Le Honduras, en forme longue la république du Honduras (en espagnol : ), est un pays situé en Amérique centrale, dont il occupe le deuxième rang autant par sa superficie juste après le Nicaragua que par sa population après le Guatemala.

Il est frontalier avec trois pays ; à l'ouest, il confine avec le Guatemala, au sud-ouest, avec le Salvador et au sud avec le Nicaragua. C'est avec ce dernier pays qu'il partage sa plus longue frontière dont une grande partie est établie sur le cours du plus long fleuve d'Amérique centrale, le río Coco.

Comme le Guatemala, le Nicaragua, le Costa Rica et le Panama en Amérique centrale, le Honduras dispose de deux façades maritimes. Il est bordé au nord par la mer des Caraïbes, qui compte de nombreuses îles, cayes et îlots, dont les plus importants sont les islas de la Bahía et les îles du Cygne tandis qu'au sud-ouest, il dispose d'une petite ouverture sur l'océan Pacifique par le golfe de Fonseca.

Le Honduras était le pays le plus inégalitaire d’Amérique latine en 2016..

Drapeau du Honduras

Le décret législatif n° 7 du 16 février 1866 a officiellement établi le drapeau national du Honduras, stipulant qu'il serait composé de trois bandes horizontales : deux bandes bleu turquoise aux extrémités et une bande blanche au centre, avec cinq étoiles à cinq branches disposées sur la bande blanche. Ce design conserve l'idéal de l'unité de l'Amérique centrale hérité de l'ancienne fédération..

La phrase « cinq étoiles bleu pâle » appartient au chœur de l'Hymne national du Honduras, créé par Augusto C. Coello (paroles) et Carlos Hartling (musique). Cette ligne décrit les cinq étoiles situées sur la bande blanche centrale du drapeau national, traditionnellement associées à une teinte bleu clair ou bleu ciel, bien qu'il y ait eu des variations historiques dans la nuance officielle de la couleur.

Le gouvernement hondurien n’a commencé à hisser des drapeaux turquoise qu’après l’inauguration de la présidente Xiomara Castro le 27 janvier 2022, après que l'Université nationale autonome du Honduras ait fait cette recommandation en 2021...

Histoire

Période précolombienne Le Honduras était habité par des peuples autochtones, on peut citer entre autres les Lencas, les , les et les Tolupanes.

Période des grandes découvertes et de la colonisation espagnole (1502-1821) Christophe Colomb arriva à Trujillo (Honduras) en 1502.

Il baptisa cette région Honduras, car quand il arriva, il venait de sortir d'une tempête, et il s'écria (« Grâce à Dieu ! Nous sommes sortis de ces eaux profondes »). Le cap (à l'extrémité orientale du Honduras) a pris le nom de « » et le pays « Honduras ».

En 1821, le Honduras proclame son indépendance vis-à-vis de l'Espagne.

Les débuts de l'indépendance (1821-1839) Le Honduras fait partie, de 1821 à 1823, de l'empire mexicain d'Iturbide.

Ensuite, jusqu'en 1838, il fait partie des Provinces unies d'Amérique centrale. En 1839, le Honduras devient un État souverain après la dislocation de la Fédération.

Le Au début du , le président libéral Miguel Rafael Dávila, proche allié du Nicaragua de José Santos Zelaya, proclame avec celui-ci la Grande république d'Amérique centrale, censée aboutir à une union des États de la région et repousser les projets expansionnistes des États-Unis. Ces derniers réagissent en soutenant financièrement les conservateurs de Manuel Bonilla. Dans un contexte de détérioration des relations commerciales, des mercenaires américains organisent un raid contre le port d'Acajutla ; Davila les repousse et traite les prisonniers en « flibustiers ». Les États-Unis sollicitent alors de nouveau Manuel Bonilla contre lui. Le vaisseau de guerre USS Tacoma, dans les eaux du Honduras, prête un appui opportun à Bonilla pour renverser le gouvernement.

