Ternant est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté.
Géographie Localisation Ternant est une commune du sud-est de la Nièvre dont le territoire a une frontière commune avec la Saône-et-Loire. La commune est située entre les monts du Morvan et la vallée de la Loire. Le climat est tempéré.
Hydrographie La rivière qui traverse la commune est la Cressonne. Elle se jette dans la Loire plus en aval, à Saint-Hilaire-Fontaine.
Géologie Ternant possède la particularité d'être une zone calcaire (datant majoritairement du Sinémurien) et marneuse (marnes du Trias) entre des zones sableuses du côté fleuve (ouest) et d'origine éruptive du côté du massif du Morvan (est). La terre y est très fertile. Le calcaire de Ternant sert encore aujourd'hui à la fabrication de la chaux grasse.
Communes limitrophes
Une description de Ternant en 1909 Louis Malvy, instituteur à Ternant au début du , a écrit cette description du village et de son château : « Perchée sur un petit monticule, la bourgade de Ternant se dresse, ainsi qu'une sentinelle avancée, semblant protéger les hauts sommets du Morvand nivernais (…). Que l'on vienne de Saint-Seine, de La Nocle ou de Bourbon, on monte, et si on continue sur Luzy, on arrive à Satenot, côte rapide et longue, qui fait dire aux gars de Râpourçon ( = Villapourçon) « Passé Ternant, ça tenôt » (…) Avec ses quelques petites rues étroites, ses maisons vieilles et délabrées couvertes en tuiles, et ses vingt hectares de vignes, (…) tout est vieux ici : vieilles maisons, vieux château, vieux remparts, vieilles histoires. C'est que Ternant a un passé très ancien ; on affirme qu'il a vu César et ses légions. Son vieux manoir féodal, avec sa double enceinte et ses remparts, (…) souvent réparé, le château des sires de Ternant avec sa toiture plusieurs fois abaissée et ses fenêtres Renaissance n'a plus aucun style. Nous avons pu reconstituer ainsi ses dépendances : le château proprement dit, le donjon (maison Perret), le pressoir (maison Chandelier), la ferme (maison du père Chopin), la prévôté (maison Néant), la chanoinerie (cure actuelle), le grenier à sel (maison Choquin), le four banal (maison en face Chandelier), etc. »Louis Malvy, Excursions à Ternant, "Mémoires de la Société académique du Nivernais", 1909, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k213823r/f221.image.r=Hiry.langFR.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Avrée à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Ternant est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (82,2 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (82,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (71,9 %), forêts (16,6 %), zones agricoles hétérogènes (8,9 %), terres arables (1,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Ternant (1336) ; Ternans (XIVe siècle) ; Thernant (1739)..
Le toponyme contient le gaulois nanto « vallée, rivière », le premier élément est considéré comme obscur par Albert Dauzat et Ernest Nègre. Selon Gérard Taverdet, qui s'appuie sur une forme trinanto rencontrée dans le Glossaire de Vienne, il signifierait trois, et Ternant serait donc « le confluent de trois rivières », ou encore un « lieu où on rencontre trois rivières ». Pierre GastalEnseignant, historien-géographe, spécialiste de langue gauloise et bon connaisseur de l'occitan. y voit dans le premier élément le gaulois turno, avec le sens particulier de « coteau qui fait barrière, qui délimite ». Pour Xavier Delamarre, son nom serait issu du gaulois , .
Histoire
Préhistoire et Antiquité Quelques traces d'habitat préhistorique existent à Ternant, en particulier dans une petite grotte proche de la rivière Cressonne ont été trouvés des restes de feu et une « assiette » datés du néolithique. Trois énormes mégalithes en granite (le gisement le plus proche est à une bonne vingtaine de kilomètres), apportés là par les hommes, se trouvent à proximité (traces d'un lieu de culte ?). Des pierres taillées en calcaire de Ternant, probablement de l'âge du fer, ont été récemment identifiées.
Ternant faisait partie du territoire éduen dont la capitale, Bibracte, n'était qu'à de là ; les légions de Jules César ont séjourné sur les bords de la Cressonne, peut-être à Hiry..
Moyen Âge La famille de Digoine construisit le château de Ternant. La grande Tour du château est achevée en 1285 par Guillaume de Digoine et un village médiéval se construit aux alentours : ce donjon est profondément remanié au .
