Gérard Araud, né le à Marseille, est un ancien diplomate français, élevé à la dignité d'ambassadeur de France.
De à , il est ambassadeur de France aux États-Unis, après avoir été représentant permanent de la France auprès des Nations unies à New York. Il avait été auparavant directeur général des affaires politiques et de sécurité au ministère des Affaires étrangères.
Le , il fait valoir ses droits à pension et il quitte ses fonctions. En 2021, il est épinglé par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique pour avoir rejoint, sans autorisation, le secteur privé, en travaillant pour l'entreprise israélienne de sécurité informatique NSO Group — conceptrice du logiciel espion Pegasus —, ainsi que pour les sociétés Kering et Albright Stonebridge Group..
Biographie Origines et formation Gérard Araud naît dans une famille de la petite bourgeoisie marseillaisebiographie de Gérard Araud sur le site de l'ambassade de France aux États-Unis.. Il est orienté par son père vers les sciences exactes. Il a un frère, médecin.
Il est élève en classes préparatoires scientifiques au lycée Thiers., puis intègre l'École polytechnique (X1973). Il choisit comme école d'application l'École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE), promotion 1978.
Voulant , il étudie à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po), section Service public, dont il sort diplômé en 1978.. Il intègre ensuite l'École nationale d'administration (ENA), dans la promotion Henri-François-d'Aguesseau (1982).
Carrière À la sortie de l'ENA, il choisit la carrière diplomatique plutôt que la direction du Budget.. Premier secrétaire d'ambassade à Tel Aviv (1982-1984), il est ensuite affecté trois ans, à Paris, au Centre d'analyse et de prévision du ministère des Affaires étrangères, où il traite des questions du Moyen-Orient. Conseiller à l'ambassade de France à Washington de 1987 à 1991, il y est également chargé du Moyen-Orient. Sous-directeur des affaires communautaires au ministère des Affaires étrangères entre 1991 et 1993, il devient conseiller diplomatique au cabinet de François Léotard, ministre d'État, ministre de la Défense, de 1993 à 1995.
Il rejoint à Bruxelles la délégation de la France auprès du Conseil de l'Atlantique nord en 1995 comme représentant permanent adjoint et devient en 2000 directeur des Affaires stratégiques, de sécurité et du désarmement du ministère des Affaires étrangères. Il est ambassadeur de France en Israël de 2003 à 2006. À ce poste, il se forge la conviction, selon Le Figaro, que la France doit réintégrer le commandement militaire de l'OTAN, en rupture avec la doctrine gaullisteCaroline Bruneau et Alain Barluet, « Syrie : le coup de sang de l'ambassadeur de France », lefigaro.fr, 13 décembre 2011..
En , Gérard Araud est nommé directeur général des affaires politiques et de sécurité, secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères. Dans ces fonctions, il est notamment le négociateur pour la France sur le dossier nucléaire iranien. Le , il est nommé, par décret en Conseil des ministresDécret du 15 juillet 2009 portant nomination d'un représentant permanent de la France au Conseil de sécurité et chef de la mission permanente française près les Nations unies à New York - M. Araud (Gérard), JORF 162 du 16 juillet 2009, texte 59, NOR MAEA0910512D., représentant permanent de la France au Conseil de sécurité et chef de la mission permanente de la France auprès des Nations unies à New York. Il remet ses lettres de créance à Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, le « Le nouveau représentant permanent de la France auprès des Nations unies présente ses lettres de créance », communiqué du Département de l'information de l'Organisation des Nations unies, 10 septembre 2009..
Sa mission auprès de l'Organisation des Nations unies est marquée par la négociation et le vote de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité marquantes, en particulier sur l'Iran (résolution 1929), la Libye (résolutions 1970 et 1973 ouvrant la voie aux bombardements en Libye)Gérard Araud, l'homme de la guerre en Libye, lejdd.fr, 5 juin 2011. Cette dernière résolution permettra l'intervention militaire de 2011 en Libye et aura pour conséquence la destruction de l'État libyen dont le pouvoir local est assuré de facto par des tribus régionales, les succès de l'islamisme dans la région et la déstabilisation de l'ensemble de la zone sahélo-saharienneMali : quel rôle pour la France?, Arnaud Focraud, Le JDD.fr, 4 avril 2012. entraînant notamment le coup d'État de 2012 au Mali« Chaos malien Le bilan désastreux de la géopolitique française », Rosa Moussaoui et Hassane Zerrouky, L'Humanité.fr, 11 avril 2012..
Il est alors décrit selon Le Figaro comme « le tenant au Quai d'Orsay d'un « néo-conservatisme » à la française, inspiré par les positions de ce courant politique américain influent au début du mandat de George W. Bush. ». Pour Slate, Gérard Araud est « l'un des diplomates les plus va-t-en-guerre de Paris »Colum Lynch, «[Gérard Araud, le nouvel ambassadeur de France aux Etats-Unis, verra-t-il son légendaire franc-parler dompté par Washington? »], slate.fr, 17 septembre 2014.. En 2011, il explique ainsi que le régime syrien n'a plus d'avenir, soutenant que Bachar el-Assad « doit partir... parce qu'il ne peut plus être partie d'une solution »« Bachar al-Assad doit partir ! », leparisien.fr, 17 décembre 2011..
