La famille de Perrigny est une famille éteinte de petits seigneurs bourguignons ayant dominé quelques fiefs des environs de Dijon, dont Arceau, Arcelot et Perrigny, entre le et le . Elle a pour origine l’actuel village de Perrigny-lès-Dijon.
Histoire Origines Le fief de Perrigny (aujourd'hui Perrigny-lès-Dijon), proche de Dijon, a donné son nom à une famille de petits seigneurs bourguignons signalée aux . Pourtant, cette famille s’est surtout établie dans la région des vallées de la Bèze et de la Tille, à plus d'une vingtaine de kilomètres du village éponyme. La première apparition du patronyme de Perrigny remonte au . Les archives de l’abbaye Saint-Étienne de Dijon, dont dépendait la chapelle patricienne, évoque un certain Guy de Perrigny (« Mauricium fratrem Guidonis de Patriniaco ») entre 1125 et 1157Cartulaire de Saint-Étienne, 1098, .. Quant au plus ancien seigneur bourguignon « connu » portant ce nom, il s’agit de Regnaud de Perrigny. Il est cité dans une lettre de convention pour une fondation du seigneur de Bâgé ()Recueil de Peincédé, vol. 21, (Lettre de convention du seigneur de Bâgé d'octobre 1289).. Cependant, cette dernière seigneurie étant située en Bresse, il peut aussi s’agir d’un chevalier originaire d’un (sans doute Perrigny dans le Jura, en Comté de Bourgogne). C’est qu’en effet, les villages portant ce toponyme de sont nombreux, ce qui est source d’incertitudes. Il existe ainsi plusieurs autres personnalités bourguignonnes portant également ce patronymeOn signalera que les archives de la Côte-d'Or gardent également des traces d'autres notables appelés "de Perrigny". Pourtant, il semble qu’il n’y a pas de lien avec la famille originaire de Perrigny-lès-Dijon. On connaît ainsi Jean Chalegrau (ou Chalegre ou encore Chalegrel) de Perrigny, écuyer (1366) puis maire de Pontailler, qui paie de fréquentes redevances au châtelain du même lieu (1368, 1372…) (Recueil de Peincédé, vol. 23, , vol. 24, & vol. 25, ). Son blason, avec 3 roses à 7 besans et une lancette en abîme, est différent de la famille ici étudiée : il est sans doute originaire de Perrigny-sur-l'Ognon. En 1397, on rencontre Philippe de Perrigny, mais il est dans le bailliage de Charolles, et non dans celui de Dijon (Recueil de Peincédé, vol. 18, ). Le frère Jean de Perrigny est prieur au Prieuré Saint-Bernard de Montréal en 1393 (Recueil de Peincédé, vol. 23, ). Il existe ainsi plusieurs familles Perrigny, originaires de localités homonymes : Perrigny-sur-l'Ognon, Perrigny-sur-Loire, etc..
En , une dame Eudes (ou Aude ?) de Perrigny, héritière de Ponce de Blaisy, signe une procuration en présence d'un témoin, le "damoiseau" Guiot de Perrigny, sans doute son filsRecueil de Peincédé, vol. 27, (Procuration d'Eudes de Perrigny de 1311).. Ce dernier sera avec certitude seigneur de Perrigny : nous retrouvons donc ici plus d'assurance quant au lien entre cette dame et le village patrinien. Peut-être même Eudes (Aude) de Perrigny est-elle Adeline, fille de feu Eudes de Domois, déjà connue en 1276Recueil de Peincédé, vol. 7, (Copies en 1431 de deux lettres de 1276 et 1277 concernant des donations à Domois) comme possédant Perrigny et Domois Inhumés à Bonvaux, on identifie aussi une dame Alix de Bressey, femme d'Eudes, sire de Domois, au (sans savoir s'il y a un lien avec les précédents).? Un écrit de 1316 évoque encore une dame "Elvis" de Perrigny, nièce de Jean d'Arceau, chanoine de Langres, qui posséderait la moitié de la maison forte de FouchangesArchives départementales de la Côte-d'Or, B10494..
