Yvré-le-Pôlin est une commune française, située dans le département de la Sarthe en région des Pays de la Loire, peuplée de Population municipale ..
La commune fait partie de la province historique du Maine, et se situe dans le Haut-Maine (Maine blanc).
Géographie Localisation Située dans la vallée du Loir, les ruisseaux le Casseau et le Fessard y prennent leurs sources. Le point culminant d'Yvré-le-Pôlin est à d'altitude et se situe au lieu-dit la Bruyère. Yvré-le-Pôlin forme, avec Parigné-le-Pôlin, commune limitrophe, un petit pays appelé Paulinais, situé au centre d'un rectangle formé par Écommoy, Pontvallain, Malicorne-sur-Sarthe et La Suze-sur-Sarthe.
Traversé par la route départementale 32 (D 32), Yvré-le-Pôlin est accessible depuis Le Mans () par la D 323 (anciennement N 23) direction Angers, puis la D 32 direction Écommoy ().
Yvré-le-Pôlin est situé sur une petite colline. L'altitude du village est entre et , rue du 11-Novembre (rue principale), de , avenue des Grillons et l'église est à Repères de nivellement géodésique IGN. La commune s'étend sur hectares. Son sol est soit argilo-calcaire, soit argilo-sableux ou crayeux. Il permet la culture de céréales, pommes et de vignes ; ces dernières ont cependant pratiquement disparues.
La commune est arrosée de trois ruisseaux : Le Fessard, qui prend sa source au lieu-dit la Gravelle, coule vers l'ouest. Il arrose Oizé, Cérans-Foulletourte avant de se jeter dans la Sarthe en amont de Roézé-sur-Sarthe. Le Casseau (également nommé Bruyère, ou Courcelles, ou Noché, ou encore Virfolet), qui prend sa source au lieu-dit Longrais, passe près de l'ancien presbytère avant de se diriger vers le sud. Il entre à Requeil un peu avant le Moulin de Courcelles, il traverse le plan d'eau de Mansigné et rejoint l'Aune à Venevelles (l'Aune se jette dans le Loir à Luché-Pringé). Le ruisseau des Fillières qui prend sa source à Saint-Ouen-en-Belin, assure au nord-est de la commune la limite entre Yvré-le-Pôlin et Saint-Gervais-en-Belin. Il rejoint, au nord de Guécélard, le Rhonne qui lui-même se jette dans la Sarthe.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs, Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation () et un été peu pluvieux.. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Luché-Pringé à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Yvré-le-Pôlin est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs, la commune fait partie de l'aire d'attraction du Mans, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (54,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (55 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (43,1 %), terres arables (24,5 %), prairies (20 %), zones agricoles hétérogènes (8,1 %), zones urbanisées (2,8 %), cultures permanentes (1,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports Le village fut desservi par le train à vapeur des Tramways de la Sarthe et plus particulièrement par la ligne Le Mans - Mayet du second réseau. La construction de ce second réseau a débuté en 1893, les trois lignes furent ouvertes entre 1895 et 1898, pour finalement disparaître totalement en 1947. D'une distance de , la ligne Le Mans - Mayet était un véritable tortillard où l'on comptait six stations en , sans tenir compte des arrêts facultatifs..
Il ne reste plus aujourd'hui que la gare au lieu-dit qui en porte aujourd'hui le nom.
Toponymie
Le nom d'Yvré vient d'un mot celtique dont le type primitif est Eboriacus suivi de Ebriacus, Evriacus, Evreium en 1223, Ivré en 1660. En 1140, l'évêque Hugues de Saint-Calais fait mention de la paroisse de Ebriacum sev Ivriacum Paulini vel Polini. Ce Polini était une variante du grec Polos qui signifie Poulain.
Yvré, de même que Parigné, est appelé « le Pôlin » du nom de ses premiers seigneurs. Polin et Sevin (Poolinus et Servinus filius Poolini) figurent comme témoins dans une charte de 1106. Yvré-l'Évêque était quant à lui mentionné en 802 sous le vocable Eviriaco, puis de Ebriaco pour Yvré-le-Pôlin vers 1143..
Le gentilé est Paulinais.
Histoire Yvré-le-Pôlin était au et resta longtemps un lieu où l'on élevait des chevaux.
L'historique d'Yvré-le-Pôlin est étroitement liée avec la baronnie de la Bataillière, avec le prieuré de Château en l'Hermitage, avec les fiefs de Fessard (ou Fessart), de la Gravelle, de la Touche, de la Rondellière, de la Martinière et de Pezé le Grand.
La désignation des rues de la cité pavillonnaire de l’Évêché, au nord-ouest du bourg, montre l'attachement d'Yvré-le-Pôlin à son histoire en évoquant les personnages historiques suivant : Voisin-Boyer, premier mariage républicain de la commune, le ; Michel Roullier, premier maire de la commune de 1792 à 1793 ; Simon Chouteau, premier maître d'école de la commune, le ; Joseph Papigny, premier conseiller général du canton, élu le .
