Le Cloître-Saint-Thégonnec (en ), est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie La commune, située à au sud de Morlaix, a des altitudes comprises entre et , le bourg se trouvant vers d'altitude. La commune est située dans la partie orientale des monts d'Arrée et fait partie du parc naturel régional d'Armorique.

Le territoire communal, très vallonné, est situé sur le versant nord des monts d'Arrée, allant des rochers du Cragou et de la roche Saint-Barnabé, connue en breton sous le nom ar Beg Lemm (littéralement « le bec acéré ») qui est le point culminant avec d'altitude, au sud (dans cette zone, le territoire communal déborde un peu sur le versant sud des monts d'Arrée jusqu'à la tourbière du Mendy), qui forment un alignement presque ouest-est de hauteurs et de rochers qui culminent à plusieurs endroits à d'altitude et qui forment la limite avec la commune de Scrignac à peine plus de d'altitude au nord-ouest, là où le Queffleut qui se faufile entre d'énormes blocs de rochers et forme limite séparative à l'ouest avec les communes de Plounéour-Ménez et Pleyber-Christ et qui s'écoule vers le nord en direction de la rivière de Morlaix, quitte la limite communale. À l'est, un autre cours d'eau à vallée encaissée, le Jarlot, lui aussi tributaire de la rivière de Morlaix, sépare la commune de celle de Plougonven. La limite nord, avec Plourin-lès-Morlaix, s'appuie également pour la majeure partie de son tracé sur le vallon encaissé d'un petit affluent de rive droite du Queffleuth, puis plus à l'est après un petit interfluve, sur un vallon d'un petit affluent de rive droite du Jarlot. Le bourg est excentré nettement vers le nord au sein du territoire communalCartes au 1/25000 de L'IGN 0616 ouest Morlaix et 0616 est Plouigneau.

Ces divers cours d'eau, séparant la commune de ses voisines, ont permis les siècles passés l'implantation de nombreux moulins (principalement « à papier »), situés selon la rive où ils se sont implantés sur le territoire de la commune, soit sur ceux des communes voisines (voir Plounéour-Ménez, Pleyber-Christ, Plougonven, Plourin-lès-Morlaix).

Le bourg du Cloître-Saint-Thégonnec est à l'écart des axes de circulation principaux qui empruntent des itinéraires de direction méridienne passant plus à l'ouest sur le plateau (voie romaine) ou, plus souvent dans les vallées du Queffleuth (départementale 769 Carhaix-Morlaix, ancienne nationale 169) ou du Jarlot : ancienne voie ferrée à voie étroite du Réseau breton (halte du Cloître- Lannéanou près du hameau de Kermeur dans la commune de Plougonven) de son ouverture en 1891 à sa fermeture en 1962 pour le trafic marchandises et 1967 pour les voyageurs. La « butte du Télégraphe », située juste au sud du bourg, le domine du haut de ses d'altitude. Elle doit son nom à un relais du télégraphe Chappe qui se trouvait à son sommet.

Victor-Eugène Ardouin-Dumazet fait en 1910 cette description sévère des environs de la gare du Cloître-Lannéannou :

Le Cloître-Saint-Thégonnec possédait plusieurs zones marécageuses, dénommées yun (ou yeun) en breton : le Yun vraz à Quillien, le Yun an Nergoat au sud-ouest de Nergoat, le Yun ar Brouillard entre Le Brouillard et les rochers du Cragou, le Yun Creac'h Ménory entre Créac'h Ménory et Quillien. « Ils comportaient des vasières où les troupeaux ne devaient pas aller, sauf à se retrouver enfoncés jusqu'au ventre et peut-être totalement ». Mais « les paysages (...) ont beaucoup changé (...). De grosses erreurs ont été commises, comme le drainage de certains marais : ainsi, dans le Yun vraz, on a planté des résineux qui végètent car le terrain ne leur convient pas. De même la vasière de Bouillon vraz, à Quillien, a été asséchée par le drainage ; celle de Croas an Laeron a été comblée et a même servi de décharge publique pendant de nombreuses années. (...) Certaines collines, défrichées, sont maintenant couvertes, une bonne partie de l'année, par d'immenses parcelles de maïs, qui nécessitent un grand apport d'engrais chimiques »François Mallégol, "Orages de guerre sur l'Arrée", Skol Vreiz, 2008, [].

