Martin Melkonian est un écrivain français né le à Paris. Il fait paraître son premier livre, Le MiniaturisteÉditions du Seuil, réédité chez Parenthèses en 2006., en 1984. De 1970 à 2010, Martin Melkonian a fait carrière dans l’édition (de correcteur d’épreuves à secrétaire général, en passant par les postes de responsable d’un service des manuscrits, de conseiller littéraire-archiviste et de directeur artistique). Il fut durant six ans collaborateur de Jean Malaurie pour la collection Terre humaine, chez Plon, et dirigea une collection d’essais et de littérature classique, L’Ancien et le Nouveau, chez Armand Colin. Il devint, un temps, critique littéraire, membre du Comité de rédaction de La Quinzaine littéraire.
De 1982 à nos jours, Martin Melkonian a construit une œuvre d’écrivain poète. Le récit, l’essai, le journal intime, les fragments poétiques et les aphorismes sont ses genres littéraires de prédilection. Le « je » de l’histoire individuelle s’y déploie tout en se faisant l’écho du génocide des Arméniens de l’Empire ottoman. Parmi de nombreuses publications où se signale la singularité d’un regard, on retiendra : Le Miniaturiste, initialement paru au Seuil, réédité en 2006 chez Parenthèses ; Arménienne, paru en 2012 chez Maurice Nadeau. Offrant toujours des perspectives originales tant sur les œuvres que sur les artistes, il s’est intéressé en particulier à Roland Barthes, Clara Haskil, Edward Hopper, Gustave Flaubert et Stéphane Mallarmé.
En contrepoint aux genres littéraires de prédilection évoqués, le journal intime, véritable soubassement actif de l’œuvre en cours et lieu par excellence de l’écriture fragmentaire, lui a inspiré un ensemble de notations poético-philosophiques parues dans plusieurs recueils, à savoir, chronologiquement : Minimes, Traces de secours, Une valise à papillons, Diaspores, Résident aux confins. Il s’est alors agi pour Martin Melkonian de mettre au jour une pensée nourrie par l’exercice de son travail d’écriture, travail d’écriture lui-même nourri par son propre vécu, ce qu’au demeurant il appelle, dans Le Témoin d’argile, « faire force d’univers ». Précisément, page 93 de ce cinquième volume publié du journal intime, de cet « échantillon de jours » (« specimen days »), selon la formule heureuse de Walt Whitman, on peut lire, en date du : « Faire force d’univers : ouvrir des fenêtres dans le monde bétonné des discours. »
À l’occasion d’une interview donnée en 2016 aux Nouvelles d’Arménie Magazine, il déclare : « L’écriture est pour moi, comme la lecture, un espace de liberté imprenable, non récupérable par une idéologie, un groupe. »
Parallèlement, Martin Melkonian est peintre calligraphe.
Bibliographie
Récits Le Miniaturiste, Seuil, 1984 ; prix Thyde Monnier de la Société des gens de lettres, 1985 ; nouvelle édition : Parenthèses, 2006 Désobéir, Seuil, 1986 Loin du Ritz, Seuil, 1988 Le Camériste et autres récits, Maurice Nadeau, 1991 Les Marches du Sacré-Cœur, Le Bois d’Orion, 1995 « La Main du témoin », in Ruptures. Moments de vérité (en collaboration avec Véronique Chauveau), Autrement, 2003 Un petit héros de papier, Le Félin, 2007 Arménienne, Maurice Nadeau, 2012
Journaux intimes « Au bord de moi » [Journal sans datations], in Le Camériste et autres récits, Maurice Nadeau, 1991 Monsieur Cristal. Journal 1977-1982, Le Bois d’Orion, 1997 Le Clairparlant. Journal 1997-1998, Le Bois d’Orion, 2000 vignette|265x265px|Martin Melkonian, Le Petit Prince mutilé, encre de Chine et acrylique sur Bristol, 2016.Les mots pour jouir [Journal 1999-2003], Intervalles, 2007 Maison exquise [Journal juillet-], La Feuille de thé, 2012 Le Témoin d'argile [Journal complet des années 1999 à 2003], préface d'Yves Chemla, La Feuille de thé, 2016
Fictions Département des nains, Séguier, 1988 « Le Camériste » et « Chez les hommes-ciseaux », in Le Camériste et autres récits, Maurice Nadeau, 1991 Conversations au bord du vide, éditions d’écarts, 2004 Edward Hopper luttant contre la cécité, éditions d’écarts, 2005 Les Corps introuvables, éditions d’écarts, 2006
Essais Le Magasin des troubles ou De la boulimie et de la privation, Séguier/Archimbaud, 1988 ; nouvelle édition : De la boulimie et de la privation ou Le Magasin des troubles, Armand Colin, 1993 Le Corps couché de Roland Barthes, Séguier, 1989 ; nouvelle édition : Armand Colin, 1993 Clara Haskil, portrait, Josette Lyon, 1995 ; article « Clara Haskil ou le sentiment musical », in Symphonia, n° 14, février- Ruptures. Moments de vérité (en collaboration avec Véronique Chauveau), Autrement, 2003 ; textes inclus, parmi d'autres : « Perdition programmée » et « La main du témoin » Préface à La Politique du Sultan de Victor Bérard, coll. Les Marches du temps dirigée par Bernard Condominas, Le Félin, 2005 ; nouvelle édition revue et corrigée dans la collection Le Félin Poche, 2026 ; titre de la préface : « Le Joujou Arménie »
