La partie écossaise est une ouverture au jeu d'échecs commençant par les coups 1. e4 e5 2. Cf3 Cc6 3. d4 . L'avancée d4 du pion blanc au troisième coup a pour but d'ouvrir le centre, 3...exd4 étant le meilleur coup à la disposition des Noirs. Le « début écossais » se poursuit par 3... exd4 4. Cxd4 mais les Blancs peuvent aussi choisir de sacrifier le pion d4 pour une mobilisation plus rapide par 3...exd4 4. c3, qu'on appelle le gambit Göring (voir analyse ci-dessous), ou par 3...exd4 4. Fc4, qu'on appelle le gambit écossais. Cette dernière ligne peut transposer dans l'attaque Max Lange, qui conduit à de grandes complications, par 4. Fc4 Cf6 5. 0-0 Fc5 6. e5. Le gambit écossais peut également transposer dans la défense des deux cavaliers par 4. Fc4 Cf6 5. e5 ou dans la partie italienne par 4...Fc5 5. c3 Cf6 6. cxd4 Fb4+. Le coup 3. d4 ne conduit donc pas toujours à une partie écossaise proprement dite.
La partie écossaise est à nouveau popularisée en 1990 par Garry Kasparov. Elle est employée avec succès par le grand maître international Sergueï Roublevski.
Histoire
Origine vignette|Garry Kasparov, champion du monde d'échecs de 1985 à 2000 a remis au goût du jour la partie écossaise La partie écossaise tire son nom du fait qu'elle a été employée en 1824 lors d'un match par correspondance entre les villes de Londres et d'Édimbourg. Cependant, elle avait déjà été étudiée en 1763 par un Italien nommé Giambattista Lolli (qui est resté célèbre aux échecs pour le mat de Lolli). Comme l'ouverture écossaise pose relativement peu de difficultés aux Noirs pour égaliser, on ne la rencontre qu'occasionnellement dans les grands tournois.
Remise au goût du jour par Garry Kasparov Sous l'influence de Garry Kasparov, la partie écossaise connaît un véritable regain de popularité après avoir été plutôt délaissée en raison de la facilité qu'ont les Noirs à revenir dans la partie. Les nouveautés théoriques apportées par le 13e champion du monde à la partie écossaise ont été reçues avec enthousiasme à la suite de sa victoire de la finale du championnat du monde d'échecs 1990 à New York et Lyon. Sur les vingt-quatre parties, Garry Kasparov - qui a les blancs une partie sur deux - ouvre les 14e et 16e en jouant une partie écossaise, faisant nulle à la première puis remportant la seconde. Il s'agissait d'une surprise de taille, l'écossaise n'ayant plus été jouée au cours d'une finale de championnat du monde depuis le match Wilhelm Steinitz-Mikhaïl Tchigorine en 1892.
Contre des grands maîtres internationaux de tout premier plan, Garry Kasparov a obtenu un score de 14 victoires (dont certaines contre Anatoli Karpov, Nigel Short, Michael Adams ou Péter Lékó) et 8 nulles en 22 parties.
Par la suite, Sergueï Roublevski emploie régulièrement la partie écossaise.
Analyse des variantes
1. e4 e5 2. Cf3 Cc6 3. d4 exd4 4. Cxd4 4...Dh4 4...Fb4 + variante Malaniuk 4... Fc5 variante classique 5. Fe3 Df6 6. c3 6...Cge7 (voir le diagramme ci-contre). Cette ligne de jeu classique est très ancienne. 7 Dd2 attaque Blackburne 7 Cc2 variante Meitner 7 g3 7 Fc4 7 Fb5 7 Fe2 6...Dg6 variante Millennium 5. Cb3 variante Potter. C'est la troisième fois que ce cavalier est joué, mais la perte de temps est compensée par le fait que les Noirs devront eux aussi rejouer leur fou. 5. Cxc6 Df6 variante Intermezzo. Les Noirs menacent de faire échec et mat en un coup. 6. Dd2 dxc6 7. Cc3 6. Df3 Dxf3 7. gxf3 bxc6 4...Cf6 variante Schmidt 5. Cc3 Fb4 6. Cxc6 bxc6 7. Fd3. Cette ligne a transposé dans la variante écossaise de la partie des quatre cavaliers. 5. Cxc6 (variante Mieses) bxc6 6. e5 De7 7. De2 Cd5 8. c4. Les Noirs peuvent répondre par 8...Fa6, ou bien 8...Cb6. Une autre alternative au coup 6 e5 est de jouer 6. Fd3 d5 7. exd5 cxd5 8. O-O Fe7, suivi de 9. c4!?, coup qui vise à contester le centre des Noirs. 6 De2 est aussi joué. 4. c3 Au lieu de regagner leur pion, les Blancs peuvent jouer 4. c3, le gambit Göring, qui n'est pas entièrement correct, mais qui conduit à un jeu compliqué et intéressant. Il peut s'avérer assez utile pour surprendre l'adversaire. Ce dernier peut soit accepter le pion (4... dxc3), soit le refuser par 4... d5 (et ensuite 5. exd5 Dxd5 6. cxd4 Fg4), ou par 4... d3 (pour empêcher les Blancs d'occuper totalement le centre avec cxd4). 4. Fc4 Gambit écossais 4...Fc5 5. 0-0 d6 6. c3 Fg4 7. Db3 Fxf3 8. Fxf7+ Rf8 9. Fxg8 Txg8 10. gxf3 mène à un léger avantage des Noirs. Par conséquent, s'ils débutent par le gambit écossais 4. Fc4, et que les Noirs répondent 4...Fc5, les Blancs ont intérêt à transposer dans la partie italienne comme indiqué ci-dessus, ce que recommande Roman Dzindzichashvili dans son livre-répertoire pour les Blancs Chess openings for White, Explained. 4...Cf6 Défense Dubois-Réti. Les Blancs répondent le plus souvent par 5. e5 d5 6. Fb5 Ce4 7. Cxd4 Fd7 8. Fxc6 bxc6 9. O-O Fc5.
Exemples de parties Serafino Dubois-Wilhelm Steinitz, Tournoi d'échecs de Londres 1862
Garry Kasparov-Arthur Youssoupov, tournoi d'échecs de Horgen (Suisse), 1994
Wilhelm Steinitz-Johannes Zukertort, Championnat du monde d'échecs 1886 (États-Unis),
Garry Kasparov-Michael Adams, tournoi d'échecs de Sarajevo (Bosnie-Herzégovine), 1999
Notes et références
Bibliographie John Emms, Starting out: The Scotch game, Everyman Chess, 2005. Gary Lane, The Scotch game explained, Batsford, 2005. Lev Alburt, Roman Dzindzichashvili, Eugene Perelshteyn, Chess Openings for White, Explained, Chess Information and Research Center, 2006.
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