Pierre July , né le à Vitry-le-François (Marne) et mort le à Suresnes (Hauts-de-Seine), est un homme politique français.

Biographie

Fils de commerçants, Pierre July, après des études de droit à Paris, s'établit à Dreux comme avoué plaidant en 1936, succédant à M. CoutantL'Action républicaine du 4 juillet 1936..

Son étude est située à Dreux 33 boulevard Louis Terrier, dans une grande propriété qui est aujourd'hui le domicile de l'ancien maire de Dreux Gérard Hamel (1995-2020), puis, à compter du au numéro 2 du boulevard DuboisJournal L'Action républicaine du samedi 16 septembre 1944..

Lieutenant d’infanterie pendant la Seconde Guerre mondiale, il devient, sous l'Occupation, le chef de la Résistance de la région de Dreux, où il opère avec Maurice Clavel, chargé par le Général de Gaulle de coordonner les Forces françaises de l'intérieur (FFI) du département d’Eure-et-Loir. Maurice Clavel évoque sa figure et son rôle dans la Résistance à travers le personnage de l'avocat Lucy dans "Le Temps de Chartres" (1960). Arrêté par la Gestapo le , Pierre July est torturé puis interné à Compiègne et est condamné à la déportation à Buchenwald, mais parvient à sauter du train qui l'emmène en Allemagne.

Après la Libération, il reprend, avec ses compagnons de la Résistance, le journal l'Écho républicain de Chartres (créé en 1922) dont il prend la direction.

En , il est condamné à 1 200 francs d'amende et à 1 franc symbolique de dommages-intérêts pour avoir publié le dans l'Écho républicain un article dans lequel il insinuait que M. Sarrut, architecte à Dreux, était responsable de son arrestation et au moins complice de l'assassin du capitaine BinoisL'Action républicaine, 28 juillet 1945, p.1 : "Pierre July condamné pour diffamation".

Il est élu membre des deux Assemblées nationales constituantes comme PRL (Parti républicain de la liberté, formation de droite modérée). Sous la République, il siège à l’Assemblée nationale comme député d'Eure-et-Loir de 1945 à 1958 dans les groupes PRL, Rassemblement du peuple français (RPF), Action républicaine et sociale (ARS) qui soutient Antoine Pinay en 1952), Centre National des Indépendants (CNI) et enfin Rassemblement des Gauches Républicaines (RGR), où il rejoint Edgar Faure.

Le , alors qu'il approche de Houdan, il est victime d'un grave accident automobile entraînant une fracture de la hancheL'Action républicaine du 4 décembre 1948 : "M. Pierre July et trois amis drouais grièvement blessés dans un accident de route, à Houdan"..

Pierre July est secrétaire d'État à la présidence du Conseil des du au . À ce poste, il est chargé d'autoriser les candidats à l'École nationale d'administration (ENA) à concourir. Or, il n'apprécie pas l'ENA, qu'il accuse en 1954 d'être une plateforme communiste permettant un noyautage de l’État. Les 3 et , July refuse que cinq ou sept candidats communistes participent au concours. Quelques jours plus tard, un membre de son cabinet déclare à la presse que le gouvernement ne veut accepter aucun candidat communiste à l'ENA ; un débat est organisé à l'Assemblée nationale en , durant lequel July répond aux critiques de divers parlementaires, y compris du gaulliste Louis Vallon. Les personnes dont la candidature a été rejetée introduisent un recours en annulation devant le Conseil d’État, qui leur donne raison dans l'Arrêt Barel du 28 mai 1954, annulant les refus du secrétaire d'État.

July est ensuite ministre des Affaires marocaines et tunisiennes du au dans le gouvernement Faure II : à ce titre, il conclut les Conventions franco-tunisiennes, signées le , selon les lignes tracées par Pierre Mendès France dans son discours de Carthage, et participe à la conférence d'Aix-les-Bains sur le Maroc qui ouvre la voie au retour d'exil du sultan Mohammed V du Maroc puis à l'indépendance du Maroc. Une fois l'affaire marocaine dénouée, il devient ministre délégué à la présidence du Conseil, toujours auprès d'Edgar Faure, poste qu'il occupe jusqu'au .

En , il cède son étude d'avoué-plaidant à Dreux à Pierre CirierL'Écho républicain de la Beauce et du Perche 2 janvier 1957 : "Par arrêté du 29 décembre 1956, publié au Journal Officiel, M. Pierre Cirier est nommé avoué près le tribunal de première instance de Dreux. Me Cirier succède ainsi à Me Pierre July en son Étude du boulevard Louis-Terrier....

Après quelques tentatives électorales infructueuses au début de la République, il retourne définitivement au barreau, à Paris, et se spécialise dans les affaires internationales. Il défend notamment, à Alger, Hocine Aït Ahmed, qui fut l'un des dirigeants historiques du FLN.

Le , il reçoit à Dreux, en présence d'Edgar Faure et d'André Laignel, des mains d'Edmond Michelet, Garde des Sceaux, la croix d'officier de la Légion d'HonneurJournal "L'Action Républicaine" du 16 décembre 1960 : "En présence de très hautes personnalités politiques, M.Michelet a remis la Croix d'officier de la Légion d'honneur à M. Pierre July" ..

Pierre July est père de dix enfants, nés de 1932 à 1950 : Bernard, Jeanne-Marie (épouse d'Hervé Arène), Michèle, Françoise (mariée avec Jacques Baldassari), Dominique, Catherine (mariée avec Friedroch Breuer, Allemand), Marie-Pierre, Claude, Pierre-Étienne (1943) et Clotilde. En 1952, son épouse, née Mauclaire, reçu des mains de Paul Ribeyre, ministre de la Santé publique, la médaille d'or de la famille françaiseL'Écho républicain de la Beauce et du Perche, 20 juin 1952.

Domicilié à Paris 16° 66, rue Spontini, il meurt à Suresnes le . Ses obsèques ont lieu le à l'Église Saint-Honoré-d'Eylau. Il est inhumé au cimetière de Vitry-le-François.

Décorations Commandeur de la Légion d'honneur Croix de guerre 1939-1945 Médaille de la Résistance Médaille des évadés Médaille de la déportation et de l'internement pour faits de résistance Décorations marocaines et tunisiennes : Grand croix du Ouissam Alaouite et Grand croix du Nicham Istika

Ouvrage

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Élections constituantes de 1945 en Eure-et-Loir Liste des députés d'Eure-et-Loir

Liens externes

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