La famille de Ternant (ou de la Motte-Ternant) On ne sait pas à quelle date les seigneurs locaux prirent le nom de Ternant, mais cette famille noble, implantée à Ternant (Nièvre) et La Motte-Ternant (Côte-d'Or) (peut-être aussi à Ternant (Côte-d'Or) à moins qu'il ne s'agisse d'une homonymie), a joué pendant trois siècles un rôle important en Bourgogne-Franche-Comté. Parmi les personnes connues : Guillaume, seigneur de Ternant, rend hommage au comte de Nevers Louis de Dampierre en 1285 pour « la grande cour de Ternant et les villes de Mulot, Salais (Savigny-Poil-Fol), Perrigny, Mézeray, Rigny, HiryL'ancienne paroisse d'Hiry fait désormais partie de la commune de Ternant (Nièvre), et quelques autres » ; Guy, sire de Ternant, en fait autant en 1310Lucien Gueneau, « Notes sur les seigneurs de Ternant avant le », Société Académique du Nivernais, cité par Louis Malvy, Excursions à Ternant, Mémoires de la Société académique du Nivernais, 1909 (en ligne).. Pierre de Ternant, archidiacre de Beaune en 1303. Jean de Ternant participe en 1340 au camp de Bouvines (ne pas confondre avec la bataille de Bouvines en 1214) dans l’host du comte Louis de Flandre. Othenin de Ternant, capitaine du château de Coiffy en 1361. Hugues, sieur de Ternant et de Limanton, sire de la Motte-Ternant, chevalier, tient en fief-lige en 1353 « la grande Tour de Ternant, avec la ville et appartenances (…), la ville de Tazilly , la ville de Chônay, la ville d'Hiry, la ville de Mulot, la ville de Salais (Savigny-Poil-Fol), la ville de Périgny, la ville de Rigny (Rémilly), la ville de Montfol, etc. »Louis Malvy, Excursions à Ternant, "Mémoires de la Société académique du Nivernais, 1909, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k213823r/f223.image.r=Hiry.langFR ; il est lieutenant du comte Louis II de Flandre en 1362 et gouverneur du Nivernais à la même date. En 1404, il fait élever à Savigny-Poil-Fol un gibet à quatre piliers. Jean de la Motte-Ternant est échanson du duc Philippe II de Bourgogne en 1392 Jean de la Motte-Ternant, conseiller du duc Philippe III de Bourgogne et envoyé à Lille en 1432 négocier au nom de ce dernier et qui est membre de la délégation qu'il envoie à Tours en 1435 le représenter lors du serment de respect du traité d'Arras.
vignette|redresse|Gilles Gobet, Philippe, seigneur de Ternant (1473), La Haye, Bibliothèque royale. Philippe de Ternant (1400-1456), frère du précédent, chevalier de la Toison d'or (voir ci-dessous), chambellan de Philippe le Bon, fut membre à partir de 1433 du "Grand Conseil" du duc de Bourgogne ; il reçoit en 1435 de Philippe le Bon (Philippe III de Bourgogne) la baronnie d'Apremont et la seigneurie de Gendrey. Philippe de Ternant fut commandant de la garde de Bourgogne, il guerroya beaucoup en Flandre pour le compte du duc de Bourgogne à partir de 1430, habitant alors le plus souvent Bruges. Il en profita pour ramener les deux retables qui ornent l'église paroissiale de Ternant. Il est prévôt de Paris en 1436. En 1454, Philippe de Ternant, accusé d'avoir fait arrêter un marchand anglais alors que la Bourgogne avait conclu une trêve avec l'Angleterre, dut demander pardon au conseil de l'ordre de la Toison d'Or et fut condamné à aller en pèlerinage à Saint-Jacques-de-CompostelleFrédéric Reiffenberg, "Histoire de l'ordre de la Toison d'or, depuis son institution jusqu'à la cessation des chapitres généraux", 1830, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k122996c/f117.image.r=Ternant.langFR. Philippe de Ternant était aussi seigneur de la Motte (actuelle commune de La Motte-Ternant). Charles de Ternant, son fils, est gouverneur et capitaine de Château-Chinon ; il décède en 1472 Claude de Ternant, fils du précédent, écuyer, chambellan du roi, est « seigneur de la Motte et de Ternant » ; il ne semble pas avoir eu de descendants. Au début du , la baronnie de la Motte-Ternant passe aux mains de Guillaume de Pontailler, époux de Claudine de Ternant, sœur de Claude de Ternant, puis de Gilbert de Graçay, seigneur de Champeroux et époux d'Isabeau de Ternant, autre sœur de Claude de Ternant. Ce couple a des enfants dont Jean de Graçay, seigneur de Ternant, qui se maria avec Jehanne de La Châtre.
Toute trace du nom de famille de Ternant lié au village et au château de Ternant disparaîtHenri Beaune, "La noblesse aux États de Bourgogne, de 1350 à 1789", 1864, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k116999c/f401.image.r=Ternant.langFR, même si le nom de famille de Ternant a subsistéUn chevalier, puis comte, Jean-Baptiste de Ternant combattit pendant la guerre d'indépendance américaine et fut ambassadeur de France aux États-Unis de 1791 à 1793.