Junius Richard Jayewardene, dit J. R. (en et en ), né le à Colombo où il est mort le , est un homme d'État sri-lankais, deuxième président de la République de 1978 à 1989 et Premier ministre de 1977 à 1978.
Chef du mouvement nationaliste de Ceylan, il occupe plusieurs positions ministérielles dans les décennies suivant l'indépendance. Membre de longue date du Parti national uni, il dirige le parti lors de l'éclatante victoire aux législatives de 1977. Servant comme premier ministre pendant une demi année, il devient le premier président officiel après l'adoption de la Constitution du Sri LankaLe premier président en exercice étant l'ex-gouverneur général William Gopallawa devenu de facto président lors de l'adoption de la constitution en mai 1972.
Figure controversée de l'histoire sri-lankaise, il ouvre l'économie sri-lankaise en 1978, ce qui constitue le point de bascule vers l'ère néolibérale. Cependant, ses actions en réponse aux émeutes du Juillet noir de 1983 ont été accusées d'avoir attisé les évènements conduisant au début de la guerre civile.
Biographie Jeunesse left|upright|thumb|270px|J. R. avec ses parents et frères et sœurs.
Né à Colombo dans la notable , J. R. est le plus vieux d'une famille de douze enfants. Son père est l'avocat et juge et sa mère est Agnes Helen Don Philip Wijewardena, fille du marchand de bois et Tudugalage Don Philip Wijewardena. Ses frères inclus l'avocat et le Dr . Son oncle est le colonel , le juge et le propriétaire de médias D. R. Wijewardena..
Éducation Recevant une éducation primaire au de Colombo, Jayewardene entre au pour son éducation secondaire. Au collège, il excelle dans les sports dont au cricket, participant aux série en 1925, au rugby en tant que capitaine de l'équipe lors du tournoi annuel Royal-Trinity Encounter de 1924 (plus tard ), ainsi qu'au football Remembering the most dominant Lankan political figure JR's 10th death anniversary today.
Suivant la tradition familiale, Jayewardene entre au en 1926 pour suivre une formation d'avocat. Il fréquente ensuite le en 1928. Sur place, il fonde avec Solomon Bandaranaike l'union étudiante en se basant sur la Oxford Union Society. En 1929, il remporte la Hector Jayewardene Gold Medal et la Walter Pereira Prize. Durant cette période, il travaille dans le cabinet d'avocat de son père en tant que secrétaire privé et plus tard lorsque ce dernier est nommé juge à la Cour suprême en . En 1931, il passe ses examens d'avocat et débute une pratique en tant que membre de lLUnofficial Bar désigne les avocats de pratique privée en opposition aux avocats travaillant pour le (Official Bar)..
Mariage Jayewardene marie le , fille unique de Nancy Margaret Suriyabandara et Gilbert Leonard Rupasinghe. Le fils unique du couple, Ravi Jayewardene, naît l'année suivante Tribute: My father had many facets, not many faces. Daily News (Sri Lanka), retrouvé le 3 avril 2018.. Initialement installé dans une maison nommée , la famille déménage dans une nouvelle maison nommée Humble son of a humble President.
Début en politique left|thumb|280px|Le premier cabinet des ministres de Ceylan
Ayant un intérêt pour la politique nationale et développant des opinions nationalistes pendant ses années d'études, Jayewardene se convertit de l'anglicanisme au bouddhisme et adopte les tenues traditionnelles "JRJ's 102nd birth anniversary on Sept. 17" .
Malgré ses étudies, il ne pratique pas le droit pendant une longue période. En 1943, il quitte le droit pour devenir activiste au sein du (CNC) qui permet au mouvement nationaliste ceylanais d'avoir une plateforme pour ses revendications. En 1939, il devient secrétaire du mouvement et partage la charge avec Dudley Senanayake. L'année suivante en 1940, il est élu au et représente le district de New Bazaar.