Sur la photographie, la gravure et la peinture La Mésoamérique (avec Robert van der Hilst, photographe), Double Page/Nathan, 1981 Cuba-Caraïbe (avec Robert van der Hilst, photographe), Galerie municipale du Château d’eau, Toulouse, . Pèlerinages tibétains : le goût du sacré (avec Pierre Crié, photographe), Autrement, 2004 Ils sont assis (avec Max Sivaslian, photographe), Parenthèses, 2006 Détournement de felos/Desvío de felos, bilingue français/espagnol (galicien), Saint-Jacques-de-Compostelle, éditions Amastra-N-Gallar, 2007 Mise à vue ou Comment la photographie de l’un engendre le texte de l’autre/Visualización ou Como a fotografía dun xera o texto doutro, bilingue français/espagnol (galicien), Saint-Jacques-de-Compostelle, éditions Amastra-N-Gallar, 2008 La Vérité des felos/A verdade dos felos, bilingue français/espagnol (galicien), Saint-Jacques-de-Compostelle, éditions Amastra-N-Gallar, 2009 L'Enfance du regard, éditions d'écarts, 2010 « Le monde est une vitrine » (avec Gaelle Redon, photographe), galerie ANA, Paris, mars- Un petit héros de carnaval/Un pequeno heroe de carnaval, bilingue français/espagnol (galicien), Saint-Jacques-de-Compostelle, éditions Amastra-N-Gallar, 2011 « L'été 2011 (pour toujours) » (avec Jacques du Sordet, photographe), agence-galerie ANA, Paris, novembre- « Fou d'Arménie » (avec Marc Baguelin, photographe), Maison arménienne de la jeunesse et de la culture de Marseille, - ; Maison Blanche (Mairie des 9e et ), 16-, Marseille « Le désert nous appartient » (avec Jean-Pierre Séférian, peintre-graveur), galerie L'Âne bleu, Marciac, 14- « Un geste dans le vide » pour l'exposition de peinture de M.M., Calligraphies imaginaires, Maison des étudiants arméniens de la Cité internationale universitaire de Paris, - « Les photos-traces d'Armand Franjulien » in La librairie Samuelian. Une passion arménienne pour le livre et l'Orient d'Armand Franjulien, éditions Thaddée, 2015
Poésie et aphorismes
L'image rouge, Les Cahiers du Confluent, 1982 Un cahier pour se perdre, éditions d'écarts, 2010 Mallarmé~Melkonian, fiction de l'absence, éditions d'écarts, 2013 Minimes, La Feuille de thé, 2013 Traces de secours, La Feuille de thé, 2014 Une valise à papillons, La Feuille de thé, 2018 Arménie noire, Arménie blanche en quintilingue : français ; italien (traduction de Gérard Malkassian) ; anglais (traduction de Greg Kerr) ; espagnol/Galice (traduction d'Emilio Araúxo) ; arménien occidental (traduction de Rosine Boyadjian-Malkassian et Gérard Malkassian), L'Harmattan, 2021 Diaspores, L'Harmattan, 2022 Résident aux confins, L'Harmattan, 2023 Arménie noire, Arménie blanche, édition revue et augmentée, en sept langues : français ; italien (traduction de Gérard Malkassian) ; anglais (traduction de Greg Kerr) ; espagnol/Galice (traduction d'Emilio Araúxo) ; arménien occidental (traduction de Rosine Boyadjian-Malkassian et Gérard Malkassian ; allemand (traduction de Sigrid Marz) ; grec (traduction de Despina Stassinopoulou), avec, entre autres annexes, le poème « Je construis./Tu détruis » également en sept langues. L'Harmattan, 2025vignette|424x424px|Martin Melkonian, Allant vers vous, encre de Chine sur papier de riz, 1995.
Livre d'artiste Arménie noire, Arménie blanche (avec Sarah Wiame, peintre), éditions Céphéides, 2016
Traductions et établissements de textes Sandro Penna, Là où vivait le peuple, Les Cahiers du Confluent, 1982 Han Shan, Montagne froide, Passage, 1982 ; deuxième édition : Rudra éditions/Lexis numérique, 1995 ; troisième édition : Fourbis, 1996 Établissement du texte et présentation de Le temps d'une poignée de main de Stéphane Mallarmé, éditions À dos d'âne, 2015 Établissement du texte, présentation et notes de Une cure d'apaisement (Lettres à Marie-Sophie Leroyer de Chantepie) de Gustave Flaubert, éditions À dos d'âne, 2017
Interview L'amoureux scintillant. Propos recueillis par Patrick Dubuis [de la revue Inverses], La Feuille de thé, 2015. Cette longue interview est suivie, entre autres, de L’Image rouge, Là où vivait le peuple et Pierrot & le cygne.
Expositions « Calligraphies imaginaires »
Médiathèque Raymond-Queneau de Juvisy-sur-Orge, du 3 au Musée muséum départemental des Hautes-Alpes, à Gap, du au Galerie Les Vergers de l’art, à Paris [exposition collective Pages et images d’écrivains-peintres, avec Tahar Ben Jelloun, Michel Butor, Hubert Haddad, Bernard Noël, Zoé Valdés…], Centre culturel de Neuilly-sur-Seine, du au Maison des étudiants arméniens de la Cité internationale universitaire de Paris, du au
Notes et références
Liens externes
Un petit héros de papier sur le site des Editions du Félin (présentation, table des matières, premier chapitre) Au sujet d’Arménie noire, Arménie blanche : Yves Chemla, « Regarder à contre-ciel », paru dans les pages littéraires de L’Orient Le Jour du
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