Au début du , Guiot (ou Guy) de Perrigny, ("Guioz de Parrigney"), écuyer, est donc seigneur de Perrigny mais aussi de BeireRecueil de Peincédé, vol. 27, (Discordes sur les terres d'Is et d'Échevannes en 1358 avec rappel de l'achat antérieur de Guiot de Perrigny). Il achète également des terres à Is-sur-Tille et à Échevannes. Marié à Jeanne d'Éguilly, il est le père de Jean de PerrignyRecueil de Peincédé, vol. 27, (Acte de vente de terres à Arceau par Jeanne d'Éguilly, femme de feu Guiot de Perrigny, à Jean de Perrigny, son fils, en septembre 1340) & (Acte de 1371 au nom de Jean de Perrigny et de sa mère, Jeanne d'Éguilly). Il meurt en 1339 et est inhumé en l'église d'Arceau(Dalle funéraire de Guiot de Perrigny).
Chevauchées ducales
Les seigneurs de Perrigny participent aux chevauchées ducalesOn connaît également une promesse d'argent ou de remise personnelle en otage de Jean de Perrigny au profit du duc de Bourgogne datant du 11 septembre 1364. (Recueil de Peincédé, vol. 27, p. 111). On retrouve Jean de Perrigny, mais aussi Guillaume de PerrignyRecueil de Peincédé, vol. 26, p. 24 (Revue de 1372) (un parent ?), lors d'une revue (1372). En 1382Recueil de Peincédé, vol. 22, pp. 134 & 137 (Comptes de l'année 1382) & vol. 24, p. 299 (Mandat du Duc de 1382)., Jean de Perrigny et son fils Girard, "écuyer bachelier", accompagnent leur suzerain, Guillaume de Vergy, seigneur de Mirebeau (Mirebel), avec plusieurs écuyers ainsi que cinquante à soixante arbalètriers à cheval commandés par le capitaine Antoine Comte, dans l'expédition de Flandres. Sous le commandement de Guy de Pontailler, maréchal de Bourgogne, ils répondent ainsi au mandement lancé depuis Compiègne par le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi. Il s'agit d'aider le jeune roi Charles VI et le comte de Flandres, Louis de Male, dans la répression des rebelles de la province menés par Philippe van Artevelde. C'est alors la victoire à la bataille de Roosebeke ; elle renforce le prestige du duc bourguigon. À l'été 1383, Jean de Perrigny fait à nouveau partie des chevaliers qui accompagnent le duc dans sa chevauchée auprès du roi de France contre le souverain anglais, toujours dans les FlandresRecueil de Peincédé, vol. 22, p. 146.. Girard de Perrigny, devenu chevalier, participe à la revue précédant le départ en Brabant organisée par La Trémouille en 1387Recueil de Peincédé, vol. 24, p. 723 (Revue de 1387).
Au début du siècle suivant, plusieurs "montres"Recueil de Peincédé, vol. 26, pp. 188 (Châtillon, juillet 1414), 264 & 295 (Beauvais, août 1417) & 313 (Nogent-sur-Seine, octobre 1418), ou rassemblements de chevaliers et écuyers aux ordres du maréchal de Bourgogne, signalent aussi un écuyer (et non plus un chevalier) du nom de Jean de Perrigny : à Châtillon (1414), à Beauvais (1417), à Nogent (1418)... Il s'agit probablement d'un parent (?) du précédent Jean, le chevalier seigneur de Perrigny. En 1429, au château de Larrey, près de Châtillon-sur-Seine, un rassemblement des hommes d'armes de Monsieur de la Tille réunit ce Jean de Perrigny et Jean de Chandio, second mari de Jeanne de Bauffremont et tuteur des derniers PerrignyRecueil de Peincédé, vol. 26, p. 313..
Personnalités Jean de Perrigny La principale personnalité de cette famille est Jean de Perrigny. Il est attesté, d'après les archives laissées, qu’il domine Perrigny-lès-Dijon (alors appelé Perrigny-en-Montagne) durant la seconde moitié du . On trouve quelques dénombrements évoquant le village et la maison forte du lieu : 1366Recueil de Peincédé, vol. 7, (Dénombrement de 1366), 1372Archives départementales de la Côte-d'Or, B10521, 1387Recueil de Peincédé, vol. 18, (Cherche de feux de 1387) & Archives départementales de la Côte-d'Or, B11575, f°42v°.... On trouve aussi de nombreuses quittances des 60 sols (soient ) reçus sur la prévôté de Nuits pour un fief qui est alors acensé : 1374Recueil de Peincédé, vol. 23, (Quittance de 1374)., 1378Recueil de Peincédé, vol. 23, (Quittance de 1378)., 1388Recueil de Peincédé, vol. 24, (Quittance de 1388).… Tous ces actes portent un sceau avec le blason des Perrigny, à savoir "portant une fasce de sable avec trois annelets en chef". La "cherche de feux" du précise que le village de Perrigny abrite une maison forte et que les villageois sont tous "taillables à volonté" et "mainmortables". Celle de 1387 donne le nombre de 22 feux. Sur ce domaine patrinien, le seigneur dispose des droits de haute, moyenne et basse justice.