Conseil d'État Élu au Conseil d'État de Ceylan à la suite d'une élection partielle pour le district de Kelaniya en 1943, il remplace le député démissionnaire D. B. Jayatilaka. Sa victoire est résultante d'une campagne anti-chrétienne contre son opposant nationaliste E. W. Perera. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Jayewardene et d'autres nationalistes contactent les Japonais afin d'entamer une rébellion permettant de chasser les Britanniques de l'île. En 1944, il propose une motion au Conseil d'État afin de remplacer l'anglais par le singhalais en tant que langue officielle.
Premier ministre des Finances de Ceylan Après avoir joint les rangs du Parti national uni et contribué à sa fondation en 1946, il est réélu dans Kelaniya lors des législatives de 1947. Il est rapidement nommé ministre des Finances dans le cabinet de D. S. Senanayake. Initiant des réformes suivant l'indépendance, il contribue à la mise sur pied de la Banque centrale de Ceylan avec l'aide de l'économiste américain John Exter. En 1951, il fait partie d'un comité dirigé par et chargé de choisir un hymne national. L'année suivante, il est élu président de l'organisme de Ceylan. Jayewardene joue aussi un rôle majeur dans la réintroduction du Japon dans la communauté mondiale avec la signature du Traité de San Francisco, lors de la conférence de San Francisco. Ayant de la difficulté à équilibrer le budget en raison des dépenses publiques en fortes croissances, il est tout de même réélu en 1952 et conserve la gestion de ce ministère.
Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation En 1953, sa proposition de couper l'aide accordée à plusieurs personnes en dépendant pour survivre provoque les évènements nommée . Suivant la démission du premier ministre Dudley Senanayake, son remplaçant John Kotelawala maintien Jayewardene au cabinet, mais au portefeuille de l'Agriculture et de l'Alimentation et .
Défaite et opposition Kotelawala déclenchant des élections au début 1956, il subit une défaite avec son Parti national uni (UNP) face aux socialistes et à la coalition nationaliste dirigée par le Parti de la liberté du Sri Lanka de Solomon Bandaranaike. Défait dans sa circonscription de Kelaniya par . Ce dernier s'était présenté dans Kelaniya, mais également dans la circonscription dans sa propre circonscription de Dambadeniya, à la suite de son obligation de quitter le parti.
Perdant son siège au parlement, Jayewardene milite pour que le parti prenne une voie nationaliste et soutienne le Sinhala Only Act. Lorsque Bandaranaike approuve une entente pour régler les problématiques avec les minorité contre la loi avec S. J. V. Chelvanayakam en 1957, Jayawardene mène la marche sur Kandy contre l'entente, mais est stoppé à Imbulgoda par . Au même moment, le journal Siyarata, organe de presse officiel de l'UNP, publiait plusieurs articles anti-tamouls, incluant des poèmes et des appels aux meurtres. Durant les années 1960, une mésentente avec le chef du parti Dudley Senananyake survient, alors que Jayewardene croyait que le parti devrait prendre la voie ethnique même si cela entraînerait la perte du soutien des minorités ethniques.
Ministre des Finances Jayewardene devient vice-président et organisateur en chef de l'UNP et remporte l'élection législative de mars 1960. Élu dans Kenlaniya, il est à nouveau nommé ministre des Finances. Cependant, le gouvernement demeure en poste seulement trois mois et perd l'élection de juillet 1960 face à la veuve de Bandaranaike, Sirimavo. Jayewardene demeure au parlement et siège dans l'opposition et représente la circonscription de .
Ministre d'État left|thumb|150px|J. R. Jayewardene dans les années 1970.
