thumb|Siège d'Inmarsat à Londres.

Inmarsat (pour INternational MARitime SATellite organisation) est une société britannique du secteur des télécommunications spécialisée dans la téléphonie par satellite. Inmarsat est fondée en 1979 sous la forme d'une organisation internationale avant d'être privatisée en . Inmarsat exploite 11 satellites, assurant les fonctions téléphonie, données, télex et télécopie par l'intermédiaire de 37 stations terrestres. Il reste des satellites de quatre générations en opération : Inmarsat 3 (quatre satellites), Inmarsat 4 (quatre satellites), Inmarsat 5 (cinq satellites) et Inmarsat 6 (un satellite).

Le système Inmarsat utilise des satellites géostationnaires, il offre des systèmes qui sont approuvés pour le SMDSM, mais aussi d'autres non approuvés pour ce système mais facilitant les communications commerciales et privées. Il est composé de : satellites, stations terrestres (LES et LESO), stations mobiles (MES). Il fournit aux stations mobiles un confort de communication proche de celui à terre, chaque système ayant ses particularités et son coût. Plusieurs types de prestation sont commercialisés : A (analogique), B (premier système numérique), C (version miniaturisée n'assurant pas la voix) et Mini-C, D+ (version miniaturisée conçue principalement pour les alertes), M et Mini-M,* ClassicAero, GAN, * BGAN (Pour stations mobiles autres que maritimes).

Historique

Création d'INMARSAT (1976)

Dès le début de l'ère spatiale l'apport des satellites dans le domaine des communications entre les navires et le sol et dans la prévention et la gestion des sinistres en mer est identifié. INTELSAT, première organisation internationale créée pour mettre en place et gérer les communications spatiales n'est pas retenue pour assumer ce rôle car elle ne comprend pas parmi ses membres certaines nations maritimes comme l'Union soviétique et plus généralement les pays communistes. L’Organisation Maritime Internationale lance en 1966 une étude sur le sujet et crée finalent en 1976 l'Organisation satellite maritime internationale abrégée en anglais INMARSAT (pour International maritime satellite organization) destinée à prendre en charge ce service. Chaque pays membre de la nouvelle organisation verse une contribution destinée à créer l'infrastructure terrestre et spatiale et gérer l'ensemble du système. Les principaux contributeurs sont les États-Unis (17 %), le Royaume-Uni (12 %), l'Union soviétique (11 %). La France participe à hauteur de 3,5 %. La convention qui régit INMARSAT fixe comme objectif principal l'amélioration des communications maritimes avec comme finalité principale l'amélioration de la sureté de la vie en mer et la gestion des situations de détresse. INMARSAT a le statut d'une organisation intergouvernementale exerçant des activités commerciales.

Mise en place de l'infrastructure (1982-1992)

À ses débuts Inmarsat reprend des infrastructures existantes. En l'organisation prend en gestion les trois satellites de télécommunications américains Marisat, mis en orbite en 1976, qui avaient été développés pour répondre aux besoins de la Marine de guerre américaine mais également avec l'objectif de répondre à l'évolution des besoins de la marine marchande. Ces moyens sont complétés par deux satellites Marecs développés par l'Agence spatiale européenne et placés en orbite en 1981 et 1984 ainsi que par la location de trois équipements de transmission dédiés aux communications maritimes embarqués à bord de satellites de l'organisation INTELSAT. Au début des années 1990, INMARSAT commence à utiliser ses propres satellites avec la série des 4 satellites Inmarsat-2 placés en orbite entre 1990 et 1992. Le lancement de ces satellites s'accompagne de la mise au point de standards. Inmarsat adopte le standard général SES (Ship Earth Station) développé pour les Marisat. Pour les terminaux embarqués il développe le standard A qui nécessite une antenne parabolique de de diamètre pointée vers le satellite ce qui limite son embarquement aux navires de grande dimension. Ce standard autorise les services de phonie, fax, télex et de transmission de données via un modem. Le standard C introduit en 1990 utilise une petite antenne non pointée ce qui permet d'embarquer le terminal sur des navires de faible tonnage. En contrepartie ce standard ne permet pas la phonie et le débit des données et des messages est faible. Par la suite de nouveaux standards sont développés (M, GAN, BGAN) permettant une réduction progressive de la taille des terminaux.

Le réseau de téléphonie mobile ICO (1995)

Dans la seconde moitié des années 1990, porté par des innovations techniques, le monde des télécommunications entre en effervescence, et montre les prémices de la bulle internet. De nombreux projets de télécommunications spatiales sont lancés dont le plus emblématique est le réseau Iridium reposant sur une constellation de 66 satellites circulant en orbite basse. Les membres de l'organisation Inmarsat décident de lancer une constellation de 12 satellites (dont 2 en réserve) en orbite moyenne pour créer un réseau de téléphonie mobile utilisable avec des téléphones portables de petite taille. La société créée début 1995 pour mettre sur pied et gérer ce nouveau système de télécommunication est détenu à hauteur de 10,2 % par Inmarsat et pour le reste du capital en majorité par les 79 membres de l'organisation. Les fonds levés sont considérables : 4,6 milliards US$. Mais le projet se révèle trop ambitieux. Dès 1999, avant même le lancement du premier satellite, la société est en faillite et doit trouver un repreneur. Inmarsat se désengage complètement de ICO lorsque celle-ci est restructurée.

