Un coteaux-du-giennois est un vin français d'appellation d'origine contrôlée produit de Gien à Cosne-Cours-sur-Loire, à la limite entre les départements du Loiret au nord et de la Nièvre au sud.
L'appellation, obtenue en 1998, se situe dans l'ancienne province de l'Orléanais, dans les régions naturelles du Giennois et de la Puisaye, à proximité des deux autres AOC viticoles du Loiret que sont les appellations orléans et orléans-cléry.
L'Orléanais, dont le coteaux-du-giennois, est associé au vignoble de la Touraine (parfois comme « vignoble limitrophe ») dans certains sites et ouvrages de référence, mais pas systématiquement.. Il appartient à la région viticole de la vallée de la Loire.
La surface de vignes représente 225 hectares (moyenne 2022-2024), avec comme cépages le sauvignon B pour les vins blancs et les gamay N et pinot noir N pour les vins rouges et rosés. Les vins rouges représentent environ 60 % de la production (moyenne 2022-2024), les blancs 30 % et les rosés 10 %.
Histoire La viticulture est mentionnée dans le Giennois et le Sancerrois dès le Bas Moyen Âge (notamment dans les écrits de Grégoire de Tours au )Chapitre « Un peu d'histoire », sur coteauxdugiennois-jcmellot.com.. La proximité avec plusieurs abbayes explique en partie son développement à partir du : bénédictins de l'abbaye de Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire et de l'abbaye de la Charité à La Charité-sur-Loire, ainsi que cisterciens de l'abbaye des Roches à Myennes. Elle fait partie du vignoble de l'Orléanais, qui fournit en vin la table royale et celles de l'aristocratie jusqu'au .
Gien-le-Vieux est possession de l'abbaye de Fleury, Gien fait partie du domaine royal à partir du , tandis que Cosne est une possession seigneuriale de l'évêque d'Auxerre, qui y possède un château équipé de cuves construit au .
L'appellation est reconnue par l'INAO comme appellation d'origine contrôlée par le décret du . Le décret du , publié au JORF du . augmente un peu les rendements maximum. Le cahier des charges a été modifié ensuite en , publié au JORF du ., puis en (règles de taille du pinot noir ; interdiction du désherbage chimique des tournières ; augmentation du titre de sucre et d'alcool ; abandon de la dérogation pour le sauvignon gris ; irrigation envisageable), homologué par l'arrêté du publié au JORF du . et (la dénomination complémentaire « Val de Loire » devient « Vin de Loire » ; modification de l'aire parcellaire), homologué par l'arrêté du publié au JORF du ..
Étymologie Le nom de « Giennois » est formé à partir du nom de la petite ville de Gien, déformation de son ancien nom Giemus.
Vignoble Aire d'appellation
Le coteaux-du-giennois est produit en France, dans les régions Centre-Val de Loire et Bourgogne, plus précisément à la limite entre les départements de la Nièvre et du Loiret. Le Giennois correspond à l'extrémité sud-ouest de la Puisaye, au bord de la Loire, avec le Sancerrois plus au sud sur l'autre rive.
Le vignoble est situé sur les coteaux de la Loire de Gien au nord à Cosne-sur-Loire au sud, sur la rive droite (mis à part la commune de Beaulieu-sur-Loire, sur la rive gauche) le long de la nationale 7. Il couvre environ (moyenne 2022-2024).
Le vignoble s'étend sur quatorze communes : six dans le Loiret : Beaulieu-sur-Loire, Bonny-sur-Loire, Gien, Briare-le-Canal, Ousson-sur-Loire et Thou ; huit dans la Nièvre : Alligny-Cosne, La Celle-sur-Loire, Cosne-Cours-sur-Loire, Myennes, Neuvy-sur-Loire, Pougny, Saint-Loup et Saint-Père.
Géologie et orographie Le Giennois est un rebord de plateau se raccordant aux collines du Sancerrois, le tout correspondant à des roches du Crétacé au nord et du Jurassique au sud de l'aire d'appellation. Ces couches sont entaillées par la fosse tectonique de la Loire, qui a recouvert sa vallée mais aussi les plateaux d'alluvions descendues du Massif central pendant tout le Cénozoïque.
Les parcelles exploitées les plus au nord, sur la commune de Briare (près du hameau de La Thiau, en bordure de la route D 952), sont plantées au-dessus d'une couche de craie datant du Cénomanien (milieu du Crétacé)Notice de la carte BRGM (Gien)..
À Myennes, les parcelles cultivées (au lieu-dit le Chétif Bois, en bordure de la tranchée de l'autoroute A 77) sont sur un lambeau de poudingue de Gien (équivalent au poudingue de Nemours) datant de l'Yprésien (Éocène inférieur). Cette formation d'origine fluviatile est composée de galets de silex roulés, de sables et d'argiles, le tout déposé par la paléo-Loire.
Enfin à l'est de Cosne-Cours-sur-Loire, sur la commune de Saint-Père, les vignes sont sur la formation des calcaires du Barrois datant du Tithonien et des marnes à Nanogyra virgula du Kimméridgien (on passe des uns aux autres progressivement), le tout recouvert de colluvions (argiles et galets de silex)Notice de la carte BRGM 464 (Cosne-sur-Loire, disponible sur infoterre.brgm.fr..
Climatologie
C'est un climat tempéré d'influence océanique dégradé par celle continental. Pour l'ensoleillement, la station météorologique de Nevers-Marzy indique sur la période 1991-2020 une moyenne de par an.. Pour les températures et précipitations, celle de Léré (à d'altitude : ). fournit les moyennes suivantes :
thumb|Vigne isolée entre Gien et Briare.
