La diaspora japonaise constitue la population japonaise ayant émigré à travers le monde ainsi que leurs descendants. Ils sont appelés .

Histoire

En 1880, le premier contingent de main-d'œuvre japonaise () est envoyé en Australie. En 1884 et 1886, deux contingents sont envoyés à Hawaï (), pour la canne à sucre.

Les composantes les plus importantes de la diaspora japonaise sont fixées au Brésil et aux États-Unis, pays peuplés par des immigrants japonais depuis la première moitié du .

Dans les années 1990 et 2000, le Japon a incité des . Cette main d'œuvre non qualifiée devait pallier les faibles classes d'âge pour les travaux non qualifiés. Entre 1990 et 2008, le nombre de ces nikkeijin est passé de à . Ils ont été les premiers sacrifiés de la Crise économique mondiale des années 2008 et suivantes« Le Japon licencie ses salariés d'origine brésilienne », Le Monde, 17 février 2009, ..

En 2009, on comptabilisait vivant à l'étranger contre en 2023, avec dans l'ordre 海外在留邦人数調査統計, sur le site du Ministère japonais des Affaires étrangères, consulté le 23 mai 2024 :

En Amérique

Brésil

Il existe une importante communauté japonaise au Brésil que l'on retrouve particulièrement dans l'activité maraichère. La première génération Issei rêvait de faire fortune et de revenir au Japon, alors que la deuxième génération Nisei, née au Brésil, avait le Brésil comme patrie, et avait presque le monopole de la culture maraîchère et du commerce des fruits et légumes dans l'État de São Paulo. La troisième génération Sansei. Il y a aujourd'hui entre d'habitants d'origine japonaise au Brésil Ambassade du Japon au Brésil.. Liberdade, un quartier de São Paulo est la plus grande communauté japonaise au monde, hors du Japon.

Canada Au Canada, des Japonais immigrèrent principalement en Colombie-Britannique sur la côte Pacifique. À l’imitation des États-Unis lors de la Seconde Guerre mondiale, des camps d'internement furent créés pour les populations d'origine japonaise et durèrent jusqu'en 1949, des enfants nés au Canada étaient même déportés au Japon.

États-Unis

Les Nippo-Américains sont la troisième plus grande communauté asiatique aux États-Unis. Selon le bureau de recensement américain, ils étaient en 2007 soit 0,4 % de la population des États-Unis, incluant les personnes se déclarant d'origines mixtes. Les principales communautés se trouvent en Californie (), Hawaï (), État de Washington (), État de New York () et Illinois (). Chaque année migrants japonais entrent aux États-Unis mais il est difficile d'établir un solde migratoire précis car un certain nombre de personnes âgées nippo-américaines retournent au Japon.

Pérou En 1897, les gouvernements japonais et péruvien conviennent d’ouvrir la région côtière du Pérou à l’installation d’agriculteurs japonaisLa cuisine de la diaspora japonaise du Pérou: un goût qui possède les deux cultures, Nippon.com, le 2 décembre 2013. Les premiers immigrés japonais débarquent en 1899. Par la suite, des milliers de Japonais se sont installés au Pérou, ainsi l'ancien président Alberto Fujimori est un descendant de l'immigration japonaise des années 1930. Ses parents avaient immigré au Pérou en 1934 et sa naissance fut déclarée au consul japonais de Lima pour qu'il conserve la nationalité japonaise.

En Océanie Australie En 1880, le premier contingent de main-d'œuvre japonaise () est envoyé en Australie.

Hawaï (États-Unis) En 1884 et 1886, deux contingents sont envoyés à Hawaï (), pour la canne à sucre.