Privatisation (1999)

Comme les autres organisations de télécommunications spatiales créées dans un esprit de service public (Intelsat et Eutelsat) Inmarsat se trouve confronté à la fin des années 1990 avec la maturation de ce secteur qui entraine une concurrence accrue et à la réticence des pays membres à participer aux investissements nécessaires pour accompagner la croissance. En Inmarsat est privatisé. Pour que les missions de service public soient maintenues (en particulier la gestion des détresses en mer), l'ancienne organisation donne naissance à deux entités qui ont toutes les deux leur siège à Londres : l'Organisation internationale de télécommunications mobiles par satellite (IMSO) garantit l'application de l'accord de Services Publics qui est passé avec Inmarst Ltd société commerciale chargée de faire vivre le réseau. Inmarsat est cotée à la Bourse de Londres et fait partie de l'indice FTSE 250.

Le , la société américaine Viasat annonce son achat pour de dollars américains.

Architecture technique thumb|right|300px|Couverture satellite Inmarsat-3.

Le segment spatial Inmarsat exploite exclusivement des satellites en orbite géostationnaire, c’est-à-dire qui se déplacent exactement à la même vitesse de rotation que la terre.

Marisat (lancement : 1976)

La série des Marisat comprend 3 satellites de télécommunications géostationnaires spinnés développés par Hughes pour répondre à une commande passée par l'opérateur de satellites Comsat. Chaque satellite d'une masse ( sans le moteur d'apogée) et emporte 1 transpondeur fonctionnant en bande L, 1 transpondeur fonctionnant en bande C et 3 transpondeurs en bande UHF. Il s'agit des premiers satellites dédiés aux communications entre les navires et les utilisateurs situés sur terre. Utilisé initialement par la Marine de guerre américaine et la marine marchande américaine, ils sont cédés à compter de 1982 à l'organisation Inmarsat.

MARECS (1981-1984)

Les 3 satellites de la série MARECS sont développés par l'Agence spatiale européenne. Chaque satellite a une masse de et a des dimensions de au lancement et une envergure de une fois les panneaux solaires déployés. Le satellite utilise une plateforme ECS stabilisée 3 axes avec une précision de 0,2° en utilisant des roues de réaction et des propulseurs fonctionnant à l'hydrazine. Les panneaux solaires orientables fournissent en début de mission et l'énergie générée est stockée dans deux batteries nickel-cadmium. La plateforme est développée par le constructeur principal du satellite British Aerospace. Le moteur d'apogée utilisé est de type Star-30B pour les deux premiers satellites et Mage-2 pour le troisième. Il emporte 3 répétiteurs pour les liaisons terre-navire, navire-terre et terre-terre avec 35 canaux. La charge utile du satellite dispose d'une antenne parabolique de de diamètre fonctionnant en bande L et de deux cornets (un pour l'émission et un pour la réception).

Inmarsat-2 (1990-1992)

La série Inmarsat-2 comprend 4 satellites de télécommunications géostationnaires stabilisés 3 axes développés par de type Eurostar-1000. Chaque satellite d'une masse emporte 6 transpondeurs fonctionnant en bande L et 2 transpondeurs fonctionnant en bande C.

Inmarsat-3 (1996-1998) 300px|thumb|Vue d'artiste d'un satellite Inmarsat-3. La série Inmarsat-3 comprend 5 satellites de télécommunications géostationnaires stabilisés sur 3 axes développés par Lockheed Martin Astro Space avec une charge utile fournie par Matra Marconi Space. Chaque satellite d'une masse de emporte 33 transpondeurs fonctionnant en bande L.

Inmarsat-4 (2005-2013)

La série Inmarsat-4 comprend 3 satellites de télécommunications géostationnaires stabilisés 3 axes développés par Astrium de type Eurostar-3000GM. Chaque satellite a une masse emporte des transpondeurs en bande Ka ainsi qu'une charge utile WAAS pour améliorer la précision du système de navigation GPS. Cette série a permis la mise en service du service à haut débit B-GAN (Broadband Global Area Network). La série comprend un quatrième satellite Inmarsat-4A F4 expérimental (Alphasat) de développé pour valider de nouvelles technologies spatiales dont un réflecteur de de diamètre et un système de communications par laser.

Inmarsat-5 (2013-2019) La constellation Inmarsat-5 comprend 4 satellites de télécommunications géostationnaires stabilisés sur 3 axes (F1, F2, F3, F4) développés par Boeing de type et un satellite (F5) développé par Thales Alenia Space de type Spacebus 4000 B2. Chaque satellite Boeing d'une masse ( sans le moteur d'apogée) emporte 89 transpondeurs fonctionnant en bande Ka. Les panneaux solaires fournissent en début de vie. La commande passée en représente un coût de 1 milliard de dollars américains. Un quatrième satellite est commandé en Voir EuropaSat sur CASPWiki et lancé le . Le satellite Inmarsat 5 F5 est doté d'une capacité équivalente au reste de la constellation Inmarsat 5 .

Inmarsat-6

Deux satellites de la série Inmarsat-6 sont commandés auprès du constructeur européen Airbus Defence and Space (anciennement Astrium). Ils sont lancés en 2021 et 2023. Chaque satellite dispose d'une antenne de de diamètre en bande L et de 9 antennes multi-faisceaux en bande Ka permettant de gérer 8 000 communications simultanées. Le satellite utilise une propulsion électrique Snecma PPS-5000 pour rejoindre son orbite géostationnaire.

Historique des lancements