La d'infanterie américaine de l'United States Army, surnommée Indian Head à cause de son insigne, est une division d'infanterie américaine.
Cette division (US Infantry Division en anglais) est la seule division de l'Armée de terre des États-Unis à avoir été créée en France. Sa formation date de 1917, à Bourmont dans la Haute-Marne, pendant la Première Guerre mondiale.
Elle se rendit célèbre en 1918 à la bataille du bois Belleau et à la bataille de Saint-Mihiel.
En 1944, elle débarque sur les plages de Saint-Laurent-sur-mer. Son itinéraire passera par la Normandie, Brest, l’Ardenne belge, puis, en Allemagne, Göttingen, Leipzig et la libération de Plzeň en Tchécoslovaquie.
En 1950, l'« Indianhead » fut une des premières unités, après la d'infanterie américaine venue du Japon, à intervenir dans le conflit coréen au titre des Nations unies. C'est à cette américaine que furent rattachés les bataillons français, néerlandais et thaïlandais envoyés à ce même titre par leurs pays respectifs. En été 1954, la division retourne aux États-Unis.
En 1965, la « Second to none », son deuxième surnom, est rappelée en Corée, répartie dans un certain nombre de camps, près de la zone démilitarisée (DMZ) ; son quartier général est au camp « Nuage Rouge » à Uijongbu, sa mission est de rester opérationnelle, d’être vigilante et prête à intervenir à tout moment aux côtés de l'Armée de la république de Corée.
En 2004 un fort contingent prélevé sur la brigade de combat de la division a été envoyé en Irak pour participer aux opérations de guerre.
En février 2009, de la brigade de combat de cavalerie (stryker), ont été déployés aux côtés de dans le sud-est de l'Afghanistan le long de la frontière du Pakistan.
Sa devise Sa devise est « Second to none » (le second de personne) par allusion à son appellation en anglais : (Second) Infantry Division.
(La DI US a la même devise qu'une unité de l'armée française le d'artillerie créé le à Strasbourg sous l'appellation bataillon royal d'artillerie ; sept fois dissous. Dénominations successives : régiment d'artillerie à cheval, à pied de réserve, monté, de marche, de campagne, de montagne. Formé à nouveau le à Landau et intégré à l'Eurocorps.)
Son badge thumb|Badge d'épaule de la d'infanterie des États-Unis « Indianhead ».
Le badge de la DI est un écusson dans lequel s'inscrit une étoile à cinq branches de couleur blanche avec, en son centre, un dessin représentant une tête d'indien de profil. D'où l'appellation devenue courante de Second « Indianhead » Infantry Division. La tradition dit que la couleur noire du fond et le dessin de la tête d'Indien qui vient en surimpression au centre, représentaient les deux populations qui ont formé cette division à son origine en 1917. L'étoile représente l'État du Texas. Mais la légende a quelquefois plus d'importance que le fait historique: en 1918, un conducteur aurait peint ce dessin sur son véhicule. Le commandement le retint comme insigne de la division. À l'origine la couleur du fond du badge changeait en fonction des unités et des services, le vert pour l'intendance, le noir pour le QG, le pourpre pour les sections de mitrailleuses etc. Ce n'est qu'après le conflit que l'insigne prit ses couleurs et formes définitives et devint le badge d'épaule officiel de la division : sur une étoile à cinq branches, dont les pointes se trouvent dans une circonférence d'un cercle imaginaire d'un diamètre de 3 ½ pouces, il y a, en profil, la tête d'Indien avec coiffe guerrière, visage rouge, bonnet bleu, extrémités des plumes en bleu. L'étoile est surimprimée sur un écu de dimension telle que les pointes de l'étoile soient à 1/ de pouce du périmètre. Les couleurs (rouge, blanche et bleue) servant d'identification à la division et de son équipement en France durant la Première Guerre mondiale, ont été choisies par le commandement de la division comme coloris pour l'insigne. L'étoile et la tête d'Indien indiquent l'origine américaine de la division.
