(désignation provisoire ) est une planète mineure du système solaire, plus précisément un objet transneptunien du disque des objets épars. Il a été découvert en par les astronomes américains Megan E. Schwamb, Michael E. Brown et David L. Rabinowitz à l'observatoire Palomar, découverte annoncée en . Il porte le nom de Gonggong, un dieu des eaux de la mythologie chinoise. Gonggong a une orbite très excentrique (e = 0,50) et inclinée (i = 30,6°) qui l'emmène de du Soleil. En 2023, il est à du Soleil. Selon le Deep Ecliptic Survey, Gonggong est en résonance orbitale de 3:10 avec Neptune.
Gonggong a une magnitude absolue de 1,8 et un diamètre estimé à environ , ce qui en fait un candidat au statut de planète naine. Au , c'est le cinquième plus gros objet connu qui orbite au-delà de Neptune (en dehors peut-être de Charon, le plus gros compagnon de Pluton, qui est de taille similaire)... La masse de Gonggong rend juste possible la rétention d'une atmosphère ténue de méthane, même si une telle atmosphère s'échapperait lentement dans l'espace.
Gonggong est rouge, probablement en raison de la présence de composés organiques appelés tholins à sa surface. De la glace d'eau est également présente à sa surface, ce qui laisse présager une brève période d'activité cryovolcanique dans un passé lointain. Avec une période de rotation d'environ , Gonggong tourne lentement par rapport aux autres objets transneptuniens, qui ont généralement des périodes inférieures à . La lente rotation de Gonggong pourrait avoir été causée par les forces de marée de son satellite naturel, nommé Xiangliu. La découverte de ce dernier a été dévoilée le par Gábor Marton, Csaba Kiss et Thomas Müller. Ce compagnon, d'un diamètre d'environ , a été découvert à partir d'images du télescope spatial Hubble datant de ..
Découverte vignette|Gonggong a été découvert à l'aide du télescope Samuel-Oschin à l'observatoire Palomar. Gonggong a été découvert le , par l'équipe du California Institute of Technology (CalTech) composée des astronomes américains Megan E. Schwamb, Michael E. Brown et David L. Rabinowitz, dans le cadre du Palomar Distant Solar System Survey, un relevé menée pour trouver des objets éloignés dans la région de Sedna, au-delà de du Soleil, en utilisant le télescope Samuel-Oschin à l'observatoire Palomar, près de San Diego, en Californie. Le relevé a été conçu pour détecter les mouvements d'objets jusqu'à au moins du Soleil. Schwamb a identifié Gonggong en comparant des images en utilisant la technique du clignotement. Dans les images de découverte, Gonggong semblait se déplacer lentement, suggérant qu'il s'agit d'un objet distant. La découverte a été annoncée en . La découverte faisait partie de la thèse de doctorat de Schwamb., dont Michael Brown était le directeur de thèse au California Institute of Technology. Des observations de pré-découverte ont par la suite été retrouvées. La plus ancienne image connue (en 2023) de Gonggong a été prise à l'Observatoire de La Silla le ..
Désignation et nom L'objet, découvert le , reçoit la désignation provisoire . Le , il reçoit sa numérotation définitive, (225088). Dans l'attente d'une dénomination officielle, Michael Brown a surnommé ce corps Blanche-Neige () pour sa couleur blanche présumée : le corps était présumé de très grande taille ou de très grande luminosité pour être détecté par leur relevé astronomique. L'objet a également été surnommé le « septième nain » () car il s'agit du septième objet mineur transneptunien à avoir été découvert par l'équipe de Michael Brown, après Quaoar en 2002, Sedna en 2003, Hauméa et Orcus en 2004 puis Makémaké et Éris en 2005. Cependant, Gonggong s'est avéré être l'un des objets les plus rouges de la ceinture de Kuiper, uniquement comparable à Quaoar à cet égard, et le surnom fut alors abandonné.. En , un sondage lancé par un internaute sur Reddit permet aux utilisateurs de proposer leurs noms favoris., parmi lesquels on peut citer Achlys, Brigit, Chthonienne, Coventina, Enki, Gallu, Kères, Mixcoatl, Tartare, Thanatos ou encore Tlaloc. Courant 2016, Megan Schwamb, co-découvreuse de l'objet, affirme sur son compte Twitter qu'elle souhaite engager les démarches pour nommer officiellement l'objet avant la fin de l'année 2016. Michael Brown affirme quant à lui qu'il souhaiterait nommer l'objet en s'inspirant de l'univers mythologique des Oompa Loompas, personnages de fiction présents dans le roman pour enfants Charlie et la Chocolaterie.
Gonggong était, avant qu'il ne soit formellement nommé, l'objet le plus gros connu du système solaire sans nom officiel. En 2011, Mike Brown a considéré que suffisamment d'informations étaient connues sur ce corps pour justifier de lui donner un nom, car la découverte de glace d'eau et la possibilité de méthane le rend suffisamment notable pour justifier une étude plus approfondie. Jusque début 2019, aucun nom n'avait cependant été proposé à l'Union astronomique internationale et, comme a pu le noter Mike Brown, à partir de (dix ans après la numérotation de l'objet), n'importe qui aurait pu proposer un nom. Des pétitions ont été lancées pour attribuer un nom à l'objet, dont une suggérant le nom Gebeleizis..
Finalement, un vote est ouvert en ligne au afin de choisir le nom de cet objet parmi trois propositions : Gonggong, Holle et Vili.. Le , Meg Schwamb annonce que Gonggong a recueilli le plus de voix et que ce nom va donc être formellement soumis à l'Union astronomique internationale pour approbation.. Sur plus de , Gonggong a en effet remporté 46 % des voix, contre 31 % pour Vili et 23 % pour Holle. Le nom est formellement attribué à l'objet dans la circulaire du Centre des planètes mineures du . La prononciation du nom « Gonggong » en mandarin peut être écoutée ici (crédit Quanzhi Ye)..
