L'abbaye de Parc est une abbaye de chanoines prémontrés située à Heverlee, en Belgique, près de Louvain. Elle est fondée en 1129 sur des terres données aux Prémontrés de Laon par le duc de Brabant Godefroid le Barbu.
En 1789, l'abbaye est fermée par les troupes de Joseph II, mais elle reste entre les mains des chanoines prémontrés. Les religieux sont chassés à nouveau en 1793, cette fois par le pouvoir révolutionnaire français. Avec l'indépendance de la Belgique de 1830 et la liberté religieuse garantie par la constitution du jeune pays, l'abbaye peut revivre. Les religieux poursuivent leur ministère dans les paroisses des environs. L'abbaye participe aussi au mouvement missionnaire du , comme au Brésil en 1894.
Située à proximité de l'université de Louvain, Parc est encore un haut-lieu de la culture religieuse. Trois revues sont publiées par l'abbaye, et une école est ouverte pour les enfants d'Heverlee. Une association des « Amis de l'abbaye », fondée en 1929, contribue à la découverte de son patrimoine, à l'entretien des jardins et au soutien de son rayonnement. Depuis 2012, l'abbaye a entrepris une grande campagne de travaux de restauration qui s'achèvera à l'horizon de son .
De grands souvenirs historiques se rattachent à l'abbaye de Parc, puisqu'à différentes époques, le duc d'Albe, le prince d'Orange, Érasme, le roi d'Angleterre Guillaume III et le roi de France Louis XV y séjournèrent.
Histoire
Origine de la fondation En 1129, des chanoines prémontrés venant de Laon, dans le Nord de la France, s'installent sur des terres offertes par Godefroid le Barbu, duc de Brabant.. Le nom canonique de cette première communauté religieuse est Conventus Sanctae Mariae de ParcoCette communauté religieuse est connue sous le nom d'abbaye Parc, et non pas d'abbaye Parc , comme on l'entend souvent. Le nom actuel renvoie à l'ancien parc ducal, ces terres, octroyées aux religieux, étant autrefois terrain de chasse du duc de Brabant...
Travaux agricoles et religieux Le est celui du travail car les terres sont à défricher, les chanoines étant des pionniers dans le domaine de l'agriculture et venant en aide à une population très pauvre. Les religieux s'adonnent au travail manuel et aux sciences ecclésiastiques, transcrivent et enluminent maints manuscrits, chantent les louanges du Seigneur à l'église et aux champs.. Cette première église ou plutôt chapelle, dédiée à la Vierge, aux proportions restreintes et d'apparence toute simple, est construite à partir des restes d'un manoir ducal ancien..
Ce premier siècle d'existence est aussi celui de la lutte car les chanoines combattent les restes du tanchélisme qui s'est répandu dans la région.
Développement rapide Trois ans après la fondation, l'institution étant organisée et le nombre de religieux suffisant, ces derniers se choisissent alors un abbé en la personne de Simon de Saint-Maurice.
La vie austère des religieux frappe les gens du monde et attire vers eux les fils de manants comme ceux des seigneurs. Les donateurs, pris dans l'émulation, les comblent de biens, ce qui fait que l'abbaye connait rapidement la prospérité. Les chanoines établissent une nouvelle colonie à Runckelen en 1134, érigent dans la même année un hôpital avec une chapelle à Scoenderbueken sous Sichem, et en 1137, une nouvelle fondation voit le jour à Ninove..
Suivant leur vocation particulière de Prémontrés, les religieux de l'abbaye de Parc prennent la responsabilité pastorale de nombreuses paroisses des environs.
: splendeur de l'abbaye
Durant le , l'abbaye de Parc devient de plus en plus prospère, du fait d'une bonne gestion mais aussi de la générosité des fidèles.. Ses religieux recueillent du foncier, tant à l'achat qu'à titre gratuit, mais acquièrent aussi un grand nombre de redevances annuelles, comme ce que rapportent les livres censiers de l'époqueLe livre censier de 1295 nous montre que des droits féodaux sont encore en vigueur. Ces droits sont d'anciens restes du servage féodal et sont entièrement abolis en 1308, le livre censier de cette année n'en faisant plus état. En 1295, les manants de quelques localités qui relevaient de l'abbaye de Parc devaient payer une redevance pour un mariage, à la vente d'un bien, etc.. Les redevances annuelles se payent en argent, en produits agricoles, en services, mais aussi des instruments aratoires comme des faux, des serpes ou des fourches..
