La grotte du Tuc d'Audoubert est située sur la commune de Montesquieu-Avantès dans le terroir de Volvestre (nord du Couserans), dans le département de l'Ariège, dans les piémonts des Pyrénées, en région Occitanie, France.

C'est une grotte en partie habitée mais surtout un sanctuaire du Magdalénien (Paléolithique supérieur), qui a livré le très célèbre « groupe statuaire des bisons d'argile » (environ avant le présent), de nombreuses empreintes de pieds dans l'argile du sol, un important art pariétal avec un grand nombre de gravures et peintures, en sus d'outils lithiques et d'ossements d'animaux.

Elle fait partie du réseau karstique des grottes du Volp, site classé incluant la grotte des Trois-Frères et son iconique « chamane dansant » ; et la grotte d'Enlène, une des plus riches grottes des Pyrénées ariégeoises en mobilier magdalénien avec notamment de nombreuses plaquettes gravées.

Ces trois grottes font partie du réseau de grottes ornées de la chaîne pyrénéo-cantabrique et sont fermées au public.

Toponymie La grotte prend son nom du hameau d'Audoubert à moins de au nordCarte interactive sur Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet "Accéder aux outils cartographiques" (petite clé à molette) sous l'onglet "sélection de couches"..

Histoire récente Découverte des œuvres pariétales et vestiges archéologiques Avec son porche béant d'où s'écoule le Volp, l'existence de la grotte ne peut être ignorée. Elle est mentionnée fin du ou début .. Mais elle n'a jamais été explorée scientifiquement.

Henri Bégouën et sa famille habitent depuis 1892 aux Espas à au sud du Tuc d'Audoubert, .. Sa femme et sa fille étant décédées en 1902, Henri est proche de ses trois enfants.. En , Max, Jacques et Louis ont respectivement 19, 17 et 16 ans, . et leur père Henri . Aux vacances de Pâques de cette année-làSur l'année de découverte de l'archéologie d'Enlène : donne 1911 pour année de visite du chantier de Piette au Mas d'Azil. De plus il dit () que Henri Bégouën et ses enfants visitent Enlène le lendemain de leur visite au Mas d'Azil. Or les trois frères découvrent l'archéologie d'Enlène et du Tuc en 1912, date donnée par tous les documents consultés (dont le journal de Louis à l'époque), sauf celui-ci (Bégouën 2004) et les documents qui l'ont copié. Cette visite au Mas d'Azil ne peut donc s'être déroulée qu'aux vacances de Pâques 1912. Par ailleurs on voit mal pour quelle raison des jeunes gens en bonne santé, sans événements familiaux marquants pour la période concernée, moyennement désœuvrés et ouvertement encouragés à l'exploration par leur père, auraient attendu quinze mois entre Pâques 1911 et l'été 1912 pour chercher une autre grotte qu'Enlène., Henri les emmène visiter le chantier de fouilles que dirige Édouard Piette au Mas d'Azil. Leur intérêt est doublement éveillé quand Max y trouve dans des déblais une dent de renne portant les marques d'une perforation.. Dès le lendemain, père et fils explorent Enlène, y découvrent fortuitement un beau propulseur, puis se voient interdire l'accès à la grotte par son propriétaire qui craint, dit-il, de voir se « dévaluer sa propriété », . (en en soustrayant des objets de valeur monétaire).. Aux vacances d'été, les jeunes cherchent donc une autre grotte et décident d'explorer le Tuc le : journal de Louis Bégouën du 16 au 22 juillet 1912 (transcription) ; p. 14-15 : photo de ce journal pour la page du 21 au 24 juillet.. Ils fabriquent un esquif et, le jour dit, pénètrent dans la grotte. Dès ce premier jour, les premières gravures pariétales sont repérées.

L'accès à certaines salles a nécessité de briser des colonnades et des stalactites et d'élargir une chatière..

