrage l' Epitoma in philosophiam (ou Epitome Dindimi in philosophiam) est une sorte de résumé des parties philosophiques du Disdascalicon, tout en les remaniant.
Notes et références
Manuscrits Paris, Bibliothèque nationale de France, Ms. Latin 15256 ().
Éditions Didascalicon. De studio legendi. A critical Text, éd. Charles H. Buttimer, « Studies in Medieval and Renaissance Latin » (10), Washington, 1939. Didascalicon. L'art de lire, introduction, traduction et notes par Michel Lemoine, Paris, Cerf, 1969 rééd. 1991, 248 p.
Liens externes
Patrologie latine CLXXVI, Col. 739-812 La répartition des domaines du savoir selon le Didascalicon Didascalicon, Hugues de Saint-Victor, Paris fin XII- début XIII. Ms. BNF.
Catégorie:Ouvrage théologique chrétien