Un siècle après sa fondation, l'abbaye atteint ainsi toute sa splendeur et peut rivaliser avec d'autres monastères célèbres.
Cela étant, vers la fin de ce , la prospérité n'exempte pas les chanoines de difficultés, car, tout d'abord la famine éclate et désole tout le pays durant cinq ans, ensuite les chanoines doivent défendre âprement leurs droits face aux ennuis provenant de leurs propriétés et des églises, devant faire respecter les dîmes et les privilèges..
: siècle le moins beau de toute l'histoire
Le est le siècle le moins beau de toute l'histoire de l'abbaye. D'abord, sur le plan climatique, l'hiver de l'année 1304 est extrêmement rigoureux et la disette se fait sentir. De plus, une pluie dévastatrice s'abat durant dix mois sur le pays. Les champs sont ravagés, avec pour conséquence la famine, suivie de la peste..
Par ailleurs, l'abbaye souffre grandement de l'émeute de Louvain de 1379 quand le peuple jette les patriciens par les fenêtres. Des gens armés de glaives viennent alors à l'abbaye, fracturent les portes et volent dans l'église.
: restauration des biens et de la discipline
La mauvaise période prend fin au . La communauté vise maintenant la restauration des biens, l'observance et la réforme de la discipline, la lutte contre les commendes..
: troubles intérieurs dans le pays vignette|upright|Érasme.
Au , l'abbaye lutte contre les troubles intérieurs du pays en patriote et en défendant les droits de son ordre de rattachement. Dans la réorganisation des évêchés, elle échappe à l'incorporation en n'ayant pas d'évêque à sa tête comme à Tongerlo ou à Affligem..
L'abbaye de Parc échappe au vandalisme des iconoclastesQuand le prince d'Orange vint assiéger la ville de Louvain avec une armée composée de calvinistes et d'iconoclastes, le prince, après avoir mis le feu à l'abbaye de Vlierbeek, a établi son quartier-général à Parc, et il empêcha ses troupes de piller et d'endommager l'église du monastère. mais les chanoines sont continuellement troublés par des bandes qui ravagent le pays.. Les religieux doivent quitter leur monastère et se réfugier à Louvain pendant huit ans.. L'abbé lui-même, fidèle au pays et n'épousant nullement les idées du prince d'Orange, s'exile à Liège. La communauté réintègre son couvent après la délivrance de Bruxelles par Alexandre Farnèse mais les déprédations continuent, l'abbaye ayant failli être complètement incendiée. Après ces temps malheureux, la pauvreté règne à l'abbaye de Parc.
Sur un plan culturel, Érasme rend visite à l'abbaye et découvre, en 1504, le manuscrit des annotations au Nouveau Testament de Lorenzo Valla..
: retour d'une certaine prospérité vignette|gauche|upright|Cornelius Jansen, le « père » du jansénisme.
Les guerres de Religion terminées, l'abbaye retrouve une certaine prospérité au . Les archiducs remettent à l'honneur la dignité d'archichapelain et de confesseur perpétuel de l'abbé de Parc, lui permettant de célébrer lors des grandes festivités. En outre, l'abbaye de Parc est citée en exemple dans le domaine des études et de la discipline religieuse.
Toutefois, les guerres de Louis XIV et le séjour de Guillaume III à l'abbaye ont perturbé quelque peu son bon fonctionnement..
C'est véritablement un siècle d'évolution et de progrès, hormis, selon J.E. JansenJ.E. Jansen est chanoine de l'abbaye de Parc, archiviste de la ville de Turnhout et membre titulaire de l'Académie royale d'archéologie de Belgique., le point noir qu'est le Jansénisme, doctrine qui s'est répandue en Belgique et parmi les professeurs de l'université de Louvain..
