Erquinghem-Lys (Erkegem aan de Leie en Flamand Occidentale) est une commune française, située dans le département du Nord en région Hauts-de-France.

Géographie Localisation La commune se situe sur la Becque du Biez à au nord-ouest de Lille ( par la route), localisée aux confins du pays des Weppes, en Flandre romane.

Communes limitrophes

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par la Becque du biez, la rivière la Vieille Lys et divers autres petits cours d'eau.

La Lys, d'une longueur de en France, prend sa source dans la commune de Lisbourg, à l'altitude de , et se jette dans l'Escaut à Gand à d'altitude. Les caractéristiques hydrologiques de la Lys sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 28/07/2024 à 02:05 TU à partir des 478 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/04/1970 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint le .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique d'Erquinghem-LysLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Lys ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de la Lys. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le , puis révisé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte pour l'élaboration du SAGE de la Lys (SYMSAGEL).

La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Nord-est du bassin Parisien » et « Côtes de la Manche orientale ».. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lesquin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Milieux naturels et biodiversité La commune est drainée et irriguée par la Lys canalisée et par des éléments de bras-mort (ancien méandre) laissés par le recalibrage de ce cours d'eau lorsqu'il a été mis au gabarit Freycinet (en 1967). Les restes de l'ancienne boucle d'Erquinghem-Lys de la Lyls-rivière sont encore considérés comme écologiquement intéressants : Selon un diagnostic écologique piloté par VNF si la diversité floristique des berges du bras mort d'Erquinghem-Lys est faible (situation aggravée par des berges artificiellement conservées comme trop abruptes, et en partie liée à une strate arborescente dense qui (le castor ayant depuis longtemps disparu) freine le développement des espèces hélophytiques basses, selon la même étude l'intérieur de la boucle est faunistiquement très intéressant, grâce à son caractère de zone humide encore inondable, située dans le lit majeur de La Lys. Là sur de 70 hectares, 46 ha ont une vocation agricole extensive (prairies de fauche sur 32 ha, prairies pâturées pour 14 ha) et plus intensive sur 23 ha de cultures. Cette richesse a justifié un classement en ZNIEFFZNIEFF n°154 « Prairies inondables d'Erquinghem- Lys » et en Zone Humide d'intérêt Environnemental Particulier dans le SDAGE (Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux) du bassin versant de la Lys. C'est en quelque sorte une relique du système alluvial de la basse vallée de la Lys. Ce milieu autrefois riche en saumons, truites de mer, lamproies et anguilles venus de l'Escaut, abrite encore quelques espèces protégées en région (ex : phragmite des joncs, le râle d'eau ou agrion joli). La qualité de l'eau de la Lys est encore médiocre, de même que celle des sédiments, mais la situation tend à s'améliorer, au moins pour certains paramètres. Une frayère à brochet y a été reconstituée au début des années 2010 sur près de (incluant près de inondable)Agence de l'eau Artois-Picardie [ https://www.eau-artois-picardie.fr/sites/default/files/restauration_zh_lys_canalisee_a_erquinghem_lys.pdf Restauration d'une zone humide sur divers bras mort de la Lys canalisée à Erquinghem-Lys], Avril 2013, PDF, 12p, caractérisée par 50 à 70 cm de fond lors des crues, aux berges en pente douces et dotés d'îlotsLa voix du nord, article "La zone humide d'Erquinghem-Lys fait le bonheur des brochets et des " (www.lavoixdunord.fr) article du 30 avr. 2013.

Urbanisme vignette|left|Une entrée de la commune. Typologie Au , Erquinghem-Lys est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine d'Armentières (partie française)Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération internationale regroupant dix communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l'agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine d'Armentières (partie française) comprend deux villes-centres (Armentières et Bailleul) et huit communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lille (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (79,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (85,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (67,5 %), zones urbanisées (17 %), zones agricoles hétérogènes (11,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (3,5 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports La commune est desservie, en 2023, par la ligne 80 et la ligne de transport à la demande 22R du réseau Ilévia ainsi que par les lignes 910 et 911 du réseau interurbain Arc-en-Ciel 1..

Toponymie L'origine du nom de la ville provient de l'anthroponyme germanique Ercan, du suffix collectif -ing désignant l'entourage de cet homme, de heim désignant l'habitation et le foyer. Cela peut se traduire littéralement par "habitation des hommes d'Ercan".

Histoire Vers la fin du IXe siècle, les Vikings remontent la Lys et attaquent la ville. En 1214, Ferrand de Flandre se retourne contre Philippe II Auguste qui fait raser le château d'Erquinghem-Lys. En 1647, Luis de Benavides Carrillo établit ses quartiers à Erquinghem lors du siège d'Armentières. Le village devient français en 1668.

Avant la Révolution française, Erquinghem est le siège d'au moins une seigneuriePaul Denis du Péage, « Recueil de généalogies lilloises », tome 1, dans Recueil de la société d'études de la province de Cambrai, tome 12, 1906-1909, p. 40, lire en ligne. et de fiefs donnant à leur propriétaire le titre de seigneur.

Au , Guillaume Petitpas, fils de Jean, seigneur des Oursins à Verlinghem, de Duretête à Annappes, bourgeois de Lille et de Marie de Bailleul, dame de la Gacherie et de La Moussonnerie, devient bourgeois de Lille le . Il meurt le . Il a considérablement augmenté ses biens : il achète le fief de Carnin à Gondecourt le , la Pontenerie à Roubaix le , la Tannerie à Wattrelos en 1533, la Mousserie à Roubaix, Warcoing, Gamans à Lesquin le , le Quesnoy à Wasquehal en 1549, Champagne à Deulémont le , le Petit Erin à Erquinghem-Lys en 1551, la Haye en 1554. Il se marie en 1523 avec Jeanne Segon, fille de Noël, et de Louise du Croquet. Son épouse meurt le . Elle est enterrée à côté de son mari, dans la chapelle Sainte-Anne de l'église Sainte-Catherine de Lille.

Désiré-François-Dominique Déliot (1738-1799), écuyer, est le seigneur de la Croix et d'Erquinghem, et probablement le dernier seigneur de la commune, la Révolution ayant aboli les seigneuries et autres titres de noblesse. Il est le fils d'Hippolyte-Joseph-Ignace Déliot, écuyer, seigneur des Roblets, bourgeois de Lille, et de Marie-Joseph-Colette Petitpas, dame de Carnin. Il nait en (baptisé le ), nommé enseigne au régiment de Dauphin infanterie le , passe lieutenant le , grand bailli d'Halluin de 1784 à 1788, grand bailli des États de la Flandre wallonne, créé comte de la Croix en 1781. Il meurt le , à l'âge de 61 ans, ou en 1790. Il épouse à Lille après contrat de mariage, p 19., le , Marie-Joséphine-Séraphine du Chambge de Liessart (1752-1811), fille de Charles-Eubert du Chambge de Liessart, chevalier, seigneur de Liessart, de Douay en Roncq, conseiller du roi en ses conseils, premier président du bureau des finances et domaines de la généralité de Lille, dit le président Liessart, et de Marie- Emmanuelle-Josèphe-Thérèse Turpin. Marie Joséphine nait à Lille en et y meurt le Paul Denis du Péage, « Recueil de généalogies lilloises », tome 1, dans Recueil de la société d'études de la province de Cambrai, tome 12, 1906-1909, p. 40-41, lire en ligne., quelques années après être rentrée d'émigration. Un de leurs enfants est mort dans son château d'Erquinghem sans laisser d'enfants, le titre de comte de Déliot de la Croix a été repris par son frère aîné.