thumb|Vision normale vignette|La même scène vue par un myope Une myopie (mot d'origine grecque : , qui signifie ) est un trouble de la vision dont le symptôme principal pour le sujet est de voir flou au loin. L'image d'un point devient alors une tache plus ou moins diffuse sur la rétine. Pour l'individu atteint de myopie, la perception d'objets éloignés se brouille, le contour des formes et silhouettes n'est pas net et se fait vaporeux, exactement comme lorsqu'on regarde sous l'eau sans masque ni lunettes de natation. Plus l'objet est éloigné, plus le flou (pondéré par la valeur de la myopie) est important. En somme, le myope voit moins bien de loin que de près. Ceci peut être corrigé par des lunettes, des lentilles de contact ou par chirurgie réfractive.

On distingue notamment deux principaux types de myopie : myopies d'indice (de puissance). Celles-ci sont liées à une augmentation de l’indice de réfraction du cristallin à cause d'une cataracte. Les rayons se focalisent avant la rétine ; myopies axiles : la focalisation de rayons provenant de l'infini se fait avant la rétine, avec trois paramètres : la courbure de la surface antérieure de la cornée est prononcée., la courbure/puissance du cristallin trop prononcée et surtout inadéquate., la trop grande longueur de l'œil (cas le plus populairement relayé mais minoritaire et ne concernant que les myopies les plus fortes).

Il existe des critères supplémentaires de discrimination. des myopies : la source : pathologique (morbidité) ou physiologique (hérédité, environnement) ; l'âge de survenue : infantile (sujets de moins de vingt ans), adulte précoce (sujets entre 20 et 40 ans), adulte tardive (sujet de plus de 40 ans) ; enfin, la sévérité qui, bien qu'il s'agisse de la même gêne à différents degrés, semble impliquer des causes et des mécanismes différents qui peuvent avoir des répercussions collatérales.

Optique de l'œil myope La première étape du processus de la vision a pour but de créer une image rétinienne optique des objets environnants. Un objet sera d'autant mieux défini que la propagation de ses rayons lumineux aboutit à une image proche de la rétine. Dans l'emmétropie, c'est-à-dire en l'absence de trouble de la réfraction, l'image coïncidera avec le plan rétinien.

Dans la myopie, la focalisation d'un objet situé à l'« infini » se fait en avant de la rétine. L'image qui impressionnera la rétine sera donc plus étalée et plus floue.

Alors qu'il devrait être à l'infini (plus de en pratique), le (le point le plus éloigné encore vu net) est entre le nez (« myope comme une taupe ») et , selon le degré de myopie.

La détermination de la distance du donne d'ailleurs le degré de myopie : le degré de myopie est l'inverse de la distance algébrique séparant l'œil du exprimée en mètre, on l'appelle la réfraction axiale principale. Celle-ci est négative pour un œil myope. Exemple, si le point le plus éloigné encore vu net est à - ( devant l'œil), donc -, la myopie est de -10 dioptries, s'il est à -2 mètres la myopie est de -0,5 dioptrie..

Le défaut de focalisation de l'image dans la myopie résulte d'une inadéquation entre la longueur de l'œil, la puissance dioptrique et sa répartition. : pour les myopies sévères à moyennes, l'œil est trop long (plus de de long) et l'image se forme en avant de la rétine (c’est-à-dire là où la rétine devrait être si la taille de l'œil était normale) ; pour les myopies légères, c'est un excès de courbure de la cornée ( kératocône) ou du cristallin (exemple : myopie transitoire du spasme ciliaire ou certaines formes de sclérites antérieures) ; quelquefois c'est une augmentation de l'indice de réfraction du cristallin, comme dans la myopie tardive et la cataracte nucléaire débutante. Le cristallin est la seule structure oculaire (et même corporelle) qui ne cesse de croître toute la vie à la manière des couches concentriques des troncs d'arbre qui indiquent leur âge. Cet accroissement de dioptres intra-cristallinien est habituellement neutralisé par une diminution concomitante de la courbure de la capsule cristallinienne (dioptre principal). Cet accroissement du cristallin est, par ailleurs, un facteur déterminant dans l'apparition, quasi physiologique, de la cataracte après 75-80 ans. Le cristallin étant dépourvu de vaisseaux son métabolisme se fera plus difficilement par la simple diffusion depuis l'humeur aqueuse. Le myope sévère ayant par nature un gros cristallin, la cataracte sera chez lui plus précoce. vignette|Œil myope (en haut), œil myope corrigé par une lentille divergente (en bas).

Le plus souvent, la myopie a peu de conséquence sur la lecture. Cependant à partir de -5 dioptries, la lecture sans lunette ne peut se faire qu'à « de loin » maximum, apportant un éventuel inconfort dû à la fatigue visuelle (travail et fatigue des muscles oculomoteurs) du fait que la distance à laquelle l'image est nette force un angle loin de l'idéal « infini » où nos yeux fixent une image avec des axes quasi-parallèles. La myopie est éventuellement associée à un astigmatisme selon le terrain, voire à une exophorie.

