Letizia Bonaparte, née Maria-Letizia Ramolino le à Ajaccio et morte le à Rome, est la mère de Napoléon I, connue sous son titre de « Madame Mère »Ce titre inhabituel en apparence est issu de l'Ancien Régime et s'appliquait à la mère d'un souverain qui ne portait pas le titre de reine (cas de la mère de François par exemple.). Elle fut au total la mère de sept souverains (un empereur, trois rois, un prince, une reine et une grande-duchesse) et la grand-mère d'un empereur, Napoléon III.
Biographie Origines
Elle est la fille de Jean-Jérôme Ramolino (capitaine dans l'armée génoise puis inspecteur général des Ponts et Chaussées de l'île de Corse)Bonaparte Letizia (1749-1836), Mère de Napoléon Hyppolyte Larrey, Madame Mère (Napoleonis Mater) avant 1750 et d'Angela-Maria Pietra-Santa, .
La famille Ramolino est originaire d’Italie mais établie en Corse depuis au moins 250 ans, ; le premier Ramolino établi à Ajaccio avait épousé la fille d'un doge de Gênes, et reçut de cette République de grandes distinctions.
Mariage et enfants
Charles Bonaparte a dix-huit ans quand son oncle lui fait épouser le Letizia Ramolino âgée de treize ans. Le mariage a été approuvé par Paoli qui y voit une utile alliance de clans. La jeune femme rapidement mère et réputée pour sa beauté (en particulier auprès du comte de Marbeuf le représentant français qui la fréquente assidûment) est présente aux côtés de son époux, dans la résistance des Corses contre la république génoise en mai 1768, au cours de la guerre d’indépendance. Elle le suit à cheval dans ses expéditions, même pendant sa grossesse de Napoléon.
Après l’échec décisif de la bataille de Ponte-Novo le , elle trouve refuge avec les patriotes corses et avec son mari sur le sommet du Monte Rotondo, ayant reçu du comte de Vaux des passeports pour se rendre à Ajaccio.
Enceinte de Napoléon, la légende prétend qu'elle aurait répété plusieurs fois, durant l’ascension du Monte Rotondo : André Castelot, Bonaparte.
Ses larmes et les supplications de Lucien Bonaparte, archidiacre d’Ajaccio, oncle de son mari, font renoncer celui-ci au dessein qu’il avait formé de suivre Paoli dans son exil.
Napoléon naît le à Ajaccio, une légende rapportée par Las Cases (chroniqueur le plus proche de Napoléon) voulant que cette naissance ait eu lieu sur un tapis représentant César. Une rumeur défendue notamment par Hervé le Borgne et Edmond OutinEdmond Outin dans Napoléon fils du comte Marbeuf, 2006Herve Le Borgne dans Napoléon Breton ?, 2008, a fait du comte de Marbeuf, d'après une supposée liaison adultérine avec Letizia, le père de Napoléon Bonaparte qui, serait né, non à Ajaccio, mais à Sainte-Sève dans le Finistère, où Letizia aurait suivi Marbeuf en . Cette hypothèse est démentie par les analyses ADN. Par ailleurs, pour Jean Tulard car il n'est pas possible que le séjour de Letizia en Bretagne n'ait pas été documentéNotice « Marbeuf » dans : Jean Tulard, Dictionnaire amoureux de Napoléon 2012. L'influence de Marbeuf qui aurait protégé Napoléon en le faisant entrer à l'école de Brienne et le ralliement des Bonaparte à la France améliorent la position de la famille.
La famille Bonaparte connait la pauvreté au décès de Carlo-Maria en 1785. Seule l'entrée dans le métier des armes de son second fils Napoléon, permet à la famille de renouer avec un semblant de prospérité. En 1793, elle doit fuir la Corse insurgée et s'installer à Marseille dans l'hôtel de Cipières. De cette époque, Letizia conserve un goût certain pour l'austérité et l'économie.
Mère d'empereur vignette|301x301px|Madame Mère peint par François Gérard. Un tel caractère ne peut s'entendre avec l'extravagante Joséphine de Beauharnais que le futur Empereur des Français épouse en 1796. Contrairement à ce que peut laisser croire le célèbre tableau de David, sur lequel elle figure, Maria Letizia n'assiste d'ailleurs pas au sacre de son fils en 1804, en raison de leurs désaccords sur son mariage et son couronnement et en réponse de la dispute de Lucien et de l'empereur. Pour autant, elle est élevée, par décret du , au rang d'altesse impériale et de Madame Mère. Vivant loin de la cour, elle s'installe au château de Pont-sur-Seine, offert par son fils, et demeure à l'Hôtel de Brienne lors de ses rares visites à Paris.
