Le Chat ganté (Felis lybica), ou Chat sauvage d'Afrique, est une espèce de mammifères carnivores de la famille des félidés. Ce petit chat sauvage se caractérise par sa fourrure grise sable, des rayures verticales pâles sur les côtés et autour de la face. Ce petit félin, que l’on croyait jusqu’à lors cantonné à l’Afrique et au Moyen-Orient, est également distribué en Asie occidentale et centrale, et est distribué au Rajasthan en Inde et au Xinjiang en Chine. Il habite une grande variété de milieux, allant des déserts aux savanes, en passant par les prairies et les zones boisées, allant des bosquets aux jungles.

Cette espèce est l'ancêtre du Chat domestique (F. catus). Certains individus ont été domestiqués il y a environ au Proche-Orient. Les hybrides interspécifiques entre les deux espèces sont communs lorsque leurs aire de répartitions se chevauchent.

Dénominations Nom scientifique valide : Felis lybica G. Forster, 1780 Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Chat ganté, Chat sauvage d'Afrique, Chat orné, Chat sauvage d'Asie, Chat cafre, Chat d'Afrique, Chat de Cafrerie, Chat forestier, Chat sauvage, Chat sauvage d'Égypte Noms vernaculaires (langage courant) : gat salvatge africà (catalan), kaffir

Taxonomie Histoire Felis lybica est le nom scientifique proposé en 1780 par Georg Forster, qui a basé sa description sur un spécimen de Gafsa sur la Côte de Barbarie qui avait la taille d'un chat domestique, mais une fourrure roussâtre, de courtes touffes de poils noirs sur les oreilles et une queue annelée.

Entre la fin du et le siècle, plusieurs naturalistes et conservateurs de muséum d'histoire naturelle ont décrit et proposé de nouveaux noms pour des holotypes de chats sauvages d'Afrique et du Proche-Orient, notamment :

Felis ocreata par Johann Friedrich Gmelin en 1791, basé sur la description d'un chat sauvage rencontré dans le nord de l'Éthiopie par James Bruce ; Felis cafra par Anselme Gaëtan Desmarest en 1822, basé sur deux peaux de chat sauvage du Cap-Oriental en Afrique du Sud ; Felis ocreata mellandi par Harold Schwann en 1904, basé sur deux peaux de chat sauvage du nord-est de la Rhodésie issues de la collection du Musée d'histoire naturelle de Londres ; Felis ocreata rubida, également par Schwann en 1904, d'après un crâne et une peau fauve d'un chat sauvage mâle du Congo belge ; Felis ocreata ugandae, également par Schwann en 1904, d'après un crâne et une peau gris-jaunâtre d'un mâle d'Ouganda ; Felis ocreata mauritana par Ángel Cabrera en 1906, d'après une peau de chat sauvage de la région de Mogador au Maroc ; Felis ocreata taitae par Edmund Heller en 1913, d'après un crâne et une peau de couleur claire d'une femelle de Voi dans le sud-est du Kenya ; Felis ocreata iraki par Robert Ernest Cheesman en 1920, d'après une peau gris pigeon nuancée de chamois saumonée du Koweït et un autre spécimen de couleur similaire provenant du Tigre ; Felis haussa par Oldfield Thomas et Martin Hinton en 1921, d'après un crâne et une peau de couleur sable d'un mâle des montagnes de l'Aïr au sud de Zinder ; Felis ocreata griselda et F. o. namaquana par Oldfield Thomas en 1926, d'après une peau pâle du sud de Benguela en Angola et une autre du Namaqualand en Namibie ; Felis lybica pyrrhus par Reginald Innes Pocock en 1944, d'après une série de dix peaux brun grisâtre de Benguela ; Felis lybica tristrami, également par Pocock en 1944, d'après une peau blanc chamoisé pâle d'une femelle adulte de la région de Moab en Palestine ; Felis lybica lowei, F. l. lynesi, F. l. foxi et F. l. brockmani, également par Pocock en 1944, d'après des peaux provenant respectivement du Djebel Marra (Darfour), du nord d'Al-Fashir, dans le Darfour, de l'État de Bauchi au Nigeria, et des montagnes Golis (nord de la Somalie) ; Felis silvestris gordoni par David Harrison en 1968, d'après un crâne et une peau rayée gris-brun très pâle d'une femelle de l'ouest de Sohar en Oman.