La myopie ne retarde pas la presbytie. Le contraire est d'ailleurs vrai chez les myopes non corrigés qui développent une atrophie du muscle ciliaire. Ce qui est vrai, c'est qu'une personne presbyte avec une myopie légère à moyenne peut, en retirant ses lunettes, se passer de correction de près ; au contraire de l'emmétrope devenant presbyte qui doit porter des lunettes pour la vision de près. À noter que le port de lentilles correctrices de la myopie peut s'accompagner d'un port de lunettes pour la vision de près. Dans le cas où l'acuité est inférieure à 1/10, il faut alors un type de verre avec une correction hybride. Il existe deux techniques pour apporter cette double correction pour la vision de loin et la vision de près : les verres à foyers multiples : il s'agit le plus souvent d'un verre pour la vision de loin sur lequel est retaillée une petite zone pour la vision de près qui ne se trouve pas dans l'axe habituel de la vision au loin. Cette technique apporte le plus grand confort car elle ne demande aucun temps d'adaptation, l'œil discriminant naturellement les différentes zones pour changer de correction en fonction de la distance que le porteur de lunettes souhaite regarder. Cependant la zone retaillée est clairement visible, ce que certaines personnes peuvent juger inesthétique ; les verres progressifs : il s'agit d'un changement graduel de correction entre la zone corrigeant la vision de loin, la zone intermédiaire neutre, et en bas la zone corrigeant la vision de près. L'apparence du verre est unie, comme s'il n'y avait qu'une seule correction appliquée sur le verre. Cette technique requiert cependant un temps d'adaptation par le porteur de lunettes, avec une période très perturbante qui amène à déconseiller la conduite ou toute activité intense le temps que la gêne disparaisse. Il arrive que certaines personnes ne parviennent pas à s'adapter aux verres progressifs.

Il existe une relation approximative entre les dioptries et l'acuité visuelle au loin du myope sans correction, on l'appelle la règle de Swaine, elle s'applique pour les myopies comprises entre et dioptries. - 0,50 d : 1/2 soit 5/10 - 0,75 d : 1/3 soit 3/10 - 1,00 d : 1/4 - 1,25 d : 1/5 soit 2/10 - 1,50 d : 1/6 - 1,75 d : 1/7 - 2,00 d : 1/8 - 2,25 d : 1/9 - 2,50 d : 1/10

Correction Pour obtenir une vision nette, l’image des objets lointains doit être reculée pour être focalisée sur la rétine. La correction de la myopie a donc pour but de modifier le trajet des rayons lumineux pour qu'ils convergent vers la rétine : par des verres de lunettes concaves, reconnaissables donc à leur bord épais ; par des lentilles de contact offrant un champ visuel plus dégagé que les lunettes et un champ du regard préservé du fait de la mobilité concomitante de la lentille avec l'œil ; par la chirurgie qui peut se faire de deux façons : modifier la courbure de la cornée par laser excimer ou mettre en place un implant à l'intérieur de l'œil : le laser excimère va creuser la cornée d’autant plus que la myopie à corriger est forte. Ce creusement peut se faire en surface de la cornée par trois techniques : la photokératectomie réfractive (PKR), le Lasek ou l’épi-lasik. Il peut se faire aussi en profondeur de la cornée après avoir soulevé une fine lamelle appelée volet ou capot : c’est la technique du Lasik. La technique classique pour la découpe du volet utilise un microkératome, sorte de petit rabot. Les techniques modernes de Lasik utilisent pour cette découpe un laser femtoseconde. Plus récemment, une technique de chirurgie réfractive nommée SMILE (Small Incision Lenticule extraction) permet grâce à un laser femtoseconde de retirer un lenticule intracornéen pour corriger la myopie. Comparé au LASIK, l'avantage majeur de la PKR comme du SMILE repose sur la préservation de l'architecture cornéenne, minimisant ainsi le risque de sécheresse oculaire (ce qui a été démontré par de nombreuses études) et potentiellement le risque de déstabilisation cornéenne à moyen et long termes, la mise en place d’un implant à l’intérieur de l’œil permet de la même façon la convergence des rayons sur la rétine. Cet implant peut être placé soit en avant de l’iris soit en arrière, et dans ce cas devant le cristallin ou à la place du cristallin après ablation de celui-ci. En cas de myopie importante, l'implantation de lentilles intra-oculaires semble avoir de meilleurs résultats que le Lasik Barsam A, Allan BDS, « Excimer laser refractive surgery versus phakic intraocular lenses for the correction of moderate to high myopia », Cochrane Database of Systematic Reviews 2010, Issue 5. Art. : CD007679.

Ces interventions chirurgicales présentent des indications, des contre-indications et des risques spécifiques devant être soigneusement pesés avant toute décision The truth about LASIK - Ophthalmology Times Europe. Par le port de lentilles de nuit. Cette technique, appelée orthokératologie., consiste à porter des lentilles correctrices pendant la nuit qui aplatissent la cornée. Le temps de port des lentilles varie suivant l'intensité de la myopie. Cette correction n'est pas permanente. En cessant de porter les lentilles correctrices de nuit pendant une quinzaine de jours, la correction disparaît.

Formes On peut distinguer beaucoup de formes de myopie en fonction du mécanisme optique en jeu et qui a été déjà évoqué, de l'âge du début, de conditions pathologiques (traumatisme, sclérite, cataracte). Néanmoins, le plus marquant en pratique est le degré de myopie car il est le plus souvent un indice de la plus ou moins grande taille de l'œil. Ainsi, une myopie de moins de 3 dioptries est bénigne, et de plus de 6 dioptries sévère car elle peut traduire un grand œil et par conséquent des tissus distendus et susceptibles de se déchirer (image d'un ballon que l'on gonfle : plus il est gonflé, plus sa paroi est fine ; les forts myopes ont souvent de « beaux » yeux). Il existe une corrélation entre la taille de l'œil et le degré de myopie.

Le plus souvent, la myopie apparaît entre 8 et 12 ans, et progresse lentement jusqu'à 20-25 ans. Mais elle peut aussi débuter à tous les âges, et même après 70 ans (cataracte débutante). Plus le début est précoce, plus la myopie sera sévère.

Causes La myopie associe très probablement un terrain génétique avec des facteurs environnementaux. Génétique