Les bisons d'argile sont découverts le Le laps de temps entre la découverte des premières œuvres pariétales le 16 juillet et celle des bisons d'argile le 10 octobre est probablement dû à l'absence des trois jeunes gens pour cause de scolarité. (à midi et quart !).. L'abbé Breuil, alerté par lettre, arrive aux Espas le . Émile Cartailhac, prévenu par lettre (?) et par télégramme., arrive le lendemain ; la visite commune se fait le lundi , huit jours après la découverte. Noter l'erreur de date pour le jour même de la découverte du Tuc, ici donnée pour le 12 juillet 1912. Le journal de Louis Bégouën, contemporain au jour le jour de la période de la découverte, indique clairement le 16 juillet (voir )..

Le « petit bison » (voir plus bas la section « Les bisons d'argile ») est découvert par Cartailhac le jour de sa première visite le .

Les premières mesures conservatoires : des innovations salvatrices

En 1912, la grotte appartient à la commune, dont Henri Bégouën est le maire à l'époque. Or les Bégouën ont eu une mauvaise expérience lors de la récente découverte d'archéologie à la grotte d'Enlène : après qu'ils y aient trouvé le premier propulseur, son propriétaire en a interdit l'accès à tout le monde (voir l’article « Grotte d'Enlène », section « Histoire récente »). Henri Bégouën prend donc les devants pour le Tuc d'Audoubert : juste après la première visite et la découverte des premiers vestiges archéologiques au Tuc, avant même la découverte du groupe statuaire des bisons d'argile, en tant que maire agissant au nom de la commune, il loue la grotte du Tuc à Émile Cartailhac en tant que délégué du ministère de l'Instruction publique pour les monuments historiques.. Quelques difficultés s'élèvent lors de la découverte des bisons d'argile, qualifiés de « trésor » artistique, ce qui induit les Montesquivais à penser qu'un trésor monétaire - leur héritage commun - risque de leur être dérobé ; le problème est résolu grâce au petit bison (détails ci-dessous dans la section « Les bisons d'argile », paragraphe « Le petit bison »).

L'amitié avec Cartailhac s'avère décisive pour la conservation de la grotte. Sur ses conseils, Henri Bégouën prend des mesures inhabituelles qui vont à contresens des habitudes de l'époque : limitation stricte des visites réservées à quelques scientifiques triés sur le volet, cheminement unique pour protéger le sol de la grotte., balisage et protection des sols à empreintes, pas d'aménagement du site et refus de toute exploitation pécuniaire. Fait absolument exceptionnel pour l'époque, la très grande majorité du mobilier archéologique est laissée en place.. Encore aujourd'hui, la grotte est fermée au grand public.

Les fouilles

Émile Cartailhac est donc le premier à mener des fouilles scientifiques dans le site. D'autres recherches sont menées par la suite par l’abbé Breuil, Jean Clottes et enfin Henri Rouzaud.

Les recherches reprennent en 1992, peu après la fin des quinze ans de recherches sur la grotte d'Enlène.. L'étude du site n'est pas achevée. De nouvelles recherches ont été entreprises en 2004. Une monographie sur la grotte a été publiée en 2009..

Description thumb|260px|Entrée de la grotte et résurgence du Volp.

Le Tuc d'Audoubert est la plus profonde des trois grottes du Volp. Elle n'est connectée ni à Enlène ni aux Trois Frères, les deux autres grottes du réseau (carte annotée).. Son accès n'est possible que par le lit de la rivière Volp et uniquement lorsque le niveau de l'eau est bas.

Le réseau est composé de trois niveaux de galeries (Plan labellisé de la grotte et explication des trois galeries du Tuc d'Audoubert)..

Le réseau supérieur Accessible par une cheminée de de diamètre, ce réseau mesure de longueur depuis l'aplomb du porche d'entrée jusqu'au fond du diverticule final.. La majeure partie de cette longueur est un long couloir qui s'étend sur environ , avec de l'art pariétal en divers endroits jusqu'au « plafond des Bisons » peu après le laminoir. Inclut un plan de la grotte montrant l'emplacement des gravures et peintures et leur nombre à chaque location.. Il présente également des vestiges de fréquentation préhistorique.

