La passe de Darial (en , en , en ) est un passage naturel au centre de la crête du Grand Caucase, entre la Géorgie et la Russie. Elle est constituée par le défilé du cours supérieur du Terek qui au niveau de la frontière entre la Russie et la Géorgie perce entre deux murs quasi verticaux élevés de et constitue une gorge à une altitude de . Située à l'est du mont Kazbek, elle est traversée par la route militaire géorgienne, voie importante qui relie Tbilissi, capitale de la Géorgie, à Vladikavkaz, en Russie. Les postes-frontières sont situés de part et d'autre de la passe (Verkhni Lars).

Étymologie

Le nom Darial provient de Dār-e Alān qui signifie « Porte des Alains » en persan. La gorge, aussi dénommée « Porte des Ibères » ou « Porte du Caucase », apparaît dans les annales géorgiennes sous les noms de Ralani, Dargani, Darialani. Les Tatars l'appellent Darioly. Strabon la dénomme Porta Caucasica ou Porta Coumana ; Ptolémée, Fortes Sarmatica. Elle est aussi dénommée « Porte d'Alexandre », à l'instar de la porte naturelle à travers le Caucase à Derbent.

La passe de Darial est une des localisations des « Portes de fer »Claude et René Kappler, dans Guillaume de Rubrouck, Voyage dans l'empire mongol, Payot, 1985, p. 270. qui, selon la légende, auraient été édifiées par Dhû-l-Qarnayn pour contenir les peuples du Nord (Gog et Magog), légende que l’on trouve dans le Pseudo-Callisthène et dans la sourate 18 du Coran. D'après les recherches d'As-Syohârwî, Cyrus II (Dhu-l-Qarnayn mentionné dans la sourate 18 du Coran) aurait construit ce mur autrefois pour empêcher les Scythes (qu'il assimile donc à Gog et Magog) de venir piller les cités situées en deçà du massif.

Importance historique vignette|gauche|Vue de la passe de Darial en 1906.

Darial, seul passage naturel à travers le CaucaseDeux autres routes traversent le Caucase : la route militaire d'Ossétie et la route transcaucasienne. Elles empruntent deux cols à et ., est un accès historiquement stratégique. Le passage a été très tôt fortifié, au moins depuis 150 ; les ruines d'une ancienne forteresse russe sont toujours visibles, celles du château de Tamar qui protégeait une section de la route militaire géorgienne à l'extrémité nord de la gorge. Vers la fin de l'Antiquité, dans la culture gréco-romaine, le col du Daria constituait la frontière entre le monde connu (oïkoumène) et le monde inconnu où vivaient les barbares.

La passe a été immortalisée dans la poésie russe, notamment par Lermontov dans son poème Le Démon ; elle est ainsi devenue un des endroits les plus romantiques du Caucase.

En 2005 la construction du monastère de Dariali est entamée côté géorgien à une centaine de mètres de la frontière.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Verkhni Lars

Liens externes

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