Le Triomphant (indicatif visuel S616) est un sous-marin nucléaire lanceur d'engins français. Lancé en 1994 et admis au service actif en 1997, il est le navire de tête de la classe Le Triomphant.
Historique Construction thumb|left|Exposition autour du sous-marin Argonaute à la Villette : maquette du sous-marin le Triomphant. Premier sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) nouvelle génération, la construction du Triomphant débute le aux chantiers DCN de Cherbourg. Le , et pour la première fois au monde, ce sont marcheurs synchronisés par ordinateur qui portent le bâtiment de de long dans l'eau. Sa construction a généré dix millions d'heures de travail pendant et a coûté de francs. L'ingénieur en chef de l'armement Pierre Quinchon, responsable du projet Le Triomphant à partir de 1990, déclare que .
Caractéristiques
Navigation Le Triomphant est équipé d'un Système global de navigation (SGN) créé par Sagem pour les sous-marins de type SNLE lui permettant de calculer sa position exacte.. En , SAFRAN annonce la signature d'un contrat avec la DGA portant sur la modernisation de ce système..
Propulsion Le réacteur à eau pressurisée de type K15 de construit par TechnicAtome, d'une puissance de et fait tourner une pompe-hélice de plus de de diamètre. L'autonomie du réacteur est de sans recharge de combustible. Un moteur électrique de secours est alimenté par deux alternateurs-diesels SEMT Pielstick 8PA 4 V 200 SM de .
Armement conventionnel et nucléaire Le Triomphant disposait à l'origine de 16 missiles stratégiques M45 remplacés en 2015 par 16 missiles stratégiques M51.
Le missile M51 dispose d’une capacité d’emport accrue, pouvant aller jusqu'à près du double de celle du M45, et ce grâce à l'adoption d'un profil de coiffe hydrodynamique trapu complété par un réducteur de traînée aérodynamique. La première version dite M51.1 est armée pour emporter les ogives furtives TN 75 de (de 6 à ) qui équipent l'actuel M45. À partir de 2016. une version améliorée dite M51.2 sera équipée de nouvelles têtes nucléaires océaniques (TNO) de . Il est également doté d'une capacité multi-objectifs lui permettant de frapper plusieurs objectifs éloignés grâce à un système d'espacement des têtes intégré à la partie haute du missile.
Alors que les missiles M45 avaient une portée de l'ordre de , les M51 ont des performances balistiques qui leur confèrent une portée supérieure. Pour la version M51.1 la portée maximale bien que tenue secrète, et dépendante du nombre d'ogives embarquées, est estimée à avec une charge de correspondant à six ogives TN75, et avec une seule ogive TN75. Le M51 est capable d'assurer un vol pouvant dépasser d’altitude avec une précision améliorée par rapport aux missiles M45. Avec la version M51.2 la portée est estimée à avec six charges TNO et la partie haute possède une meilleure aptitude à pénétrer les défenses adverses. Ces caractéristiques permettent aux sous-marins de restreindre leurs zones de patrouille en évitant le goulet du détroit de Gibraltar : l'ouest du golfe du Bengale ou l'Amérique du Nord sont ainsi accessibles depuis la zone de patrouille Atlantique et le continent euro-asiatique depuis l'océan IndienStéphane Ferrard, « SNLE NG + M51 = une capacité de frappe intercontinentale », dans Défense et Sécurité internationale , , avril 2008..
Depuis 1972, il y a toujours et au moins un SNLE en patrouille qui embarque chacun seize missiles stratégiques dont le lancement ne peut être autorisé que par le président de la République française et qui pourrait détruire avec un effet équivalent à plusieurs centaines de fois les explosions sur Hiroshima et Nagasaki.
Service actif
Collision avec le HMS Vanguard
Le 3 ou le , Le Triomphant et le sont alors qu'ils étaient en immersion dans le golfe de Gascogne. La marine nationale française avait évoqué dans un premier temps la collision avec un conteneur. Les deux SNLE ont été endommagés dans l'accident mais il n'est pas fait état d'avaries sur les installations nucléaires : Le Triomphant aurait heurté par le nez la partie latérale du HMS Vanguard et aurait « ripé » et glissé sur son flanc. Les navires ont rejoint, escortés, leurs bases respectives de l'île Longue et de Faslane. Le Triomphant est placé en cale sèche afin de déterminer l'ampleur des dégâts sur le dôme sonar, le kiosque et la barre de plongée tribordLes parties endommagées du "Triomphant", Le Monde, 19 février 2009.. Les trois marines de l’OTAN possédant des SNLE ne se communiquent pas les zones de patrouille de ces derniers , bien qu'un accord existerait en ce sens entre l'US Navy et la Royal Navy. Le ministre de la Défense britannique John Hutton a diligenté une « enquête exhaustive » confiée à Jonathon Band, First Sea Lord de Amirauté.
Le Triomphant dans l'art Michèle Battut, « Le Triomphant » en cale sèche, huile sur toile, Paris, musée national de la Marine.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . . . . . .
Articles connexes Classe Le Triomphant Histoire de la marine française depuis 1789 Liste des navires de la marine française
Liens externes Le Triomphant sur le site de la Marine nationale française. Le Triomphant, sur le portail Net-marine.
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