Nouvelle-Calédonie (France) En 1890, le sous-directeur Billinger de la société Le Nickel demande au consulat du Japon à Hong-Kong d'employer dans les mines de nickel de Nouvelle-Calédonie (France). Le Ministre plénipotentiaire de France à Tokyo, M. Sienkiewicz, fait une demande parallèle au Ministère japonais des Affaires Étrangères (Aoki Shîzô), qui refuse (conditions de vie et de travail, déportation...). Le Consul du Japon à Tché-Fou (Chine) signale en que la France recrute en Chine, ce qui relance les négociations. Le nouveau ministre, Enomoto Takeaki (1836-1908) donne l'autorisation : société d'émigration, encouragement à l'émigration... Le , les émigrants japonais quittent Nagasaki, avec un surveillant général, un médecin-surveillant, et trois interprètes, et (dont du matériel de cuisine, et six mois de nourriture).

Après un voyage de et de , ils débarquent à Thio, et sont répartis sur les mines Pauline, Toumourou, Meh. L'agitation entraîne une enquête japonaise de quatre mois (Senda Ichijuro). Sur , terminent leur contrat de : au Japon en 1892, en 1893, en 1894. Certains restent en Nouvelle-Calédonie.

L'émigration japonaise est à nouveau autorisée le . En 1900 et 1901, embarquent à Kobé. Les historiens sont bien renseignés sur les salaires mensuels, les paiements en nature (nourriture, vêtements, logement, soins médicaux), et les montants envoyés aux familles. Mais aussi sur les désertions. Les rapports avec les indonésiens et les kanaks sont estimés très bons. La reprise des affaires a lieu en 1911 : les émigrés japonais sous contrat collectif. Au total, ont émigré depuis 1892.

La première guerre mondiale pose vite problème. Dès , des rapatriements ont lieu par bateau militaire.

De 1920 à 1940, peu d'émigrés libres viennent du Japon en Nouvelle-Calédonie, d'autant que la colonie exige à l'arrivée une caution équivalant au prix du voyage de retour. Le nombre de résidents japonais déclarés reste élevé : en 1911, en 1916, en 1918, en 1938, en 1939. Les emplois sont variés : commerce, agriculture, café, pêche, services divers. Pour ces et (dont 20% en couple, légitime ou illégitime), un consulat du Japon est installé à Nouméa. Seo Akira et quelques autres fondent des sociétés, Compagnie Minière de Nouvelle-Calédonie (Tokyo), Le Fer (Nouméa), et lancent l'exploitation de la mine de Goro.

Dès , les Japonais sont regroupés, détenus à Nouville, dessaisis de leurs biens, transférés en Australie, retenus en camps (, Tatura, Hay), puis rapatriés pour certains (1942, mais surtout en 1946), les autres repartant au Japon. Lors de cette déportation, les gens qui étaient à la fois kanak et japonais ont posé des difficultés de classification aux puissances françaises.

Les cimetières de Nouméa, Yaté (Goro), Koné, Koumac, Hinghèen, Thio, contiennent de nombreuses tombes japonaises.

Divers survivants sont revenus en Nouvelle-Calédonie, par exemple à Nouméa, Paagoumène et Ponérihouen.

En , le prince héritier Akihito et la princesse Michiko, en visite officielle en Nouvelle-Calédonie, ont rendu hommage à leurs compatriotes.

En Europe

France

En 2017, plus de vivaient en France, contre en 2000, et en 1990. La moitié d'entre eux vivrait en Ile-de-France et fréquente régulièrement le quartier japonais de Paris situé autour de la rue Sainte-Anne dans les 1 et 2 arrondissements, près de l'opéra Garnier« Quartier de l'Opéra », Jipango , automne 2010.. Le premier restaurant japonais du quartier, Takara, fut ouvert en 1963, rue Molière, par Takumi Ashibe.

Royaume-Uni

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Politique étrangère du Japon Termes désignant les émigrés japonais Syndrome de Paris : syndrome du voyageur dont souffriraient particulièrement les Japonais à Paris Kikokushijo

Bibliographie Tadao Kobayashi, Les Japonais en Nouvelle-Calédonie. Histoire des immigrés sous contrat, 1992, Nouméa, SEH-NC,