Il joue également un rôle marquant dans les résolutions concernant la Syrie (résolution 2118), la Côte d'Ivoire (résolution 1975), le Mali (résolutions 2056 et 2071) et la République centrafricaine (résolution 2127) notamment. Il assure au nom de la France la présidence mensuelle du Conseil de sécurité en , , et .
Le , par décret pris en Conseil des ministres, il est élevé à la dignité d'« ambassadeur de France ».
Le , il est nommé par décret du président de la République. ambassadeur auprès des États-Unis d'Amérique. Il commence son mandat sous l’administration de Barack Obama avec lequel il aura plusieurs entretiens en particulier en 2015 à l’occasion de l'attentat contre Charlie Hebdo et de la prise d'otages du magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes puis après les attentats du 13 novembre..
vignette|Barack Obama signant devant Gérard Araud le registre de condoléances à l'ambassade de France aux États-Unis à la suite des attentats de janvier 2015 en France.
En , il commente l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis par deux tweets : et « Victoire de Trump: Tollé après deux tweets de l'ambassadeur français aux Etats-Unis », 20minutes.fr, 9 novembre 2016.. Ces mots choquent aux États-Unis comme en France et il est alors la cible de nombreuses critiques lui reprochant de manquer au devoir de réserve auquel il est soumis« Election américaine : le tweet exagéré d’un ambassadeur de France aux Etats-Unis dégoûté », lemonde.fr, 9 novembre 2016.. La chaîne Fox News reprend aussitôt le tweet pour le dénoncer« Désemparé par le résultat de l'élection américaine, Gérard Araud, l'ambassadeur français aux Etats-Unis se fait incendier sur Twitter », huffingtonpost.fr, 9 novembre 2016.. Pour The Daily Mirror, les remarques de l'ambassadeur sont « d'autant plus étonnantes » que celui-ci devra travailler avec Trump et son équipe, une fois celui-ci investi président « French ambassador to the US says the "world is collapsing" as Donald Trump looks set to become President », mirror.co.uk, 9 novembre 2016.. Gérard Araud s'explique dans L'Opinion. et Politico.. La présidente du Front national Marine Le Pen ayant exigé son rappel, le ministre Jean-Yves Le Drian ne veut pas céder à cette pression et le maintient finalement à son posteDamien Augias et Nonfiction, « Le Quai d'Orsay comme si vous y étiez », Slate, 11 avril 2020..
En , il prend position contre la candidate d'extrême droite Marine Le Pen, à la suite de Thierry Dana, ambassadeur à Tokyo« Un ambassadeur de France refusera de "servir" Le Pen si elle est élue », Le Point, 8 mars 2017.. Il devient le conseiller diplomatique d'Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle de 2017 et, à ce titre, l'un des trente proches les plus influents du candidat selon Les Décodeurs du Monde..
Lors de son départ à la retraite, alors qu'il est ambassadeur aux États-Unis, il qualifie Israël « d'État d'apartheid ».
Après son départ à la retraite en , il devient conseiller de l’entreprise israélienne de sécurité informatique NSO Group afin de ., éditrice du logiciel espion Pegasus et rejoint également la société de communication Richard Attias & Associates, détenue pour moitié par un fonds souverain saoudien.. L'ancien ambassadeur fait l’objet, en 2021, « d’importantes vérifications » de la part de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, et d’un signalement pour « intelligence avec une puissance étrangère » auprès de la procureure de ParisVanessa Ratignier et Emmanuel Lévy, « "Intelligence avec une puissance étrangère" : l'ex-ambassadeur Gérard Araud visé par un signalement », marianne.net, 4 octobre 2021... Pour ses activités avec NSO Group, il subit une retenue de sur sa retraite de haut fonctionnaire en tant que ministre plénipotentiaire hors classe ayant fait valoir ses droits à la retraite..
En 2024, il est élu à la présidence de la Société des amis du Louvre, et succède à Louis-Antoine Prat.
Enfin, il est critique de la réponse israélienne aux attentats du 7 octobre 2023. Il accuse, néanmoins, à tort l’armée israélienne de certains bombardements à Gaza.
Vie privée Gérard Araud est en couple avec le photographe Pascal Blondeau depuis 1995..
Publications Passeport diplomatique : quarante ans au Quai d'Orsay, Paris, Éditions Grasset, 2019, 384 p. Henry Kissinger : le diplomate du siècle, Paris, Tallandier, 2021, 336 p. Histoires diplomatiques : Leçons d'hier pour le monde d'aujourd'hui, Paris, Éditions Grasset, 2022, 320 p. Nous étions seuls : une histoire diplomatique de la France 1919-1939, Paris, Tallandier, 2023, 336 p. Israël : Le piège de l’histoire, Paris, Tallandier, 2024, 208 p. Leçons de diplomatie : La France face au monde qui vient, Paris, Tallandier, 2025, 298 p.
Distinctions (2013 ; chevalier en 2004). (2006) Élevé à la dignité d'ambassadeur de France (2012)Décret du 5 janvier 2012 élevant à la dignité d'ambassadeur de France un ministre plénipotentiaire - M. Araud (Gérard), JORF du 6 janvier 2012, texte 48, NOR MAEA1135033D.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Gaspard Dhellemmes, « L'homme qui a dit no », Vanity Fair n°73, , p. 82-87.
Articles connexes Ambassade de France aux États-Unis Liste des représentants permanents de la France au Conseil de sécurité de l'ONU Représentations diplomatiques de la France
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