Formation Le les États-Unis entrent en guerre contre l'Allemagne aux côtés des Français et des Anglais. Les premiers éléments américains sont en France depuis mai. En août, le général John Pershing, commandant en chef du corps expéditionnaire des États-Unis en France, décide de créer la Second Infantry Division (deuxième division d'infanterie). Le , l'élément précurseur s'implante à Bourmont (Haute-Marne). La division s'y constituera et y passera l'hiver pour parfaire son instruction avant d'aller au combat.
Cette division sera formée de deux brigades de deux régiments chacune. La 4e brigade de Marines, du Corps des Marines, est composée de : régiment de Philadelphie commandé par le colonel C. Doven, cette unité ayant débarquée le à Saint-Nazaire. Depuis début juillet, le se charge de la police et de la sécurité du port de Saint-Nazaire. Quant aux et , ils s'initient depuis le à la guerre de tranchées à Gondrecourt, à l'est de Verdun, avec le concours de trois bataillons de Chasseurs français. , commandé par le colonel A. Catlin en cours de formation à Quantico (États-Unis). L'arrivée en France du des Marines s'échelonnera du au . La deuxième brigade est composée des et d'infanterie dont les éléments arriveront en France en septembre.
Le , les et du Marines rejoignent la division. Le colonel C. Doven est promu brigadier général et prend le commandement de la DI qu'il rend opérationnelle.
La est officiellement formée le . Elle se compose alors de la d'infanterie, de la des Marines, de la d'artillerie de campagne, du du génie, les services et les transports. Le personnel est installé chez l'habitant ou dans des baraquements construits à cet effet. En décembre, les effectifs des différentes unités de la division sont renforcés, les bataillons de mitrailleuses sont augmentés d'une compagnie, le de mitrailleuses est constitué. À ce moment, les effectifs de la des Marines atteignent .
Première Guerre mondiale
Contexte et situation militaire en 1917 Après plus de trois ans d'âpres combats, l'armée française sort de la crise de février 1917 (mutinerie). La Russie s'est effondrée en mars, libérant les troupes allemandes qui vont rejoindre le front de l'ouest. À la suite du torpillage d'un navire britannique, le paquebot RMS Lusitania, le , le Congrès américain vote la guerre à l'Allemagne, le . Elle est officiellement déclarée par le président Wilson le 6. Les alliés sont en pleine offensive dite de Nivelle qui échouera, entraînant la mort de anglais et . L'objectif du commandement anglais et français vis-à-vis de leur nouvel allié était de fondre les unités américaines dans leurs armées. Mais la volonté du général américain John Pershing, commandant en chef du corps expéditionnaire US était d'abord que ses troupes n'interviendraient que lorsqu'elles seraient prêtes. Ensuite, de constituer une force efficace d'une armée d'un million d'hommes, bien entraînés, bien équipés, et placés sous le seul commandement américain. Pour s'installer en France, le général John Pershing choisit Chaumont dans la Haute-Marne, nœud ferroviaire important. Les éléments précurseurs de ce qui allait notamment devenir la division d'infanterie américaine arrivent en septembre dans la région. En juin/juillet avaient débarqué à Boulogne-sur-Mer. À la fin des hostilités en novembre 1918 les forces américaines monteront jusqu'à .
Premiers combats Le , les deux brigades de la seconde division sont devenues opérationnelles. Le major général O. Bundy en prend le commandement et la division est affectée au corps de la armée française et se déplace au sud-ouest de Verdun. Elle s'installe en position défensive à Ranzière, dans le secteur de Saint-Mihiel ; ce saillant dans le dispositif français tenu par les Allemands depuis trois ans qui est une menace permanente pour les alliés à l'est de Verdun.
Début avril, l'ennemi tenant les hauteurs dominant Montsec les unités de la division lancent des raids d'entraînement au-delà de Seicheprey et dans le bois de Remière qui vont jusqu'au corps à corps.
