Francisco José Granados Lerena (), né le à Valdemoro (province de Madrid), est un homme politique espagnol membre du Parti populaire (PP).
Il étudie à l'université complutense de Madrid, puis travaille dans le secteur privé. Candidat à la mairie de Valdemoro tous les quatre ans à partir de , il remporte la majorité relative aux élections municipales de 1995 et devient maire quatre ans plus tard, après avoir obtenu la majorité absolue.
Réélu en 2003, il devient parallèlement député à l'Assemblée de Madrid et préside, pendant l'été, la commission d'enquête parlementaire avortée sur le scandale du Tamayazo. En , il est nommé conseiller aux Transports du gouvernement de la communauté de Madrid par la nouvelle présidente Esperanza Aguirre et travaille sur l'expansion du métro de Madrid.
Il est promu en secrétaire général du Parti populaire de la communauté de Madrid (PPCM), dont Aguirre occupe désormais la présidence, et passe conseiller à la Présidence. Ses compétences sont élargies en 2007 puis 2008, devenant alors conseiller à la Présidence, à l'Intérieur et à la Justice.
Il est exclu en 2011 du gouvernement régional après avoir refusé les fonctions de porte-parole du groupe parlementaire. Il est ensuite élu au Sénat et renvoyé du secrétariat général du PPCM au profit de son rival, Ignacio González. Il annonce se retirer de la vie politique en après la révélation de l'existence depuis 1999 d'un compte bancaire en Suisse à son nom. Il est interpellé huit mois plus tard et placé en détention provisoire dans le cadre de l'affaire Púnica. Libéré sous caution en 2016, il est condamné en 2017 à deux ans d'emprisonnement pour avoir détruit des preuves en 2014 grâce à des rélévations obtenues auprès de Garde civile.
Jeunesse Francisco José Granados Lerena naît le à Valdemoro.. Fils d'un exploitant agricole, il est licencié en sciences économiques et commerciales de l'université complutense de Madrid (UCM). Il sera ensuite salarié de nombreuses entreprises privées, notamment la Société générale et la Société nationale d'électricité et de thermique (SNET)...
Maire de Valdemoro Aux élections municipales de , alors qu'il a seulement , Francisco Granados postule sans succès en tête de liste de l'Alliance populaire (AP) aux élections municipales dans sa ville natale de Valdemoro, et échoue de nouveau en , comme chef de file du Parti populaire (PP). S'il remporte le scrutin de avec sur 21 au conseil municipal, il ne peut gouverner du fait de la coalition formée entre le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et la Gauche unie (IU)...
Porté en à la présidence de la section du PP de Valdemoro, il remporte les élections municipales du avec , soit l'exacte majorité absolue. Avec le nouveau maire d'Alcorcón, Joaquín Vilumbrales, et celui de Ciempozuelos, Fernando Vergara, ils parviennent à briser l'hégémonie du PSOE et d'IU dans la banlieue rouge de Madrid...
Numéro deux d'Esperanza Aguirre Commission d'enquête sur le Tamayazo À l'occasion du du Parti populaire de la communauté de Madrid (PPCM), en , le président réélu Pío García-Escudero nomme Francisco Granados au sein du comité exécutif parmi les cinq personnes qu'il désigne de manière discrétionnaire. Huit mois plus tard, la chef de file du PPCM aux élections régionales du 25 mai 2003 Esperanza Aguirre le place en sur la liste, afin de mettre en valeur son travail municipal..
Le scrutin débouche sur une très courte victoire des partis de gauche, qui devancent le PP d'un seul siège, mais la défection de deux députés socialistes dans des conditions obscures crée un blocage institutionnel qui prend le nom de . Après que le PP, le PSOE et IU se sont mis d'accord le pour former une commission d'enquête parlementaire, il en devient le président.. Les trois partis sont incapables d'arriver à des conclusions communes, conservateurs et socialistes s'accusant mutuellement d'être responsables de la trahison d'Eduardo Tamayo et María Teresa Saéz. Lors du vote du rapport le , il est rejeté par contre, Tamayo et Saéz votant contre avec les deux autres forces de gauche..
Conseiller aux Transports Confirmé à la de la liste d'Esperanza Aguirre pour les élections régionales anticipées du 26 octobre suivant, le nom de Francisco Granados apparait comme un potentiel conseiller de gouvernement en cas de maintien au pouvoir du Parti populaire... Après sa victoire, Aguirre prévoit de désigner Granados comme conseiller à l'Environnement et à l'Aménagement du territoire, mais décide au dernier moment de lui confier le département des Infrastructures et des Transports. La présidente de la communauté de Madrid souhaite effectivement nommer à ce poste une personne jouissant de sa confiance absolue..
Ses premiers mois en fonction sont marqués par de nombreux engagements en faveur du métro de Madrid. Dès le , Granados et García-Escudero s'accordent au sein de l'Entreprise municipale des transports (EMT) pour que la communauté de Madrid réalise de voies supplémentaires, dont de métro léger. Après de nouveaux engagements pris par Aguirre et son conseiller aux Transports, le total des lignes nouvelles est porté à en , les travaux devant démarrer dans les dix mois... Le gouvernement régional approuve en le lancement d'un marché public de d'euros pour l'achat de , qui constitueront ainsi de métro..