L'UNP remporte l'élection de 11965 et forme un gouvernement de coalition avec le (SLFP) de . Jayewardene est réélu sans opposition dans Colombo South et est nommé whip en chef du gouvernement. Il entre ensuite au cabinet de Senanayake au poste de ministre d'État et de secrétaire parlementaire du ministre de la Défense et des Affaires étrangères, ainsi que de facto vice-Premier ministre. Jusqu'alors, aucune gouvernement n'avait envisagé le développement de l'industrie touristique avant que Jayewardene hérite de cette compétence. Voyant en le tourisme une grande industrie permettant d'obtenir des devises étrangères, ainsi que l'arrivée de plusieurs travailleurs étrangers et d'obtenir des emplois de hauts niveaux. Dans ce domaine, il contribue à l'adoption du Ceylon Tourist Board Act No 10 of 1966 et ensuite du .
Chef de l'opposition Subissant une défaite majeure en 1970, l'UNP voit sa coalition avec le SLFP se rompre avec l'alliance de ce dernier avec sa gauche. La nouvelle coalition remportant alors les 2/3 des sièges au parlement, Jayewardene est néanmoins réélu et devient chef de l'opposition lorsque Senanayake tombe malade et meurt en 1973. Bien qu'il soit dans l'opposition, il donne son soutien au gouvernement lors de la révolte ceylanaise de 1971 malgré son arrestation par la police durant ces évènements. En 1972, il estime que l'adoption de la constitution républicaine serait dommageable pour l'économie du pays à long terme. Celle-ci comprenait la mise en place d'une économie plus planifiée avec de nombreuses nationalisations d'entreprises et de terres. En 1976, il démissionne de son siège au parlement afin de protester contre la prolongation du gouvernement de la durée du mandat de deux ans supplémentaires, à la faveur de sa majorité parlementaire, l'établissant alors à six ans.
Premier ministre 250px|thumb|right|Le président William Gopallawa et le premier ministre J.R. Jayewardene avec le cabinet des ministres après l'assermentation en 1977.
Profitant de la colère croissante contre le gouvernement mené par le SLFP, Jayewardene conduit l'UNP à une victoire électorale décisive lors des législatives de 1977. L'UNP remporte alors cinq sixièmes des sièges au parlement. Élu dans la circonscription de , Jayewardene devient premier ministre et est appelé à former un .
Président de la république Peu après sa nomination comme premier ministre, il ammende la afin de faire de la fonction présidentielle un poste exécutif. L'amendement le nomme automatiquement président et il prête serment le . Une nouvelle constitution entre est votée le et entre en vigueur le . Il décide alors de transférer la capitale de Colombo à Sri Jayawardenapura Kotte. Simultanément, la candidate présidentielle Sirimavo Bandaranaike est privée de ses droits civiques et interdite de se présenter au élection pendant six ans en raison de sa décision de prolonger son mandat. Se faisant, le SLFP n'est pas en mesure de présenter un candidat suffisamment fort contre Jayewardene lors de la présidentielle de 1982. En 1983, il tient un référendum afin d'annuler les élections législatives de 1983 et permettant alors au parlement élu en 1977 de poursuivre son travail jusqu'en 1989. Il contribue aussi à l'adoption d'un amendement interdisant l'accès au Parlement à tout député soutenant le séparatisme, dont sa principale opposition en le Tamil United Liberation Front.
Économie Sa gestion entraine un bouleversement en matière économique par rapport aux politiques précédentes qui avait conduits à une période de stagnation. Il ouvre alors l'économie sous contrôle de l'État vers une économie dictée par les forces du marché.
Il réduit drastiquement les aides alimentaires gouvernementales, en dépit de ses promesses de campagne.
Il lance aussi un large programme de développements de projets d'infrastructure, ainsi qu'un programme de développement immobilier pour répondre à la pénurie. Le permet aussi la construction de nouveaux réservoir et de grands projets hydroélectriques tels que , , , et Ulhitiya. Plusieurs canaux d'irrigations sont également construit afin d'alimenter les zones arides.
Conservation Son administration initie l'établissement de plusieurs zones de préservation entre autres par l'arrêt de l'exploitation forestière dans les forêts humides comme la réserve forestière de Sinharâja qui devient réserve mondiale de biosphère en 1978 et Patrimoine mondial en 1988}.
Militantisme tamoul et guerre civile