vignette|Répartition historique du complexe d'espèces « Felis silvestris » (le chat ganté est représenté en jaune, en orange et en violet). L'espèce Felis silvestris regroupait historiquement jusqu'à une vingtaine de sous-espèces. Une étude menée en 2007 a conduit au regroupement de ces divisions en six sous-espèces distinctes« The Near Eastern Origin of Cat Domestication », Science, 29 juin 2007. : Résumé. Auteurs : Carlos A. Driscoll et al.. À cette époque, le nom scientifique Felis silvestris désignait au sens large l'ensemble des « chats sauvages » (incluant le chat domestique, le chat orné, le chat de Biet ou le chat ganté), le chat forestier européen étant considéré comme la sous-espèce type : Felis silvestris silvestris.

Le genre Felis était alors représenté de la manière suivante (selon l'étude de 2007) :

Sous-espèces actuelles Depuis 2017, trois sous-espèces de chat sauvage d'Afrique sont reconnues comme des taxons valides : + Sous-espèces reconnues de Felis lybica Nom binominal, vernaculaire, auteur et image Description Répartition SynonymesF. l. lybicaChat de Libye(Forster, 1780)(espèce-type)150px|sans_cadre|gauchePetit chat aux longues pattes, au corps svelte et à la queue relativement longue. Pelage variant du brun-sable pâle au gris clair ou foncé, avec des taches ou rayures brunes sur le dos et les flancs, mais sans ligne dorsale. Les oreilles sont roussâtres à l'arrière. Poids : .200px|sans_cadre|centréF. ocreataF. haussaF. l. loweiF. l. lynesiF. l. cafraChat de la cafrerie(Desmarest, 1822)150px|sans_cadre|gauchePossède une ligne dorsale noirâtre et des pattes distinctement marquées de bandes noires transversales. L'arrière des pattes postérieures présente une fourrure d’une teinte fauve. Les oreilles sont pointues, roussâtre à brun-rouille derrière. Dimorphisme sexuel marqué : mâles de et femelles de .F. o. mellandiF. o. rubidaF. o. ugandaeF. o. griseldaF. l. ornataChat orné(Gray, 1832)150px|sans_cadre|gaucheSe distingue par de petites taches sombres éparpillées sur tout le corps plutôt que des rayures. Le corps est robuste et long par rapport au chat domestique. Les joues portent deux marques noires distinctes. Poids : pour les mâles et environ pour les femelles.F. o. irakiF. s. gordoniF. caudata

Phylogénie

L'analyse phylogénétique de l'ADN nucléaire d'échantillons de tissus de toutes les espèces de Félins a révélé que la radiation évolutive des espèces de cette famille a commencé en Asie au Miocène, il y a environ 14,45 à 8,38 millions d'années. L'analyse de l'ADN mitochondrial de toutes les espèces de félidés indique une radiation vers 16,76 à 6,46 millions d'années.

Le chat ganté fait partie d'une lignée évolutive qui aurait divergé génétiquement de l'ancêtre commun des espèces du genre Felis il y a environ 2,16 à 0,89 million d'années, selon l'ADN nucléaire. L'analyse de l'ADN mitochondrial indique une divergence vers 4,21 à 0,02 million d'années. Les deux modèles s'accordent sur le fait que le chaus (F. chaus) a été la première espèce de Felis à diverger, suivie du Chat à pieds noirs (F. nigripes), du Chat des sables (F. margarita) et enfin du chat sauvage d'Afrique.

Les chats ganté et forestier descendent de Felis lunensis, qui habitait l'Europe durant le Pliocène et le Pléistocène. Les fossiles de chats sauvages ne se trouvent en Europe que jusqu'à la fin du Pléistocène, lorsqu'une forme précoce de chat sauvage de type steppe semble avoir divergé de la population européenne pour s'étendre rapidement au Moyen-Orient, suivie peu après par des expansions secondaires en Asie du Sud et au Moyen-Orient. Sur la base d'une étude de l'ADN mitochondrial de 979 chats domestiques et sauvages d'Europe, d'Asie et d'Afrique, on estime que le chat sauvage d'Afrique s'est séparé du chat sauvage européen il y a environ , le chat sauvage d'Afrique du Nord/Proche-Orient divergeant du chat orné et du chat sauvage d'Afrique australe il y a environ .