: période de calme relatif avant 1789 vignette|redresse|Louis XV de France.
Le est une période plus calme pour l'abbaye, plus intérieure, période qui lui permet de mener des études plus approfondies. Cependant, les campagnes de Louis XV ne sont guère favorables à une grande activité.
1789-1830 : fermeture, suppression et restauration
La fin du est dramatique pour l'abbaye de Parc. Le , le monastère est fermé par les troupes de Joseph II, car les chanoines refusent d'envoyer leurs étudiants au séminaire théologique ouvert par l'empereur à Louvain. Revenus en 1791, les religieux sont à nouveau chassés en 1793, cette fois par le pouvoir révolutionnaire français. En 1797, le général Jean-Baptiste Jourdan et son armée de Sambre-et-Meuse, ayant permis à la France d'annexer la Belgique, fait de l'abbaye son quartier général..
Le désastre n'est pas total cependant, car la communauté de Parc a confié une bonne partie de ses trésors artistiques et religieux à des amis en Allemagne, Hollande et chez des particuliers à Bruxelles. De plus, contrairement à beaucoup d’autres abbayes, Parc traverse la période révolutionnaire française sans dégât majeur. Les bâtiments sont épargnés car immédiatement rachetés (en 1797) par un ami sollicité par les chanoines. Les religieux, qui sont encore une soixantaine, sont dispersés dans les paroisses qu'ils desservaient, ou rentrent dans leur famille.
De 1797 à 1834, l'abbaye de Parc n'existe pas officiellement. En fait, dès 1802, quelques chanoines se risquent à un retour. En 1828, pour survivre, ils sont contraints de vendre des biens immobiliers (brasserie, forge et moulin), du mobilier (stalles, vitraux et cloître) et des livres de la bibliothèque..
Avec l'indépendance de la Belgique de 1830 et la liberté religieuse garantie par la constitution du jeune pays, l'abbaye peut revivre. Les bâtiments sont rendus aux Prémontrés et, le , dix religieux, tous curés dans des paroisses des alentours, reprennent la vie conventuelle..
: renaissance et mouvement missionnaire vignette|droite|upright|L'abbé Alois Jacques Franck.
En 1872, la dignité abbatiale est rétablie avec la consécration, à l'abbaye de Grimbergen, d'Alois Jacques Franck comme abbé de Parc. L'abbaye participe au mouvement missionnaire du . Une mission est ouverte au Brésil en 1894. François Versteylen, abbé de 1887 à 1897, en est l'initiateur..
: référence dans les domaines religieux et patrimonial
L'abbé Quirin Gilles Nols succède à l'abbé François de Paule Adrien Versteylen et dirige l'abbaye durant près de , entre 1897 et 1936. Trois revues sont publiées et une école est ouverte pour les enfants d'Heverlee. Située à proximité de l'université de Louvain, l'abbaye est encore un haut lieu de la culture religieuse. En 1929, les religieux forment une communauté de .. Sa bibliothèque travaille en liaison avec l'université. L'église est devenue paroissiale.
Une association des « Amis de l'abbaye », fondée en 1929, contribue à la découverte de son patrimoine, à l'entretien des jardins et au soutien de son rayonnement..
En 2007, l'œuvre Aide à l'Église en détresse fondée par Werenfried van Straaten, moine de l'abbaye de Tongerlo, avait son siège national à l'abbaye de Parc.
2012-2025 : travaux de restauration vignette|gauche|redresse|Portail Saint-Norbert en restauration. L'abbaye est habitée depuis des siècles et des siècles par une communauté de Prémontrés, laquelle perpétue la tradition, les religieux poursuivant l'action pastorale en 2019.. L'intérieur du monastère et l'apparence des bâtiments n'ont quasiment pas changé au fil des siècles. Les édifices comme la ferme, le moulin à eau, l'église et les guérites, sont restés en l'état depuis le .
L'abbaye a entrepris des travaux de restauration qui s'achèveront à l'horizon de son .. Au cours de cette période, certaines parties du site ne sont plus accessibles au public, mais, en 2019, on peut encore s'appuyer sur les structures suivantes :