Ce niveau inclut, dans l'ordre de rencontre à partir de l'entrée par la cheminée : Le passage de la Biche Le passage des Monstres

Ce passage porte les figures de deux animaux fantastiques. Avant la chatière se trouvent aussi un bison et un cheval, emplacement précis non indiqué.

Une chatière Un laminoir Le plafond des Bisons Ce plafond porte un bison entremêlé à des tracés non figuratifs, et un panneau de tracés réalisés au doigt dits « macaronis ». Le couloir dans la prolongation du plafond des Bisons n’est pas décoré ; les décorations reprennent seulement au fond, dans la salle des Bisons d'argile. La salle des Lacis La galerie Cartailhac La galerie des Effondrements La galerie des Empreintes La salle des Talons (voir plus bas) La salle des Bisons au bout Nommée d'après le fameux groupe statuaire des bisons en argile, cette salle est à quelques mètres à peine du fond de la grotte des Trois-Frères, mais la communication avec cette grotte n'est pas démontrée.

Le réseau médian

il comprend des galeries décorées parmi les lieux suivants : La salle Nuptiale De cette salle très chargée de concrétions partent plusieurs galeries, et une cheminée qui mène au niveau supérieur ; cette cheminée porte des tracés gravés indéterminés. Au fond s'ouvre une galerie qui mène vers le niveau inférieur, ornée d'un cheval gravé, de tracés indéterminés, et d'un masque anthropomorphe exécuté sur un relief naturel.

La galerie des Gravures À gauche de l'entrée de la salle Nuptiale, cette galerie est ornée de nombreuses figures, principalement sur la paroi droite : bisons, chevaux, félin, renne, claviformes. Elle contient aussi des traces rouges et un dépôt d'ocre.

Le diverticule des Claviformes Elle se trouve à gauche de la galerie menant au niveau inférieur. Elle abrite deux bisons gravés et une figure de cheval associée à de nombreux claviformes.

La galerie du Bouquetin

La salle du Cheval rouge

Ce niveau médian a abrité des campements saisonniers (voir plus bas la section « Fréquentation au Paléolithique »).

Le réseau inférieur Il correspond au cours souterrain du Volp. Il comprend quelques lieux notables : Le Balcon Le diverticule du siphon Siphon aval En amont du siphon aval, le réseau hydrographique participe de la grotte d'Enlène.

Les peintures et les gravures thumb|Tête de renne gravée sur une paroi

Le bestiaire, quelques chiffres On compte 371 figures dans l'ensemble de la grotte. Certaines, difficiles d'accès ou peu visibles, ont été repérées tardivement, notamment à travers des relevés photographiques.. 103 représentations d'animaux se répartissent en 11 espèces animales différentes, dont 41 bisons et 16 chevaux mais aussi des bouquetins, biches, rennes, lions, ours et serpents. Les bisons de la grotte du Tuc sont représentés en couples à cinq reprises.

Créatures irréelles Outre les animaux, neuf créatures irréelles ont été identifiées. Cette catégorie est ici notablement plus nombreuse que dans les autres grottes ornées du Paléolithique supérieur. Les humains sont représentés par un masque anthropomorphe et une figuration de vulve. Les autres figures sont essentiellement des signes, en majorité des claviformes alignés en séries. Les trois quarts de ces signes sont réalisés par gravure.

Style et thèmes homogènes L'ensemble des figures présente une homogénéité stylistique et thématique (couples de bisons, signes claviformes) et il y a une continuité spatiale entre le réseau médian et le réseau supérieur puisque l'on trouve des dessins dans la cheminée reliant les deux réseaux.

Comparaisons avec d'autres grottes