Il y a environ , certains chats sauvages d'Afrique ont été apprivoisés dans le Croissant fertile, devenant les ancêtres du chat domestique. Les chats domestiques descendent d'au moins cinq « Èves mitochondriales ». Les chats ganté ont également été domestiqués en Égypte antique. La lignée du chat domestique égyptien a commencé à se répandre dans le Bassin méditerranéen à partir du siècle av. J.-C. et est arrivée sur la côte de la mer Baltique au siècle apr. J.-C..

À Chypre, un chat ganté a été retrouvé dans un site funéraire à côté d'un squelette humain dans l'établissement du Néolithique précéramique B de Shillourokambos. On estime que les tombes ont été établies par des agriculteurs néolithiques il y a environ , et elles constituent la plus ancienne preuve connue d'une association étroite entre un chat et l'homme. Leur proximité indique que le chat pourrait avoir été apprivoisé ou domestiqué.

Les recherches génétiques indiquent que le chat sauvage d'Afrique a divergé génétiquement en trois clades il y a environ : le Chat de Libye, le Chat de la caferie et le Chat orné. Les chats gantés ont été domestiqués pour la première fois il y a environ au Proche-Orient, et sont les ancêtres du chat domestique (F. catus).

Une analyse moléculaire de 87 échantillons de chats du sud de l'Europe a révélé que les spécimens de Sardaigne forment un groupe génétique avec les échantillons de chat sauvage d'Afrique du Nord-Ouest ; le plus vieux chat de ce groupe date d'environ et a été trouvé sur un site archéologique près de Genoni.

Les chats domestiques et les chats ganté restent étroitement apparentés aujourd'hui ; les hybrides interspécifiques entre le chat domestique et le chat ganté sont courants et se produisent là où leurs aires de répartition se chevauchent.

Phylogénie basée sur l'ADN nucléaire L'analyse de l'ADN nucléaire montre la divergence des lignées au sein du genre Felis :

Phylogénie basée sur l'ADN mitochondrial Cette analyse détaille les relations de parenté plus récentes entre les sous-espèces :

Description vignette|Illustration d'un chat ganté dans Zoology of Egypt (1898). vignette|redresse|Illustration d'un crâne de chat ganté.

Le pelage du chat ganté est d'un gris sable clair, tirant parfois sur le jaune pâle ou le roux, mais il est presque blanchâtre sur le ventre et la gorge. Les oreilles possèdent de petits pinceaux de poils de couleur rousse à grise, avec de longs poils jaune clair autour du pavillon. Les rayures sur la face sont de couleur ocre foncé à noir : deux s'étendent horizontalement sur la joue, du coin externe de l'œil jusqu'à la mâchoire ; une plus petite va du coin interne de l'œil jusqu'au rhinarium, et quatre à six font le tour de la gorge. Deux anneaux sombres encerclent les pattes antérieures, tandis que les pattes postérieures sont rayées. Une bande sombre court le long du dos, alors que les flancs sont plus clairs. Des rayures verticales pâles sur les côtés se dissolvent souvent en taches. Sa queue présente deux à trois anneaux vers l'extrémité et se termine par une pointe noire. Le dessous de ses pieds est brun foncé à noir.

Les peaux de chats gantés mâles d'Afrique du Nord mesurent entre de longueur tête-corps, avec une queue de . Celles des femelles mesurent entre avec une queue de . Au Yémen, les mâles mesurent de de longueur tête-corps avec une queue de ; les femelles sont légèrement plus petites, mesurant de avec une queue de . Le poids des mâles comme des femelles varie entre .

Le chat ganté se distingue du chat forestier par des rayures peu marquées sur la nuque et les épaules, une ligne vertébrale moins nettement définie et par sa queue plus fine, cylindrique, moins touffue et plus effilée. Les oreilles sont normalement terminées par un petit pinceau de poils. Son pelage est plus court que celui du chat forestier, et il est considérablement plus petit. Répartition et habitat