Encépagement Les cépages sont le seul sauvignon BLe code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. . pour les vins blancs, le pinot noir N et le gamay N pour les vins rouges et les vins rosés.
La proportion de chacun des deux cépages (le gamay N et le pinot noir N), ne peut être supérieure à 80 % de l'encépagement pour les vins rouges et les vins rosés; ces vins sont donc issus d'un assemblage entre ces deux cépages.
Méthodes culturales Travail manuel Ce travail commence par la taille, soit en taille guyot simple (c'est le système le plus répandu dans l'appellationFiche INAO, disponible sur inao.gouv.fr.), avec un maximum de 10 yeux francs par pied (8 pour le gamay) dont 8 yeux francs maximum sur le long bois, et un ou deux coursons à 2 yeux francs maximum, soit en taille cordon de Royat, avec un maximum de 12 yeux francs par pied (10 pour le gamay), une charpente simple ou double, portant des coursons à 2 yeux francs maximum.
Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations ou éventuellement des plantations de greffes. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendementsConduite et gestion de l'exploitation agricole, cours de viticulture du lycée viticole de Beaune (1999-2001), Baccalauréat professionnel option viticulture-œnologie.. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. Pour finir avec le travail manuel à la vigne, se réalise l'étape importante des vendanges.
Travail mécanique L'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments ; de trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants ; de labourage ou « griffage », réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes ; de désherbage ; de plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (dues à des champignons : mildiou, oïdium et pourriture grise) ; de plusieurs rognages consistant à « reciper » ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage ; des vendanges mécaniques se réalisant avec une machine à vendanger ou une tête de récolte montée sur un enjambeur.
Rendements Le rendement est limité à 59 hectolitres par hectare pour le vin rouge, 63 hectolitres par hectare en vin rosé et 65 hectolitres par hectare en vin blanc. Le rendement butoir permet de monter jusqu'à 69 hectolitres par hectare en rouge ou rosé, et à 75 hectolitres par hectare en blanc.
Vins
Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont : Année coteaux-du-giennois blanccoteaux-du-giennois rougecoteaux-du-giennois rosé superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)2022 144 53 64 44 14 694 492023 145 62 67 50 12 633 542024 153 22 63 19 13 345 26
Les rendements faibles de 2024 sont dus à une attaque de mildiou, en lien avec un été très pluvieux.
Vinification et élevage Les vins rouges et rosés ne peuvent être issus d'un seul cépage, ce sont obligatoirement des assemblages de pinot noir N et de gamay N (au minimum 20 %). Toute technique de thermotraitement de la vendange et la thermovinification sont interdites. L'utilisation de morceaux de bois de chêne est interdite.
En rouge
La récolte des raisins se fait à maturité et de façon manuelle ou mécanique. La vendange manuelle est parfois triée, soit à la vigne soit à la cave avec une table de tri, ce qui permet d'enlever les grappes pourries ou insuffisamment mûres. La vendange manuelle est généralement éraflée puis mise en cuve.
Une macération pré-fermentaire à froid est quelquefois pratiquée. La fermentation alcoolique peut démarrer, le plus souvent après un levurage. Commence alors le travail d'extraction des polyphénols (tanins, anthocyanes) et autres éléments du raisin. L'extraction se faisait par pigeage, opération qui consiste à enfoncer le chapeau de marc dans le jus en fermentation. Plus couramment, l'extraction est conduite aussi par des remontages, opération qui consiste à pomper le jus depuis le bas de la cuve pour arroser le chapeau de marc et ainsi lessiver les composants qualitatifs du raisin.
Les températures de fermentation alcoolique peuvent être plus ou moins élevées, avec une moyenne générale de 28 à 35 °C au maximum de la fermentation. La chaptalisation est réalisée si le degré naturel est insuffisant : cette pratique est réglementée. À l'issue de la fermentation alcoolique suit l'opération de décuvage qui donne le vin de goutte et le vin de presse. La fermentation malolactique se déroule après mais est dépendante de la température. Le vin est soutiré et mis en fût ou cuve pour son élevage. L'élevage se poursuit jusqu'au au plus tôt, puis le vin est collé, filtré et mis en bouteilles.
En rosé
La vendange est manuelle ou mécanique. Deux méthodes sont utilisées avec soit le pressurage (rosé de pressurage), soit une mise en cuve de la vendange pour un début de macération : c'est la saignée (rosé de saignée), effectuée avec le tirage du jus de la cuve. La fermentation alcoolique se passe en cuve comme pour le blanc avec suivi de température, chaptalisation, etc. La fermentation malolactique suit généralement. L'élevage se passe en cuve, parfois en fût. Enfin, le vin est filtré et mis en bouteille.
En blanc
thumb|Pressoir pneumatique servant au pressurage. Comme pour le rouge, la vendange est manuelle ou mécanique et peut être triée. Les raisins sont ensuite transférés dans un pressoir pour le pressurage. Une fois le moût en cuve, le débourbage est pratiqué généralement après un enzymage. À ce stade, une stabulation préfermentaire à froid (environ 10 à 12 degrés pendant plusieurs jours) peut être recherchée pour favoriser l'extraction des arômes. Mais le plus souvent, après 12 à 48 heures, le jus clair est soutiré et mis à fermenter. La fermentation alcoolique se déroule avec un suivi tout particulier pour les températures qui doivent rester à peu près stables (18 à 24 degrés Celsius). La chaptalisation est aussi pratiquée pour augmenter le titre alcoométrique volumique si nécessaire. La fermentation malolactique puis l'élevage sont réalisés en fûts ou en cuves. À la fin, la filtration du vin est pratiquée pour rendre les vins plus limpides. La mise en bouteille clôture l'opération.
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