Période antique On connait peu de choses concernant le passé historique d'Yvré-le-Pôlin, cependant, il est possible de retrouver certains témoignages et certains documents historiques.
Au niveau des documents historiques, d'après Julien Rémy Pesche, une très belle céraunie en silex de de longueur sur de largeur à la base, trouvée en 1833 dans les vignes du lieu-dit le Ribert, à l'est du bourg, était conservée au musée archéologique du Mans..
En 1897, monsieur Roquet, instituteur à Saint-Gervais-en-Belin a trouvé une hache polie dans les murs de clôture de la ferme dite du Calvaire, sur le chemin du village..
De plus, en , un maillet considéré comme appartenant à l'ère préhistorique a été trouvé dans la haie d'une ferme, à l'entrée du bourg d'Yvré-le-Pôlin. Taillé dans une pierre dure, verdâtre, non polie, à grains assez fins, sorte de grès dont l'origine n'a pu être déterminée, a un poids de , une longueur de et une hauteur de . Ce dit maillet a été estimé comme peu commun et la préparation de sa perforation centrale a été estimée rare..
Aussi, des vestiges de voie romaine auraient été observés au lieu-dit la Chouanne, sur la limite est du village, le long de l'ancienne route du Mans au Lude, que sa transformation en chemin de grande communication (vraisemblablement la départementale D 307) aura probablement fait disparaître. Ces traces de voie romaine ont d'ailleurs aussi été retrouvées à Chateau-l'Hermitage, Luché-Pringé et Le Lude..
À partir du et avant la réorganisation départementale du , Yvré-le-Pôlin faisait partie du canton de Saint-Jean-de-la-Motte avec les communes de Cérans-Foulletourte, La Fontaine-Saint-Martin, Oizé, Pringé et Mareil. Le canton de Pontvallain, quant à lui, regroupait alors les communes de Luché, Mansigné, Requeil et Château-l'Hermitage. La composition actuelle du canton de Pontvallain est donc la même depuis le .
Le mardi , aux alentours de , monsieur Rouillard, vicaire, rapporte un tremblement de terre de deux secousses ressenti, aussi, à Neuvy-en-Champagne, Voivres-lès-le-Mans et Arçonnay.
Au cours du , des épidémies sévirent à plusieurs reprises sur la paroisse, faisant à chaque fois de nombreux morts. Celle de 1609, amenée par la disette, ne disparut que vers 1640. La rougeole, en 1642, et la dysenterie, en 1706 et 1769, furent aussi très mortelles.
Révolution française Les habitants du Paulinais semblent avoir peu souffert de la tourmente révolutionnaire de 1789 mais ont toutefois laissé le souvenir d'affrontements entre Républicains et Chouans. Par ailleurs, bien que la grande majorité des habitants de la commune semblait se ranger derrière les Républicains, tout comme Cérans, certains témoignages attestent Yvré-le-Pôlin comme étant le refuge de tous les Chouans du canton et soulignent sa réputation de « noyau » de la Chouannerie avec Mézeray, Saint-Jean-du-Bois et Luché..
A contrario, certains documents attestent du rassemblement de Républicains, notamment à Pontvallain, où l'église, utilisée comme refuge, aura été brûlée par les Chouans.
En 1791, les réquisitions, ordonnées par l'État, pour l'approvisionnement de l'armée et des magasins de tout ce qui lui était nécessaire, s’abattirent sur la commune. Ces réquisitions qui pénalisaient principalement les habitants des campagnes, produisaient partout une irritation très violente et amplifiaient l'exaspération de la population. Le (8 germinal), les Administrateurs du département créèrent un magasin d'avoine de 180 quintaux au chef-lieu du canton, qui était alors Saint-Jean-de-la-Motte. Ces 180 quintaux devaient alors servir « à la nourriture des chevaux de la nouvelle levée pris dans le canton » et la commune d'Yvré-le-Pôlin fut taxée de 30 quintaux (correspondant à environ ) (Saint-Jean-de-la-Motte fut taxé à fournir 40 quintaux, Cérans 30, Oizé 26, Mareil 25, La Fontaine-Saint-Martin 15 et Pringé 14)..
Aussi, en plus des réquisitions des grains, des chevaux et du bétail, les autres sujets de mécontentement furent l'obligation de livrer ses denrées, l'enrôlement plus ou moins forcé des fils des exploitations agricoles familiales et le montant de l'impôt qui finit par excéder celui exigé sous l'Ancien Régime.. Aussi, l'arrêt du commerce international, l'exil des grandes maisons nobles et la suppression des ordres religieux, dispensateurs d'aumônes, induiront un important chômage et donneront le coup de grâce à la fabrication des étamines, fleuron de l'industrie du département Sarthois.