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Jarlot, le Queffleuth, le ruisseau le Briou et divers autres petits cours d'eau.

Le Jarlot, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plougonven et se jette dans la baie de Morlaix entre les communes de Plouezoc'h et de Taulé, après avoir traversé cinq communes.

Le Queffleuth, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plounéour-Ménez et se jette dans le Jarlot à Morlaix, après avoir traversé six communes.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique du Cloître-Saint-ThégonnecLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pleyber-Christ à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Le Cloître-Saint-Thégonnec est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Morlaix, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (56,5 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (56,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (30,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (25,4 %), zones agricoles hétérogènes (21,9 %), forêts (17,2 %), prairies (4,2 %), zones urbanisées (0,9 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Le Clouestre en 1462.

Le Cloître (-Saint-Thégonnec) doit son origine à l'abbaye du Relec.

Histoire Préhistoire et Antiquité Des traces de présence humaine préhistorique appartenant au « groupe de Bertheaume » (des silex venus d'une quarantaine de kilomètres et transportés là depuis le littoral) remontant au mésolithique moyen ont été trouvées au QuillienEstelle Yven, Grégor Marchand, Olivier Kayser, Stéphane Blanchet, "Bulletin de la Société préhistorique française", Année 2006, Volume 103, Numéro 3, pages 507-517, consultable http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_2006_num_103_3_13469?_Prescripts_Search_tabs1=standard&.

Le menhir de Kermorgant à une hauteur de 4 mètres et une largeur d'1,20 mètre..

La voie romaine Carhaix (Vorgium) - Morlaix passait par la partie ouest du territoire communal, selon un tracé encore nettement visible sur les cartes, passant sur le plateau parallèlement et à l'est de la vallée du Queffleuth par le Pont du Briou au sud, passant à l'est du hameau de Kermorgant, et poursuivant vers le nord en direction de Morlaix.

Moyen Âge

Le Cloître-Saint-Thégonnec était une simple trève de la paroisse de Plourin, une des paroisses primitives de l'Armorique et appartenait au diocèse de Tréguier. Une autre partie de son territoire, au sud-ouest, dépendait au Moyen Âge de l'abbaye du Relec dans l'évêché de Léon, ce qui expliquerait le nom de « Cloître » porté par la trève dénommée Le Clouestre en 1462 et Cloestre au ..

Au Moyen Âge, la partie trégorroise de la commune dépendait de la seigneurie de Bodister, la plus puissante du Trégor, dont le château fort était situé à au nord du bourg du Cloître-Saint-Thégonnec, mais sur le territoire de la commune de Plourin-lès-Morlaix (il n'en reste que quelques ruines au bord d'un étang à Castel-ar-Sal)..

Révolution française vignette|gauche|Carte de Cassini () : la région du Cloître-Saint-Thégonnec. Le territoire actuel fut unifié lors de la création de la commune sous le nom de en 1791, la commune de Plourin-les-Marlaix acceptant d'ailleurs mal cette séparation.. La nouvelle commune dépendit d'abord un temps du canton de Plougonven avant d'être rattachée à celui de Saint-Thégonnec. Ce n'est qu'en 1955 que la commune prit son nom actuel par référence à son chef-lieu de canton : Saint-Thégonnec.. Une anecdote locale dit :

En 1791, un vicaire de la commune, Antoine Moreau, refusa de prêter serment de fidélité à la Constitution civile du clergé ; déguisé en paysan, il fut néanmoins arrêté à Lannédern en 1793, détenu à Audierne avant d'être bagnard sur les pontons de RochefortJean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "Notices sur les paroisses : Cloître-Plourin", Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, , 1906, . consultable http://catholique-quimper.cef.fr/diocese/bibliotheque-1/base-de-donnee-notices-sur-les-paroisses/le-cloitre-plourin.pdf/view.

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