Jean de Perrigny possède aussi des terres héritées de ses parents : une partie d'Is-sur-TilleRecueil de Peincédé, vol. 27, (Propriétés d'Is-sur-Tille), Échevannes, Villey, Mailly, Spoy… Le , il cède par amodiation de trois ans ces derniers domaines à Jean de Saulx, châtelain d'Is, pour la somme de 60 florinsRecueil de Peincédé, vol. 25, & vol. 27, (Amodiation du 14 août 1359).. Il a encore quelques droits sur des « taillables » à Selongey et à FoncegriveRecueil de Peincédé, vol. 18, . ; il domine le village d’OrgeuxRecueil de Peincédé, vol. 27, (Reprise de juillet 1383). Jean de Perrigny est aussi seigneur, depuis 1353La famille de Perrigny avait peut-être déjà des droits sur ce domaine dès 1316 (cf. supra)., d'une partie de FouchangesFouchanges est aujourd'hui un hameau de la commune d'Arceau. (l'autre partie, avec la haute justice, revenant au duc de Bourgogne lui-même). Il succède sur ce lieu (d'un total de 28 feux en 1387) à Robert, seigneur de Châtillon-en-BazoisRecueil de Peincédé, vol. 25, (Enquête de 1368) & (Livres de comptes 1353-1355) & vol. 27, (Vente de biens échus en 1379). (bien que des Perrigny avaient déjà eu des droits sur Fouchanges en 1316). Il est également seigneur d'Arceau, village de 37 feux, tous taillables à volontéRecueil de Peincédé, vol. 18, (Cherche de feux de 1387) & vol. 27, p. 297 (Reprise du fief d'Arceau en 1391 par Jean de Perrigny, au nom de sa femme, auprès d'Henri de Bauffremont, seigneur de Mirebeau). Ce dernier fief étant dans la mouvance de Mirebeau, Jean de Perrigny est donc vassal de Guillaume de Vergy, seigneur du lieuRecueil de Peincédé, vol. 27, (Accord de 1374 sur le fief d'Arceau mouvant de celui de Mirebeau) & Archives départementales de la Côte-d'Or, B10513..
Marié à Marie Dortoillon (ou d'Artoillon)Marie Dort(o)illon (ou d'Artillon) est la fille d'Isabelle de Choiseul (morte en 1384)., on lui connaît au moins deux fils légitimesOn connaît également deux fils bâtards de Jean de Perrigny : Viennot, marié en 1404 (Recueil de Peincédé, vol. 27, p. 357) et Simon Dortoillon, qui hérite de terres à Arceau en 1405 (Recueil de Peincédé, vol. 27, ). : GirardRecueil de Peincédé, vol. 27, (Geliot de Blaisy, juge à Arceau pour Jean de Perrigny et son fils, Girard) et Thomas, qui lui succédera. À la même époque, Hugues (ou Huguenin) de Perrigny, peut-être un parent de Jean (?), demeurant à Arcelot, a lui aussi un fils du même prénom, ThomasRecueil de Peincédé, vol. 27, pp. 285 (Obligation du 16 août 1389 de Girard de Perrigny et de Thomas, fils d'Huguenin de Perrigny), 317 (Procuration de Marie Dortoillon à Thomas, fils de feu Hugues de Perrigny, en 1397), 337 (Vente de juin 1399), 364 (Obligation de septembre 1404). De ces différents documents, il apparait que l'écuyer Thomas, comme son père Hugues ou Huguenin, demeure à Arcelot. Il est marié à une dame Guillemette ou Villotte (?). Son père est mort avant 1397..
Ses fils Thomas et Girard