Bras droit d'Aguirre vignette|Francisco Granados est secrétaire général du PPCM sous la présidence d'Esperanza Aguirre. Le , Esperanza Aguirre accède à la présidence du Parti populaire de la communauté de Madrid après avoir remporté la bataille interne contre les proches du maire de la capitale, Alberto Ruiz-Gallardón. Elle choisit de nommer Francisco Granados secrétaire général, soit numéro deux de la direction régionale. Si tous deux souhaitent que Granados continue de participer au gouvernement de la communauté autonome, ce dernier indique vouloir conserver ses fonctions tandis que la présidente préfère le muter au poste de conseiller à la Présidence, moins prenant.. En à peine un an, il passe de la mairie d'une commune de à du PPCM. Bien qu'il ait tout tenté, y compris la menace de démission, pour rester conseiller aux Transports, il est effectivement nommé le suivant conseiller à la Présidence, reprenant une partie des fonctions du premier vice-président Ignacio González et du conseiller à l'Intérieur Alfredo Prada, mais ses nouvelles responsabilités ne sont pas à la hauteur de celles précédemment exercées par González, maintenu au sein de l'exécutif. Son ancien poste revient à María Dolores de Cospedal, ex-haute fonctionnaire du ministère de l'Intérieur.. Selon le juge d'instruction de l'affaire Púnica en , Aguirre a décidé de changer Granados de poste au sein du gouvernement après que plusieurs entrepreneurs et personnalités politiques se sont plaints de corruption dans l'attribution des marchés publics..
À la suite des élections régionales du 27 mai 2007, au cours desquelles il est réélu à l'Assemblée de Madrid, Granados est confirmé au sein du gouvernement autonome le suivant. Désigné conseiller à la Présidence et à l'Intérieur, récupérant une partie des compétences du second vice-président Alfredo Prada, comme la supervision des brigades spéciales de sécurité de la communauté autonome de Madrid et des services d'urgence, il sort renforcé de la formation du nouvel exécutif madrilène.. À peine un an plus tard, Aguirre procède le à un remaniement de son cabinet, afin de lui donner une nouvelle impulsion. Prévenu à l'avance, Granados fait partie des conseillers dont la place est confortée, puisqu'il récupère les responsabilités de Prada et devient conseiller à la Présidence, à l'Intérieur et à la Justice.. Il est ensuite confirmé au secrétariat général du PPCM en suivant..
Déchéance vignette|Francisco Granados quitte le gouvernement régional après l'investiture d'Esperanza Aguirre pour un troisième mandat. Aguirre propose à Francisco Granados qu'après les élections du 22 mai 2011, il devienne le nouveau porte-parole du groupe populaire à l'Assemblée de Madrid au cours d'une réunion en présence d'Ignacio González et d'Elvira Rodríguez. Il refuse cette proposition, le poste considéré étant d'une moindre importance que celui qu'il occupait alors. À la formation du nouvel exécutif territorial le , il n'est pas reconduit dans ses fonctions, qui reviennent à .. Il n'assiste pas le lendemain à l'assermentation du nouveau gouvernement de la communauté autonome..
Le , il est élu au Sénat par l'Assemblée, ayant été investi candidat à l'un des cinq sièges revenant au Parti populaire.. Quelques mois plus tard, il est destitué par Aguirre de ses fonctions de secrétaire général du PPCM : le , elle annonce de manière totalement inattendue qu'elle le remplace par Ignacio González, justifiant cette décision par une envers Granados, après des années de lutte interne entre ses deux lieutenants pour contrôler la fédération madrilène du PP. Aguirre cherche ainsi à asseoir son autorité sur le PPCM dans la perspective du national du Parti populaire qui va consacrer la réélection de Mariano Rajoy, désormais président du gouvernement et avec qui Aguirre entretient des relations conflictuelles, à la présidence de l'organisation..
Le journal révèle le que les autorités judiciaires suisses ont informé leurs homologues espagnoles de l'existence d'un compte bancaire en Suisse détenu par Francisco Granados. Ce compte a été ouvert en 1999, peu après son accession à la mairie de Valdemoro, à son nom, et est resté actif tout au long de son passage au gouvernement régional. Il a été découvert par hasard en 2013 lors d'une analyse de routine du département fédéral de justice et police.. Il reconnaît le lendemain l'existence de ce compte, affirme qu'il n'a jamais hébergé plus de dessus et que cet argent était issu de sa vie professionnelle antérieure à la politique.. Il démissionne le de ses mandats de député régional et sénateur, et met un terme à sa vie politique, expliquant cette décision par dont il dit faire l'objet depuis la révélation de l'existence de son compte bancaire dont il défend à nouveau la légalité.. L'ancienne maire de Cadalso de los Vidrios, Teresa de Jesús Luis Rico, reprend son siège à l'Assemblée de Madrid., tandis que son mandat de sénateur revient au porte-parole du groupe parlementaire, Íñigo Henríquez de Luna..
Affaires Espionnage politique Le , le quotidien de centre gauche révèle que Francisco Granados a constitué, hors de toute cadre légal, une sorte de sous l'autorité d'un ancien officier de police devenu son conseiller en matière de sécurité en , Marcos Peña. Avec son équipe qui se compose notamment d'ancien agents de la Garde civile, Peña établit des dossiers réservés au seul conseiller à la Présidence sur des sujets aussi divers que les affaires de corruption au sein des municipalités madrilènes de Coslada et Ciempozuelos ou la mafia qui contrôle le monde des discothèques de la capitale espagnole. Granados affirme pour sa part que Peña et son équipe se contentent de surveiller certains bâtiments appartenant à la Région.. Le journal indique trois jours plus tard que les hommes de Granados ont notamment surveillé en Alfredo Prada, ancien conseiller à la Justice et seul membre du gouvernement régional soutenant le président du PP Mariano Rajoy, et Manuel Cobo, vice-maire de Madrid très critique des positions politiques d'Aguirre..