En 1963, l'armée renverse le gouvernement élu de Ramón Villeda Morales, rendu populaire par un début de réforme agraire, afin de replacer au pouvoir le Parti national, plus soucieux de satisfaire les intérêts de l'oligarchie terrienne.. Le Salvador envahit brièvement le Honduras en durant la guerre du football après qu'un match de football eut exacerbé les tensions entre les deux pays. Dans les années 1970, le pays est l'un des plus pauvres et inégalitaires du continent. Le revenu moyen d’un Hondurien dépasse à peine par an, Alors que la moitié de la population doit se contenter de 13 % du revenu national, 5 % de privilégiés en perçoivent le tiers. Le nombre d’analphabètes s’élève à plus de 50 %..

De 1972 à 1983, le Honduras est gouverné par des militaires. L'influence des États-Unis est si forte que l'expression « proconsul » est utilisée pour désigner leur ambassadeur.. Dans les années 1980, l’administration Reagan utilise le pays comme plate-forme dans sa guerre contre le gouvernement sandiniste du Nicaragua et les guérillas de gauche du Salvador et du Guatemala. L’aide militaire des États-Unis au Honduras est portée de de dollars en 1981 à en 1984. Tout en soulignant en interne que les forces gouvernementales honduriennes commettent des « centaines de violations des droits humains (…), dont la plupart pour des motifs politiques », la CIA donne son appui aux escadrons de la mort, en particulier le Bataillon 3-16, qui torturent, assassinent ou font disparaître par dizaines des syndicalistes, des universitaires, des paysans et des étudiants. Des documents déclassifiés indiquent que l’ambassadeur John Negroponte intervient personnellement pour faire obstacle à d'éventuelles divulgations de ces crimes d’État, afin d’éviter de « créer des problèmes de droits humains au Honduras ».

En 1996, la dégradation de la situation économique entraîne des troubles sociaux et des mises en garde de l'armée. Le libéral Carlos Flores est élu président en 1997. Des affrontements armés éclatent sous sa présidence à la frontière avec le Nicaragua en raison de différends frontaliers.

Le Ricardo Maduro, candidat du PNH, est élu en 2001.

En 2002, la crise agricole menace de famine des dizaines de milliers d'habitants dans l'ouest du pays. Malgré les engagements pris par le nouveau gouvernement, les atteintes aux droits de l'homme se poursuivent, tandis qu'un contingent hondurien participe à l'occupation de l'Irak aux côtés des États-Unis. La politique de rigueur, imposée par le FMI, est très impopulaire. L'année 2004 est ainsi dominée par la montée des mécontentements sociaux et la forte croissance de la délinquance urbaine. Le traité de libre-échange entre les États-Unis et l'Amérique centrale (CAFTA) entre en vigueur en 2006. Manuel Zelaya, du Parti libéral, est élu en 2006 et inaugure une politique réformisteLes Essentiels d'Universalis volume 23, Le Monde, pages 52-54, 2009.

Le , le président Manuel Zelaya est victime du coup d'État de 2009 au Honduras.. Arrêté et expulsé du pays par l'armée, il est remplacé dans ses fonctions par Roberto Micheletti, qu'une grande partie de la communauté internationale refuse alors de reconnaître. Le coup d’État aurait été commandité par l'élite économique hondurienne et les multinationales établies au Honduras comme la United Fruit Company, inquiètes du rapprochement effectué par le gouvernement avec l'ALBA (soutenue notamment par le Venezuela et Cuba) au détriment de la Banque mondiale, et de l'éventualité que ce changement comporterait une réorientation alternative au néolibéralisme de l’économie.. Des élections générales sont organisées fin 2009 par le gouvernement putschiste. En dépit du boycott de l'opposition, l'élection du candidat Porfirio Lobo est assez rapidement entérinée par la communauté internationale.