Caractéristiques physiques Taille et magnitude + Estimations de la taille de Gonggong Année Diamètre Méthode 2010 thermal . 2011 best fit albedo . 2012 thermal 2013 thermal 2013 radiometric 2016 thermal 2018 radiometric
vignette|upright=1.4|Comparaison de la taille, de l'albédo et de la couleur de divers grands objets transneptuniens. Les arcs gris représentent l'incertitude sur la taile des objets.
Gonggong a une magnitude absolue (H) de 1,86, ce qui le place, en dehors des planètes, à la sixième position des objets les plus brillants orbitant directement autour du Soleil. Gonggong brille moins que (H = 1,52 pour un diamètre d'environ ) mais plus qu' (H = 2,18 pour un diamètre d'environ ).
Étant en 2023 à du Soleil, Gonggong a une magnitude apparente de 21,4.
En 2019, on estime que Gonggong a un diamètre de , valeur dérivée de mesures radiométriques, de sa masse calculée et en supposant une masse volumique similaire à d'autres corps similaires. Gonggong fait ainsi approximativement la même taille que le plus gros compagnon de Pluton, Charon (). Cela fait de Gonggong le cinquième plus grand objet transneptunien connu, supplanté seulement par les quatre planètes naines transneptuniennes (plutoïdes) reconnues : Pluton, , et .. L'Union astronomique internationale (UAI) ne s'est pas prononcée sur la possibilité d'ajouter des objets à la liste des planètes naines officiellement reconnues depuis l'ajout de Makémaké et de Hauméa en 2008, donc avant l'annonce de la découverte de Gonggong. Étant donné sa taille, Gonggong est néanmoins un candidat à ce statut et est considéré comme tel par plusieurs astronomes. Mike Brown, se basant sur la mesure radiométrique de 2013 donnant un diamètre de , estime que Gonggong . Sur la base de son plus petit diamètre possible, c'est-à-dire en faisant l'hypothèse d'une surface complètement réfléchissante avec un albédo de 1, et ce qui était à l'époque attendu comme limite inférieure de taille pour l'équilibre hydrostatique d'un corps glacé-rocheux froid, , Scott Sheppard et des collègues pensent que Gonggong est vraisemblablement une planète naine. Cependant, Japet n'est pas en équilibre hydrostatique bien qu'ayant un diamètre de , donc le cas reste incertain.
En 2010, l'astronome uruguayen Gonzalo Tancredi avait initialement estimé que Gonggong avait un diamètre de , mais son statut de planète naine ne fut pas réglé étant donné qu'il n'y avait pas de données de courbe de lumière ou d'autres informations pour certifier sa taille. Gonggong est trop éloigné pour être directement résolu ; Brown donnait une vague estimation de son diamètre dans les sur la base d'un albédo de 0,18, celui qui s'ajustait le mieux dans son modèle. Un relevé, conduit par une équipe d'astronomes de l'observatoire spatial Herschel de l'Agence spatiale européenne en 2012, a permis d'estimer son diamètre à , sur la base des propriétés thermiques de Gonggong observées en infrarouge lointain. Cette mesure est compatible avec l'estimation de Brown. Des observations ultérieures en 2013, utilisant des données d'émission thermique d'Herschel et de Spitzer, suggérèrent une taille de , un peu plus faible mais avec une bien plus grande incertitude et donc pleinement compatible
En 2016, la combinaison d'observations de Kepler et de données d'émission thermiques d'archive d'Herschel suggérèrent que Gonggong était sensiblement plus gros qu'estimé jusqu'alors, donnant une taille estimée à en supposant une vue équatoriale et un albédo de 0,089. Cette valeur aurait fait de Gonggong le troisième plus gros transneptunien connu, derrière Pluton et Éris mais devant Makémaké. Ces observations de Gonggong faisaient partie de la mission K2, qui comprenait l'étude de petits corps du système solaire. Des mesures ultérieures, en 2018, révisèrent l'estimation de la taille de Gonggong à la baisse avec une valeur de , basée sur la masse et la densité de Gonggong dérivées de l'orbite de son satellite et la découverte qu'on a une vue presque polaire de Gonggong. Avec cette nouvelle estimation, Gonggong retrouve la cinquième place parmi les plus gros objets transneptuniens connus.
Surface et spectre La surface de Gonggong a un albédo de 0,14. On s'attend à ce que la composition de la surface de Gonggong et son spectre soient similaires à ceux de Quaoar étant donné que les deux objets sont rouges et montrent des signes de glace d'eau et possiblement de méthane dans leur spectre. Le spectre de réflectance de Gonggong a été mesuré pour la première fois en , dans le proche infrarouge avec le spectrographe Folded port InfraRed Echellette (FIRE) sur le télescope Magellan Baade à l'observatoire de Las Campanas, au Chili. Le spectre de Gonggong présente une importante pente spectrale rouge ainsi que de larges bandes d'absorption à , ce qui signifie que Gonggong réfléchit plus de lumière à ces longueur d'onde. Des mesures photométriques supplémentaires obtenues avec la Wide Field Camera 3 du télescope spatial Hubble montrent des bandes d'absorption similaires à , lesquelles sont caractéristiques de la glace d'eau, une substance souvent trouvée sur les grands objets de la ceinture de Kuiper. La présence de glace d'eau à la surface de Gonggong implique une brève période de cryovolcanisme dans un lointain passé, lorsque l'eau s'est échappée de son intérieur, s'est déposée à sa surface puis a gelé.