Profondément religieuse, elle se met sous la protection du Pape lors des exils napoléoniens et s'installe à Rome, d'abord au palais Falconieri chez son demi-frère le cardinal Joseph Fesch, puis au palais Rinuccini. Le général Bertrand, devant la santé déclinante de Napoléon, lui écrit une lettre lui demandant de faire venir un médecin et un prêtre à Sainte-Hélène. Croyant que son fils a quitté Sainte-Hélène par suite d’une intervention divine (Madame Mère et le cardinal Fesch, cloîtrés et atteints de mysticisme, sont sous l'influence d'une voyante autrichienne), elle refuse l'envoi d'hommes de qualité, n'y dépêchant qu'un vieil abbé corse hémiplégique, Antoine Bonavita, accompagné de l'ignorant abbé Vignali et du médecin François Antommarchi qui débarquent dans l'île le Michel Vergé-Franceschi, Napoléon, une enfance corse, éd. Larousse, 2009.
C'est à Rome qu'elle apprend la mort de son fils Napoléon le . Elle y survit quinze ans, pour décéder le , à l’âge de 85 ans. Enterrée à Corneto, sa dépouille sera transférée à Ajaccio en 1851, puis, dans cette même ville, en 1860 à la Chapelle impériale récemment construite, sur l'ordre de Napoléon III, son petit-filsLa dépouille de son demi-frère, le cardinal Fesch sera également transférée à la Chapelle impériale au même moment, celle de son époux Charles Bonaparte n'y sera transférée que 90 ans plus tard, en 1951..
Elle est à l’origine de l’expression , qu’elle employait en évoquant les victoires de son fils, Napoléon I ( disait-elle avec l'accent corse)Petit Larousse de l'histoire de France..
Descendance Elle donne à Charles Bonaparte quatorze enfants dont huit survivent (trois meurent en bas âge et trois à la naissance) : Napoléon BonaparteD'après le Dictionnaire Napoléon (sous la direction de Jean Tulard). Cependant, dans ses Mémoires domestiques de la famille Buonaparte, Charles Bonaparte indique que son premier enfant avec Maria Letizia Ramolino, était une fille : Ces mémoires ont été traduits de l'italien et publiés pour la première fois en 2002 dans l'ouvrage de Dorothy Carrington, Portrait de Charles Bonaparte (Cahors, 2002). (mort-né le ) ; Maria Anna Bonaparte ( - ) ; Joseph Bonaparte ( - ) ; Napoléon Bonaparte ( - ) nommé en hommage à son frère aîné ; Maria Anna Bonaparte (1770) nommée en hommage à sa sœur aînée ; Maria Anna Bonaparte ( - ) nommée en hommage à ses sœurs aînées ; un fils mort-né (1772) ; Lucien Bonaparte ( - ) ; Élisa Bonaparte ( - ) ; Louis Bonaparte ( - ) ; un fils mort-né (1779)D'après une lettre du capitaine Ristori à un ami, l'ex-intendant Colla de Pradine, datée du 27 septembre 1779, publiée en partie par Paul Bartel, le Figaro Littéraire du . Dorothy Carrington date cette lettre du 17 août. ; Pauline Bonaparte ( - ) ; Caroline Bonaparte ( - ) ; Jérôme Bonaparte ( - ).
Album de famille
Hommages Lycée Laetitia Bonaparte, à Ajaccio.
Représentations dans la culture Cinéma 1927 : Dans Napoléon d'Abel Gance, elle est interprétée par Eugénie Buffet 1936 : Dans Hearts Divided (ou Betsy) de Frank Borzage, elle est interprétée par Beulah Bondi 1959 : Dans Austerlitz d'Abel Gance, elle est interprétée par Elvire Popesco 1962 : Dans Vénus impériale de Jean Delannoy, elle est interprétée par Lilla Brignone
Télévision 1979 : Dans Joséphine ou la Comédie des ambitions de Robert Mazoyer, elle est interprétée par Paola Borboni 1987 : Dans la mini-série américaine Napoleon and Josephine: A Love Story de Richard T. Heffron, elle est interprétée par Jane Lapotaire 2002 : Dans la mini-série Napoléon de Yves Simoneau, elle est interprétée par Anouk Aimée 2024 : Dans la série La Guerre des trônes, la véritable histoire de l'Europe de Vanessa Pontet, elle est interprétée par Astrid Bas
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi Bibliographie . . Patrick de Carolis, Letizia R. Bonaparte, la mère de toutes les douleurs, Plon, 2014 (roman historique) Éric Le Nabour, Letizia Bonaparte: La mère exemplaire de Napoléon Ier éd. Corps 16, 2009 Félix Hippolyte Larrey (Baron Larrey de l'Institut de France), Madame Mère, E. Dentu Editeur, 1892, 2 Vol.
Articles connexes Maison Bonaparte André Ramolino Familles subsistantes de la noblesse française Hyacinthe Arrighi de Casanova
Liens externes
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