Après le coup d’État, et jusqu'à la fin de la présidence de Juan Orlando Hernández en 2022, le Honduras s'est transformé en narco-Etat. Toutes les institutions étaient pénétrées par les trafiquants de drogue, en particulier la police et l'armée, avec la complicité des élites politiques et économiques. Une grande partie de la drogue colombienne remontait vers les Etats-Unis via le Honduras. Les sites des routes construites par le gouvernement ont été choisis en fonction de leur importance dans le transport de cocaïne. Le président Hernández a lui-même participé à un réseau qui a expédié plus de 500 tonnes de cocaïne aux États-Unis et assassiné des centaines de personnes.

La première femme présidente du Honduras, Xiomara Castro (2022-2026) entreprend de s'attaquer au trafic de drogue, à la corruption et à la pauvreté, mais avec un succès relatif. Human Rights Watch (HRW) a pointé dans son rapport mondial 2024 qu'elle avait, malgré ses efforts, « échoué à tenir sa promesse de renforcer les droits de l'Homme et les institutions démocratiques au Honduras ». Elle a essayé de reconstruire l'appareil d'État avec des alliés sans liens avec les cartels, mais « de nombreux chefs de police sont toujours là », au service des cartels, de même que les élites traditionnelles, largement corrompueshttps://www.courrierinternational.com/depeche/le-long-chemin-du-honduras-pour-cesser-d-etre-un-narco-etat.afp.com.20240628.doc.34zk9b3.xml.

Politique

Le Honduras est une république parlementaire. Le président, élu pour un mandat de quatre ans, exerce à la fois les fonctions de chef de l'État et de chef du gouvernement. Le pouvoir législatif n'est exercé que par une seule chambre : le Congrès. Elle compte élus tous les quatre ans.

Le droit du Honduras est inspiré du code napoléonien en vigueur en Espagne et est influencé par le système judiciaire des États-Unis. Les juges sont désignés par les députés pour un mandat de quatre ans.

La vie politique du pays est fortement dominée par le Parti national et le Parti libéral. En 2021, il est mis un terme à l'alternance plus que centenaire entre ces deux partis politiques avec l'élection de Xiomara Castro à la tête du pays et de son parti Liberté et refondation.

Depuis le début du , le pays doit faire face à la montée de la violence, impliquant notamment des gangs de mineurs (Maras) : une commission interministérielle permanente pour l'intégration morale et physique des enfants a recensé 744 meurtres de mineurs entre 1998 et 2005.

Depuis le coup d'État de 2009, le Honduras présente le taux le plus élevé d'assassinats politiques dans le monde, par rapport à sa population. Les écologistes et syndicalistes sont particulièrement ciblés par ces assassinats, alors que l'impunité des crimes sociaux et politiques avoisine les 95 %..

L'élection présidentielle de 2017 donne lieu à des accusations de fraudes. L'Organisation des États américains recommande la tenue d'un nouveau scrutin.. Le gouvernement déclare l'état d'urgence. Une trentaine de manifestants sont tués et plus de huit cents arrêtés.. D'après l'ONU et la Commission interaméricaine des droits de l'homme, « beaucoup d'entre eux ont été transférés dans des installations militaires, où ils ont été brutalement battus, insultés et parfois torturés »..

Les élections générales se tiennent le . Le scrutin présidentiel, à un seul tour, est remporté par Nasry Asfura, candidat du Parti national, qui est déclaré élu à l’issue d’un processus de dépouillement contesté, marqué par des tensions politiques, l'ingérence des États-Unis et des accusations de fraudes électorales.

Subdivisions

Les dix-huit départements sont subdivisés en 298 municipalités.

Géographie

Entouré par la mer des Caraïbes au nord, le Guatemala à l'ouest-nord-ouest, le Salvador à l'ouest-sud-ouest, l'océan Pacifique au sud-ouest et le Nicaragua à l'est-sud-est, le Honduras occupe une superficie de . Le Honduras dispose de de côtes.

Le Cerro Las Minas, haut de , est le point culminant du pays ; il est situé dans l'Ouest. Parmi les ressources naturelles, on trouve l'or, l'argent, le cuivre, le plomb, le zinc, le fer, l'antimoine et le charbon. Grâce à ses accès à la mer, le Honduras possède une importante activité de pêche.