La bataille du Bois de Belleau Le , à la suite de l'offensive ennemie sur le Chemin des Dames, les lignes françaises sont enfoncées sur une profondeur de , entre Noyon et Reims. Le , la division, forte de dont , reçoit l'ordre de constituer une ligne défensive solide dans le secteur de Château-Thierry. Reprenant aussitôt l'offensive suivant les directives du général Foch, la armée française met la DI à l'épreuve du feu. Dans la nuit du , les Marines et le d'infanterie américain (le en réserve) contre-attaquent et prennent pied dans le bois de Belleau. Le , un bataillon du perd et a . Le , les Marines du général James Harbord forcent le sud du bois de Belleau. Au bout de deux jours, ils ont réduit les points de résistance, fait , se sont emparés de et de leurs réserves de munitions. Soumis pendant dix jours à de violentes contre-attaques, ils parviennent le à chasser les derniers Allemands qui se cramponnaient au coin nord du bois. Ils font encore et, dans la foulée, s'emparent du village de Bouresches. L'ardeur des Marines au combat dans ce « bois de l'enfer» impressionne beaucoup leurs adversaires qui surnomment la division (les « chiens de l'enfer »).
Quelques jours après, le général Jean-Marie Degoutte, commandant la armée française, proclamait à l'ordre du jour :
Par ordre N° « D » du grand quartier général français, du signé par le général commandant en chef Philippe Pétain, la brigade Américaine sous le Commandement du brigadier général James G. Harbord et composée : du régiment des Marines sous le commandement du colonel Wendell C. Nevill; du régiment des Marines sous le commandement du colonel Albertus W. Catlin; du bataillon de Mitrailleuses sous le commandement du major Edward W. Cole; recevra une citation à l'ordre de l'armée française pour cette bataille décisive.
En souvenir de ces hauts faits, un porte-avions léger américain prendra, en pleine guerre du Pacifique en 1942, le nom de USS Belleau Wood CVL24. De 1953 à 1960, sous pavillon français, il sera le PA Bois Belleau.
Depuis 1978, le nom de a été à nouveau donné à un navire de guerre américain, un porte-hélicoptères d'assaut affecté à la flotte du Pacifique et basé à Sasebo au Japon. Pouvant se déplacer à , il peut mettre à terre une force de débarquement de et accueille à décollage vertical, , son radier recelant des chalands de différents types.
Après trois semaines de combat, le bois fut entièrement conquis le . Pendant ce temps, le d'infanterie américain, dans la foulée, barrait la route de la Marne à de Château-Thierry. Au cours de la nuit du , l'attaque de Vaux fut menée par le d'infanterie commandé par le colonel Malone. La DI sera relevée le par la américaine.
La Marne vignette|Le général Lejeune avec le badge de la division.
Afin d'exploiter à fond la percée en direction de la Marne du , les Allemands, le , forts de leurs et de leur artillerie, lancèrent une offensive sur un front de allant de Reims à l'ouest, à Verdun à l'est, offensive qui fut stoppée par les Alliés au bout de trois jours. Le , la DI, en réserve au sud de la Marne, prit position dans les bois de Retz et de Villers-Cotterêt, l'objectif étant la prise de Soissons. Commandée par le général James G. Harbord, appuyée par la US et la marocaine française, elle attaque le long de l'axe Soissons / Château-Thierry et après deux jours de durs combats rompt l'étreinte du saillant de la Marne, forçant les Allemands à la retraite. Dans cette contre offensive la division avança de , fit et captura mais avait perdu . Le , l'ensemble des unités de la division est relevé. Le brigadier général John A. Lejeune prend le commandement de la brigade des Marines. Le 29, le général John Lejeune assume le commandement de la DI ; il est remplacé par le général Neville à la tête de la brigade des Marines. Le , la brigade tient le secteur, calme, de Pont-à-Mousson.